#798 – CA Huracán : los Quemeros

Ce terme dérivant de quema qui signifie bruler est parfois traduit comme « les bruleurs ». En Argentine, il revêt une définition un peu différente puisque il caractérise une personne qui collecte et revend les objets de valeur qui se trouvent parmi les déchets envoyés à l’incinérateur ou à l’usine de traitement. Avec une vision d’aujourd’hui, une sorte d’écolo des temps anciens. Néanmoins, pour les adversaires de Huracán, le terme se rapprochait plutôt de l’idée de « sans-abris, clochards » pour ridiculiser ceux de Huracán. Comme souvent, le terme ironique ou insultant se transforma en une fierté pour les personnes moquées. Aujourd’hui, le surnom convient au club et un de ses principes groupes de supporteurs a adopté également ce nom.

Au final, toutes ces définitions se rejoignent pour Huracán. Le club naquit dans le quartier du Parque de los Patricios, au coeur de Buenos Aires. En 1871, la mairie installa l’incinérateur municipal dans le quartier, au niveau du Puente Alsina et 2 ans plus tard, inaugura le « trencito de la basura » (train des déchets), qui traversait le quartier sept fois par jour pour transporter les ordures de la ville vers l’incinérateur. Celui-ci se trouvait non loin du premier stade du club et ses émanations bouchaient souvent la vue et le nez des spectateurs du match. Le Parque de los Patricios était reconnu au début du XXème siècle comme un quartier ouvrier où la municipalité avait construit de nombreux logements sociaux. Il était donc vu comme un quartier pauvre. Tout cela explique que les supporteurs et l’équipe soient à la fois des « bruleurs » et des « clochards ».

#790 – Genoa CFC : il Vecchio Balordo

Vieux fou. Le terme fait parfois débat car il semble désobligeant pour l’équipe ligurienne. Pourtant, ce surnom est largement répandu parmi les supporteurs génois et il s’agit du terme affectueux donné par le célèbre Gianni Brera à son bien-aimé club. Journaliste pour « La Gazzetta dello Sport » , « Il Guerin Sportivo » , « La Repubblica » et plusieurs autres publications, Brera couvrit le calcio pendant de nombreuses années et se distingua par son style épique. Surtout, il n’hésitait pas à créer de nouveaux mots qui marquèrent le vocabulaire footbalistique italien comme international (tels que libero, catenaccio, goleador …). Ses néologismes ont même fait l’objet d’un mémoire de fin d’études. Il est considéré comme le journaliste sportif italien le plus influent du XXème siècle.

Outre son amour des mots, il était également un fan du Genoa et déclarait « Quando il Genoa già praticava il football gli altri si accorgevano di avere i piedi solo quando gli dolevano » (Quand Genoa jouait déjà au football, les autres réalisaient qu’ils avaient des pieds que lorsqu’ils avaient mal). Brera était un brin nostalogique de l’âge héroïque du football italien quand le Génoa remporta 9 championnats entre 1898 et 1924. Il possédait notamment l’original de la charte de constitution du Genoa. Evidemment pour décrire son club de coeur, il ne pouvait le faire qu’avec une image riche et il le qualifia de vecchio balordo. Au travers de ces mots, qui ne se voulaient pas offensants ni pour le club, ni pour ses supporteurs, Brera faisait mouche et décrivait le club comme « strampalato, inaffidabile vecchio balordo » (vieux fou bizarre et peu fiable).

Gênes, dont l’étymologie changea au Moyen-Âge pour la lier au dieu romain Janus, protecteur des portes et ayant deux visages, présente également deux faces : l’une tournée vers la mer, l’autre vers les montagnes environnantes. Cette dychotomie donna une réputation à la cité d’être un peu étrange, incertaine. Ce vieux fou relevait donc cette caractéristique de la ville mais aussi l’imprévisibilité de son équipe de football. Car, tout au long de son histoire, le Genoa pouvait alterner football champagne et football moche. Une équipe capable d’exploits impossibles puis de s’effondrer incroyablement face à un club modeste. C’était notamment le cas dans les années 1970 quand le club fréquentait la Serie C.

