Revs est tout simplement le diminutif du nom du club. La contrepartie de l’attribution de la coupe du monde 1994 aux Etats-Unis était la création d’une ligue de football professionnel la Fédération américaine de football. Son démarrage prit un peu de retard mais en 1996, 10 franchises furent donc constituées pour sa première saison, dont les New England Revolution, fondé par Robert Kraft, milliardaire américain. Dirigeant du groupe éponyme, qui comprend des sociétés actives dans le sport, le divertissement, l’industrie du papier, l’emballage et l’immobilier, son intérêt dans le football se concrétisa au début des années 1990 lorsqu’il fit du Foxboro Stadium (stade qui appartenait à son groupe), l’un des neuf sites hôtes de la Coupe du Monde. Le succès de cette dernière le convainquit d’investir dans une franchise MLS. Installé dans le Massachusetts, dans la région de Boston, le groupe Kraft soumit donc à la MLS la création d’une franchise. En 1994, le groupe s’était également porté acquéreur de la franchise de football américain des New England Patriots. Voulant profiter de la notoriété du nom de cette franchise (ayant été fondé en 1959), le groupe s’en inspira pour le nom du club de football à créer. Alors pourquoi Patriots et Revolution ? A la création de la franchise de football américain, les habitants soumirent des idées pour le nom officiel de l’équipe et le choix le plus populaire fut « Boston Patriots ». « Patriots » faisait référence aux colons des Treize Colonies américaines qui se rebellèrent contre la domination britannique et déclarèrent les États-Unis d’Amérique indépendante en juillet 1776. Les bostoniens choisirent cette référence car leur ville fut au cœur de la Révolution Américaine. En 1773, un groupe de citoyens de Boston en colère jeta à la mer une cargaison de thé de la Compagnie des Indes orientales en réponse aux nouvelles lois fiscales britanniques, lors d’un événement connu sous le nom du Boston Tea Party. Ce fut un événement clé menant à la Révolution Américaine.
Étiquette : Nationalisme
#382 – OFI Crète : Ομίλου
Le club. Encore un club dont le statut dépasse le cadre du football. L’OFI est le club d’Héraklion, la plus grande ville de Crète, mais il représente plus que cette cité. Il est l’emblème de la Crète entière. Si les crétois se sentent pleinement grecs, il demeure pas moins que leur culture (costume, patronyme, langue, cuisine, danse, musique) diffère de la Grèce continentale. Au printemps 1925, alors que les derniers musulmans quittaient l’île, que les réfugiés grecques d’Asie Mineure venaient d’immigrer massivement et que le rattachement à la Grèce étaient encore frais (1913), plusieurs sportifs de différentes disciplines (athlétisme, haltérophilie, lutte ou football) partageaient le même lieu d’entrainement et assez rapidement la même idée de créer une association réunissant leurs sports et des amis crétois. Ainsi, naquit quelques jours plus tard, l’OFI Crète dont les fondateurs voulaient que cette association – le Club – soit spéciale : être composé de ses propres fans. Ce collectif s’appela Όμιλος Φιλάθλων Ηρακλείου (Club des Fans d’Héraklion) et avait pour aspiration de gérer des évènements sportifs, de divertir ses membres et d’organiser des conférences et des excusions. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’OFI ne pouvait se rendre sur le continent pour disputer des matchs, les voyages en bateau étant trop hasardeux à l’époque. Sa renommée se limitait alors à son ile. Puis, après la guerre, le club commença petit à petit à gravir les championnat régionaux pour titiller les sommets du football grecque. En 1968, il y parvint et devint le premier club crétois à évoluer dans la première division nationale. A compter de cette date, le club va connaître des période sombre (avec de graves difficultés financières) mais aussi quelques succès (tels qu’une Coupe de Grèce en 1987, une seconde place en Championnat en 1986 et une Coupe des Balkans en 1989), dont 6 campagnes européennes. Mais, quelque soit les résultats, OFI est le club crétois avec le plus d’apparitions en première division grecque, produisit des beaux joueurs (Machlas, Samaras, Mahamadu Diarra). Il représente et fait la fierté de l’ile.
