Les loups jaunes. Si le club évolue depuis les années 1940 dans la ville de Ploiești, il est né en 1924 de la fusion de deux clubs de la capitale Bucarest qui se dénommaient Romcomit et Triumf. En 1920, la banque italienne Banca Commerciale Italiana décida d’ouvrir une filiale en Roumanie, du nom de Banca Commerciale Italiana e Romena. La plupart des salariés étaient des expatriés italiens et la direction de la Banque, dirigée par le directeur Etore Brunelli, supporta en 1922 la création d’une association sportive sous le nom de Romcomit Bucarest, qui était l’abréviation du nom de la banque. La direction et les joueurs du nouveau club revendiquèrent leur culture latine. Ainsi, le blason du club affichait les symboles de Rome avec la louve nourrissant Remus et Romulus. Même si la louve ne fut pas transmise comme symbole au nouveau club crée en 1924, elle demeura dans l’esprit des supporteurs et donna le surnom au nouveau club. Il faut dire que, lors de la fusion, Romcomit imposa son héritage italien. Notamment, le nom du nouveau club fut FC Juventus Bucarest (les fondateurs voulurent-ils rendre hommage au club turinois ou simplement latiniser le nom du club ? Personne ne sait). De même, étant donné que Romcomit possédait un stock important de maillot, la Juventus reprit ses couleurs rouge et bleu, qui représentaient respectivement la Roumanie et l’Italie. Par la suite, lors du déplacement du club de Bucarest à Ploiești, il changea de nom et le rouge fut remplacé par le jaune qui devint la couleur dominante.
Étiquette : Loup
#441 – Paysandu SC : Papão
Le papão est un personnage populaire au Portugal et au Brésil (ainsi que dans certaines régions espagnoles) similaire au père fouettard. Il s’agit d’un monstre mangeur d’enfants désobéissants. Les parents n’hésitent pas à dire à leurs enfants de suivre les consignes sinon le papão va venir les manger. Le terme papão dérive de papar qui signifie manger, dévorer. Comment est né ce surnom ? En 1948, le journaliste Everardo Guilhon, du journal A Vanguarda, créa la mascotte du club sous l’image d’un loup. Il s’inspira pour cela du surnom de l’équipe à l’époque qui était Escuadrão de Aço (Escadron d’Acier). Dans les années 40, le club avait gagné ce surnom car l’équipe dégageait une certaine force, inspirait la crainte qui lui avait permis de remporter de nombreux championnats régionaux (6 titres). Pour amplifier la peur que devait représenter cette mascotte, il l’appela bicho papão, en souvenir de sa mère qui lui disait quand il était jeune « dorme logo, pois lá vem o bicho-papão ! » (dors vite, car le père fouettard arrive). La mascotte comme le surnom furent immédiatement adoptés par les supporteurs.
A partir de ce surnom, d’autres furent créés : bicho papão naturellement. Mais également, papão da curuzu en référence au stade du club dont le surnom est curuzu, papão da Amazônia et papão do Norte, le club résidant à Belém do Pará, situé sur le delta de l’Amazone, au nord du pays.
#387 – SKN St. Pölten : die Wolfe
Les loups. Un surnom assez répandu avec une explication assez logique. Le canidé apparaît férocement sur le nouvel emblème du club, dont il a tout de même toujours fait partie au fil des époques. Il provient directement des armes de la ville de St. Pölten où un loup se dresse. Dans le district de St. Pölten, ce n’est pas la seule ville à intégrer cet animal dans ses armes comme par exemple les municipalités de Böheimkirchen, Gerersdorf, Kasten bei Böheimkirchen, Obritzberg-Rust, Purkersdorf, Pyhra et Wolfsgraben. Le loup est une figure héraldique assez connue mais lorsqu’il se dresse, il est dénommé rampant ou plus particulièrement pour cette région, Loup de Passau. Car la ville bavaroise de Passau et son évêché affichaient un loup rouge dressé sur leurs blasons. Ce choix remonte probablement au XIIIème siècle, soit à l’évêque Wolfger d’Erla, soit à l’évêque Rüdiger de Bergheim. En 1259, l’évêque Otto de Lonsdorf utilisait clairement un sceau avec l’image d’un loup à son revers. Puis, au milieu du XIVème siècle, le loup était clairement établi comme symbole de l’évêché de Passau, apparaissant sur son drapeau décrit dans l’Armorial de Zurich.
