#822 – Queen’s Park FC : the Spiders

Les araignées. Fondé le 9 juillet 1867, Queen’s Park demeure le plus ancien club de football d’Ecosse mais son aura et son influence dépasse son âge. En effet, dans de nombreux domaines, il participa au développement du football en Grande-Bretagne et constitue une institution en Calédonie même s’il n’évolue plus au sein de l’élite depuis plus de 70 ans. Il concourra à installer le football en Irlande, notamment en inspirant la création du premier club, Cliftonville FC. Au niveau du jeu, alors que les anglais pratiquaient déjà le simpliste kick and rush, l’équipe développa un jeu basé sur des passes courtes et des mouvements rapides, qui fit la réputation du style écossais et encouragea le recrutement de joueurs écossais par les clubs anglais. Il fut donc une place forte du football à la fin du XIXème siècle en remportant 10 Coupes d’Ecosse entre 1874 et 1893 (1874, 1875, 1876, 1880, 1881, 1882, 1884, 1886, 1890 et 1893) et en étant le seul club écossais à atteindre la finale de la Coupe d’Angleterre (par deux fois en 1884 et 1885). L’institution possède également des valeurs fortes. Attaché à l’amateurisme, qui est inscrit dans sa devise, Ludere Causo Ludendi (jouer pour le plaisir de jouer), le club refusa par exemple d’intégrer la nouvelle Ligue écossaise de football créée en 1890 car sa direction estimait que cette nouvelle organisation conduirait forcément vers le professionnalisme (ce qui se réalisa en 1893). De même, le club resta amateur jusqu’en Novembre 2019, ce qui limita ses possibilités de revenir en première division. Enfin, outre le style de jeu, le club fut à l’origine de nombreuses innovations dans le football. Avec des règles pas encore normalisées, le club appliqua ses propres lois du football jusqu’en 1870 (année où il rejoignit la fédération anglaise qui était la seule organisation existante qui organisait le jeu). Queen’s Park inventa ainsi la barre transversale, la pause à la mi-temps et les coups francs. Il innova aussi au niveau des équipements. Ainsi, dans ses premières années d’existence, le club imposa le port d’éléments de couleurs tels que des badges, des brassards, des bonnets … afin de distinguer sur le terrain les joueurs de chaque équipe. Les joueurs portèrent aussi des chemises bleus et cela conduisit la direction à modifier ses statuts pour codifier un uniforme commun à toute l’équipe. Ainsi, le 7 juillet 1870, les statuts indiquaient désormais qu’aucun membre ne pouvait prendre part à un match à moins de porter l’uniforme officiel ie une chemise bleue et une cape (bleue ou rouge). Deux ans plus tard, les chaussettes devaient être rayées bleues et blanches. Cette même année 1872, le 30 Novembre se déroula la première confrontation officielle entre la sélection anglaise et l’équipe nationale écossaise. Les joueurs de Queen’s Park constituèrent la totalité de l’équipe écossaise et jouèrent donc dans leur couleur traditionnelle bleu marine. Depuis, l’Ecosse évolue dans un maillot bleu marine. Le 9 avril 1873, les statuts du club furent une nouvelle fois modifiées pour définir pour la première fois l’uniforme complet : cape rouge, maillot bleu marine et culotte blanche. Mais, ce choix ne faisait pas l’unanimité au sein de Queen’s Park et finalement une nouvelle décision fut prise : un maillot blanc barré de petites rayures noires, accompagné d’une cape rouge et d’un short blanc. La finesse des rayures rappellerait les toiles d’une araignée et donna donc naissance au surnom. Certains aiment à rajouter que le style de jeu fait de passes courtes et rapides participa également à renforcer ce surnom car celui-ci revenait à tisser une toile autour des joueurs adverses.

#788 – OIdense BK : de Stribede

Les rayés. Pour reconnaître Odense BK sur un terrain de première division danoise, il suffit de trouver les joueurs qui portent un maillot composé de rayures blanches et bleues verticales. Cette chemise, qui donna le surnom de rayé, est emblématique du club et aurait été portée dès les origines du club. En 1916, une entorse fut faite à la tradition en raison de problèmes d’approvisionnement liés à la Première Guerre Mondiale. Le club dut s’équiper de maillots toujours rayés bleus et blancs mais cette fois, les bandes étaient horizontales. Pourtant, certaines voix avancent que dans les premiers temps le maillot était intégralement noir, raison pour laquelle cette couleur réapparaîtrait parfois subtilement sur le kit d’Odense. Malheureusement, les raisons qui menèrent à ce choix de couleurs et à ces rayures ne sont pas connues.

