#1089 – Brescia Calcio : Leonessa

La lionne. Le vocabulaire animalier sied bien au club lombard puisque le premier surnom expliqué était rondinelle (qui signifie les petites hirondelles – cf #325). Cette fois, nous changeons de dimension en passant à la femelle du roi des animaux. Pourtant, sur l’écusson du club, il s’agit bien d’un lion qui trône depuis le premier blason établi en 1965 (sa crinière est visible). D’où vient cette divergence de genre ?

Le blason du club s’inspire directement des armoiries de la cité qui se décrivent comme « d’argent au lion d’azur, armé, langue et queue de gueule ». Le lion rampant est le symbole de la commune de Brescia depuis au moins le XIIème siècle. Mais, la genèse des armoiries de Brescia est encore inconnue en raison de l’absence de sources et de témoignages fiables. Une chose est sure : même si la commune de Brescia fut durant près de 4 siècles (de 1404 à 1797) intégrée à la république de Venise, son lion rampant ne provient pas des armes de Venise (le fameux lion de St Marc). Sa plus vieille représentation connue apparaît dans une sculpture de la Porta Romana de Milan datant de 1171 (il s’agissait de la principale porte d’entrée de la ville détruite en 1793). La frise du chapiteau montre des soldats de plusieurs villes lombarde dont Brescia en route vers Milan pour reconstruire la ville détruite par l’empereur Frédéric Barberousse en 1167. Le capitaine représentant Brescia porte sur son écu le lion rampant. Une autre représentation se trouve également à Milan sur l’arche funéraire d’Azzone Visconti (Brescia était alors sous domination de la famille Visconti) datant de 1343. Des statues représentant les villes lombardes sous l’influence des Visconti et tenant un bouclier y sont sculptées. Celle de Brescia se présente avec un lion rampant.

Il s’agit donc bien d’un lion sur les armes de la ville et pourtant la commune de Brescia est connue dans toute l’Italie comme la Leonessa d’Italia (lionne d’Italie), tous les italiens ayant appris dans leur jeunesse les vers d’un poème qui désignèrent la ville ainsi. Ces vers concluent la pièce poétique « Alla Vittoria » (A la victoire) de Giosuè Carducci, chantre du Risorgimento (période de l’unité italienne au XIXème siècle), composée en 1877 et partie intégrante de sa grande oeuvre « Odi barbare » (Odes barbares) :

Lieta del fato Brescia raccolsemi, / Heureuse du destin, Brescia me rassemble,
Brescia la forte, Brescia la ferrea, / Brescia la forte, Brescia le fer,
Brescia leonessa d’Italia / Brescia la lionne de l’Italie
beverata nel sangue nemico / ivre du sang de l’ennemi

Ces vers soulignaient le soulèvement et la résistance de la ville durant la période connue sous le nom des Dieci giornate di Brescia (Dix jours de Brescia). Dans le contexte des affrontements entre l’armée piémontaise et les troupes autrichiennes, du 23 mars au 1er avril 1849, les citoyens de Brescia se révoltèrent contre l’oppression autrichienne en résistant vaillamment aux bombardements et aux attaques des forces des Habsbourg. La révolte fut finalement violement réprimée (plus d’un millier de victimes). Malgré la défaite, la fierté manifestée par les insurgés dans les combats valut à la ville de Brescia la médaille d’or en 1899. Un autre poète, 20 ans avant Carducci, avait attribué ce surnom à Brescia suite à cette évènement : Aleardo Aleardi dans son poème « Canti patrii » publié en 1857.

D’un de’ tuoi monti fertili di spade, / De l’une de vos montagnes fertiles en épées,
Niobe guerriera de le mie contrade, / Niobé guerrière de mes terres,
Leonessa d’Italia, / Lionne d’Italie
Brescia grande e infelice / Brescia grande et malheureuse

L’héroïsme et le sacrifice de la population de Brescia, porté au nue par ces vers, contribuèrent à construire une identité italienne qui en était à ses balbutiement dans la seconde moitié du XIXème siècle.

