#492 – US Douala : Nassara

Les étrangers en langue haoussa. En 1955, plusieurs clubs du quartier de New Bell de Douala s’unirent pour constituer une équipe qui puisse rivaliser avec les clubs des autres quartiers de Douala. Le vice-président du club, M. Halidou, proposa de retenir le vert et le blanc comme couleurs du club et comme devise gamakai-nassara (En avant, les étrangers). Le quartier de New Bell fut créé en périphérie de Douala au début du XXème siècle lors de la colonisation allemande du pays. Le plan allemand d’urbanisme prévoyait d’exproprier l’ethnie originelle et majoritaire des doualas des quartiers centraux (notamment des quartiers Bell et Joss) vers ce nouveau quartier de New Bell. A cette époque, cette aire était habitée par des haoussas, peuple du Sahel et reconnus pour êtres des excellents marchands. Ce fut justement les échanges commerciaux qui favorisèrent leur immigration du Sahel vers l’ensemble du Cameroun et en particulier dans la ville portuaire de Douala au XIXème siècle. Les doualas ne s’y installèrent pas et ce quartier en marge de la ville continua à être une terre d’immigration après la Première Guerre Mondiale et la fin de la colonisation allemande. Les nouveaux immigrés haoussas se regroupèrent auprès des anciens déjà installés. Et ce phénomène se produisit également avec d’autres populations. En 1955, le quartier comptait entre 60 000 et 65 000 habitants, répartis en sous-quartiers, regroupés par ethnies (une quinzaine de grandes familles, parfois décomposées en sous-groupe ethnique). Les Bamilékés constituaient l’ethnie principale (environ 38% de la population du quartier) tandis que les haoussas représentaient 4%. Mais qu’elles soient originaires du Cameroun, du Sahel ou du Nigeria, toutes ces ethnies était (et sont considérées comme) des étrangers aux yeux des doualas.

#482 – ES Sétif : النسر الأسود

L’aigle noir. A sa création en 1958, en pleine guerre d’Algérie, les fondateurs décidèrent d’équiper les joueurs d’un équipement vert et blanc. Mais ce choix de couleurs n’était pas anodin et les autorités françaises interdirent ce kit. En effet, le vert et le blanc étaient la couleur des indépendantistes algériens. Le vert et le blanc étaient censées représenter les espoirs du peuple algérien. En outre, ces teintes étaient aussi celles des musulmans, religion qui catalysa le mouvement nationaliste. Lors de manifestations syndicales le 1er mai en 1919 et 1920, des indigènes déployaient un drapeau vert et blanc marqué d’une étoile et d’un croissant rouge, qui étaient les prémices des couleurs indépendantistes et du futur drapeau algérien.

Le nouveau choix se porta sur le noir. Une fois de plus, la couleur était symbolique. Les fondateurs voulaient signifier que les joueurs portaient le deuil, en mémoire des morts indigènes suite aux répressions qui suivirent les manifestations indépendantistes survenues en mai 1945 à Sétif. Enfin, le club se dota de l’aigle comme emblème car le rapace représentait le prestige, la puissance et l’élégance.

#470 – CSD Colo Colo : el Colo

Dans les premiers mois de 1925, le club Deportes Magallanes était dans une grave crise institutionnelle, en raison de problèmes persistants entre les dirigeants et certains des jeunes footballeurs. Menés par David Arellano, ils demandaient des réformes pour faire de Magallanes un club professionnel mais leur demandes furent rejetées par le conseil d’administration du club. Les joueurs en rebellion se réunirent alors au bar Quita Penas le 19 Avril 1925 et choisirent de former un nouveau club de football reposant sur des solides principes sportifs et moraux. 

Ils voulaient notamment revendiquer leur fierté d’être chilien et recherchèrent un nom pour le club dans ce sens. Une des modes étaient d’opter pour une consonnance britannique, patrie du football, comme Boca Junior, River Plate, Montevideo Wanderers, The Strongest, Santiago Wanderers ou Newell’s Old Boys. Mais, les fondateurs du Colo Colo voulaient un nom qui démontre leur fierté d’être chilien. Ainsi, « Independiente », « O’Higgins » (du nom de l’indépendantiste chilien Bernardo O’Higgins et de sa célèbre famille), « Arturo Prat » (héros militaire chilien considéré comme un symbole de ralliement pour les forces chiliennes), furent proposés mais finalement Luis Contreras, un des membres fondateurs, choisit le nom du chef indien Colo-Colo, issu d’un peuple indigène du Chili et véritable leader des indiens. Ce dernier, chef (lonco) d’une tribu Mapuches, vécut au XVIème siècle. Face à l’invasion espagnol, Colo-colo réussit à rassembler les clans Mapuches pour lutter face aux conquistadors. Il remporta d’importants triomphes parmi lesquels se détachent la bataille de Tucapel. Il parvint à signer une trêve avec les espagnols lors des dernières années de sa vie. Colo Colo est reconnu comme un vénérable lonco qui se distingue par sa sagesse et prudence en temps de paix et sa vaillance et ses qualités de stratège en temps de guerre.