#381 – Fram Reykjavík : Framarar
Les attaquants. Le terme est dérivé du nom du club Fram, qui signifie « En avant ». Evidemment rien à voir avec le cher club du président de la FFF, l’En Avant Guingamp. Le club islandais fut fondé au printemps 1908 dans le centre de Reykjavík par un groupe de jeunes garçons. Pendant sa première année d’existence, cette organisation était plutôt informel : Aucun conseil d’administration n’avait été nommé, aucun statut rédigé et le club n’avait même pas de nom. Mais au fil des mois, la création d’une véritable structure se fit sentir afin de participer aux matchs locaux avec un vrai équipement. Chose faite avec la première réunion du conseil d’administration le 15 mars 1909. Il fut alors convenu que le nom du club serait Knattspyrnufélagið Kári (Kári Football Club), en hommage au célèbre mercenaire viking Kári Sölmundarson, un des personnages principaux de la saga islandaise Njála, qui vécut à la fin du Xème siècle et au début du XIème. Mais, ce nom ne faisant pas consensus, il fut décidé de changer pour Knattspyrnufélagið Fram (En avant Football Club). La raison de ce choix n’est pas connue mais plusieurs possibilités sont avancées. En début du siècle, l’Islande demeurait une dépendance du Danemark et peut-être que les jeunes de Reykjavík furent influencés par le nom de clubs danois tels que BK Frem (fondé en 1886 et l’un des plus anciens clubs de football danois) ou BK Fremad Valby (Frem ou Fremad signifiant aussi aller de l’avant). Une autre version fait référence au nom du célèbre navire d’exploration polaire norvégien Fram (également traduit par en avant). Cette goélette à trois mâts avec moteur à vapeur, conçue et construite par Colin Archer, accompagna les expéditions de nombreux explorateurs norvégien tels que Fridtjof Nansen au pôle Nord en 1895 ou Roald Amundsen au Pole Sud en 1911. Enfin, dans cette Islande en route vers l’indépendance, il est possible que Fram provienne du nom du partie autonomiste islandais, Heimastjórnarfélagsins Fram (En avant vers notre autonomie), principal soutien du premier ministre de l’époque, Hannes Hafstein.
#372 – CD El Nacional : los Puros Criollos
Les pures créoles. Le Nacional partage avec l’Athletic Bilbao, le CD Guadalajara et parfois l’Atlético Nacional une politique particulière : faire une équipe professionnelle composée uniquement de joueurs locaux. Au début des années 60, des officiers de l’armée équatorienne, le capitaine d’artillerie Hugo Enderica Torres, le colonel Caupolicán Marín et le major Carlos Delgado, émirent l’idée de créer un nouveau club dont l’idéal serait de ne faire jouer que des équatoriens afin de promouvoir le pays et son football.
Il faut noter que le contexte était particulier à cette époque en Equateur. Au moment de la création du club le 15 Juillet 1963, sous l’égide des forces armées, ces dernières s’emparèrent également du pouvoir en reversant le président Carlos Julio Arosemena Monroy. La dictature militaire qui s’installa partageait certainement les idées nationalistes de ces 3 officiers. Au début, les médias étaient sceptiques quant à l’idée d’une équipe de football professionnelle composée exclusivement de joueurs équatoriens, car dans le championnat local, les équipes ayant un bon quota de joueurs étrangers avaient plutôt réussi à truster les titres. En outre, un club sportif fondé et dirigé par l’armée ne présentait pas de grandes garanties.
Finalement, 57 ans plus tard, le Nacional est devenu l’un des 4 grands du pays avec 13 titres de champions et 1 Coupe nationale. Cette politique permit de faire émerger de grands joueurs équatoriens dont Antonio Valencia, Cristián Lara et Segundo Castillo. Du fait de cette particularité identitaire, le club est surnommé los puros criollos. Le terme de créole n’a pas la même signification que dans les Antilles françaises. Dans les Amériques hispaniques, les créoles sont les descendants des européens, en particulier des espagnoles. Or, la population équatorienne était et est toujours principalement composée de métis (plus de 70% encore aujourd’hui) dont la grande majorité montre un lien génétique avec les européens et est donc des créoles.