#751 – FC Bayern Munich : FC Hollywood

Le Bayern a remporté son 10ème titre de champion d’Allemagne consécutif ce week-end, son 32ème de son histoire, qui s’ajoute également à tous les autres trophées. Cela justifie son surnom de Rekordmeister (#619) et devrait engendrer une atmosphère sereine, bienveillante au sein du mastodonte germanique. Mais, comme tout club, le Bayern a connu son lot de crise avec un pic dans les années 1990 qui conduit à ce surnom peu flatteur. En se référant à Hollywood et son parterre de stars, le surnom voulait rappeller la constellation de grands joueurs qui consituaient l’équipe mais dont les égos surdimmensionnés menaient à de nombreux incidents et affaires, dans le vestiaire et en dehors. Lotthar Matthäus, Stefan Effenberg, Mario Basler, Oliver Kahn … des grands joueurs mais aussi des personnalités arrogantes, au caractère bien trempé et aux comportements indisciplinés. Ce cocktail ne pouvait déjà créer que des inimitiés connues de tous.

Stefan Effenberg et Lothar Matthäus se détestaient et leur relation ne se détendèrent pas, même aujourd’hui. Dans son autobiographie, Stefan Effenberg qualifiait Matthäus de grandes gueules et suggéraient qu’il ne connaissait rien au football. Matthäus, en fin de carrière à l’époque, quitta un entrainement après un échange très viril avec Lizzarazu en Juillet 1999. L’ex-star allemande n’hésitait pas à donner son avis sur tout, tout le monde et tout le temps ce qui agaçait beaucoup au sein du vestiaire. Surtout quand on découvra qu’il était une taupe pour le journal Bild. Son attitude arrogante ne collait pas avec son comportement peu professionnel. Matthäus se fit prendre en photo sur des skis alors qu’il était en convalescence.

Effenberg, adepte des doigts d’honneur à destination de la presse ou du public, faisait régulièrement la une des tabloïds, notamment après avoir révélé qu’il avait une liaison avec l’épouse d’un de ses coéquipiers, Thomas Strunz (qu’il épousera en 2004). La police lui retira son permis pour avoir conduit en état d’ébriété. En 2001, il fut même condamné à une amende après avoir été reconnu coupable d’avoir agressé une femme dans une boîte de nuit.

Pour leur entraineur Ottmar Hitzfeld, Mario Basler était certainement le plus fou de la bande, le plus incontrolable. Grand fumeur (1 paquet par jour) et buveur de bière (rien de plus normal finalement en Allemagne), il s’était plusieurs fois battu en boîte de nuit. Même les agneaux du club se rendirent coupables de quelques erreurs comme Élber et Pizzaro qui rentraient de vacances trop tard. Uli Hoeness compara finalement cette équipe d’égos à une meute de loups, que le célèbre entraineur italien Giovanni Trappatoni ne parvint pas à domestiquer (ce que Ottmar Hitzfeld, qui lui succéda, avec pour mission de ramener la paix dans le vestiaire, réussit).

Aujourd’hui, à la moindre situation de crise, le surnom ressurgit instantanément pour rappeler cette époque et indiquer que ces conflits font partis de la culture du club qui ne se démentirait pas malgré les mouvements de joueurs ou au sein de la gouvernance.

