#1234 – Crystal Palace FC : the Eagles

Les aigles. Les premières années de la décennies 1970 ne furent pas synonyme de réussite sportive pour le club du Sud de Londres et pourtant elles s’avérèrent fondamentales dans la construction de sa nouvelle identité. Lors de la saison 1972-1973, Crystal Palace évoluait en première division depuis 4 ans et son équipe réussit quelques belles performances, comme une victoire 5 buts à 0 face à Manchester United. Malheureusement, c’était anachronique dans une saison globale plus morose. Après avoir mené le club de la quatrième à la première division, Arthur Wait fut remplacé à la présidence par Raymond Bloye en novembre 1972. Ce dernier prit la décision de remplacer le manager Bert Head par Malcolm Allison, qui venait d’officier avec succès durant 8 ans à Manchester City. Cette nomination ne permit pas de sauver le club de la relégation.

Animé par une grande ambition et jouissant d’une grande aura, l’influence du nouveau manager ne se limita pas au sportif. Suite à la relégation subie, Malcolm Allison voulait rebondir avec force et désira renforcer l’image du club. Tout d’abord, il mit fin à 68 ans d’association du club avec les couleurs bordeaux et bleu (ie depuis la création du club en 1905), et opta pour des maillots plus flamboyants, à rayures rouges et bleues, à l’image du FC Barcelone. Il décida aussi de doter le club d’un nouveau surnom (en remplacement de Glaziers #114), qui allait déteindre sur un nouveau blason. Et ce fut aussi du côté de la péninsule ibérique que son inspiration vint.

En ce début des années 1970, le Benfica Lisbonne était déjà un grand d’Europe, porté par le génial Eusebio. Le club lisboète avait déjà remporté 2 Coupes des Clubs Champions (plus 3 finales perdues). En 1970, le manager anglais Jimmy Hagan fut nommé à la tête du Benfica et durant les 3 années de son mandat, l’équipe portugaise connut une nouvelle période dorée, en remportant 3 championnats et une coupe. En 1972-1973, avec 28 victoires, 2 nuls et 0 défaite et 101 buts marqués pour seulement 13 encaissés, Benfica devint le meilleur champion du Portugal et le premier invaincu. Benfica brilla aussi en Europe lors de la saison 1971-1972, avec une victoire 5-1 contre Feyenoord, et une demi-finale perdue face à l’Ajax de Johan Cruyff. Impressionné par l’équipe lisboète, Malcolm Allison voulait reproduire leur succès et donner une impulsion à son équipe et ses fans en copiant le symbole puissant du Benfica, l’Aigle (#153). Ainsi, un aigle devint le surnom du club et s’imposa sur l’écusson.

Le surnom fut vite adopté (le « Mirror » titrait déjà 4 jours après l’adoption du surnom « Allison’s eagles will fly high » (les aigles d’Allison voleront haut)) mais cela n’eut pas l’effet escompté puisque Crystal Palace enchaina une seconde relégation en 1973-1974 et Malcolm Allison quitta le club en 1976, sans avoir pu ramener l’équipe simplement en seconde division. Entre 2010 et 2020, comme à Benfica, Crystal Palace posséda un véritable aigle comme mascotte, qui survolait Selhurst Park avant le début des matchs. Nommé Kayla, il s’agissait d’un pygargue à tête blanche américain. Malheureusement, elle décéda en 2020 des suites d’une maladie et aucun autre aigle ne vint le remplacer pour perpétuer cette tradition.

#1231 – Kieler SV Holstein : die Störche

Les cigognes. En 2024, un vent nouveau souffle en Bundesliga avec la promotion, pour la première fois de son histoire, du Kieler SV Holstein (communément appelé Holstein Kiel). Longtemps cantonné à une ville de Handball (THW Kiel, 23 fois champions d’Allemagne et 4 fois vainqueurs de la Ligue des Champions entre-autre), Kiel s’est rappelé récemment qu’il avait un club de football qui avait été champion d’Allemagne en 1912. Située au bord de la mer Baltique, traversée par le canal de Kiel, qui relie la mer Baltique à la mer du Nord, la cité s’est construite avec la Mer comme horizon et sa culture a une touche maritime (la compétition de voile « Kieler Woche », la quartier « Marineviertel », le musée maritime, le phare de Bülker et le mémorial naval de Laboe). Pour autant, c’est l’échassier migrateur qui s’est posé dans l’enceinte du club de football dès ses premières années.