On pourrait avancer que l’imagination des membres s’inspira des armoiries de la ville d’Odense. Les couleurs bleues et blanches y apparaissent, l’écu étant sur fond blanc et présentant un chevalier bleu avec un oriflamme de la même couleur. Ce blason se base sur un sceau de la ville daté de 1460.

Autre possibilité assez courante à l’époque, emprunter les couleurs et symboles d’une équipe anglaise. Odense BK étant fondé en 1887, le football anglais était alors dominant et influenceur. Or, de 1883 à 1892, les vainqueurs de la Coupe d’Angleterre, comme parfois les finalistes, possédaient des kits bleus et blancs, souvent à rayures, tels que Blackburn Rovers, West Bromwich Albion et Preston North End.

Néanmoins, 1887 fut l’unique année où le vainqueur jouait dans d’autres couleurs mais avec un maillot rayé (Aston Villa). En outre, Odense fut d’abord fondé en tant qu’association de cricket et la section football apparût seulement deux ans plus tard. Etonnant que les joueurs danois de cricket s’inspirassent de clubs de football. A moins que la théorie d’un maillot différent les premières années auquel se substitua le maillot rayé bleu et blanc quelques temps plus tard fusse vrai. Les joueurs de cricket auraient opté pour un premier maillot puis les footballeurs auraient imposé le célèbre kit, en l’honneur d’un club anglais. Simple supposition. Car on pourrait très bien mixer ces deux hypothèses. D’une part, les couleurs s’inspirèrent du blason de la ville. D’autre part, les rayures étaient à la mode à l’époque, la plupart des équipes anglaises précitées en ayant.

#579 – Atlanta United FC : the Five Stripes

Les cinq bandes. Région métropolitaine la plus peuplée sans franchise de Major League Soccer, Atlanta obtint son club de soccer relativement tardivement, en 2017. La nouvelle franchise, détenue par le propriétaire du club de football américain des Atlanta Falcons, dévoila le 7 juillet 2015 son écusson et ses couleurs. Les couleurs officielles de l’équipe étaient donc le noir (symbole de force et de puissance), le rouge (reflet de fierté et passion) et l’or (représentant l’excellence). Reprenant ses couleurs, le blason prenait la forme d’un rond, dans lequel s’inscrivait un « A » avec pour fond, cinq bandes noires et rouges. Ce cercle rappelait le sceau de la ville mais également les anneaux olympiques. En 1996, grâce à la puissance du sponsor Coca-Cola qui possède son siège dans la ville, Atlanta avait organisé les XXVIème jeux olympiques, marquant le centenaire de la renaissance olympique (les premiers jeux de l’ère moderne s’étant déroulés à Athènes en 1896). Evènement majeur pour la ville, il se trouva naturelle de le rappeler dans le blason du club. Les cinq bandes noires et rouges symbolisaient quant à elle les cinq piliers du club : unité, détermination, communauté, excellence et innovation. Il est possible aussi d’y voir un rappel des 5 anneaux du symbole olympique, qui exprime l’activité du mouvement olympique et représente l’union des cinq continents. Aujourd’hui, ces 5 bandes sont évidemment toujours les piliers du club et distingue son maillot.

#516 – CA Tigre : los Matadores

Les tueurs. Deux origines sont avancées pour expliquer ce surnom. La première fait référence à l’une des plus belles saisons du club en première division en 1955. Le CA Tigre termina à la 6ème place derrière les 4 grands (River, Racing, Boca et Independiente) et Lanús. Lors des matchs retours, le club réussit à marquer 29 buts, meilleur attaque du championnat devant celle d’Independiente. A l’issu des matchs allers, le club n’avait trouvé les filets adverses que 17 fois. L’attaque de feu était alors composé de Tucho Méndez, de Carlos Lacasia et du franco-argentin Héctor de Bourgoing. Cette performance fit écrire au journaliste Osvaldo Ardizzone dans le magazine El Gráfico que la CA Tigre était une équipe de tueurs. D’autres préfèrent associer la naissance de ce surnom avec le changement du design du maillot du club au début des années 1970. En effet, à cette époque, le club opta pour un nouveau maillot aux couleurs historiques rouge et bleu mais avec des rayures verticales. Il ressemblait alors à celui classique du CA San Lorenzo de Almagro. Or, ce dernier avait récemment gagné son surnom los matadores depuis ces épopées de 1968. Le CA Tigre hérita alors du même surnom. Il se serait définitivement installé après la victoire en championnat en 1979 qui offrit l’accession du club en Première Division.