#1073 – Kerala Blasters FC : the Tuskers

Les éléphants. Né en 2014 avec la création de la nouvelle ligue de football indienne, ISL, le club de l’Etat du Kerala, qui réside dans la capitale Kochi, ne reçut pas pour surnom son nom (Blasters). A sa fondation, l’un des principaux actionnaires du club était Sachin Tendulkar, légende vivant du cricket indien et mondial. Considéré comme l’un des meilleurs batteurs de l’histoire du cricket, son surnom est « Master Blaster » (maître artificier) et lorsqu’il fallut choisir le nom de l’équipe, il déclara « People call me Master Blaster… One can say there is possible association » (Les gens m’appellent Master Blaster … Une association doit être possible).

Pour le blason du club, les discussions allèrent vite également. La volonté de Sachin Tendulkar et de son associé, l’entrepreneur Prasad Potluri, était de réunir sous leur bannière la ville de Kochi et tout l’Etat de Kerala. Ainsi, le choix du blason et des couleurs se portèrent sur des symboles forts de l’Etat. Avec un éléphant tenant dans sa trompe un ballon de football, l’écusson reflète l’héritage culturel de Kerala et son attachement profond au football. L’éléphant est l’animal symbole de l’Etat de Kerala. Tout d’abord, le pachyderme est une espèce spécifique et endémique de la région, dénommé éléphants indiens (Elephas maximus indicus). Outre une importante population d’éléphants sauvages (5 706 dénombrés en 2018 sur une population d’éléphant d’Asie en Inde de 30 000 individus environ), le Kerala compte plus de 700 éléphants captifs. Mais, son importance dans l’identité de l’Etat ne repose pas seulement sur sa présence. En effet, il tient un rôle particulier dans la culture de la province. Le temple hindou de Guruvayur abrite plus de 60 éléphants dans un temple annexe (le seul dédié à des éléphants) qui demeurent au cœur des rites du temple. De même, les églises catholiques de l’Etat sont richement décorés d’éléphants (portes et piliers). Des éléphants participent à quasiment toutes les processions et festivals de l’Etat, portant notamment les divinités. Les éléphants figurent aussi dans de nombreux poèmes et légendes du Kerala. Ainsi, dans l’ « Aitihyamala » de Kottarattil Sankunni, chacun des 8 tomes qui composent l’oeuvre se conclut par une histoire avec un éléphant. Le poème « Sahyante Makan » de Vyloppalli Sreedhara Menon appelle les éléphants, les « fils du Sahyadrī » (la chaîne montagneuse Ghats occidentaux). Enfin, l’Etat abrite le sanctuaire et centre de réhabilitation des éléphants de Kottur, dans le district de Thiruvananthapuram, le premier et le plus grand centre de soin des éléphants d’Inde.

Evidemment, en tant que symbole de l’Etat, l’éléphant figure sur les armoiries du gouvernement de l’État du Kerala. En cela, elles s’inspirent des armes des anciens royaumes de Travancore et de Cochin, qui couvraient une grande partie de l’Etat. Le pachyderme apparaît donc sur le blason du club de football. Il représente le lien fort avec l’Etat et son identité mais il permet également de véhiculer pour l’équipe un sentiment d’unité, de puissance et de fierté. Enraciné dans sa famille et sa communauté, l’humble éléphant, comme le dit le club, met en valeur l’aspiration et l’esprit des Kerala Blasters.

#1072 – US Avellino : Lupi

Les loups. Niché au cœur d’une vallée d’origine volcanique dans les Apennins campaniens, la ville d’Avellino possède des armoiries où trône un agneau pascal. Etonnant alors d’aller choisir le prédateur de l’agneau comme symbole et surnom. Mais, dans les bois de cette partie des Apennins, le loup gris était un habitant endémique qui, comme dans d’autres régions d’Europe occidental, avait disparu ces dernières décennies. Mais il semble avoir fait sa réapparition depuis quelques années. Le Loup d’Italie (ou Canis lupus italicus), une sous-espèce du loup gris, a vu le jour dans cette chaîne montagneuse des Apennins avant de se répandre dans les Alpes, le Sud de la France et en Alsace. Au-delà de sa présence et de son appartenance à cette région, le loup y a aussi construit une légende.