#730 – CN Capibaribe : Timbu

Le timbu est un marsupial que l’on trouve couramment dans tout le Brésil et qui se nomme communément opossum à oreilles blanches. Il vit aussi bien dans des milieux naturels (marais, cerrado, caatinga) que les zones urbaines. Il est évidemment largement répandu dans la zone forestière de l’état du Pernambouc où se situe la ville de Recife, résidence du club, et c’est là où il est connu sous le petit nom de timbu. Il est devenu la mascotte du club (et donc le surnom des joueurs) suite à un match joué le 19 août 1934. Capibaribe rencontrait América FC, au Campo de Jaqueira, un stade de Recife. Avec une victoire dans ce derby, América pouvait prendre la tête de la compétition et ses supporteurs remplirent donc les travées du stade. Mais le match ne se déroula comme prévu. À la fin de la première mi-temps, le score se résumait à 1 partout. Construit en 1918, l’enceinte du Campo de Jaqueira était vétuste et ses vestiaires insalubres. L’entraineur de Capibaribe décida donc de réunir ses joueurs sur un coin de la pelouse pour son discours de la mi-temps. Avec la pluie diluvienne qui s’abbatait, les joueurs avaient froid et l’un des managers apporta une bouteille de cognac, pour les aider à se réchauffer. Sachant que le marsupial avait un goût prononcé pour l’alcool, les supporteurs d’América scandèrent à l’adresse des joueurs adverses « Timbu! Timbu! » . L’équipe de Capibaribe répondit sur le terrain à la provocation en remportant le match 3 buts à 1. En sortant du terrain, les jouères de Capibaribe s’adressèrent à la foule en criant « Timbu, 3-1! » .

#703 – CD Tenerife : los Chicharreros

Le terme est dérivé du poisson Chicharro qui est le mot insulaire pour désigner une sorte de maquereau. Rien de plus normal pour une équipe qui représente l’île de Tenerife d’avoir pour surnom un poisson. En réalité, ce surnom est devenu depuis le XIXème siècle une sorte de gentilé des habitants de Santa Cruz de Tenerife, qui leur fut attribué péjorativement par ceux vivant dans la ville voisine de San Cristóbal de La Laguna. Au XIXème siècle, San Cristóbal de La Laguna était la capitale de l’île de Tenerife et des Canaries. A l’inverse, Santa Cruz de Tenerife demeurait un petit port où les habitants étaient de modeste condition. Pour vivre, ces derniers péchaient et se nourrissaient principalement de chicharros, une sorte de maquereau, un poisson bon marché. Par décret royal du 28 août 1803, le roi Charles IV accorda au modeste port le droit d’établir son propre conseil municipal, ce qui signifiait son émancipation administrative de la municipalité de San Cristóbal de La Laguna. La rivalité entre les deux cités commença à augmenter. Les habitants hautins de la capitale s’amusaient alors à dénigrer ceux du petit port en les appelant chicharrero. Seulement, une étape décisive fut franchie sous le règne de Ferdinand VII. En 1833, Santa Cruz accéda au statut de capital de la nouvelle province des Canaries, au dépend des villes de San Cristóbal de La Laguna et de Las Palmas. Cette reconnaissance dopa la fierté des habitants de la ville qui transformèrent cette moquerie en une identité. Depuis, chicharrero est donc le gentilé de Santa Cruz qui s’est même étendu à tous les insulaires de Tenerife. Le dictionnaire de l’Académie Royale espagnole considère chicharrero comme un adjectif familier, dont le sens est équivalent à celui de tinerfeño (adjectif qui qualifie les habitants de Tenerife). Pour la petite histoire, la population de San Cristóbal de La Laguna ne lâcha pas le morceau et, à la fin du XXème siècle, trouvèrent un nouveau surnom péjoratif, rambleros. Ce dernier fait référence à la vie nocturne agitée, animée dans la nouvelle capitale et ses ramblas où les discothèques pullulent (l’Avenida de las Asuncionistas, la Rambla Pulido et la partie supérieure de la Calle Ramón y Cajal).

#692 – CA Colón : los Sabaleros

Les pêcheurs de sábalo, un poisson de rivière (dénommé en France Prochilode rayé) qui abonde dans la zone de Santa Fe, où le club réside. Surnom le plus connu pour désigner l’équipe et ses fans, il existe deux versions qui se rapportent à son origine mais globalement elles parviennent à la même conclusion : les pêcheurs de ce poisson s’activaient près du stade du club et devaient être également passionnés par le club. La première version indique que le premier terrain où évolua le club se situait près du río Salado del Norte, une importante rivière (longueur totale est de 2 355 km) qui conflue avec le río Saladillo à Santa Fe et où pullule le poisson sábalo. Les fans du club vivaient donc pour la plupart de la pêche de ce poisson. Pour l’autre version, moins reconnue, au début des années 1900, l’une des plus grandes inondations de la ville de Santa Fe se produisit. Le stade où jouait l’équipe fut naturellement inondé et assez longtemps. Résultat, le terrain de sport était devenu une zone de pêche de sábalo pour les fans.

