#1014 – AB Gladsaxe : Uglerne

Les hiboux. Mascotte du club qui s’étale sur le blason du club, le hibou tient une place importante dans l’identité du club et tout le Danemark l’identifie à ce club de Copenhague. A la fondation du club en 1889, le volatile s’imposa très naturellement. En effet, en 1884, des anciens étudiants de la Den Fredericianske Latinskole (Ecole de latin Fredericianske) qui venaient d’intégrer l’Université de Copenhague, créèrent un club de cricket dénommé Fredericia Studenternes Kricketklub. Quelques années après, la section football apparut et attira beaucoup de nombreux membres. A ce moment, Fredericia Studenternes Kricketklub choisit de se rapprocher d’un autre club fondé en 1885, Polyteknisk Boldklub, qui rassemblait les étudiants et diplômés de la Polyteknisk Læreanstalt (Ecole d’Ingénierie dénommé aujourd’hui Danmarks Tekniske Universitet). La fusion des deux donna naissance au AB Gladsaxe. Attachés à leurs statuts d’étudiants, les fondateurs fixèrent comme condition d’accès d’avoir passé un examen d’entrée d’une université scandinave et firent de leur nouvelle association, un club d’étudiants et représentant des étudiants. Résultat, les symboles du club se tournèrent logiquement vers ceux de l’éducation et la connaissance. Ainsi, le « A » de AB signifie Akademisk (Académique). Pour l’écusson, le hibou semblait une évidence pour les membres.

En effet, depuis la nuit des temps, ce rapace étonnant qui dort le jour et vit la nuit, au regard perçant, intrigua de nombreux peuples et suscita de nombreuses superstitions et croyances. Les peuples slaves comme les Grecs considéraient l’oiseau comme un gardien de trésors. Il était également vu comme un messager, un conseiller. Ainsi, en fonction du nombre de ses cris, la chouette, pour les Hindous, présageait la mort, le mariage ou le succès. Les Grecs croyaient qu’en rencontrant un hibou, les solutions à leur problème viendraient à leur esprit mais également que si le rapace survolait l’armée avant une bataille, cela présageait d’une victoire. Les Romains considéraient que la chouette apportait de bonnes idées la nuit. Craint du fait de ses particularités, l’oiseau fut associé aux dieux. Minerve chez les Romains, Athéna chez les Grecs. Ces deux déesses étaient celles de la sagesse. Or, outre les éléments présentés juste avant, l’animal représentait également la sagesse, l’intelligence et la réflexion, et devenait donc l’attribut de ses déesses. Pour la petite histoire, impressionnée par l’apparence solennelle et les grands yeux de la chouette, Athéna aurait fait du hibou son oiseau préféré au détriment du corbeau. Cette idée que l’animal était sage et omniscient (image que les cultures égyptienne et amérindienne véhiculaient également) trouverait son origine dans différentes caractéristiques du rapace. Vivant la nuit, ses deux grands yeux lui offrent une très bonne vue. La nuit symbolisant les ténèbres, l’ignorance, sa vision nocturne lui permettait de passer outre, d’accéder à la connaissance. En outre, sa masse cérébrale est supérieure à celle des autres oiseaux, laissant penser que l’oiseau est plus intelligent. Enfin, le hibou apparaît patient et, lors de ses chasses, il ne se précipite pas sur la cible pour l’attaquer au moment opportun. Tout ceci fit que des écoles et leurs étudiants, qui souhaitaient accéder à la connaissance et symbolisaient l’intelligence, choisirent également la chouette comme mascotte.