La ville d’Avellino fut fondée par les Hirpins. Ces derniers étaient l’une des quatre tribus qui composaient le peuple samnite, une ligue de communautés italiques établies dans le Samnium. Or, la tradition rapportée par les auteurs anciens (en particulier Strabon) est que les Hirpins se seraient établis dans la région d’Avellino suite à une migration sacrée, le ver sacrum (printemps sacrée). Ce rite, dédié à un dieu (principalement Mars, Jupiter ou Apollon) à qui avait été fait un vœu, poussait une communauté à expulser une génération de jeunes hommes afin de fonder une nouvelle colonie, guidée dans cette quête par un animal sacré (loup, taureau, aigle …). Le nom de cet animal servait à baptiser la nouvelle communauté ainsi formée. Mais, selon les conclusions d’historiens, ce récit serait phantasmé et permettait de travestir rétrospectivement une réalité plus violente. Pour en revenir à notre récit, la légende, évoquée par Sextus Pompeius Festus, rappelle que, guidé par un loup, un peuple s’installa à Avellino et se nomma Hirpins. Ce terme dérive de Hirpus qui signifie loup en langue osque (celle que parlait les Samnites). Ainsi, le loup est un animal sacré dans la région d’Avellino et qui trouve sa place sur le blason du club de football.

#1062 – US Créteil Lusitanos : les Béliers

Depuis de nombreuses années, le blason du club est orné d’une tête de bélier et cet emblème s’est imposé pour toutes les sections du club. Car l’US Créteil Lusitanos est un club omnisports. Fondé le 11 Mars 1936 par un certain Monsieur Hémont, le club posa ses fondations sur le football. Puis, en 1938, le cyclisme s’ajouta (et comptera dans ses rangs Maurice Moucheraud, Laurent Fignon, Daniel Morelon et Grégory Baugé). Au lendemain de la guerre, le Basket. En 1963, l’Athlétisme naquit (dont les grands noms furent Stéphane Caristan, Patricia Gérard et les soeurs Ewanje Epée), suivi en 1964 par la section de Handball qui devint une des grandes équipes nationales (1 titre de Champion de France et 2 Coupes de France). En 1966, l’US Créteil comptait déjà 8 disciplines puis 13 en 1974. Pour ses 50 ans, en 1986, le club proposait 24 activités sportives aux près de 5 000 membres. En 2000, 27 sports étaient représentés. En 2016, arrivait la dernière section, l’Aïkido, portant à 31 le nombre d’associations et à plus de 9 500 adhérents. L’US Créteil, c’est aussi 61 sélectionnés aux Jeux Olympiques et Paralympiques pour un total de 28 médailles olympiques (14 en Bronze, 4 en Argent et 10 en Or).

Cette croissance riche en succès aurait pu participer à la naissance du surnom. Un club qui va de l’avant, qui fonce comme un bélier. Mais, la véritable raison de ce surnom est bien plus simple. En effet, le club fut fondé au mois de Mars dont l’un des signes zodiacales est le bélier. Normalement, sa « naissance » ayant eu lieu le 11 Mars, son véritable signe zodiacale devrait être le poisson. Mais, le bélier sembla plus inspirant (le bélier apparaît comme audacieux, ambitieux, indépendant et courageux) et il s’agit du 1er signe dans le zodiaque, des valeurs et une place que les fondateurs prédestinaient à leur club.

#1061 – CD Antofagasta : el Puma

Le puma. Mascotte du club qui apparaît également sur son blason, l’animal dépasse simplement son rôle de surnom pour être un marqueur de l’identité du CD Antofagasta. Le club fut fondé le 14 mai 1966, fortement encouragé par l’Asociación Nacional de Fútbol Profesional, la ligue professionnelle chilienne. La ville du Nord du pays n’était pas représentée dans l’élite professionnelle et l’un de ses clubs, Unión Bellavista, s’adressa en 1965 à la fédération pour obtenir le statut professionnel. Mais sa demande fut rejetée. Son rival, Portuario Atacama, tenta la même démarche mais également en vain. L’ANFP poussa les deux clubs à s’unir pour créer une force capable de s’imposer face aux structures professionnelles existantes. Il fallut la médiation du Maire de la cité ainsi que toute la pression de l’ANFP pour enfin parvenir à la création du Club de Deportes Antofagasta Portuario.