Lors des premiers affrontements au niveau national avec d’autres clubs, les fans adverses criaient sabaleros comme une insulte à l’équipe de Colón et ses supporteurs. En effet, sabaleros, vient de l’argot sabalaje, qui désigne de manière péjorative un groupe d’individus pauvres, venant des banlieues ou vivant dans la boue, à l’image du club de Colón qui résida et réside toujours dans les quartiers périphériques de la ville (El Campito, Sunchales et Centenario), comptant sur des supporteurs venant des classes populaires mais également du poisson qui vit et se nourrit de la boue et que ces supporteurs pêchaient. D’ailleurs, si cette dernière activité était si développé dans les quartiers où résidaient le club, c’est que ce poisson pullulait et était bon marché, ce qui en faisait une nourriture de base ou un moyen de subsistance pour nombre des habitants. Mais, la pêche intensive de ce poisson a conduit les autorités de Santa Fe à durcir la réglementation (même à l’interdire ponctuellement dans les années 2000). Au final, comme souvent, les moqueries adverses se transforment en force, en élément mobilisateur pour ceux insultés et les supportèrent de Colón s’approprièrent avec fierté ce surnom.

#681 – CA Rosario Central : los Canallas

Les vauriens, pour traduire le terme de manière plutôt poli. Pour comprendre ce surnom peu agréable, il faut lire en parallèle de cette article, celui consacré à Newell’s Old Boys (#104). Les deux clubs sont les grands rivaux qui se partagent l’amour des fans de la ville de Rosario. En 1920, la commission des Dames de l’Hôpital Carrasco souhaita profiter de cette rivalité pour organiser un match de charité entre les deux clubs afin de collecter des fonds pour les personnes souffrant de la maladie de Hansen, ie la lèpre. Newell’s Old Boys accepta mais le Rosario Central refusa, pour une raison inconnue. Résultat, les supporteurs de Newell’s traitèrent le Rosario de club de vauriens. Il s’agit de la version la plus communément admise mais une autre circule qui se base également sur la rivalité avec un autre club. En 1928, les supporters de Rosario Central auraient mis le feu à une bâche qui se trouvait près du terrain de Belgrano (club avec lequel les fans de Rosario entretenaient une grande rivalité). Quand les supporters de Belgrano virent la situation, ils auraient scandé « ¡Son unos canallas!, ¡son unos canallas! » (ce sont des vauriens, ce sont des vauriens).

#639 – CA Belgrano : el Fifito

Fifito est le surnom en Argentine de la Fiat 600. Cette citadine italienne connut un grand succès populaire en Argentine. Les exportations démarrèrent en 1958 mais la demande fut si forte que la production en Italie ne suffit pas. L’usine Fiat de Córdoba en Argentine commença alors la production de la Fiat 600 pour alimenter les marchés sud-américains. Entre le 7 avril 1960 et le 9 avril 1982, cette usine produisit 316 254 exemplaires. Pourquoi se comparer à cette voiture populaire et économique ? Le 15 Avril 2006, le derby de Córdoba se déroula entre le CA Belgrano et Talleres dans le cadre du tournoi d’ouverture de la seconde division. L’attaquant de Talleres, Sebastián Coria, mit de l’huile sur le feu à l’approche du match en déclarant « Comparar a Talleres con Belgrano es lo mismo que comparar una Ferrari con un Fiat 600 » (Comparer Talleres avec Belgrano, c’est la même chose que comparer une Ferrari avec une Fiat 600). En se moquant ainsi de Belgrano, les hostilités étaient lancées et il fallait s’attendre à un retour de flamme en cas de défaite de Talleres. Le match débuta bien pour ce dernier, son attaquant Gonzalo Bustamante marqua après 20 minutes de jeu. Mais, en seconde période, Belgrano renversa le match avec un but de Campodónico à la 57ème minute et un autre d’Aimar à la 68ème minute. Après le coup de sifflet final, toute l’équipe de Belgrano se dirigea vers la tribune sud et contempla les fans faire la fête. A l’issue de la saison, Belgrano accéda à la première division alors que Talleres resta à l’étage inférieur (alors que la montée lui était promise). Sebastián Coria et ses propos devinrent alors la cible des railleries. Pour fêter ce succès, les joueurs et l’entraîneur de Belgrano demandèrent aux fans de défiler avec une fiat 600 de l’Arc de Córdoba jusqu’à leur stade (Gigante de Alberdi) pour ce qui devint la « Caravana del Fitito » .