Et effectivement, le loup de St. Pölten est une référence à celui de Passau. Revenons aux origines. A compter du Ier siècle, le site de St. Pölten était une colonie romaine, relativement importante dans la région, du nom d’Aelium Cetium. A compter du Vème siècle jusqu’au VIIIème siècle, la ville disparaît quasiment, ses habitants migrant vers d’autres zones. Puis, à la fin du VIIIème siècle, l’Empire Franc de Charlemagne chassa de la région la population locale des Avars et importa avec lui le christianisme. De nouvelles colonies et monastères émergèrent alors en Basse-Autriche, y compris à St. Pölten, qui connut alors une renaissance. Ainsi, un premier monastère bénédictin bavarois, dépendant de Tegernsee, fut construit et reçu les reliques de St Hippolyte de Rome, qui donna le nom à la ville (St Hippolyte deviendra St. Ypolit puis St. Pölten). Un autre monastère augustinien sous l’influence du diocèse de Passau s’établit également. Avec ces présences religieuses, la ville se développa et obtint plusieurs droits. Puis l’évêque de Passau, Konrad, accorda une charte aux citoyens de St. Pölten dès 1159, élevant St. Polten alors au rang de cité. La dépendante à l’évêché de Passau se confirma au fil du Moyen-Âge (l’évêque de Passau était même le seigneur de la ville) et se refléta dans les armoiries et le sceau de la ville (un loup debout tenant une crosse dans sa patte à l’époque).
#334 – Wolverhampton Wanderers FC : the Wolves
Les loups. Wolverhampton est le seul club anglais a avoir pour surnom le loup et il provient simplement du nom de la ville qui commence par le même terme (Wolverhampton). A partir de là, il peut être évidement d’en tirer la conclusion que la toponymie de la ville trouve ses racines dans le mot « loup ». Pas du tout !
La légende raconte que la ville fut fondée par la noble anglo-saxonne, Wulfrun, en 985 suite au don par le roi Æthelred le Malavisé de neuf hides situés à Heantune (ou aussi désigné comme Hamtun). Ce dernier terme signifiait « ferme ou enceinte haute ou principale ». Le suffixe apparut un peu plus tard, en 1070. La ville était alors connue sous le nom de Wolvrenehamptonia, soit la ferme ou enceinte haute ou principal de Wulfrun.
Une autre thèse avance que la ville peut avoir gagné son nom original de Wulfereēantūn ( « l’enceinte ou la ferme haute ou principale de Wulfhere »). Wulfhere était le le Roi de Mercie, l’un des principaux royaumes anglo-saxons du Haut Moyen Âge. Le cœur de ce royaume correspondait aux Midlands où se situe Wolverhampton. Selon la tradition, ce Roi aurait établi une abbaye en 659 à Wolverhampton, mais aucune preuve n’a pu être apportée. Quoi qu’il en soit, la forme actuel du nom de la ville fit son apparition au XIVème siècle.
Il convient de noter que les deux personnages ayant pu donner leur nom à la ville contiennent dans leur nom le terme « Wulf ». Or, en vieil anglais, il signifiait loup. Peut-être un début de lien entre l’animal et la ville. En outre, avec le temps, le nom de la ville a souvent était raccourci en « Wolvo », « W’ton » ou « Wolves ». Un lien supplémentaire. Naturellement, l’animal sauvage devint le symbole de l’équipe, d’autant plus que le loup véhicule un certain nombre de valeurs qui sied bien à équipe sportive : rusé, guerrier et qui évolue en meute. Son apparition pour le club se fit assez tardivement, au début des années 1970. Les joueurs arboraient un maillot avec un loup sautant au-dessus des initiales du club. Puis, le logo changea vite pour montrer trois loups en fuite. Finalement, une tête de loup stylisée s’imposa en 1979 et demeure depuis l’écusson et le symbole du club.
#312 – Gimnasia y Esgrima La Plata : el Lobo
Le loup. Jusqu’en 1953, le club était caricaturé sous les traits d’un boucher, en raison d’un autre surnom du club : lors triperos (les tripiers, cf. #621). Mais, selon le site du club, Gimnasia était déjà représenté parfois sous la forme d’un loup. Ce dernier surnom gagna en popularité au début des années 1950. En 1953, un dessinateur dénommé Julio Cesar « Pilo » Trouet aimait croquer les clubs de football en les associant à des personnages et ses caricatures accompagnaient les articles du journal « La Plata » sur les rencontres dominicales.