#480 – CCD Municipal : la Franja

La bande. Le 27 juillet 1935, le club fut créé à l’initiative de 3 conseillers municipaux qui souhaitaient un club pour représenter la ville de Lima. Le comité de direction adopta alors les couleurs de la ville de Lima, maillot jaune et short bleu. La première année fut prolifique car à l’issue de la saison, le club gagna sa promotion en première division. La direction décida alors de changer de maillot et de couleur. La couleur jaune fit place à un maillot blanc avec une bande diagonale rouge, à l’image de River Plate. Mais, le club argentin ne fut pas à l’origine de ce changement.

Fondé le 27 juillet, soit un jour avant la date anniversaire de l’indépendance du Pérou, la direction décida de « reproduire » le drapeau péruvien sur le maillot avec cette bande rouge sur fond blanc. Au même moment, l’équipe nationale péruvienne optait pour un maillot similaire après avoir, les premières années, porté des bandes verticales ou horizontales. Les nouveaux uniformes de Municipal furent officiellement utilisés pour la première fois lors d’un match amical au stade Modelo de Bellavista contre l’Atlético Excelsior, le 28 juin 1936. Malheureusement, le match se solda par une défaite 1 à 0 pour Municipal.

#389 – Willem II Tilburg : Tricolores

Les tricolores, le club arbore un maillot rayé avec 3 couleurs : blanc, bleu et rouge. Ce choix de couleur n’a rien à voir avec la France mais reprend évidemment les couleurs du drapeau national des Pays-Bas. Lors de sa fondation en 1896, les membres décidèrent de donner à leur club le nom de Tilburgia. Ils optèrent donc pour les couleurs bleu et jaune qui étaient celles de la ville de Tilburg. Mais le 14 janvier 1898, les fondateurs décidèrent de rendre hommage à l’ancien Roi des Pays-Bas, Guillaume II d’Orange-Nassau, en renommant le club Willem II. Ce Roi était attaché à la ville de Tilburg. Il y avait établi son campement militaire lorsqu’il tenta de briser la révolution belge en 1831. Puis, il s’y rendit régulièrement en villégiature et y fit même débuter la construction d’un chateau. Enfin, il y mourut en 1849. Il aurait même déclaré « Hier adem ik vrij, hier voel ik mij gelukkig » (Ici, je respire librement et je me sens heureux). En se liant à la maison royale d’Orange-Nassau, et sachant que le choix des couleurs bleu et jaune ne faisait pas l’unanimité, à la fin de l’année 1898 (le 20 Novembre) le club opta pour un maillot orange. En 1902, cette tenue fut échangé contre un maillot blanc accompagné d’une ceinture orange et d’un pantalon noir. Parfois, la ceinture orange était remplacée par une ceinture bleu-blanc-rouge, première pointe tricolore. Mais, rapidement en 1903, l’équipe arbora un nouveau maillot à carreaux rouge et noir. Cet excentricité ne convint personne et lors de la saison 1903-1904, le choix se porta sur le maillot actuel, à rayure bleu, blanc et rouge (avec une ceinture rouge et un short bleu). A l’époque, sans avoir fait parti des fondateurs, la famille van den Bergh, riche fabricant de laine et de couverture, était très impliquée dans la vie du club. Par exemple, le 11 novembre 1897, cinq membres de la famille faisaient partie de l’équipe affrontant le Sparta Rotterdam. Surtout, en 1903, un de ses représentants, Frits, présidait le club. Or, certains membres de cette famille, dont Frits, avaient fréquenté l’école supérieure de textile d’Enschede. Son club de football, dénommé «Prinses Wilhelmina» du nom de la souveraine des Pays-Bas, portait un maillot rouge, blanc et bleu. Les van den Bergh apportèrent ces maillots à Tilburg qui les adopta car ils représentaient bien l’attachement du club à la famille royale et au pays. Le short lui hésita entre noir et blanc jusqu’au choix définitif du blanc lors de l’assemblée générale du 6 juillet 1927. Ce maillot tricolore fit comparer les joueurs à des caméléons mais le club et ses supporteurs en étaient fiers. En juin 1952, Naud van der Ven et Jan Hombergen composèrent une marche en hommage au club et l’une des strophes précisait :