#616 – Chievo Vérone : Mussi Volanti

Les ânes volants, en dialecte véronais (parfois traduit en italien en Asini Volanti). J’avais décidé, en ouvrant ce blog, de parler des surnoms des équipes existantes et non celles disparues. J’imaginais peut-être que cela le rendrait plus vivant. Mais, je me rends compte que c’est une erreur. Mon but, au travers de ce site, est de faire connaître les histoires des clubs, leur rendre hommage afin de rappeler aux jeunes fans qu’un club ne se résume pas au carnet de chèque de son propriétaire, à ses stars éphémères et à son équipe de marketing composée de footix. En s’intéressant à l’histoire de ce sport, il me semble désormais obligatoire d’évoquer également les clubs disparus. En particulier, l’actualité m’a rappelé à l’ordre au cœur de l’été quand j’ai découvert que le Chievo Vérone était en faillite et disparaissait définitivement après 92 ans d’existence. Je n’étais pas supporteur de ce club mais il mettait en lumière certaines valeurs du football d’antan.

La comparaison avec un âne est généralement peu flatteur et relève de l’ironie (cf article #337 sur Naples). Dans les années 80 et 90, le Hellas Vérone était le club phare de la ville de Roméo et Juliette. Finaliste de la Coupe d’Italie en 1983 et 1984, l’équipe atteint le graal en 1985 en remportant le championnat d’Italie avec le danois Preben Elkjaer Larsen et de l’Allemand Hans-Peter Briegel. A l’opposé, le Chievo Vérone, modeste club d’un quartier de la ville comptant 4 000 âmes, montait péniblement les différentes marches des divisions inférieures. En 1985, alors que la ville fêtait le titre, le Chievo évoluait en série C interrégional (5ème division). A la fin des années 1980 et au début des années 1990, les supporteurs du Hellas se moquèrent de leur faux « rival » en affichant dans les travées du Stade Marcantonio-Bentegodi des banderoles où on pouvait lire « Quando i mussi i volerà faremo el derby in serie A » (quand les ânes voleront, nous ferons le derby en Série A). A l’époque, il n’y avait jamais eu de derby entre les deux clubs de la ville et ceux d’Hellas voulaient rappeler qu’il n’y en aurait jamais vu la différence entre les deux clubs. Sauf, comme seule le sport en réserve, la magie va opérer. Suite au titre de 1985, le Hellas connut quelques bonnes années mais assez vite redescendit en Série B à l’issue de la saison 1990. Hellas s’établit principalement alors au second échelon professionnel dans les années 1990. A contrario, le club ouvrier du Chievo poursuivit sa progression. Le club accéda au statut professionnel en 1986 avec sa promotion en 4ème division . Quand le Hellas descendit en Série B en 1990, le Chievo monta en 3ème division. Vous me voyez venir ? Ce qui devait rester un évènement impossible, se réalisa le 10 décembre 1994 avec le premier Derby della Scala (en référence à la famille noble qui gouvernait la cité de Vérone au XIVème siècle) en Série B. L’histoire ne s’arrête pas là. En 2001, le Chievo gagna sa première promotion en Série A rejoignant ainsi le Hellas . Les premiers mois du club furent même idéals, le Chievo pointant à la 1ère place du classement quasiment jusqu’à la trêve hivernale. Il n’en fallait pas plus pour les supporteurs du Chievo pour prendre leur revanche. Le club et les fans adoptèrent le surnom de Mussi Volanti. L’âne fit son apparition sur le site du club et les porte-clés et autres objets de merchandising se parèrent de l’animal. Un groupe de supporters se nomma « Calcio Club Mussi volanti« , et un bar « La Tana dei Mussi volanti« . L’animal devint définitivement la nouvel mascotte. Attention sur le blason du club, ce n’est pas un âne sur lequel monte le chevalier. Il s’agit de la reproduction de la statue équestre de Cangrande della Scala, un des membres importants de la dynastie scaligère (qui apporta la prospérité à la cité). Au final, 19 derbys furent joués pour terminer par une égalité parfaite : 7 victoires pour le Chievo, 7 pour le Hellas et 5 matchs nuls.