#457 – Celta Vigo : Celestes

Les bleus ciels. Le Celta Vigo résulta, le 10 août 1923, de la fusion de deux clubs : le Fortuna Football Club et le Real Vigo Sporting. Le journaliste Manuel Castro « Handicap », rédacteur en chef de Sprint et El Faro de Vigo en était le principal instigateur. Il avait, dès 1915, déjà soutenu l’idée d’une fusion entre les deux grands, et réussit à l’imposer quand il atteignit la présidence de la Fédération de Football de Galice en 1922 puis la vice-présidence du Real Vigo Sporting en 1923. Son objectif était de renforcer le football à Vigo et sa fortune en Espagne car si un club de la ville parvenait à se qualifier pour la Copa del Rey (la seule compétition nationale à l’époque), il ne parvenait pas à être compétitif pour la remporter. Le choix des couleurs du nouveau club fut évident pour la récente direction. Les fondateurs optèrent pour les couleurs de l’équipe nationale : maillot rouge avec poignets blancs, short noir et chaussettes bleues. Le rouge comme couleur principale convenait aussi car c’était une des couleurs communes des deux clubs. Le Real Vigo Sporting évoluait dans un maillot rouge et blanc divisé en deux moitiés, aux couleurs de la province maritime de Vigo. Tandis que le Fortuna évoluait dans un uniforme intégralement blanc mais son blason était composé de rouge et de jaune. Toutefois, ce choix ne survit pas à la première année d’existence. Les dirigeants voulaient que le club dépassa les limites de la ville et s’imposa comme la référence du football galicien. Ainsi, le nouveau maillot reprit les couleurs de la province, soit le bleu. Les armoiries de la Galice, tout comme la bannière du Royaume de Galice (et au XIXème siècle celle de la province), sont composés de bleu (un calice or sur un champ bleu) et les premières traces des armoiries remontent au XIIIème siècle. Avec le temps, le maillot bleu du club dériva vers un bleu ciel, tout comme le drapeau de la province. Cette volonté de représenter la Galice coïncidait avec une nouvelle étape du nationalisme galicien qui au début des années 20 connaissait des débats, entre ceux qui prônaient une plus grande implication dans la politique et ceux qui défendaient le maintien de la ligne culturelle. Mais, au moment où le club apparut, les idées indépendantistes s’enfonçaient dans le silence avec la dictature de Miguel Primo de Rivera (1924-1930). D’où les dirigeants embrassaient peut-être également la cause et lui donnait un écho avec cette couleur.

#448 – Cork City FC : Rebel Army

L’armée rebelle. Cork, situé dans le plus grand et le deuxième comté le plus peuplé d’Irlande, est connu comme une ville (et un comté) où de nombreux soulèvements sont nés. Notamment lors de la guerre d’indépendance (1919-1922) et de la guerre civile (1922-1923), le comté et la ville furent des points focaux. Michael Collins, l’un des importants leaders indépendantistes, est né dans le comté de Cork, et un autre bien connu, Tom Barry, y mena une guerrilla avec ses Flying column. Pourtant, sa réputation ne s’est pas construite à cette époque mais les racines de ce sentiment rebel remontent bien plus tôt. Au IXème siècle, les vikings s’installèrent en Irlande et les chroniques de l’époque rapportent déjà que les comtés de Waterford et de Cork se rebellèrent en détruisant un château viking et tuant le chef nordique connu sous le nom de Gnimbeolu. Au XIIème siècle, l’ambitieux clan MacCarthy de Cork réussit à établir un royaume indépendant, en rébellion du royaume de Munster de la famille O’Brien. Mais, c’est au XVème siècle que la ville et le comté gagnèrent définitivement ce surnom. A la fin de ce siècle, Henry VII, de la maison royale de Lancastre, remporta la guerre des roses, face à la maison royale d’York et s’empara de la couronne anglaise. Evidemment, les partisans des York ne baissèrent pas pavillon et espéraient pouvoir reprendre la couronne. Mais il leur manquait un candidat autour duquel s’unir, les hommes de la famille York ayant pour la plupart été tués durant la guerre. Or, à Cork prit naissance deux mouvements en moins de 6 ans qui soutinrent deux prétendants au trône anglais, qui se revendiquaient issus de la famille York. Les deux personnages, Lambert Simnel et Perkin Werbecque, étaient des usurpateurs et leurs rebellions s’effondrèrent rapidement. Mais ces contestations et insoumissions récurrentes soutenues par les habitants de Cork convainquirent la monarchie anglaise d’appeler la ville, la cité rebelle.