#997 – Querétaro FC : los Gallos Blancos

Les coqs blancs. En 1949, la Fédération mexicaine de football invita l’Association de football de Querétaro à créer un club pour rejoindre la toute nouvelle deuxième division professionnelle. Après l’organisation d’un tournoi local, l’association décida que l’équipe vainqueur, Piratas, formerait la base du nouveau club de la région. Ainsi, le 8 juillet 1950, le club de Querétaro vit le jour. Pendant près de 20 ans, l’équipe de Querétaro erra entre les deuxième et troisième divisions du pays et finit enfin par atteindre l’élite mexicaine en 1980. Mais, les défaites s’enchainèrent et le club fut vendu et déménagea. Dès 1981, un nouveau club, du nom de Gallos Blancos, émergea au travers de l’Université locale (UAQ). Une autre équipe, Querétaro FC, fut créée en 1988 qui atteignit rapidement la première division. Mais, en 1994, ce dernier fut relégué et redescendit bas dans l’échelle, suite à une réorganisation des championnats nationaux. Ces remous provoquèrent, en 1996, la fusion des Gallos Blancos de l’UAQ et Querétaro FC, donnant naissance à l’entité actuelle.

De toutes ces aventures et rebondissements qui faillirent mettre à mal le football dans l’Etat de Querétaro, l’une des constantes fut l’attachement au surnom de Gallos Blancos. Il apparut au début de l’histoire. En 1954, le propriétaire de l’équipe, l’avocat Herrera Pozas, suggéra de prendre ce surnom car, admiratif de l’esprit combatif et du courage des coqs de combat, il souhaitait que son équipe de football ait les mêmes valeurs. En outre, comme les joueurs évoluaient avec un maillot blanc (marqué d’un Q comme écusson), il ajouta cette couleur à l’animal. De cette idée, l’entraineur de l’équipe, Felipe Castañeda, et le président, Ezequiel Rivera, décidèrent de faire une blague à leurs joueurs. Avant un match, ils remirent à chaque joueur un coq blanc. L’équipe fit ainsi une photo avec un coq blanc dans les bras de chaque joueur. Ezequiel Rivera remit également une truie à la peau claire (quasi-blanche) à Felipe Castañeda en raison de son sobriquet. Ancien gardien de but à la grande renommée au Mexique, Castañeda était surnommé La Marrana (le cochon combatant) car il avait pour habitude de cracher sur le ballon dès qu’il le récupérait dans ses gants.

Avec ce surnom, le choix évident pour leur mascotte était une représentation de l’animal et c’est ainsi qu’est né « Cocoyo », un coq avec le maillot du club. Depuis, l’apparence a changé, avec une mascotte plus proche du dessins des cartoons, dont le nom est « Gallo Gallardo », mais il demeure toujours un coq blanc portant le maillot de l’équipe.

#996 – Bradford City AFC : the Bantams

C’est le nom anglais pour les poules naines. En fonction des régions, cette variété de volailles a différents noms (gallinette,  poule de Cayenne, fanchette, bassette …). Dans les pays anglo-saxons, la poule naine prit le nom du port indonésien de Bantam (aujourd’hui Banten), dans l’ouest de Java. En effet, les marins hollandais se ravitaillaient de ces petites races de poulets d’Asie du Sud-Est lors de l’escale et finirent par les ramener en Europe au XVIIème siècle.

Fondé en 1903 et promu en 1ère division en 1908, Bradford City épousa rapidement la mode des clubs de football anglais qui consistait à adopter un surnom. Plus qu’un surnom, l’objectif du club était de se doter d’une mascotte qui ameuterait la foule à chaque match. Car, le club avait perdu son porte bonheur, un fer à cheval, et la fille de Tom Fattorini, directeur du club, suggéra de trouver une nouvelle mascotte. Dans une stratégie marketing réfléchie, le choix se porta sur cette poule naine de Batam. De prime abord, le club évoluait dans des couleurs bordeaux et ambre qui rappelait le plumage de cette volaille. Mais, la poule naine présentait aussi la caractéristique d’être un animal petit et combatif, une image que le club voulait défendre. En effet, les bantams étaient des oiseaux bien connus à l’époque pour être attrayants mais féroces. Même si la pratique était interdite depuis 1835, des concours clandestins de combats de bantams avaient toujours lieu au début du XXème siècle. En outre, comme elle est naine, le bantam apparaît comme plus faible et cette image servit par le passé à démontrer le caractère d’outsider d’autres clubs de la région. Par exemple, le quotidien « Leeds Times » du 27 mars 1886 décrivait la victoire du Bradford FC sur Bradford Trinity au deuxième tour de la Yorkshire Cup comme « the bantam pitted against the Cochin china cock » (le bantam opposé au coq de Cochinchine), soulignant la différence de niveau, notamment financier, entre les deux clubs. Cette image d’outsider, de courage et d’esprit de combat seyait à l’équipe et, régulièrement reprise par la presse et faisant appel à la culture populaire, devait vite trouver un écho auprès des fans et des adversaires.