Au départ, les joueurs du club auraient joué avec un maillot blanc, un short blanc et des chaussettes rouges, et cette association de couleurs faisait ressembler l’équipe à des cigognes. Probablement que ces teintes provenaient des armes de la ville (feuille d’ortie blanche sur fond rouge) qui elles-mêmes dérivaient des armoiries de la Maison de Schauenbourg, comte de Schauenbourg et Holstein. Mais, cette version est démentie par le club. D’autant plus que les couleurs actuelles du club sont le bleu, le blanc et le rouge, (qui correspondent aux couleurs de l’État du Schleswig-Holstein (elles-mêmes tirées des armoiries des deux composantes historiques de cette région : Duché de Schleswig (deux lions bleus sur fond jaune) et Duché de Holstein (feuille d’ortie blanche sur fond rouge)) et s’imposèrent rapidement. Au cours des premières années, Holstein joua avec des chemises à rayures horizontales bleu-blanc-rouge et à partir de 1906 avec des chemises blanches accompagnées d’une ceinture bleu-blanc-rouge. En 1910, les joueurs portaient des maillots bleus avec un H blanc sur la poitrine, des culottes noires et des chaussettes noires. Et au moins depuis 1911, la tenue de jeu était celle encore en vigueur aujourd’hui : chemise bleue, short blanc et chaussettes rouges.

Pour le club, la raison de ce surnom revient à l’emplacement du stade. Inauguré en 1911, le Stade d’Holstein, où évolue encore l’équipe, avait pour voisin, dans la Gutenbergstrasse, un pub appelé « Zum Storchnest » (Au nid de la cigogne). Dans les premières années, les joueurs s’y rendaient souvent avant et après les entraînements, notamment pour s’en servir de vestiaire. Aujourd’hui, le bar existe toujours mais sous le nom de « Gutenberg ».

#1229 – FC Roskilde : Ørnene

Les aigles. Evoluant dans le stade Roskilde Idrætspark surnommé Ørnereden (le nid d’aigle) et affichant la tête d’un l’aigle sur son écusson, le club aime le majestueux oiseau. En 2004, 3 clubs (Roskilde Boldklub (fondé en 1906), Svogerslev Boldklub et Himmelev-Veddelev Boldklub (fondé en 1925) de la région de la ville de Roskilde, en Zélande, décidèrent de créer une superstructure, portant leur équipe élite. L’objectif était que ce nouveau club eût les moyens d’évoluer au plus haut niveau professionnel, constituât l’identité sportive de Roskilde et retînt les talents locaux. Objectif réussit en 2008 quand il gagna sa promotion au sein de l’élite danoise.

Pour la symbolique de cette nouvelle structure, les 3 clubs optèrent pour l’emblème de la ville, l’aigle. En effet, l’écusson actuel de la municipalité, enregistré le 15 mars 1938, est un aigle aux ailes déployés (Un bouclier d’argent [blanc] avec un aigle noir aux bras d’or au-dessus d’un mur rouge entourant une source bleue avec trois roses nageuses) et ce symbole n’est pas né d’une lubie d’une équipe marketing. Les premières traces de l’aigle remontent à un sceau de la ville, datant de 1286 (mais ses origines pourraient s’établir vers 1250). A vrai dire, le sceau fait apparaître un oiseau, assimilé à un aigle. Peut-être l’aigle impérial du Saint Empire car, au XIIIème siècle, les finances de la ville étaient tenus par un ressortissant du Saint Empire. Probablement aussi que l’aigle représentait un signe de puissance et de fierté d’une guilde de la ville. Toutefois, cela aurait pu être un faucon car, selon certaines légendes, la ville disparue de Høgekøbing serait à l’origine de la cité de Roskilde. Dans le Chronicon Lethrense, un texte danois du XIIème siècle, le roi légendaire Hrothgar aurait choisi de déplacer les habitants de la ville de Høgekøbing vers l’endroit où il fonda Roskilde. Or, Høgekøbing signifiait la ville faucon et les armes de Roskilde serait donc parlante.