#440 – MTK Budapest : MTK

Le surnom est simpliste quand il reprend simplement les initiales du nom du club. Mais ce MTK a une forte portée symbolique lors de la création du club et perdura pendant quasiment toute la vie de l’association. A la fin du XIXème siècle, l’activité sportive était monopolisée par l’aristocratie chrétienne de Budapest. Du fait de leurs origines juives et/ou non-aristocrates, de nombreux pratiquants ne pouvaient pas franchir les portes des associations sportives existantes. Dans l’appartement de Kálmán Szekrényessy, une nouvelle association fut créée le 16 novembre 1888, le MTK. La renommée nationale et internationale de l’athlète Szekrényessy ainsi que ses aspirations démocratiques et son origine noble hongroise constituaient une garantie pour la légalisation de ce nouveau club en dehors des cercles chrétiens. Pour le nom, les fondateurs voulurent éviter de faire référence à leur confession juive aussi bien pour signifier que le club était ouvert à tous que pour ne pas subir de répression antisémite. En outre, dans une montée des nationalismes au sein de l’Empire Austro-Hongrois, ils retinrent un nom à consonnance hongroise Magyar Testgyakorlók Köre (Cercle des praticiens physiques hongrois). C’était une innovation pour l’époque alors que les clubs de gymnastique étaient sous l’influence allemande et ceux d’athlétisme sous domination anglaise. Malgré quelques évolutions au fil du temps, le trigramme MTK demeura quasiment pendant toute la vie du club à l’exception du début des années 1950. De 1950 à 1956, suite à sa renaissance après la seconde guerre mondiale, les autorités communistes placèrent d’abord le club sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur puis du Syndicat des ouvriers textiles, ce qui conduit à changer le nom du club et ses couleurs. Mais, la puissance du nom et des couleurs de l’un des plus grands clubs hongrois l’emportèrent et le MTK redevint le MTK en 1956.

#420 – Beitar Jérusalem FC : המנורה

La menorah, le chandelier à sept branches des Hébreux, dont la fabrication est prescrit dans la Bible (le livre de l’Exode). Il devint un des objets cultuels et sacrés du Tabernacle et plus tard du Temple de Jérusalem. Fondé en 1936, le premier nom de l’équipe fut « la Menorah » . Le choix de ce nom n’était pas le fait du hasard car le fondateur du club, David Horn, était également à la tête de la branche du Beitar à Jérusalem. Or, le mouvement sioniste avait opté pour cette Menorah comme symbole. Et le club de Jérusalem était finalement une émanation du mouvement politique. Ce dernier, comme d’autres associations sionistes, souhaitait offrir aux juifs une structure politique, militaire, culturelle et sportive. Les fondateurs du mouvement voulaient sortir de l’image du Juif en exil avec une nouvelle figure du Juif, un homme avec des capacités militaires, courageux. Ainsi, en s’inspirant de cette idéologie et également des bataillons hébreux (bataillons composés de Juifs incorporés dans l’armée britannique pendant la Première Guerre Mondiale), le Beitar adopta l’idée de créer des légions paramilitaires comme une pierre angulaire de sa vision du monde, en tant que force qui conduirait le sionisme à l’indépendance politique. A ce titre, le Beitar choisit comme emblème celui des bataillons hébreux, une Menorah. Ce symbole dépassait le cadre des bataillons car il s’agit également de l’emblème le plus vieux du judaïsme et le plus fort (bien avant l’étoile de David).