Avant l’apparition de ce surnom, l’équipe était à la dérive, occupant la dernière place de la division avec une seule victoire en 13 matchs joués. Le surnom aurait été introduit en Novembre 1908 lors du match face à Everton, alors premier du classement, et inspira les joueurs de Bradford, qui obtinrent un match nul. Ce résultat fut suivi par deux victoires. La métamorphose de l’équipe fut toutefois de courte durée, le club évitant la relégation qu’à la dernière journée. On pourrait aussi supposer que ce furent ces évènements qui inspirèrent le surnom (un peu l’histoire de l’œuf et la poule …).

Après 1909, on ne trouve aucune trace sur le fait que le club avait adopté un bantam vivant comme mascotte. Néanmoins, des articles de presse d’avant la Première Guerre mondiale faisaient référence à des bantams emmenés à des matchs par des supporters de Bradford. En février 1909, un bantam factice fut placé sur la barre transversale pendant la mi-temps de la rencontre de FA Cup face à Sunderland. Il serait resté en place pendant toute la seconde mi-temps. Une semaine plus tard, lorsque City se rendit à Sunderland pour un match de championnat, les fans laissèrent s’échapper un bantam sur le terrain. De même, le club entretenait cette image. Le manuel du club pour la saison 1909-1910 affichait un bantam sur sa couverture. Pour autant, le surnom ne s’imposa pas et tomba en désuétude. La presse continuait à appeler le club par ses vieux surnoms de Paraders et Citizens. Mais, en octobre 1948, un nouveau conseil d’administration relança le club et raviva l’identité des Bantams. L’animal s’imposa alors sur l’écusson. Un immense panneau surplombait également le Kop et sur lequel était peint un bantam avec ballon, semblable à l’écusson des Spurs. Pendant les années 1960, un nouveau blason apparut pour quelques saisons, avec une tête de sanglier (tiré des armoiries de la ville). Mais, au début des années 1980, le bantam revint et ne quitta quasiment plus les armes du club. Aujourd’hui, une mascotte dénommée Billy Bantam circule dans le stade les jours de match.

#975 – FC Seongnam : 까치 군단

Le corps de pie. Dans sa volonté de prosélytisme, Sun Myung Moon, le fondateur de la secte moon (officiellement Église de l’Unification) envisageait dès 1975 de fonder un club de football. Les liens avec la secte, au travers de son chaebol (conglomérat industriel), Tongil Group, effrayèrent la ligue coréenne ainsi que nombre de municipalités pour accueillir son équipe. Finalement, les Jeux Olympiques de 1988, qui se déroulèrent à Séoul, furent l’impulsion pour passer à l’acte et le 18 Mars 1989, le Ilhwa Chunma FC vit le jour à Gangbuk, district de Séoul. Le club rencontra vite le succès, remportant son premier titre seulement 4 ans après sa création (Coupe de la Ligue en 1992). Derrière, suivirent 7 titres de champion (1993, 1994, 1995, 2001, 2002, 2003, 2006), 3 Coupes de Corée du Sud (1999, 2011, 2014) et deux autres Coupes de la Ligue (2002, 2004). Ilhwa marqua de son empreinte également l’Asie avec 2 ligue des Champions (1995, 2010), une Super Coupe d’Asie (1996) et une Coupe A3 (2004). Après avoir déménagé dans la ville de Seongnam en 2000, la mort de Sun Myung Moon en 2013 faillit emporter le club. Son fils, Moon Kook-jin, n’était pas séduit par la perspective de gérer un club de foot. Il envisagea de le céder et le déménager à Ansan. Mais, impossible pour la ville de Seongnam de se voir déposséder de son club phare au riche palmarès. Son maire, Lee Jae-myeong, décida de le racheter pour le rendre areligieux et en faire un club-citoyen.