En 1968, le nouveau club évoluait en seconde division (mais s’apprêtait à remporter ce championnat et enfin accéder à l’élite). La presse de la capitale publiait le classement de la première division chaque semaine sous le titre « Así van los Leones » (Ainsi vont les Lions). Lisant cela, le journal d’Antofagasta, « La Estrella del Norte », prit la même habitude pour présenter le classement de la seconde division. Toutefois, pour différencier les deux étages professionnels, le journal changea d’animal et l’intitulait « Así van los Pumas » (Ainsi vont les Pumas). Alors que la référence animalière s’appliquait à l’ensemble des équipes, les lecteurs de « La Estrella del Norte », qui supportaient Antofagasta Portuario, crurent qu’il s’agissait d’un surnom pour leur équipe favorite. Il faut dire que le nom Antofagasta Portuario était peu plébiscité (tout comme son abréviation AP) par les fans et donc le surnom puma se diffusa rapidement. Se rendant compte de son adoption par les supporteurs, « La Estrella del Norte » entretint le phénomène et en particulier son journaliste Hugo Rivera Quiroga qui accompagnait ses commentaires de caricatures avec un puma portant le maillot de l’équipe. Puis, les autres médias locaux reprirent également le surnom.

#1043 – HUS Agadir : لغزالة السوسية

La gazelle de Souss. Ville portuaire et station balnéaire du Sud du Pays, Agadir se trouve aussi être le chef lieu de la région administrative de Souss-Massa et une des principales cités de la région historique de Souss. Cette dernière recouvre l’aire de l’ethnie berbère des Chleuhs. Ces derniers demeurent la principale ethnie berbère (population estimée entre 8 et 10 millions de personnes) avec une culture forte (danse aḥwac, musique, costumes et fêtes traditionnelles) et une langue commune, le tachelhit. Cette dernière a gagné son statut officiel dans le Royaume chérifien en 2011. La légende veut que les Chleuhs descendent des Atlantes mais ils sont certainement un amalgame des tribus originelles du Souss, les Masmoudas, avec les peuples ayant immigrés dans le Souss, les Sanhadja et Guezoula, qui adoptèrent la culture des Masmoudas. La région du Souss et les Chleuhs connurent leur âge d’or sous l’Emirat Tazeroualt au XVIIème siècle qui jouissait d’une certaine autonomie et tirait ses richesses du commerce de l’or et du sucre avec les marins européens.

Fondé par des nationalistes marocains en 1946, le club est l’étendard sportif de cette région historique du peuple berbère, trouvant ainsi des relais et des partisans dans toute la région (qui n’a pas d’autre représentant sportif dans l’élite) et au niveau national. Son surnom puise donc ses racines dans un des animaux emblèmes de la région, la gazelle. Petite antilope, cet animal se trouve principalement dans la savane africaine, en Asie du Sud ainsi que dans le sud Maghreb, au Sahara. A 60 km d’Agadir, une réserve naturelle couvrant une superficie de 33 800 hectares fut créée en 1991 pour protéger la faune et la flore locale. Aujourd’hui, elle abrite 275 espèces d’oiseaux (dont l’ibis chauve) et une quarantaine de mammifères. Deux réserves animalières (Roken et Arrouais) ont été aménagées dans le parc pour permettre la sauvegarde et la protection de 4 antilopes sahariennes : Gazelle dama mhorr, gazelle dorcas (la gazelle la plus répandue dans la région), Addax (disparues du Maroc en 1956) et gazelles Oryx (disparues du Maroc en 1973).

Au delà d’être un animal endémique de la région et l’un de ses emblèmes, la gazelle est aussi un animal rapide (pouvant atteindre des pointes à 100 km/h), une vertu inspirante pour l’équipe de football.