#1224 – Sarıyer SK : Beyaz Martılar

Les mouettes blanches. Intégré au grand Istanbul, Sariyer se situe au nord-est de la capitale turque, sur les bords de la Mer Noire, à l’ouest de l’embouchure du Bosphore, côté européen. Avec ses bâtiments historiques (la forteresse Rumeli Hisarı, le chateau de Rumeli Feneri, le phare de Rumeli, les magnifiques demeures côtières Yalı), ses espaces verts (notamment la forêt de Belgrad se déployant sur quelque 5 500 hectares et le parc de Bentler), les restaurants de poisson (en particulier à Tarabya et Garipçe) et la mer avec ses plages, le district constitue une destination touristique appréciée par les stambouliotes. Mais, comme ville maritime et de pêcheurs, elle est également très « fréquentée » par les mouettes. Pour ses habitants, Sariyer est la patrie de la mouette et il serait habituel de se lever avec le cri des mouettes.

Dans les années 1980, le club de Sariyer jouait dans l’élite turque (de 1982 à 1994) et représentait le quatrième club de la capital. Mais, bien entendu, il souffrait de la comparaison avec les 3 autres ogres stambouliotes (Galatasaray, Fenerbahçe et Beşiktaş). Son dirigeant de l’époque, Maral Öztekin, membre du club depuis sa fondation en 1940, avait pour obsession que Sarıyer bénéficie d’une plus grande couverture médiatique. S’il savait que cela passait par les résultats, il était conscient que les symboles avaient également leur importance. Ainsi, lors de son discours d’ouverture de la saison 1986-1987, il déclarait « Fener’in Kanaryası, BJK’nin Kartalı, GS’nin Aslanı var. Bizim niçin olmasın. Bizim de ‘Beyaz Martı’ olsun. » (Fener a son canari (#373), BJK [Beşiktaş] son aigle (#22), GS [Galatasaray] a son lion. Pourquoi pas nous ? Ayons aussi la Mouette Blanche). Ainsi, la mascotte et le surnom naquirent. La mouette s’est imposée dans la culture du club (L’hymne « Sariyer marsi » (La marche de Sariyer) du chanteur et vice-président du club Ferhat Göçer débute par « Beyaz martıdır göklerde süzülen » (C’est la mouette blanche qui plane dans le ciel)) mais également pour tout le district (la statue d’une mouette blanche de 6 mètres de haut fut érigée en 2019).

#1211 – CA Fénix : el Ave

L’oiseau. A Montevideo, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, les échanges commerciaux du Royaume-Uni avec la capitale uruguayenne étaient nombreux, favorisant l’arrivée des nouvelles modes britanniques, notamment le sport. Le football se répandit ainsi à Montevideo et dans chaque quartier de la capitale émergèrent des clubs de football. Dans celui de Capurro, en 1909, un club vit le jour sous le nom de Guaraní mais il cessa ses activités dès 1913. Le 7 Juillet 1916, des jeunes qui avait connu l’aventure Guaraní décidèrent de fonder un nouveau club pour le quartier de Capurro. Ils le nommèrent Fénix (Phénix en Français) en référence à l’oiseau magique qui renaît de ses cendres, afin de signifier que l’ancien club de Guaraní renaissait au travers de la nouvelle association. L’oiseau apparaît sur le blason du club sous sa forme héraldique, ie de face, tête de profil, ailes étendues, sur son bûcher, appelé « immortalité » .

Cet oiseau mythique au plumage souvent rouge et doué d’une extraordinaire longévité (pas moins de 500 ans) a le pouvoir de renaître de son cadavre ou de ses cendres, après s’être consumé sur un bûcher. Il représente ainsi la mort et la renaissance, la survie de l’âme. Cette immortalité le dote d’un grand pouvoir et il est donc un oiseau respecté. Son apparition peut être annonciateur d’un évènement important. Certes, les flammes le brulent, le tuent mais il s’agit d’un feu de purification et de passion. Ainsi, le phénix est également appelé oiseau de feu. Au final, le phénix représente la cyclicité du monde : le cycle de la vie par sa faculté à naître, vivre et mourir, le cycle solaire en accompagnant le feu du soleil de l’aube au crépuscule et le cycle du temps, tout n’étant qu’un éternel recommencement. Mentionné sous le nom de phénix chez les grecs et les romains, il apparaît également dans de nombreuses autres cultures. Ainsi, dans la mythologie égyptienne, il est l’âme du Dieu soleil, Rê et se nomme Bénou. Dans les croyances kurdes et perses, il s’appelle Simurgh ou Rokh. Dans la culture chinoise, il s’apparente à Fenghuang et pour les japonais à Ho-ou. Chez les juifs, les oiseaux Khôl et Ziz présentent les mêmes caractéristiques. Dans le bouddhisme tibétain, on le retrouve sous le nom de Khyung. Enfin, chez les chrétiens, il est l’un des emblèmes du Christ, mort puis ressuscité.