L’acquisition se finalisa le 2 octobre 2013. Pour se débarrasser de sa mauvaise image religieuse et pour augmenter le sentiment d’appartenance à la ville, l’ensemble des symboles furent modifiés. La tenue traditionnelle jaune (une des couleurs de la secte) devint noire et la pie fit son apparition sur le nouveau blason. Pourquoi la pie ? Tout simplement car l’oiseau est le symbole de la cité de Seongnam, comme l’azalée pour la fleur et le ginkgo pour l’arbre. La pie représente l’esprit accueillant de la ville envers tous les peuples. Symbole œcuménique en ligne avec la volonté de la ville de rompre avec l’image contrastée ou excluante des anciens propriétaires. Pour le club, la longue queue de la pie devait également représenter son dynamisme et son avenir radieux.

Dans la culture du pays du Matin Calme , la pie n’est pas vue comme voleuse mais comme annonciatrice de bonnes nouvelle, porteuse de chance. Elle se trouve dans de nombreuses chansons folkloriques ainsi que des légendes et contes. Un dicton dit même « 한 해가 시작되는 설날 아침에 까치 소리를 가장 먼저 듣는 사람에게 큰 행운이 찾아든다 » (la grande chance vient à la première personne qui entend le son d’une pie le matin du jour de l’an) tandis que des superstitions indiquent que si une pie touche l’eau, le jour sera clair et si vous construisez une maison sous un arbre avec le nid d’une pie, vous deviendrez riche. On raconte aussi aux jeunes coréens que s’ils jettent en chantant sur le toit une dent qu’ils viennent de perdre, la pie lui ramènera une nouvelle dent. Les peintures anciennes dénommées 작호도 mettaient en avant une pie gazouillant et un tigre (généralement sous la pie et assis). Les deux animaux représentaient des porte-bonheurs, annonçant les bonnes nouvelles pour l’oiseau et chassant les catastrophes pour le félin. Cette image de la pie remonte aux premiers temps des royaumes coréens. Selon le Samguk Sagi, une chronique historique, Talhae, le 4ème roi de Silla, l’un des Trois Royaumes de Corée serait né sous la forme d’œuf. Son père, considérant que c’était un mauvais présage, fit mettre l’enfant dans une boîte et l’abandonna en mer. La boite dériva près de la côte et les bruits de pie qui l’accompagnaient attirèrent des villageois. Ces derniers découvrirent un beau garçon qui devint plus tard le roi de Silla, aimé par son peuple.

Le surnom était donc évident pour le club. Néanmoins, il apparût seulement en 2015 et après un concours mené auprès des supporteurs (toujours dans l’optique de partager la vie et les choix du club avec les citoyens). 236 personnes participèrent et ce fut 까치 군단 qui fut choisi, logique oblige. Park Hong-geun, le vainqueur, repartit avec 3 millions de won (environ 2 500 euros) et deux abonnements au stade.

#962 – CA Bucaramanga : los Canarios

Les canaris. Le blason du club présente un léopard mais pas de canaris. Le volatile aurait-il été dévoré par le félin ? Pas du tout. La raison du choix du léopard sur le blason et comme mascotte est inconnue. En revanche, on comprend très vite pourquoi le surnom de canari a collé à cette équipe. Fondé en 1949, le premier kit du club se composait de chaussettes grises, un short blanc et un maillot jaune. Or comme souvent, le petit oiseau au plumage jaune rappelait la couleur de cette chemise. Selon certaines histoires, l’évêque de la ville de Bucaramanga aurait contesté ce choix de couleurs (jaune et blanc) qui étaient celles du Vatican. Il n’obtint pas gain de cause mais les couleurs évoluèrent au fil des saisons. En 1960, un uniforme bleu avec une bande jaune sur la poitrine apparut, à l’initiative de l’uruguayen Abraham González. Il était identique à celui du club argentin de Boca Juniors. Mais, rejeté par les fans, il disparut après quelques matchs. Enfin, dans les années 80, outre le blanc et le jaune, une troisième couleur s’imposa, le vert.