#1041 – Casa Sports : Essamay

Le lion. En dialecte Diola, la langue de l’ethnie majoritaire dans la région de la Casamance, Essamay signifie un leader, un homme courageux. Et deux animaux symbolisent cet esprit et trouvent également leur traduction dans essamay : la panthère et le lion. Dans la danse des masques de la culture diola, l’essamay, la panthère, est un danseur portant un masque et une tenue faite avec les sacs de pommes de terre. Il détient également un long bâton au bras et danse pendant les cérémonies traditionnelles. Mais, l’essamay est donc aussi le lion, symbole du club. Il représente le courage, la force et la noblesse de l’équipe. D’autres associations de la Casamance reprennent essamay comme symbole.

Il s’agit d’un des symboles de la culture de la Casamance. Et ce n’est pas un hasard pour Casa Sports. Fondé le 14 Septembre 1969 par la fusion de plusieurs clubs (Foyer-Casamance, US Casamance, Galia Club, Trésor), le club se dénomma tout d’abord Casamance Sporting Club avec pour objectif d’être la référence du sport pour la Casamance et son représentant national. Situé au Sud du pays, la région de la Casamance a un statut à part par rapport au reste du Sénégal. Par exemple, elle est habitée principalement par les Diola au contraire des autres régions où les Wolof sont majoritaires. Ou encore ses habitants sont principalement catholiques face au reste du Sénégal musulman. De part sa position géographie (à plus de 500 km de la capitale Dakar et à la frontière avec la Guinée Bissau, la Gambie et la Guinée), la Casamance s’est souvent sentie délaissée voire abandonnée par le pouvoir central. Résultat, son identité diffère et a conduit à la naissance d’un sentiment identitaire porté par un mouvement indépendantiste depuis 1982. Casa Sports devait donc porté cette identité et reprendre ses symboles. L’un des plus grands joueurs formés par le club est le regretté Jules Bocandé (passé par Metz et Nice principalement) qui avait également hérité de ce surnom d’essamay.

#1033 – Stormer’s SC : el Lobo

Le loup. Plus connu simplement sous le nom de Stormer’s, ce dernier est un club de football basé dans la ville de Sucre, la capitale de la Bolivie. Le football commença à se répendre en Bolivie entre 1905 et 1909, les expatriés britanniques l’apportant avec eux. Rapidement, ce nouveau sport séduisit les jeunes étudiants des écoles privées de la capitale et des premières équipes se montèrent. Le 25 janvier 1914, au sein du collège « Sagrado Corazón » (Sacré-Cœur), une poignée de prêtres, d’enseignants et d’étudiants furent motivés pour fonder un nouveau club, le Stormer’s SC.

Le collège « Sagrado Corazón » était une institution d’enseignement appartenant à la Compagnie de Jésus (Jésuite). La Compagnie est une congrégation catholique fondée principalement par Ignace de Loyola, François Xavier et Pierre Favre en 1539, approuvée en 1540 par le pape Paul III. Luttant contre la Réforme protestante, l’ordre catholique s’était fixé pour objectif d’évangéliser et d’éduquer les populations (même si pour ce dernier point il s’agissait aussi d’inculquer la « bonne parole » de l’Église catholique). Résultat, les prêtres de la congrégation émigrèrent dans les nouvelles colonies pour fonder églises et écoles. Le principal fondateur de l’ordre, Ignace de Loyola, était un basque d’une famille de la petite noblesse. Les armes de sa famille comprennaient deux loups rampant et se tenant à une marmite. Résultat, le collège « Sagrado Corazón » reprit dans son blason les loups présent dans les armes de Loyola. Le surnom de l’équipe est un hommage aux origines du club.

Aujourd’hui, la mascotte du club est représentée par un loup nommé « Stuhi », qui en albanais signifie « Tempête ».

