#8 – FC Barcelone : Cules

Les « culs » … c’est étonnant de trouver un tel surnom, si peu glorieux, pour un tel club. L’histoire remonte au début du club. Dans les premières années, le FC Barcelone, comme beaucoup d’autres clubs à l’époque, n’avait pas les moyens pour posséder son propre stade. Ainsi, il passa sa première saison à jouer au Velódromo de la Bonanova sur un terrain qu’il louait et partageait avec le FC Catalán, un club fondé un mois après lui. Après un an, Barcelone déménagea dans une autre enceinte également en location. Le terrain était proche du Velódromo et appartenait au somptueux hôtel Casanovas à Horta Guinardó. L’Hôtel servait de vestiaire aux deux équipes. Mais, les propriétaires de l’Hôtel, la famille Casanova, décidèrent de le vendre ainsi que le terrain sur lequel jouait l’équipe. Le dernier match à l’Hôtel eut lieu le 18 novembre 1900. Le club trouva un terrain à la Carretera de la Horta, puis un autre sur la Calle Muntaner. Ces déménagements n’eurent pas raison de l’affluence, le club gagnant en popularité avec plusieurs milliers de spectateurs venant assister aux matchs à domicile. 

La direction du FC Barcelone décida alors d’investir et acheta en mars 1909 le premier stade officiel, La Escopidora, situé entre les rues d’Urgell, Indústria (renommé calle de París en 1922) et Villaroel. Il s’agissait d’un complexe sportif moderne pour l’époque puisqu’il y avait une tribune en bois de 1 500 places et surtout un éclairage artificiel. Mais, tout aussi moderne soit-il, ce stade ne pouvait contenir tous les supporteurs, qui se tassaient autours du stade. Au 1 500 places assises pouvaient s’ajouter 4 500 spectateurs debout. Toutefois, le club connaissait ses premiers succès (3 coupes d’Espagne dans les années 1910 et 5 pendant les années 1920) et attirait toujours plus de spectateurs, au point que les 6 000 places de l’enceinte n’étaient pas suffisantes pour accueillir tous les fans. Ainsi, pour apercevoir le match, certains s’asseyaient sur le mur d’enceinte. De l’extérieur, pour les passants, ces spectateurs donnaient à voir un alignement de fessiers … Le surnom « Culers » , qui désigne en catalan une personne montrant ses fesses, apparu donc. Avec le temps, le « r » disparut, donnant alors « Cules » .

#2 – Olympique Lyonnais : Gones

Les gones. Les joueurs lyonnais sont dénommés ainsi mais que signifie-t-il ? En fait, il s’agit d’un terme du parler Lyonnais, dialecte dérivé du francoprovençal que l’on rencontre dans la région de Lyon. Il signifie affectueusement « les enfants » , « les gosses » . On l’utilise aussi de manière ironique pour caractériser un adulte. C’est l’équivalent du Minots à Marseille (cf. article #298), du Pitchouns en occitan (cf. article #434), miston à Nîmes, ou le Titi à Paris. Le mot prendrait ses racines dans le grec ancien γόνος (prononcé gonos) qui signifie « progéniture », « enfant ». Lugdunum, ancêtre de Lyon, était la capitale de la Gaule Romaine et comme ville puissante, elle comptait une colonie grecque importante ainsi que des écoles grecques.

Par extension, il devenu un synonyme d’un habitant de Lyon et donc d’un joueur de l’OL. Il a été adopté par le principal groupe de supporteurs de Lyon, les Bad Gones. Le terme est même rentré dans le dictionnaire de l’académie française.

#1 – Boca Juniors : Xeneize

Le club de la capitale argentine est souvent surnommé Xeneize. Drôle de nom mais qui fait référence aux fondateurs du club, 7 adolescents issus de l’immigration italienne, alors présente en Argentine au début du XXème siècle. En effet, si la France, la Belgique (avec leurs mines notamment) et les Etats-Unis furent des terres d’ « asile économique » pour les italiens, l’Argentine le fut également. De manière générale, dans la construction de l’Argentine moderne, l’immigration joua un grand rôle. En 1853, la République d’Argentine publia sa première Constitution dans laquelle l´article 25 rappelait l’importance de l’immigration : « El Gobierno federal fomentará la inmigración europea; y no podrá restringir, limitar ni gravar con impuesto alguno la entrada en el territorio argentino de los extranjeros que traigan por objeto labrar la tierra, mejorar las industrias, e introducir y enseñar las ciencias y las artes » (Le Gouvernement Fédéral favorisera l’immigration européenne; et il ne pourra pas restreindre, limiter ni grever avec l’impôt l’entrée dans le territoire argentin des étrangers qui ont pour but de travailler la terre, améliorer les industries et introduire et enseigner les sciences et les arts). Cette volonté s’amplifia en 1876 avec la promulgation d’une loi « Inmigración y Colonización » (immigration et colonisation) qui favorisait l’établissement de journaliers, artisans, ouvriers et enseignants de moins de 60 ans. Le gouvernement argentin fit la promotion en Europe de cette politique, allant même à subventionner le voyage en bateau des immigrants.

Plus de trois millions d’Italiens émigrèrent vers l’Argentine en près d’un siècle (entre 1857 et 1940), représentant presque la moitié du total des étrangers venus s’installer en Argentine et 10% de l’immigration italienne dans le monde. À partir des années 1880, plus de 2 400 000 Italiens arrivèrent sur les côtes d’Argentine et en 1895, plus de 12 % de la population argentine était italienne. En 2011, plus de 25 millions des Argentins (soit 62,5 % de la population) avaient des origines italiennes. Ces immigrés importèrent leur langue et leurs dialectes qui imprégnèrent le vocabulaire argentin et influencèrent également la prononciation de la langue espagnole. A Buenos Aires, ces italiens provenaient pour la plupart de la région de Gênes. En ligurien, cette dernière se nomme Zena et son dialecte, Zeneize. Et avec la déformation argentine, Zeneize est devenu Xeneize.