#1188 – CD Morón : el Gallo, Gallito

Le coq. Avec près de 100 000 habitants, la cité de Morón s’inscrit dans le Grand Buenos Aires et se fait connaître populairement comme « la capitale de l’ouest » de Buenos Aires. Elle est également fortement identifiée avec la figure du coq. Mais, contrairement à de nombreuses autres histoires de symbole, ce n’est pas la ville qui a influencé le club de football mais l’inverse. En effet, en 1957, après 10 ans d’existence, un coq fit son apparition sur le maillot du club. En 1959, un coq comme mascotte fut apporté sur le terrain. Puis, en 1962, le club l’adopta officiellement comme symbole dans ses statuts. 

Par fierté pour le club à la popularité importante, la municipalité adopta également l’animal. Ainsi, en 1963, elle fit hérisser une statue du coq sur la Plaza San Martín, œuvre du sculpteur Amado Armas. En 1968, elle établit le prix du Gallo de Morón (le coq de Morón), une statuette qui distingue des personnes ou des institutions aux réalisations en faveur du bien-être social ou en soutien à l’art ou la science.

Mais, d’où vient cette idée du coq ? Pour beaucoup, le nom de la ville en serait à l’origine car la cité argentine s’appelle comme une ville andalouse, Morón de la Frontera, dont sa renommée dépasse ses frontières grâce à un coq. Selon la légende, vers 1500, deux clans de la ville andalouse se disputait et un conciliateur, dénommé Don Juan Esquivel, fut nommé par la cour pour régler le différent. Déclarant régulièrement que « no cantaba otro gallo en el sitio que él cantaba » (aucun autre coq n’a chanté à l’endroit où il chantait), ses bravades et son arrogance épuisèrent la patience des habitants de Morón de la Frontera qui le surnommèrent el gallo. Ces derniers s’unirent pour le mettre nu et lui infliger une raclée. Le juge Esquivel partit en hurlant qu’il ne reviendrait jamais dans la ville. De cette histoire, un proverbe espagnol naquit « Anda que te vas quedando como el Gallo de Morón sin plumas y cacareando  » (Allez, tu restes comme le coq de Morón sans plumes, ni chant) qui s’utilisent pour caractériser une personne qui se retrouve sans argent et qui crie ou proteste. Or, ce coq s’imposa à Morón de la Frontera mais également dans les autres villes du monde se dénommant Morón (Morón à Cuba, Morón au Venezuela et Morón à Haïti).

Seulement, pour les argentins, l’image renvoyée par le coq de Morón de la Frontera n’est pas valorisante car il est déplumé et pleutre. Donc une autre histoire tente d’expliquer l’origine de ce coq. A l’époque coloniale, les combats de coq avaient les faveurs des paysans du coin et les coqs du Morón argentin avaient une certaine réputation. D’ailleurs, d’autres rajoutent qu’un grand-père des frères Cadó (qui participèrent à la fondation du club) élevaient des coqs de combat en provenance d’Uruguay. Ce coq plus combatif et fier trouve naturellement un meilleur écho auprès des fans.

#1169 – Bray Wanderers FC : the Seagulls

Les mouettes. La saga du club démarra dans les années 1920 lorsqu’un différent éclata au sein d’une équipe locale de football gaëlique et qui conduit certains membres à quitter cette association pour former une équipe de football connue sous le nom de Bray Wanderers. Mais, cette première tentative s’effondra dans les années 1930. Puis, en 1942, les Bray Wanderers ressurgirent après la fin de la célèbre équipe de Bray Unknowns.