Toutefois, il n’était pas satisfait de l’image du boucher pour le club de Gimnasia y Esgrima. Après en avoir discuté avec des amis, il publia une caricature dans la journal régional « El Día » où le club était représenté sous la forme d’un loup. Pourquoi un loup ? Deux raisons inspirèrent le dessinateur. Tout d’abord, le stade du club, depuis 1929, se situe dans le seul parc de la ville, dénommé Paseo del Bosque. Le stade dont le vrai nom est Estadio Juan Carmelo Zerillo hérita du surnom, el Bosque (la forêt). Or, que trouve-t-on dans une forêt ? Des loups. Ensuite, l’équipe jouait un football rapide, rusé et audacieux, caractéristiques que le loup symbolisait.
Les fans adoptèrent ce symbole lors de la grande campagne de la saison de 1962. Après un début de saison moyen, où le club perdit à domicile 1 à 0 face à son rival d’Estudiantes, Gimnasia y Esgrima demeura invaincu pendant 15 matchs de suite. Ce parcours hissa le club à la première place du classement à quelques matchs de la fin du championnat. Au final, il termina à la 3ème place avec 16 victoires, 6 nuls et 6 défaites. Emmené par les buteurs Alfredo « Tanque » Rojas avec 17 buts et Diego Bayo avec 10 buts, l’équipe marqua 47 buts pour 28 buts encaissés. Comme de nombreuses équipes perdirent dans l’enceinte de Gimnasia y Esgrima, les supporteurs estimèrent que le loup était alors le symbole du club. Aujourd’hui, le loup est la mascotte du club.
#252 – FC Midtjylland : Ulvene
Les loups. Le FC Midtjylland est un club ayant à peine fêté ses 20 ans d’existence, après la fusion de deux clubs en 1999, Ikast FS (créé à Ikast en 1935) et Herning Fremad (créé à Herning en 1918), tous deux rivaux et situés dans la région du Jutland central. Les deux clubs n’ayant pas marqué le football danois, même s’ils évoluèrent au plus haut niveau, les promoteurs de l’union virent en cette fusion l’occasion de créer un club plus puissant, en s’appuyant notamment sur une assise régionale. Les fondateurs optèrent comme nom pour FC Midtjylland qui signifie Football Club du Centre Jutland et prirent comme symbole, le loup, dont la gueule stylisée apparaît sur le blason du club.
Dans la mythologie scandinave, le loup a plutôt l’image d’un destructeur (les loups Skoell et Hati ont dévoré le Soleil et la Lune et le loup Fenrir a chassé les dieux, entraînant le désordre sur terre). Les grecs comme la religion catholique ont également vu le loup comme une menace. Mais, les fondateurs ont certainement plutôt pensé qu’il était un animal de pouvoir, de force et de liberté, un animal guidé par ses instincts. Ou comme les romains, la louve est avant tout la mère nourricière. Il s’agit d’un animal qui évolue en meute qui peut représenter l’esprit d’une équipe sportive. En tout cas, le loup a toujours véhiculé une image ambiguë, faîte de fascination et de peur.
Surtout, le loup est associé à la région du Jutland. Il a longtemps prospéré dans cette partie du Danemark, en particulier autours de Ikast, car ils profitaient des grandes zones boisées et peu peuplées de l’intérieur du Jutland. À l’automne 2019, il est estimé qu’il y a encore cinq à sept loups au Danemark, principalement dans le Jutland.
#149 – VfL Wolfsburg : die Wölfe
Les loups. Ce surnom est attaché à la ville de Wolfsburg. Regardons les armoiries actuelles de la ville qui remonte à 1947. Elles montrent principalement un chateau à deux tours, avec un loup qui le surplombe, et font référence au nom de la ville, qui est la contraction des mots wolfe (loup) et burg (château).