Seulement, cette stratégie semble montrait ses limites dans le football moderne. Lors de la dernière saison (2020), le club termina à la 16ème et dernière place du championnat, le conduisant alors en seconde division. Après le mauvais départ lors de cette saison en Série B (la seconde division), un ancien manager ayant un certain poids dans l’institution, Luis Tobar, a déclaré que si nécessaire pour la saison prochaine, l’équipe devrait recruter des joueurs étrangers. L’identité d’El Nacional serait alors perdue.
#357 – ŠK Slovan Bratislava : Jastrabi z Tehelného poľa
Les faucons de Tehelného poľa. 21 mai 1969, le ŠK Slovan Bratislava devint le premier et unique club tchécoslovaque (à l’époque, Tchéquie et Slovaquie ne formaient qu’un) à remporter une Coupe d’Europe. A Bâle, après un parcours qui le vit éliminer les yougoslaves du FK Bor, les portugais du FC Porto, les italiens du Torino et les écossais de Dunfermline, le Slovan retrouvait le FC Barcelone en finale et les slovaques le remportèrent 3 buts à 2. Le célèbre commentateur Gabo Zelenay déclara à la fin du match « Vyhrali sme 3:2 ! Náš je pohár. Slávny a veľký. Nádherný ! Bravo, chlapci, naši jastrabi z Tehelného poľa bratislavského ! » (Nous avons gagné 3: 2 ! La Coupe est à nous. Célèbre et génial. Splendide ! Bravo, les garçons, nos faucons du Tehelného poľa de Bratislava !). Cette phrase est devenue célèbre et le faucon est resté comme un symbole et surnom du club. Mais pourquoi les avoir comparé à un faucon ? Personne ne le sait. Peut-être faut-il chercher dans les vieilles légendes et chansons slaves qui comparaient en effet l’homme jeune et vaillant à ce rapace respecté pour sa force légendaire. En faisant preuve de courage et de résistance, l’équipe fit alors penser à un faucon. Ou peut-être faut-il se tourner dans l’histoire du club. En 1949, le club changea de nom, suite à des fusions, et se dénomma Sokol NV Bratislava. Sokol était une association créée en 1862 et avait pour objectif de promouvoir l’identité slave et en particulier le nationalisme tchèque. Pour y parvenir, Sokol prônât une philosophie basée sur la pratique sportive et les valeurs morales. L’association devint une pierre angulaire dans la construction du jeune état Tchécoslovaque à la sortie de la première guerre mondiale. Ce fut dans ce contexte que le Slovan fut créé en 1919. A l’époque, les clubs de football de Bratislava étaient des organisations pour les communautés allemandes ou hongroises. L’intelligentsia slovaque voulait donner un élan à la nation par la création d’associations sportives ou culturelles slovaques mais son éducation et ses compétences étaient encore trop marquées par les influences de l’ancienne monarchie hongroise. Ainsi, l’idée de créer le premier club de football slovaque vint finalement de tchèques. La première réunion de travail eut lieu le 29 mars 1919 et tous les participants décidèrent la création d’un club tchéco-slovaque indépendant. Si le Sokol qui était donc très présent en Tchécoslovaquie à cette époque, ne participa pas directement à la création du club, son influence, sa philosophie y contribuèrent indirectement. Finalement, le club s’en revendiqua quelques années plus tard. Sokol signifiait faucon et l’oiseau était son emblème, qui symbolisait la liberté et le courage dans les pays slaves.
Tehelného poľa est le nom du stade où le Slovan Brastislava évolue depuis 1940. Le stade fut démoli en 2013 et reconstruit en 2014, pour devenir une enceinte moderne de 22 500 places.