Hecht verbonden met Oranje,Verknocht aan ’t koninklijk gezin, Zweren wij bij ’t vaandel met rood-wit-blauw erin (Près d’Orange, connecté à la famille royale, Nous ne jurons que par la bannière avec du rouge-blanc-bleu dedans)

et le refrain :

Het rood, de kleur van de liefde, verbindt zich met smet’loos wit aan het blauw, Teken van trouw (Le rouge, la couleur de l’amour, se connecte avec la pureté du blanc et au bleu, signe de fidélité)

Sous l’occupation nazi, toute représentation nationale, tel qu’afficher le drapeau des Pays-Bas, était prohibée. Le club fut pourtant le seul autorisé à conserver son maillot ainsi que son nom royal pendant toute la période de guerre. Mais, sa notoriété devait être limitée auprès des soldats allemands car un supporteur raconta plus tard qu’un membre de sa famille fut emprisonné 6 mois pour avoir porté un pins’ de Willem II Tilburg, qui était donc au couleur des Pays-Bas. En tout cas, pendant la guerre, les Tricolores étaient généralement chaleureusement accueillis par le public lors des matchs à l’extérieur. Malgré cette symbolique et notoriété forte, dans les années 40 et 50, la traditionnelle chemise tricolore fut régulièrement remplacée par une chemise rouge vif, orange ou bleue. En plus de 100 ans à utiliser ce maillot tricolore, il y eut évidemment quelques tentatives de le faire évoluer ou de le mettre au placard. Notamment qu’en un sponsor arrivait. En septembre 1982, l’équipe se présenta à domicile contre Feyenoord dans un maillot vert vif, couleur du sponsor principal, la marque japonaise Sansui. Il fut rapidement rangé au profit du maillot traditionnel. En 1984, nouvelle tentative avec l’arrivée d’un sponsor. Le nouveau maillot était certes tricolores mais les rayures étaient concentrées au centre dans un scapulaire allongé, le reste demeurant blanc. Les supporteurs comme les instances rappelèrent l’importance des symboles et donc de conserver la fameuse tunique rayée du club. Message entendu, ce maillot fut immédiatement remisé sans même avoir été porté. Parfois, même en conservant le maillot classique, des réalisations malheureuses eurent lieu. En 1986, lors des célébrations de son 90ème anniversaire, les joueurs portèrent des maillots et des shorts rayés des 3 couleurs. C’était un peu trop de rayures et de couleurs pour les adversaires et les supporteurs. Ces derniers, tout comme l’entraineur du club, trouvèrent que les joueurs n’étaient plus simplement des caméléons mais étaient devenus des gens du cirque. Finalement, les créations originales, notamment en s’accordant avec la couleur du sponsor, se limitèrent par la suite seulement au maillot extérieur.

#287 – UC Sampdoria : Blucerchiati

Les bleus cerclés. La Sampdoria n’a peut-être pas le palmarès et l’aura de la Juventus ou de l’AC Milan mais possède un maillot reconnaissable, considéré comme un des plus beaux du monde. En 2012, le magazine italien Guerin Sportivo a classé le maillot original des années 1940 à la 4ème place – et première, en ce qui concerne les clubs – parmi les 100 plus belles tenues de l’histoire du football. En 2016, le magazine français So Foot plaça le maillot de la Sampdoria du début des années 1990 à la 2ème place parmi les plus beaux maillots de football de tous les temps. Et c’est ce maillot qui donne naissance à ce surnom. L’UC Sampdoria fut créé le 12 août 1946 par la fusion des sections footballs de deux clubs génois : Società Ginnastica Comunale Sampierdarenese (fondé en 1891) et Società Ginnastica Andrea Doria (fondé en 1895). Le premier évoluait en Série A mais rencontraient des difficultés financières tandis que le second avait été exclu de l’élite mais disposait de liquidités suffisantes. Dans cette fusion, aucun des deux clubs ne souhaitaient perdre son identité dans la nouvelle structure. Il fut alors décidé de créer le nom du nouveau club en réunissant partiellement ceux des anciens : Sampierdarenese-Andrea Doria. Puis, pour le maillot, la somme des deux anciens fut également réalisée. Sampierdarenese évoluait dans un maillot blanc avec une bande noire et une bande rouge horizontales. Andrea Doria affichait un maillot à moitié bleu et à moitié blanc. Le résultat fut donc ce fabuleux maillot bleu brisé par une bande noire et une bande rouge horizontales, comprises dans des bandes blanches. Un maillot bleu cerclé par ses bandes blanches, noire et rouge. L’origine des couleurs des deux clubs est inconnue. Dans une chanson célébrant le seul Championnat d’Italie remporté par l’équipe en 1991 dénommée « Uno scudetto nel cuore » (un championnat dans mon coeur), les auteurs disent : « il mare ha proprio quel blu e il bianco è quello del suo vente il nero di un temporale che si allontana nel sole se aggiungi il rosso del cuore andrai oltre je limiti dell’impossibile, delle parole inutile, più à alto delle nuvole » (La mer est bleue et aussi blanche que son sel, l’obscurité de la tempête qui s’en va au soleil. Si vous ajoutez la couleur du coeur, rouge, vous irez au-delà des limites de l’impossible, en haut du classement, plus haut que les nuages).