La première mention de la ville remonte à 1302 et indique qu’il s’agit du siège de la famille von Bartensleben. Cette famille de petite noblesse occupait des fonctions ministérielles et avait donc reçu plusieurs fiefs de divers souverains à partir du XIIIème siècle. Originaire du village de Bartensleben près de Helmstedt, ils firent construire le Château de Wolf en 1300 pour en faire leur nouvelle résidence. Ce chateau, certes remodelé, existe encore et a donné son nom à la ville. Si la présence de loup était probable dans la région, ce nom provient des armoiries de cette famille qui remontent à 1188 et que l’on peut découvrir dans le chateau. Elles montraient un loup argenté (blanc) sur fond rouge bondissant par dessus deux faisceaux de céréales.
Ce n’est qu’en 1938 que le village se transforma en une ville sous l’impulsion de l’installation de l’usine Volkswagen consacrée à la fabrication de la Coccinelle. Devenu une ville de plus de 100 000 habitants, elle reste attachée à ses origines et la ville reprit le loup dans son blason. Pendant longtemps, les armoiries de la ville avec le loup étaient présentes sur chaque volant de Volkswagen. Le club de football hérita logiquement de ce surnom.
#65 – AS Roma : Lupa
La louve. La référence est évidente à la fois car il s’agit du symbole du club qui apparaît sur son écusson et souvent dans ses produits dérivés. Egalement car le mythe de Romulus et Remus est l’identité de la ville éternelle et connu par beaucoup. Ces jumeaux, fils du dieu Mars et de la vestale Rhéa Silvia, sont connus pour être les fondateurs de Rome. Nouveau-nés, ils furent abandonnés à la demande de leur oncle sur le Tibre et recueillis par une louve qui les allaitèrent. Par la suite, les jumeaux se vengèrent de leur oncle, fondèrent Rome mais la volonté de gouverner la ville entraîna le fratricide de Remus par Romulus. Depuis l’Antiquité, l’image des jumeaux allaités par une louve est un symbole de la ville de Rome et depuis de l’AS Roma.
En 1927, l’AS Roma naquit de la fusion de trois clubs de football romain (Fortitudo Pro Roma, Alba Audace et Roman). L’objectif était de créer un grand club portant haut les couleurs de la capitale afin de s’opposer aux clubs du nord du pays. Pour conserver la base de supporteurs des 3 clubs comme élargir l’audience à toute la ville, les fondateurs comprirent que la symbolique allait jouer un rôle crucial. Tout d’abord, le choix simple de retenir le nom de la ville comme nom du club. Puis, le choix des couleurs en se référant aux bannières de l’Empire Romain et du Capitole (cf. #980). Il était donc logique que la louve du Capitole soit adoptée comme symbole du club et complète son identité. Paradoxalement, elle n’apparut sur le maillot du club et son écusson qu’un demi-siècle après la fondation. Au cours des premières années, aucun blason se présentait sur le maillot. Puis, au milieu des années 1930, un premier écusson formé des initiales du nom du club « ASR » au sein d’un cercle s’installa sur la tunique. Puis, il disparut de nouveau pour revenir sporadiquement en 1953 et au début des années 1960. Finalement, en 1978, Dino Viola prit la direction du club et s’intéressa immédiatement à développer les revenus du merchandising. Ainsi, pour se distinguer, la louve s’imposa à cette époque dans le blason comme sur le maillot. Encore que ce n’était pas vraiment une louve et encore moins dans sa position d’allaitement actuelle et classique. En effet, il s’agissait d’une tête de loup, affectueusement appelé Lupetto, créé par le graphiste milanais Piero Gratton (1939-2020). A cette époque, la stylisation des emblèmes du club étaient à la mode parmi les clubs italiens (diavoletto du Milan, le taureau du Torino ou l’aigle de la Lazio). Cette tête demeura jusqu’au milieu des années 1990 avant que la louve capitoline se dévoila sur le maillot à l’été 1997.
Seulement si le terme Lupa signifie louve en italien, en latin il a le même sens que celui de prostituée. Or, une des légendes raconte que les jumeaux furent recueillis par un berger du nom de Faustulus et sa femme, Larentia, prostituée. En jouant sur le double sens du mot, d’autres auteurs auraient détourné la légende pour y intégrer une louve, dont la symbolique est plus puissante que celle d’une prostitué. Officiellement, le surnom de l’AS Roma provient de l’animal. Si vous n’aimez pas le club, vous pouvez en changer le sens.