#345 – FC Bayern Munich : die Bayern
Les bavarois. Il n’est pas rare en France de voir accoler au nom du club, le nom de sa région ou de son département d’origine, uniquement pour des raisons de sponsoring (en tout cas, cela permet de justifier les subventions données). Pour le club allemand, cette référence à sa région d’origine remonte à la création du club en février 1900. Au-delà du nom, les fondateurs adoptèrent aussi les couleurs de la région, le bleu et le blanc. Pourtant, le club n’avait pas un esprit régionaliste au sein de cet Etat Allemand naissant et dominé par la Prusse. Au contraire, le Bayern fut fondé par 17 personnes qui venaient de Berlin, Fribourg, Leipzig et Brême. Le premier président était le berlinois Franz John et le premier secrétaire, Josef Pollack, était de Fribourg. Jusqu’en 1933, le club reposait sur des valeurs d’ouverture et libérales et était même le point de ralliement pour la pratique sportive des étudiants non-bavarois. Dans l’entre-deux guerre, les rivaux du FC Wacker ou du TSV Munich 1860 étaient les clubs phares de Munich. Mais, la popularité du Bayern grandit avec les succès à compter des années 60. En outre, ces victoires en Bundesliga comme en Coupe d’Europe se construisirent avec des joueurs bavarois tels que Franz Roth, Sepp Maier, Gerd Müller, Paul Breitner, Klaus Augenthaler, Bastian Schweinsteiger, Philipp Lahm, Thomas Müller et le plus grand joueur allemand, Franz Beckenbauer. En 1954, le club incorpora dans son blason le Rautenflagge, le drapeau à losanges bleus et blancs. Le club finit alors par s’ancrer régionalement. On peut ainsi voir les joueurs portaient le lederhose (culotte de peau), costume traditionnel bavarois, lors de la fête de la bière (Oktoberfest). Le club compte plus de 362 000 fans dont plus des deux tiers sont en Bavière. Si on a coutume de dire que les munichois supportent plus l’autre club de la ville, le TSV Munich 1860, il n’en demeure pas moins que sur les 75 000 spectateurs en moyenne à l’Allianz Arena, les trois quarts venaient de Munich et de ses alentours. Enfin, si le site du club s’est internationalisé en s’affichant en anglais, espagnol, chinois, japonais et russe, l’identité régionale ne s’est pas perdue avec des pages en bavarois.
#335 – Royal Excel Mouscron : les Hurlus
Les hurlus étaient le nom donnés à certaines populations protestantes (calviniste) qui vécurent principalement à Lille, Tournai et Mouscron. Leur origine remonte au XVIème siècle, quand les luthériens tentèrent de propager leur religion dans les Flandres. Au XVIème, la France comme l’Europe étaient terrassés par les guerres de Religion qui opposaient les catholiques aux protestants. La Réforme naquit au sein du Saint-Empire romain germanique quelques années auparavant (1517) avec le moine Martin Luther et se répandît rapidement en Europe du Nord. Mais ce nouveau schisme, qui remettait en cause directement les orientations prises par et finalement le pouvoir de Rome, souleva les protestation de ceux restés fidèles au Pape. Ceci amena malheureusement à des affrontements entre les deux camps dans toute l’Europe. Ainsi, en août 1572, se produisit le massacre de la Saint-Barthélemy en France. Dans les Pays-Bas espagnoles (comprenant à l’époque principalement le Benelux), l’affrontement confessionnel se traduisit par une guerre d’indépendance vis-à-vis de l’Espagne, état catholique. Dans ce contexte, les hurlus furent persécutaient par les catholiques espagnoles et belges et se réfugièrent pendant quelques années au Mont-à-Leux, à Mouscron, avant de s’y emparer du château des Comtes. Le nom d’hurlu dériverait du mot « hurleur » car ils hurlaient au moment de leur persécution (aussi bien par douleur que pour prévenir les autres membres). Bien que certains avancent que les lillois les surnommaient ainsi car ils hurlaient lors de leurs attaques. Cette hypothèse rejoint l’autre possible étymologie du mot qui pourrait provenir du néerlandais huurlingen (se vendre/mercenaires). Car persécutés mais aussi persécuteurs. En effet, leurs chefs ayant été arrêtés ou ayant pris le chemin de l’exil, les hurlus furent rapidement livrés à eux-mêmes. Ils se transformèrent alors en bandes ou recrutèrent des mercenaires qui malmenèrent les populations catholiques et les églises locales. Hurlu aurait alors désigné ces bandes de mercenaires. Suite à leur reddition à Mouscron le 24 juillet 1578, Courtrai fut également libéré des hurlus quelques temps plus tard. En 1582, ils furent battus à Tournai et le 22 juillet, ils se replièrent et attaquèrent Lille. Mais, les archers lillois et la population locale menée par Jeanne Maillotte repoussèrent les hurlus. Ce fut alors la fin de ces bandes protestantes. Aujourd’hui, il reste assez peu de trace de cette épisode. Toutefois, depuis les années 1970, à des fins commerciales, Mouscron organise des festivités sur le thème des Hurlus, chaque premier week-end d’Octobre. Le hurlu, qui symbolise la rebellion et la résistance face à l’autorité et les puissants, semble bien représenter l’esprit de Mouscron. Il est devenu le surnom des habitants de la ville comme du club et de ses supporteurs. En 2007, la ville fit ériger une statut représentant un hurlu sur la Grand-Place.