L’oiseau côtier à plumage blanc et gris et au cri aigu caractéristique est devenu le symbole du club, sur son blason et comme surnom. Et c’est logique au vue de la position de la ville de Bray et de son histoire. Situé à environ 20 km au sud du centre-ville de Dublin, Bray est une ville côtière à l’Est de l’Irlande. Petit village médiéval dans les terres, Bray se développa avec l’arrivée du chemin de fer. Le premier train en Irlande relia Dublin à Kingstown en 1834, puis la ligne fut étendue jusqu’à Bray le 10 Juillet 1854. Avec cette voie de transport qui la reliait à la capitale et à sa population à la recherche de dépaysement et de divertissement, la ville devint une célèbre station balnéaire. Des entrepreneurs investissaient le front de mer : maisons, hôtels, bain turc, larges promenade gazonnées le long des plages. S’éloignant de l’urbanismes irlandais typique, Bray prit l’allure des stations balnéaires anglaises, au point d’être surnommé, à partir de 1860, the Brighton of Ireland (le Brighton d’Irlande). Durant l’été, les vagues de touristes venues de Dublin se succédaient et saturaient la ville. Cette activité touristique modela fortement la cité. À la fin du XIXème siècle, le nombre d’habitations de la ville avait augmenté, passant de 668 en 1851 à 1 614 en 1901 et, dans le même laps de temps, la population avait plus que doublé. La superficie bâtie avait triplé en étendue, principalement entre 1854 et 1870. Depuis le début du XXème siècle et les possibilités de voyager plus loin, Bray perdit de son attrait mais, avec de magnifiques longues étendues de plages de sable, des falaises escarpées et en toile de fond un front de mer victorien de plusieurs kilomètres de long, elle reste aujourd’hui encore une destination pour les habitants de la capitale.

#1082 – UD Las Palmas : Pio-Pio

Piu-Piu, l’onomatopée qui imite le piaillement des oiseaux. Evidemment, l’équipe évoluant en jaune et le Serin des Canaries étant une espèce de passereau jaunâtre endémique des Îles Canaries, le terme Pio-Pio apparaît adapté. D’autant plus que la cité de Las Palmas de Grande Canarie se situe dans les Îles Canaries dont le nom suggère immédiatement l’oiseau. Pourtant, ce dernier point est faux puisque, s’il existe différentes versions sur l’étymologie des Îles Canaries, la plupart converge vers … le chien. En effet, Canaries pourraient faire référence, soit aux premiers peuples berbères habitant les Îles et dont le nom était canarii (Pline l’Ancien les nommait ainsi. Le mot dérivait du latin canis (chien) et soulignait le caractère sauvage de ce peuple), soit aux chiens de garenne des Canaries qui peuplent les Îles (Pline l’Ancien les décrivit suite au voyage du Roi berbère Juba II de Maurétanie dans les Îles), soit enfin en raison des phoques dénommés chiens de mer (canis marinus) que les explorateurs européens découvrirent en arrivant sur l’Île.

Dès sa création en 1949, le club opta pour les couleurs du drapeau de l’île de Grande Canarie (où se situe Las Palmas et qui constitue l’une des îles de l’archipel des Canaries) : jaune et bleu. Le choix de ces couleurs pour Grande Canarie n’est pas documenté mais aujourd’hui, on attribut à ses couleurs le fait de représenter la mer (bleu) et le paysage désertique des sommets de l’île (jaune). Pour le club, dans l’édition du 20 octobre 1949 du journal « Canarias Deportiva », les couleurs furent décrites comme « el oro de nuestras playas y el azul de nuestro mar » (l’or de nos plages et le bleu de notre mer).

La naissance du surnom intervint bien plus tard, dans les années 1980. Lors d’un derby face au CD Tenerife, les supporteurs de Las Palmas se déplacèrent au Stade Heliodoro Rodríguez López. Ils furent reçus avec des insultes et des jets d’œufs, accompagnés des cris « canarión » (petit canarie). Le célèbre supporteur de Las Palmas, Fernando El Bandera, leur répondit alors par « Pio-Pio« . Et à chaque nouveau cri ou insulte, Fernando scandait « Pio-Pio » . Le terme devint un encouragement, une chanson qui raisonnait dans les tribunes puis enfin le surnom du club et de ses joueurs. En Décembre 1994, la mascotte sous la forme d’un canari fit son apparition et prit le nom de Pio-Pio.