Ce mariage du jaune et du vert avait l’avantage de rapprocher encore plus le club de sa ville de résidence, puisque le drapeau de Bucaramanga affiche ses couleurs. Conçu par l’historien Gustavo Gómez Mejía, ce drapeau se compose de deux bandes horizontales vertes, entourant une jaune centrale. Au centre se trouve un cercle bleu, avec une bordure rouge. Au milieu du cercle bleu se trouve une étoile blanche. Le choix des couleurs relevait d’une certaine symbolique. Le vert symbolise logiquement l’espoir et la gloire, tandis que le jaune représente la richesse et le progrès. La bordure rouge du cercle bleu rappelle le sang versé par les enfants de Santander (la région où se situe Bucaramanga) pour l’indépendance. La volonté du club de s’assimiler à la ville était logique. Dans les années 1940, de nombreuses équipes naquirent au quatre coins du pays (telles que Millonarios, Santa Fé, Boca Junior de Cali, AD Pasto, Deportivo Pereira et l’Atlético Nacional) afin de participer au premier championnat professionnel et national en Colombie en 1948. Résultat, l’idée de créer une équipe professionnelle de football pour représenter la ville de Bucaramanga ainsi que le département de Santander (d’ailleurs département qui intègre également le jaune et le vert dans sa banière) émergea aussi et donna lieu au CA Bucaramanga en 1949.

#955 – Olympique de Béja : اللقالق

Les cigognes. Une belle cigogne s’envole sur le blason du club, que l’on retrouve également sur les armes de la ville de Béja. Par ailleurs, à l’entrée de la ville, en venant de Tunis, le visiteur ne peut pas éviter un important monument, représentant trois cigognes aux ailes entrelacées, gardant un épi de blé surmonté d’un grand nid. L’oiseau est le symbole de cette cité du nord-ouest de la Tunisie. Région verte, Béja était connu dès l’antiquité comme le grenier à blé de Rome en raison de l’abondance de ses cultures. Encore aujourd’hui, il s’agit de la région la plus fertile de Tunisie avec comme cultures principales, les céréales, la vigne et le sucre. En outre, la bonne pluviométrie en fait une zone naturellement irriguée, avec de nombreux mares, cours d’eau et oueds. Cet environnement est donc propice pour les oiseaux migrateurs tels que la cigogne afin de se reproduire. Au mois de février/mars, les males, en provenance d’Europe ou d’Afrique subsaharienne, construisent ou retrouvent leur nid à Béja et ses environs, suivis quelques semaines après par leurs females. Ils cherchent à faire leurs nids, à des fins de sécurité, en hauteur, sur les toits des bâtiments, des minarets ainsi que sur les poteaux électriques. Puis, ils s’accouplent (la female pond entre 2 et 5 oeufs) et élèvent leurs progénitures jusqu’à fin Septembre, moment où ils migrent de nouveau vers l’Europe ou l’Afrique subsaharienne. Les cultures et les cours d’eau de la région fournissent en abondance l’alimentation de cet oiseau carnivore (rongeurs, insectes, batraciens …).

Même si leur présence sur les poteaux électriques provoquent des pannes du réseau, les habitants de la région apprécient les cigognes. Ils sont connus localement sous le nom de Hajj Qassem ou Al-Balraj. La légende raconte que la cigogne était tout d’abord un homme pieux dénommé Hajj Qassem. Ce nom signifiait que lorsqu’il voyait des convois de pèlerins faisant le hajj, il les accompagnait et devenait intime avec eux. Faisant ses ablutions avec du lait, l’homme fut transformé par Dieu en cet oiseau aux plumes blanches et bouts noirs. Aujourd’hui, la population locale pense que l’absence de l’oiseau signifie qu’il s’agit de la période du hajj et que tous les oiseaux suivent les pèlerins. En revanche, les habitants de la région de Béja accueillent avec enthousiasme la venue des cigognes, qui est une message d’une bonne saison agricole. Plus basiquement, les cigognes sont un prédateur des nuisibles des cultures et les agriculteurs les protègent.