#333 – KF Tirana : Tirona
Tirona est le nom de la ville de Tirana dans le dialecte locale de la capital de l’Albanie. A la fondation du club, Tirana était une ville jeune, à la fois par son histoire que dans son statut. Si l’occupation de cette plaine semble remonter au milieu du XVème siècle, Tirana ne fut consacré en tant que ville qu’en 1614 quand le Pacha Sulejman Bargjin-Pacha fit construire une mosquée, un four à pain et un hammam pour attirer des colons. Jusqu’au début du XXème siècle, Tirana demeura une ville modeste de 10.000 habitants. Puis, elle va prendre son essor avec l’indépendance du pays en 1913 et surtout son élévation au statut de capital du pays en 1920. Dans ce contexte, un groupe d’intellectuels de Tirana créa le 15 août 1920 le club sous le nom de Sportklub Tirona. Comme dans la plupart des pays européens, au début du XXème siècle, la pratique sportive se développa à Tirana mais les compétitions comme les structures demeuraient au niveau des quartiers. Avec la structuration du pays, la création du club permettait de franchir une nouvelle étape dans l’organisation et le développement des activités sportives et, ainsi, de se calquer sur les autres pays d’Europe. La création du championnat albanais suivra le mouvement avec sa première édition en 1930. Le club conserva son nom de Tirona comme surnom car aujourd’hui encore il est le club qui représente le mieux la capitale, sa population et son histoire. Il est l’un des plus anciens clubs de la capitale avec l’un des plus beaux palmarès (25 fois champion, record national, 16 fois vainqueurs de la Coupe nationale et 11 fois de la Supercoupe nationale) face aux autres que sont le FK Partizani Tirana, le FK Dinamo Tirana et dans une moindre mesure le Shkëndija Tirana (tous ces clubs furent fondés à l’époque de la dictature communiste). Pour la petite histoire, plusieurs versions expliquent l’origine du nom Tirana. La première estime que le mot vient de Tirkan, un château sur le versant de la montagne Dajti, que l’historien byzantin Procope (VIème siècle) mentionna. Tirana pourrait également puiser ses origines dans le mot grecque ancien Τύρος qui signifie lait, la région ayant compté de nombreuses bergeries. Tirana serait dérivé de la ville de Theranda, appelée Të Ranat par ses habitants, située aujourd’hui au Kosovo. Enfin, Tirana pourrait provenir de la façon dont les habitants de ce pays étaient appelés. En effet, comme la population installée sur ce territoire venait principalement des montagnes environnantes, les gens les appelaient alors « Të rônë » (tomber) car ils étaient tomber de leurs montagnes.
#320 – Vitória Guimarães : os Conquistadores
Les conquérants. Avec seulement une Coupe et une Supercoupe du Portugal à son actif, le club a peu été conquérant en son pays. La ville de Guimarães n’a pas été non plus le point de départ ou de ralliement des conquérants portugais partis à la découvertes des Amériques ou du Monde. En réalité, il faut remonter un peu plus loin dans l’histoire et évoquer une conquête qui fut moins gourmande en terrain conquis mais ô combien importante pour le Portugal.