#275 – Atalanta Bergame : Nerazzurri

Les noirs et bleus, couleurs traditionnelles du club. Même si les maillots du club de Bergame sont similaires à ceux du grand voisin milanais de l’Inter, aucun des deux ne fut inspiré pour le choix de ses couleurs par l’autre clubs. L’Atalanta fut plutôt influencé en partie par un autre club italien.

En 1907, l’année de sa fondation, Atalanta adopta une tunique noire et blanche à fines rayures verticales, avec des shorts normalement noirs, inspiré par la Juventus. Cet uniforme resta jusqu’à la saison 1920. En 1919, les deux clubs de Bergame, l’Atalanta et le Bergamasca, se retrouvait au sein de la Première Catégorie, le plus haut niveau de compétition organisé par la fédération italienne (FICG). Pour cette dernière, il ne pouvait avoir deux clubs de la ville de Bergame au sein de l’élite et elle édicta qu’un seul club de Bergame pouvait participer à la Première Catégorie pour la saison 1919-1920. Leur rivalité étant trop forte, la fusion fut écartée et un barrage fut organisée et remportée par l’Atalanta. Finalement, un an après, les deux clubs se résolurent à fusionner pour donner naissance à l’Atalanta e Bergamasca di Ginnastica e Scherma, simplifié plus tard dans l’actuel Atalanta Bergamasca Calcio. L’Atalanta jouait donc avec un maillot rayé blanc et noir tandis que Bergamasca arborait un maillot rayé bleu et blanc. Les membres du club fusionné choisirent de ne pas retenir la couleur commune aux deux équipes, le blanc. A la place, en mémoire des deux précédentes équipes, ils optèrent pour le bleu de Bergamasca et le noir de l’Atalanta.

Dans les premières années suivant la fusion, le maillot s’organisait verticalement en une moitié noire et l’autre bleue. Ce fut qu’après quelques saisons, que le maillot s’agrémenta de rayures verticales noires et bleues.

#268 – Royal Charleroi SC : les Zèbres

Comme la Juventus, le club a hérité de son surnom en raison de son maillot rayé noir et blanc. Il fut utilisé par les journalistes à compter de 1926 quand le club remonta en promotion après avoir été sacré champion du Hainaut. Modeste village dont les premières traces remontent à 863, la ville connut un essor significatif quand elle devint une forteresse espagnole en 1666. La ville tomba alors dans le domaine de Philippe-Balthazar de Gand, dit Vilain, prince de Masmines, comte d’Isenghien et de Middelbourg, Seigneur des Villes de Lannoy, de Watten et de Charleroi dont le blason était de sable au chef d’argent (ie noir et blanc). Ces couleurs perdurèrent au fil des successions et des nouveaux possesseurs et la ville hérita de ces deux couleurs dans son premier blason de 1847. Elles s’y trouvent encore aujourd’hui. Certainement que cela inspira les fondateurs du club pour trouver les couleurs du maillot du club.