#414 – FC Slovan Liberec : Modrobílí

Les bleus et blancs. Si le club tchèque fut fondé en 1958, le football dans la région des Sudètes (nord de la Tchéquie) puise évidemment ses origines au début du siècle dans la communauté allemande. 90% de la population de la ville était alors germanophone et la région de Bohème faisait partie de l’Empire Austro-Hongrois. Ainsi, à la fin du XIXème siècles, différents clubs apparurent, certain représentant la communauté allemande, d’autres les tchèques. Deux clubs commencèrent à sortir du lot : le Sparta Ober Rosenthal qui changea par la suite son nom en Sparta, pour les allemands et le SK Liberec, le premier club purement tchèque. Le premier jouait en vert et blanc tandis que le second opta pour le bleu et blanc. En 1934, SK Liberec prit le nouveau nom de Slavia Liberec afin de revendiquer son caractère slave à un moment où le régime nazi dans l’Allemagne voisine présentait déjà une menace sérieuse pour l’ex-Tchécoslovaquie. Puis, en 1938, la région devint allemande. A la sortie de la guerre, Liberec s’affirma alors comme une ville tchèque et les deux clubs reprirent leur rivalité. Un nouveau club à l’identité tchèque naquit en 1949, le Sokol Čechie Liberec XI (Sokol était une association créée en 1862 et avait pour objectif de promouvoir l’identité slave et en particulier le nationalisme tchèque). Afin de se renforcer, ces différentes entités commencèrent à fusionner et en 1958, les 2 derniers représentants s’unir pour créer le Slovan. Le bleu et le blanc étaient alors les couleurs qui se retrouvaient dans au moins 2 des 3 clubs. En outre, c’était les couleurs du premier club tchèque de la ville, le SK Liberec. Elles s’imposèrent donc naturellement pour le nouveau Slovan.

#395 – HŠK Zrinjski Mostar : Plemići

Les nobles. En 1896, plusieurs habitants de Mostar eurent l’idée de créer une société sportive qu’ils nommèrent Hrvatski sokol (Faucon croate). Mais, la Bosnie étant sous domination de l’Empire Austro-Hongrois, les manifestations nationalistes étaient interdites et la mention de la Croatie étaient donc prohibé. Le club disparut mais en ayant posé les fondations du futur HŠK Zrinjski. Ainsi, en 1905, la jeunesse croate emmené par le professeur Kuštreb, avec le soutien de la société culturelle Hrvoje, forma le Đački športski klub (club de sport étudiant). En 1912, les membres voulaient de nouveau faire référence à ses liens avec la population croate de la ville et le nom changea pour Gimnazijski nogometni klub Zrinjski (Gymnasium Football Club Zrinjski). Zrinjski était une famille noble originaire de la Croatie hongroise, et influente dans le royaume de Hongrie. Originaire de la ville croate de Zrin, une des branches de la famille accéda au titre de ban (en quelque sorte vice-roi) de Bosnie. Puis, l’un de ses membres, Stefan Tvrtko, devint même le premier roi de Bosnie en 1353. En s’attachant à cette famille qui faisait le lien entre la Croatie et la Bosnie, les membres espéraient peut-être récupérer leur titre et devenir nobles.