#918 – Çaykur Rizespor : Atmacalar

Les éperviers. Au bord de la Mer Noire, entre Trabzon et la frontière géorgienne, la ville de Rize s’étale. Ville coincée entre la mer et les montagnes, les activités économiques se concentrent sur l’agriculture, particulièrement le thé noir. L’entreprise publique Çaykur, dont le siège est à Rize, organise la culture et la production dans cette région et constitue la plus grande et la plus importante entreprise de l’industrie turque du thé (avec 47 usines dont 33 à Rize). En 1991, le club de football, fondé en 1953, fut absorbé par Çaykur, qui devint le sponsor du club. Après la promotion de Çaykur Rizespor dans l’élite turque lors de la saison 2013-2014, deux groupes de supporters dénommés Göçebe (les nomades) et Derebeyler, décidèrent de s’unir sous le nom d’Atmacalar (les éperviers). Les deux groupes comptaient ensemble environ 1 500 fans et par ce mouvement espéraient convaincre les 6 à 7 autres groupes de supporteurs à les rejoindre, afin de mieux soutenir leur club. Göçebe avait pour symbole l’épervier et il fut reprit pour la nouvelle association de fans. Au côté du thé dont des feuilles ornent le blason depuis la création du club, Çaykur Rizespor choisit également à cette époque l’épervier comme symbole et surnom.

L’élevage de faucons (dont l’éperviers est une sous-famille) pratiqué dans la région de Rize remonte à l’Antiquité et se perpétue encore aujourd’hui comme une tradition (qui s’étend même au-delà de la frontière géorgienne). L’épervier sert à la chasse (connue sous le nom de Atmacacılık), en particulier de la caille. Située sur l’importante route de migration entre l’Eurasie et l’Afrique, le ciel de Rize est témoin de mouvements d’innombrables faucons, descendant vers le sud, entre Août et fin Octobre puis remontant vers le nord entre Avril et Juin. Après le 15 août, les habitants de la région partent en congé sans solde des usines où ils travaillent pour s’installer dans les montages environnantes et capturer des faucons qui seront éduqués pour la chasse. Cette tradition ancestrale est bien répandue dans la région et connue dans toute la Turquie. Les faucons sont divisés en trois groupes principaux selon la couleur (noir, rouge et jaune) et la forme de leurs plumes. Les rouges sont d’habiles chasseurs tandis que les jaunes apparaissent comme les plus nobles. Cette dépendance des habitants de la région à l’égard de l’épervier et leur amour sincère pour lui ont fait l’objet de nombreuses chansons folkloriques et de poèmes. On raconte même que les gens pleurent pendant des jours lorsque leur faucon meurt.

#906 – Salon Palloilijat : Joutsen

Les cygnes. Bleu et blanc, l’écusson de ce club finlandais présente un magnifique cygne nageant sur l’eau. Fondé en 1956, les fondateurs reprirent la plupart des attributs des armoiries de la ville de Salo où il résidait : le cygne ainsi que les couleurs bleu et blanche. Les armoiries originales de la cité furent adoptées le 24 septembre 1949 et étaient basées sur une œuvre de l’artiste Johan Jacob Ahrenberg réalisée en 1902. Elles se décrivaient comme suit : « Dans l’écu bleu, un cygne d’argent nageant sur une ligne ondulée d’or et au-dessus de lui un lis d’argent ; dans le coin gauche, un bras armé tenant un pistolet. L’écu est surmonté d’une couronne ducale. ». La présence du cygne avait pour symbolique de rappeler que la ville de Salo est traversée par la rivière Uskelanjoki.