Par ailleurs, l’utilisation du noir ne faisait pas injure à la ville qui se situe dans la province de Hainaut, surnommée le Pays Noir, en raison de son passé minier Long d’Est en Ouest de près de 45 km, large d’une bonne dizaine de kilomètre, ce bassin houiller couvrait la région de Charleroi et s’étirait jusqu’à Namur. Des documents attestent de l’exploitation de charbon dans la région dès le XIIIème siècle (1251), mais ce fut les révolutions industrielles du XVIIIème et XIXème siècle qui démultiplièrent les capacités de production et transformèrent ce pays. En 1770, le Pays Noir comptait 32 exploitations de grande taille puis, en 1830, déjà 128 puits dont le plus profond atteignait 200 mètres. En 1840, la production du Pays Noir dépassait celle du bassin de Liège et 25 ans plus tard, celle du Borinage, devenant ainsi le premier bassin houiller belge. L’extraction de charbon atteignit 7,7 millions de tonnes en 1897 et 8,6 millions de tonnes en 1910. Le bassin était alors dominé par la société des Charbonnages de Monceau-Fontaine (fondé en 1807) dont la concession s’étendait sur 7 260 hectares et 25 localités (la distance entre les deux puits les plus éloignés était de 16 km). Sa production atteignit à son apogée 2 millions de tonnes de charbon et la société devint le premier producteur belge de houille, employant plus de 10 000 personnes. A partir de l’entre deux-guerre, l’économie du charbon en Belgique démarra un long déclin. En 1929, dans le bassin houiller de Charleroi, 42 300 mineurs travaillaient dans 79 fosses pour une production annuelle de 7,8 millions de tonnes de charbon. En 1950, 18 sociétés se partageaient 57 puits pour une production de 6,7 millions de tonnes de charbon, ce qui correspondait à 33% de la production wallonne et 25% de la production belge. A partir des années 1960, avec la concurrence internationale, les puits fermèrent les uns après les autres et les derniers wagonnets de charbon remontèrent le 29 septembre 1984.

Enfin, à noter que le football à Charleroi se partage entre deux clubs : le Sporting et l’Olympic. Malgré leur fort antagonisme, les deux formations évoluent dans les mêmes couleurs, noir et blanc. Or, ce n’est pas l’Olympic qui inspira le Sporting mais l’inverse. Profitant de discordes au sein de la direction du Sporting, l’Olympic récupéra les kits du Sporting et évolue depuis dans les mêmes couleurs que son rival (à l’exception du début des années 1970 où l’Olympic joua en rouge et blanc).

#249 – Celtic Glasgow : Hoops

Les cercles. Il s’agit d’une allusion aux rayures horizontales vertes et blanches du maillot. Inspiré par le club de la communauté irlandaise d’Édimbourg, Le 6 novembre 1887, le frère Walfrid, mariste irlandais, constitua officiellement au St Mary’s Church Hall à East Rose Street le club du Celtic Glasgow. L’objectif était de réduire la pauvreté dans les paroisses de l’East End de Glasgow, qui regroupait les immigrants irlandais de Glasgow. Revendiquant leur origine, l’identité de ce nouveau club se constitua autour des symboles de l’Irlande : les couleurs vert et blanc, la croix celtique en blason, le nom Celtic. Ainsi, à sa fondation, le club joua tout d’abord avec un maillot blanc au col vert. Puis, rapidement le club évolua vers un maillot rayé verticalement, accompagné d’un short alternant entre le blanc et le noir. Ce choix des rayures n’est malheureusement pas documenté. En 1903, lors d’un match face à Partick Thistle, le club opta alors pour un maillot rayé horizontalement, toujours vert et blanc. La raison de ce passage du vertical à l’horizontal est également inconnue mais, alors que le club n’avait plus rien gagné depuis une Coupe d’Ecosse en 1900), ce nouveau maillot relança la machine à succès, ce qui facilita son adoption par les supporteurs, y voyant un signe du destin. Le Celtic rafla ainsi 6 titres de champions entre 1905 et 1910 puis 4 nouveaux titres entre 1914 et 1917 et remporta également 6 coupes d’Écosse.

Ces rayures étaient sacrées pour le club. En effet, le club résista longtemps avant de les « briser ». À partir de 1945, les maillots numérotés furent petit à petit utilisés dans toute l’Écosse, avant de devenir obligatoires en 1960. Le président du club, Robert Kelly, traditionaliste et idéaliste, refusa de briser les rayures en inscrivant les numéros dans le dos du maillot. Il décida que les numéros s’afficheraient uniquement sur le short. Cette tradition inhabituelle perdura jusqu’en 1994 sous la pression de la Ligue écossaise. Après une première demande de la Ligue, le Celtic ajouta les numéros sur le haut des manches mais à la deuxième injonction de la Ligue, un carré blanc s’incrusta dans le dos, avec les numéros inscrit à l’intérieur. Les rayures furent définitivement brisées. A dire vrai, des maillots numérotées furent portées dès 1975 mais uniquement dans les compétitions européennes. Au final, le Celtic fut le dernier club de Grande-Bretagne à adopter l’utilisation de numéros sur les maillots.