#389 – Willem II Tilburg : Tricolores

Les tricolores, le club arbore un maillot rayé avec 3 couleurs : blanc, bleu et rouge. Ce choix de couleur n’a rien à voir avec la France mais reprend évidemment les couleurs du drapeau national des Pays-Bas. Lors de sa fondation en 1896, les membres décidèrent de donner à leur club le nom de Tilburgia. Ils optèrent donc pour les couleurs bleu et jaune qui étaient celles de la ville de Tilburg. Mais le 14 janvier 1898, les fondateurs décidèrent de rendre hommage à l’ancien Roi des Pays-Bas, Guillaume II d’Orange-Nassau, en renommant le club Willem II. Ce Roi était attaché à la ville de Tilburg. Il y avait établi son campement militaire lorsqu’il tenta de briser la révolution belge en 1831. Puis, il s’y rendit régulièrement en villégiature et y fit même débuter la construction d’un chateau. Enfin, il y mourut en 1849. Il aurait même déclaré « Hier adem ik vrij, hier voel ik mij gelukkig » (Ici, je respire librement et je me sens heureux). En se liant à la maison royale d’Orange-Nassau, et sachant que le choix des couleurs bleu et jaune ne faisait pas l’unanimité, à la fin de l’année 1898 (le 20 Novembre) le club opta pour un maillot orange. En 1902, cette tenue fut échangé contre un maillot blanc accompagné d’une ceinture orange et d’un pantalon noir. Parfois, la ceinture orange était remplacée par une ceinture bleu-blanc-rouge, première pointe tricolore. Mais, rapidement en 1903, l’équipe arbora un nouveau maillot à carreaux rouge et noir. Cet excentricité ne convint personne et lors de la saison 1903-1904, le choix se porta sur le maillot actuel, à rayure bleu, blanc et rouge (avec une ceinture rouge et un short bleu). A l’époque, sans avoir fait parti des fondateurs, la famille van den Bergh, riche fabricant de laine et de couverture, était très impliquée dans la vie du club. Par exemple, le 11 novembre 1897, cinq membres de la famille faisaient partie de l’équipe affrontant le Sparta Rotterdam. Surtout, en 1903, un de ses représentants, Frits, présidait le club. Or, certains membres de cette famille, dont Frits, avaient fréquenté l’école supérieure de textile d’Enschede. Son club de football, dénommé «Prinses Wilhelmina» du nom de la souveraine des Pays-Bas, portait un maillot rouge, blanc et bleu. Les van den Bergh apportèrent ces maillots à Tilburg qui les adopta car ils représentaient bien l’attachement du club à la famille royale et au pays. Le short lui hésita entre noir et blanc jusqu’au choix définitif du blanc lors de l’assemblée générale du 6 juillet 1927. Ce maillot tricolore fit comparer les joueurs à des caméléons mais le club et ses supporteurs en étaient fiers. En juin 1952, Naud van der Ven et Jan Hombergen composèrent une marche en hommage au club et l’une des strophes précisait :

Hecht verbonden met Oranje,Verknocht aan ’t koninklijk gezin, Zweren wij bij ’t vaandel met rood-wit-blauw erin (Près d’Orange, connecté à la famille royale, Nous ne jurons que par la bannière avec du rouge-blanc-bleu dedans)

et le refrain :

Het rood, de kleur van de liefde, verbindt zich met smet’loos wit aan het blauw, Teken van trouw (Le rouge, la couleur de l’amour, se connecte avec la pureté du blanc et au bleu, signe de fidélité)

Sous l’occupation nazi, toute représentation nationale, tel qu’afficher le drapeau des Pays-Bas, était prohibée. Le club fut pourtant le seul autorisé à conserver son maillot ainsi que son nom royal pendant toute la période de guerre. Mais, sa notoriété devait être limitée auprès des soldats allemands car un supporteur raconta plus tard qu’un membre de sa famille fut emprisonné 6 mois pour avoir porté un pins’ de Willem II Tilburg, qui était donc au couleur des Pays-Bas. En tout cas, pendant la guerre, les Tricolores étaient généralement chaleureusement accueillis par le public lors des matchs à l’extérieur. Malgré cette symbolique et notoriété forte, dans les années 40 et 50, la traditionnelle chemise tricolore fut régulièrement remplacée par une chemise rouge vif, orange ou bleue. En plus de 100 ans à utiliser ce maillot tricolore, il y eut évidemment quelques tentatives de le faire évoluer ou de le mettre au placard. Notamment qu’en un sponsor arrivait. En septembre 1982, l’équipe se présenta à domicile contre Feyenoord dans un maillot vert vif, couleur du sponsor principal, la marque japonaise Sansui. Il fut rapidement rangé au profit du maillot traditionnel. En 1984, nouvelle tentative avec l’arrivée d’un sponsor. Le nouveau maillot était certes tricolores mais les rayures étaient concentrées au centre dans un scapulaire allongé, le reste demeurant blanc. Les supporteurs comme les instances rappelèrent l’importance des symboles et donc de conserver la fameuse tunique rayée du club. Message entendu, ce maillot fut immédiatement remisé sans même avoir été porté. Parfois, même en conservant le maillot classique, des réalisations malheureuses eurent lieu. En 1986, lors des célébrations de son 90ème anniversaire, les joueurs portèrent des maillots et des shorts rayés des 3 couleurs. C’était un peu trop de rayures et de couleurs pour les adversaires et les supporteurs. Ces derniers, tout comme l’entraineur du club, trouvèrent que les joueurs n’étaient plus simplement des caméléons mais étaient devenus des gens du cirque. Finalement, les créations originales, notamment en s’accordant avec la couleur du sponsor, se limitèrent par la suite seulement au maillot extérieur.