Toutefois, si vous effectuez quelques recherches, vous me retorquerez, à raison, que les armes de Salo ne ressemble pas du tout à cette description. En effet, depuis 2008, Salo a participé à la plus importante fusion de communes finlandaises avec 9 autres cités et un nouveau blason a été mis en place. Autant dire que cela suscita de l’émoi parmi les habitants et en 2018, une nouvelle tentative fut menée en vain pour rétablir les armes avec le cygne.

#845 – Swindon Town FC : the Robins

Les rouges-gorges. Ce petit oiseau, répandu dans toute l’Europe, affiche un plumage rouge orangé sur le devant de la tête, la gorge et la poitrine. Evidemment cette couleur du plumage n’est pas sans rappeler les teintes du maillot du club. Les joueurs portèrent-ils toujours ce rouge ? Pour cela, il faut remonter aux origines du club. Or, comme beaucoup de clubs né au XIXème siècle, les véritables circonstances de la formation du Swindon Town Football Club demeurent un mystère. Pendant longtemps, la date de 1881 était celle retenue par le club qui fêta son centenaire en 1981. Dans les années 1990, des recherches permirent de découvrir de nouvelles sources qui dataient le début du club en 1879 sous une autre dénomination (Swindon AFC en 1879 puis Swindon Spartan en 1880). AFC évoluait avec un maillot rayé noir et rouge tandis que les Spartans jouèrent en blanc (avec un short noir et parfois une ceinture bleue). Puis, de 1894 à 1898, le club revient au rouge et noir. Sans connaître la raison, en 1897, il fut décidé qu’un changement était nécessaire et les joueurs portèrent désormais des maillots verts, avec des manches blanches. Toutefois, à l’orée du XXème siècle, des problèmes pour obtenir le bon vert pour les kits convainquirent la direction de changer une nouvelle fois de couleur. En 1901, un maillot uni fut retenu et fut décrit comme marron (certainement foncé) par deux journalistes (et également sur la flyer d’un match). L’année suivante, la teinte de marron s’éclaircit et s’approchait alors du plumage de l’oiseau. Le surnom apparut alors à ce moment. Le passage au rouge actuel n’est pas documenté mais il est certain que dans les années 1920, le kit du club était devenu rouge. Le rouge-gorge apparut quant à lui sur le blason du club dans les mêmes années.

#783 – The Strongest : Gualdinegro, Aurinegro

Les or et noir. Evidemment, ce surnom fait référence aux nuances de couleurs de la chemise du club. Le premier maillot du club de La Paz fut proposé par l’un des fondateurs, Víctor Manuel Franco, et confectionné par la mère d’un autre, Alberto Requena. Il était à rayures verticales noires et jaunes. En 1908, à la fondation du club, certains des membres venaient ou étaient supporteurs d’un club qui avait disparu l’année précédente, Thunder FC.

Ce dernier était populaire car il avait été créé pour affirmer l’identité bolivienne en affrontant les autres clubs de la capitale qui dépendaient de la communauté britannique. Le Thunder avait opté pour un maillot à rayures noires et jaunes disposées horizontalement. Pour le choix des couleurs, les fondateurs du Thunder avaient juste levé leurs yeux car, à cette époque, dans les parcs de la ville, qui leur servaient de terrain de jeu, le chardonneret appelé dans la capitale bolivienne Chayñita pullulait. Cet oiseau, dont le plumage est noir tacheté de jaune, est typique de la région puisqu’il ne vit que dans les hauts plateaux andins.

Les fondateurs de The Strongest changèrent en revanche le sens des rayures car un de leur ami qui étudiait en Allemagne leur avait partagé le maillot d’un club germanique qui possédait des rayures verticales jaunes et vertes. Au final, ces couleurs intercalées devaient représenter le jour et la nuit. Gualdo est un terme espagnol pour désigné un jaune avec une teinte dorée ou légèrement foncée, qui était autrefois obtenu à partir d’une herbe du même nom (de la famille des Résédas).