#1013 – Club Tijuana : les Xolos, Xolaje

Diminutif du nom du club, Club Tijuana Xoloitzcuintles de Caliente. Le club de la ville frontière de Tijuana est assez jeune, sa fondation remontant à 2007. Pour le tournoi d’ouverture 2006, la Fédération mexicaine de football décida que chaque équipe de l’élite devait avoir une filiale dans la division de promotion. Ainsi, un groupe d’hommes d’affaires de Tijuana racheta le club de Gallos Blancos, afin de créer le Club Tijuana (surnommé le Gallos de Caliente) une filiale de Querétaro. Mais, un an plus tard, Gallos de Caliente déménagea à Celaya, laissant Tijuana orphelin de football. A peine quelques mois plus tard, un groupe d’hommes d’affaires de Tijuana racheta le club des Guerreros de Tabasco et le rebaptisa Club Tijuana. La ville frontière retrouvait un club.

Pour faciliter l’identification au club, la direction décida de prendre comme surnom un animal endémique de la région, le Xoloitzcuintle. Plus connu dans nos géographies comme le chien nu mexicain, il s’agit d’une race canine rare originaire du Mexique et intégrée dans la culture locale. Son nom Xoloitzcuintle vient du nahuatl Xoloitzcuintli et, basé sur le nom du dieu Xolotl, signifie littéralement « chien de compagnie ». Dans la mythologie aztèque, les xoloitzcuintles accompagnaient les âmes des défunts lorsqu’ils se rendaient à Mictlán, le monde souterrain. Avec ou sans poil, variant entre 4 kg et 20 kg, le Xoloitzcuintle est un chien de garde intelligent, joueur et fidèle, adopté par des artistes comme Diego Rivera et Frida Kahlo. A l’époque coloniale, le terme xolo signifiait un chien bâtard et s’utilisait péjorativement pour désigner un mulâtre. Mais, pour le club, il s’agit d’une symbole, aujourd’hui mascotte et apparaissant sur son écusson.

#978 – RCC Schaerbeek : les Ânes

Dans la capitale belge, le football est monopolisé par le grand Sporting (Royal Sporting Club d’Anderlecht) qui truste les trophées. Mais, évidemment, d’autres clubs existent et ont connu quelques heures de gloires. Le Crossing Schaerbeek est peut-être le plus méconnu des clubs bruxellois mais, à la fin des années 1960, après une fusion avec un autre club de la banlieue, le Crossing Molenbeek, accéda à la seconde division belge, en comptant dans ses rangs, la légende tchécoslovaque Josef Masopust. L’accumulation des dettes conduisit malheureusement le club à redescendre rapidement dans les divisions inférieures. En 1983, le club fusionna avec le club d’Elewijt et déménagea dans cette ville. Orphelin de leur club, un nouveau Crossing apparait en 2011 pour ranimer l’histoire. La jeune association grimpa petit à petit les étages pour enfin revenir à l’échelon national en 2021. Avec ce retour, la décision fut prise de revenir au blason historique, pour le grand bonheur des supporteurs. Celui-ci présente un âne avec une cerise entre ses dents.

La présence de cet équidé rappelle que la ville de Schaerbeek est surnommé la cité des ânes. En 1136, la ville de Schaerbeek comptait de nombreux meuniers et maraîchers, en particulier des producteurs de cerises. Le Duc de Brabant autorisa ces derniers à venir vendre leur production à Bruxelles en la transportant à dos d’ânes. Les cerises de Schaerbeek étaient fameuses car leur goût aigrelet contribuait au succès de la kriek lambiek, une bière typiquement bruxelloise. Ainsi, chaque matin, une caravane d’ânes lourdement chargés quittaient Schaerbeek pour rejoindre le centre de Bruxelles, via une voie qui se dénommait l’Ezelweg (le chemin des ânes). Seulement, ce troupeau dont les sabots heurtaient le pavé réveillaient les bruxellois qui s’écriaient, avec un peu de mépris, « Hei! doë zên die êzels van Schoerebeik » (en dialecte flamand de Bruxelles : Tiens, voilà les ânes de Schaerbeek !). Cette tradition déteind sur la devise de la ville « Pertinax sed Fructifer » (Obstiné et Fertile) : Obstiné comme l’âne et Fertile comme la terre sur laquelle poussent les cerisiers.