Tout d’abord, fondé en 1922, le club opta pour son blason actuel au début des années 1930. Le capitaine Mario Cardoso, concepteur de l’écusson, s’inspira de la statue de Dom Afonso Henriques, situé au Paço dos Duques de Bragança (Palais des Ducs de Bragance) à Guimarães. Dom Afonso Henriques, aussi appelé Alfonso I, et surnommé le « Conquérant », fut le premier Roi du Portugal, à partir de 1140. Elevé à Guimarães, il conquit définitivement le Comté du Portugal, alors sous domination des nobles galiciens et du Royaume de Castille, après avoir battu sa mère lors de la bataille de São Mamede en 1128. A partir de cette date, Dom Afonso Henriques rechercha à obtenir l’indépendance de son Comté envers le Roi de Castille. Il y parvint en 1143 par le traité de Zamora. Puis, le Portugal fut reconnu en 1179 par le pape Alexandre III.
En même temps que sa conquête de l’indépendance, ce fut également à partir de Guimarães que Dom Afonso Henriques partit à la reconquista du sud du Pays. En 1147, il reprit ainsi Santarém et Lisbonne aux Maures. Guimarães est donc historiquement associée au premier Roi du Portugal et à sa conquête de l’indépendance et des terres du Portugal. La ville est le point de départ et le centre politique du pays durant son règne. Elle est ainsi connue comme le « berceau de la nation portugaise ». D’ailleurs, pour le rappeler aux habitants comme aux visiteurs, dans l’une des tours de l’ancienne muraille de la ville, il est inscrit « Aqui nasceu Portugal » (Ici est né le Portugal).
#293 – Budapest Honvéd FC : Honvéd
Le défenseur de la patrie. Reprendre le nom du club pour en faire son surnom ne révèle pas une grande imagination. En revanche, s’appeler le défenseur de la patrie, cela sent bon le parfum d’autrefois quand le football dépassait l’enclos du stade et s’imposait comme une arme politique. Le 10 août 1908, le club fut fondé sous le nom de Kispesti Atlétikai Club, Kispesti étant le nom du village d’origine du club. Puis il mua en Kispest FC. Au retour de la 2nde guerre mondiale, le communisme prit le pouvoir en Hongrie. Comme dans les autres pays du bloc de l’est, les associations sportives passèrent sous l’égide des grandes structures administratives ou des syndicats. Le club intégra alors le giron du ministère de la Défense le 18 décembre 1949. Le nom Kispest fut abandonné car le village fut absorbé dans le XIXème district de Budapest. Ensuite, le nom du club intégra le mot honvéd (défenseur de la patrie) en hommage à son nouvel « actionnaire », l’armée hongroise, dont le nom est Honvédség (défense de la patrie).
Gusztáv Sebes, le sélectionneur de l’équipe nationale, avait en mémoire les grandes équipes nationales d’Italie et d’Autriche qui, avant-guerre, dominèrent le football. Il remarqua que ces équipes nationales s’appuyaient sur un noyau de joueurs qui venaient de un ou deux clubs du pays. Les habitudes et automatismes des joueurs en club facilitaient leur intégration et le jeu de l’équipe nationale. Il profita de la nationalisation des clubs de football pour manœuvrer et faire du Kispest le club de l’armée. Pourquoi le Kispest ? Les deux autres grands clubs hongrois (Ferencváros et MTK Hungária) étaient respectivement pour l’un jugé comme un club de droite et pour l’autre déjà absorbé par la police politique, l’ÁVH. En 1950, Kispest comptait déjà dans ses rangs Ferenc Puskás et József Bozsik qui furent rejoints par le reste de l’armature de l’équipe nationale : Sándor Kocsis, Gyula Grosics et Gyula Lóránt. Puis, en 1951, par László Budai et en 1953 par Zoltán Czibor. L’annexion de ces joueurs fut aisée car, en rejoignant le club, les nouveaux gagnaient le grade d’officier, ce qui leur assuraient argent, statut et exemption de service militaire. Tandis que les récalcitrants devenaient de simples soldats et devaient faire leur service. Cette politique fut payante. Le club remporta le championnat de Hongrie dès 1950 puis en 1952, 1954 et 1955 et réalisa des matches de prestige contre les meilleurs équipes de l’époque (FC Barcelone, Wolverhampton Wanderers, ER Belgrade) pour promouvoir l’Etat communiste. L’équipe nationale y gagna également en devenant championne olympique en 1952, championne d’Europe centrale en 1953 et finaliste de la Coupe du monde 1954.