Malheureusement, le club est désormais redevenu un âne au sens premier avec cette faillite. Un ancien joueur du club, Sergio Pellissier, et des supporteurs vont tenter de redonner naissance au club via le FC Chievo 1929.

#591 – Vancouver Whitecaps : the Village

Le village. Après la fin de la fameuse ligue nord-américaine NASL en 1984, un nouveau club vit le jour en 1986 à Vancouver du nom des 86ers. Jusqu’en 2011, le club évolua dans différentes ligues canadienne ou nord-américaine mineures avant d’intégrer la plus prestigieuse, la MLS. En 2001, le club voulut profiter de la notoriété de l’ancien club de la ville, les Vancouver Whitecaps, en reprenant leur nom et leur logo. Cette dernière franchise concourut dans la NASL de 1974 à 1984 et connut son heure de gloire en 1979, en remportant le championnat. Il s’agissait du premier titre de la ville de Vancouver dans un championnat majeur nord-américain.

A cette époque, le football n’était pas le sport roi en Colombie-Britannique où l’équipe de hockey sur glace, les Vancouver Canucks, attirait tous les regards. Mais, après avoir terminé premier de sa division, les Whitecaps entamèrent un magnifique parcours en play-off qui les conduisit au titre et qui engendra un formidable engouement au sein de la ville. En quart de finale, Vancouver élimina les Los Angeles Aztecs de Johan Cruyff et, pour les demi-finales, se dressait le monstre du New York Cosmos. La franchise new-yorkaise avait remporté les deux derniers championnats et, même si Pelé avait déjà quitté la franchise, cette dernière comptait tout de même dans ses rangs, le champion du monde brésilien Carlos Alberto, l’attaquant star de la Lazio, Giorgio Chinaglia, l’ailier anglais Dennis Tueart, le yougoslave Vladislav Bogićević, le hollandais Wim Rijsbergen, double finaliste de la Coupe du Monde ainsi que les stars Franz Beckenbauer et Johan Neeskens. Face à cet armada, les Whitecaps présentait le profil du classique outsider. Dépourvus de stars, l’équipe débordait de caractère, était farouchement déterminés, composée de travailleurs et soudée comme une famille. Après l’élimination de New York, l’équipe remporta le championnat face au Tampa Bay Rowdies. A leur retour à Vancouver, une foule de 100 à 150 000 personnes accueillit les nouvelles stars de la ville. Le commentateur d’ABC, Jim McKay, déclara que « Vancouver must be like the deserted village right now » (Vancouver doit être comme un village désert maintenant – supposant que tous les habitants étaient devant leur TV pour regarder le match). Evidemment, les canadiens prirent très mal cette allusion au village, estimant que Vancouver était une grande ville et que les américains dénigraient encore une fois le Canada. Mais, au final, très vite, le terme Village of Vancouver apparût et finalement s’imposa comme un surnom du club, qui se transmit à la nouvelle franchise MLS.