#1071 – Moghreb Atlético Tétouan : الحمامة البيضاء

La colombe blanche. Située à 60 km de Tanger, au Nord du Maroc, sur les bords du Rif et de la Méditerranée, Tétouan possède une culture et une architecture singulières au sein de l’Empire Chérifien. En effet, par sa proximité avec l’Espagne, Tétouan fut le réceptacle de nombreuses immigrations qui remodelèrent la cité marocaine. Au XVème siècle, la Reconquista des monarques catholiques sur les derniers territoires occupés d’Andalousie parvenait à sa fin et conduisait à l’émigration des populations maures et juives vers le Maroc voisin. Ces derniers atterrirent à Tétouan et participèrent à sa reconstruction puisque, ville millénaire, elle fut détruite plusieurs fois par les espagnols puis les portugais à la même époque. Puis, entre 1609 et 1614, une nouvelle vague d’immigration eut lieu lorsque Philippe III d’Espagne expulsa les derniers musulmans vivant encore en Andalousie. Ces nouvelles populations s’établirent notamment à Tétouan tout en maintenant leurs propres traditions andalouses. Ainsi, les émigrés venant d’Espagne constituèrent l’élite intellectuelle et les classes aisées qui influencèrent durablement le paysage urbain et culturel. Grace à cet héritage, Tétouan est une ville à l’architecture hispano-mauresque unique avec une médina magnifique, considérée comme la plus belle du Maroc et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Entourée de remparts datant du XVème siècle percés de 7 portes, la médina se compose de nombreuses maisons et palais blancs (avec des patios, des fontaines et des jardins). Cette histoire, ce style de vie et cet urbanisme préservés firent désigner Tétouan sous les surnoms de « la fille de Grenade » ou « la petite Jérusalem ». Mais, elle fut également appelée par l’ancien occupant espagnol Tetuan la Paloma Blanca (Tétouan, la Colombe Blanche) ou encore la « Colombe Blanche des poètes arabes ». Sur la place al-Hamama (la colombe), une statue d’une colombe blanche réalisée par l’artiste espagnol né à Tétouan, Carlos García Muela, trône comme symbole de la ville.

#1068 – KVC Westerlo : de Kemphanen

Les coqs de combat. La ville de Westerlo n’est pas réputée pour l’élevage de coqs de combat et aucune équipe du club ne proposa un jeu qui se comparait au gallinacé. En réalité, il s’agit d’un jeu de mot avec le nom de la région où se situe Westerlo, la Campine. En néerlandais (puisque la Campine est en zone néerlandophone), la Campine se dit de Kempen.

Le nom de la région est une déformation du mot latin Campinia ou Campina, qui signifie « plaine ouverte » ou « terre de champs ». Partagée entre le Nord de la Belgique et le Sud des Pays-Bas, la région occupe en Belgique la majeure partie de la province d’Anvers, du Limbourg et l’extrême Nord du Brabant flamand. Au delà de la frontière néerlandaise, la Campine s’étend du Sud-Est du Brabant septentrional jusqu’au Nord d’Eindhoven. La pauvreté du sol, généralement sablonneux, ne favorisa pas le développement économique de la province jusqu’au XXème siècle (suite à l’exploitation du sable dans l’industrie du verre et la découverte en 1901 du bassin houiller qui permit l’essor de Westerlo). Toutefois, la province est verte avec ses vastes espaces naturelles préservées (forêts, prairies, marais et tourbières) et appréciées des marcheurs. D’ailleurs, Westerlo est surnomée de groene parel der Kempen (qui signifie « la perle verte de la Campine »), en raison des vastes bois qui entourent la commune, dont les principaux sont De Beeltjens, Het Riet et De Kwarekken (zone marécageuse).

Si le surnom se base sur un jeu de mot, il convient de noter que les gallinacés ne sont pas étrangers à la région. En effet, une espèce de poule se nomme campine (kempisch hoen en néerlandais). Originaire de la Campine anversoise, il s’agit d’une petite poule plutôt d’ornement, dont le plumage est soit doré, soit argenté.