#1383 – Eintracht Francfort : Launische Diva

La diva capricieuse. Egalement surnommé die Diva vom Main (la diva du Main). Club historique de la Bundesliga en participant à sa fondation en 1963, l’Eintracht s’est distingué au fil des saisons par ses résultats en dent de scie, capable de battre une grosse écurie un week-end puis de tomber face au dernier du championnat la semaine suivante. Cette irrégularité dans sa performance résultait parfois des forts caractères au sein de l’équipe qui, finalement, semblaient choisir leur match, avoir des comportements excentriques ou clamer des revendications particulières qui déstabilisaient l’ensemble. Un vrai comportement de diva.

Pour illustrer ces événements, replongeons au début des années 1990. La décennies des années 1980 avait bien commencé par une victoire en Coupe de l’UEFA mais les années suivantes, le club évoluait plutôt au-delà la 10ème place du classement et se battit plusieurs fois pour éviter la relégation. Les années 1990 marquèrent un début de renouveau. Nommé en 1988, l’entraineur Jörg Berger composa un magnifique effectif (avec Uwe Bein, Uli Stein, Jørn Andersen, Manfred Binz, Anthony Yeboah, Ralf Weber et Andreas Möller) qui joua un des football les plus plaisants de la Bundesliga. Malheureusement, alors que l’équipe occupa de nombreuses fois la place de leader (19 fois sur 38 journées), la saison 1991-1992 se conclut sans titre. A l’ultime journée, 3 trois équipes (Francfort, Stuttgart et Dortmund) étaient à égalité de points. Francfort disposait de la meilleure différence de buts (+36 contre +29 pour Stuttgart et +18 pour Dortmund) et une victoire contre le Hansa Rostock, qui conservait une minuscule chance de se maintenir en cas de victoire, lui garantissait le titre. Mais, l’équipe du Maine s’inclina 2 buts à 1, après que l’arbitre leur eut injustement refuser un pénalty. Après cette décision arbitrale, Ralf Weber eut un célèbre coup de chaud en blessant l’œil d’un caméraman après avoir asséné un coup de pied à sa caméra.

Deux ans plus tard, sous la direction de Klaus Toppmöller, le club connut un nouvel échec. A la mi-saison, l’équipe, qui comptait Jay-Jay Okocha et Maurizio Gaudino en plus d’Uwe Bein et Anthony Yeboah, était champion d’automne avec 5 points d’avance sur le Bayern. Mais, elle s’écroula lors de la seconde partie de la saison, récoltant que 14 points et terminant finalement 5ème. La personnalité des joueurs conduisit à cet effondrement. Le gardien Ulie Stein, connu pour ses nombreux coups d’éclat et ses provocations, fut renvoyé le 10 avril 1994. A l’issu de la 30ème journée, Klaus Toppmöller, qui avait perdu la confiance de ses joueurs, fut démis de ses fonctions. Maurizio Gaudino, au caractère bien trempé, résuma plus tard « Einfach aufgrund, dass viele Faktoren wieder eine Rolle spielen. Die Situation war gerade wieder zu dem Thema ‘Die Diva’. Es wird von außen sehr viel hineininterpretiert, sehr schwierige Charaktere in der Mannschaft. Davor war ja auch damals der Vorfall in der Saison; davor sind wir ja Herbstmeister geworden und danach kam der Umbruch in der Mannschaft. Uli Stein musste gehen aus internen Gründen und dadurch ging auch Klaus Toppmöller, und da war einfach die Mannschaft sehr zerrüttet und keine Einheit mehr. » (C’est simplement dû au fait que de nombreux facteurs sont entrés en jeu. La situation renvoyait justement à ce thème de la ‘Diva’ : beaucoup d’interprétations extérieures et des caractères très difficiles au sein de l’équipe. Juste avant, il y avait eu cet incident durant la saison ; nous étions devenus champions d’automne, puis la rupture est survenue dans l’équipe. Uli Stein a dû partir pour des raisons internes, et Klaus Toppmöller est également parti à cause de cela. L’équipe était alors totalement désunie, il n’y avait plus de cohésion).

Les difficultés se poursuivirent la saison suivante, les joueurs Jay-Jay Okocha, Anthony Yeboah et Maurizio Gaudino étant suspendus par l’entraîneur Jupp Heynckes. Et finalement, à l’issu de la saison 1996, le club fut rétrogradé, pour la première fois de son histoire, en seconde division.

#1377 – CA San Lorenzo : los Camboyanos

Les cambodgiens. Malgré des soutiens célèbres, comme l’acteur Viggo Mortensen et le pape François, l’aura du club argentin n’a pas pour autant atteint les rives du pays khmer. L’histoire de ce surnom trace son sillon dans les heures sombres de San Lorenzo, au cœur des années 1980. A cette époque, l’incurie de ses différentes directions et l’opposition de la municipalité à un club representant la classe moyenne, à la culture et aux traditions fortes, conduisirent à faire exploser la dette de San Lorenzo qui se retrouva dans l’incapacité de faire face à ses échéances.

Le premier coup dur survint en 1979, lorsque, croulant sous les dettes, San Lorenzo fut contraint par la dictature de vendre son stade historique du quartier de Boedo. A partir de 1980, l’équipe poursuivit une existence nomade et évolua dans les enceintes des autres clubs de la capitale, même celui du rival d’Huracán. En 1981, après avoir réussi à échapper à la relégation l’année précédente, le club descendit en seconde division pour la première fois de l’ère professionnelle. Durant ses années de crise institutionnelle, les contrats n’étaient pas respectés, les impayés de salaire réguliers, les terrains d’entrainement inexistants, l’eau chaude dans les douches absente ainsi que de nombreuses autres conditions déplorables.

Mais, dans le pire se forge aussi le caractère d’une équipe. Ainsi, sans moyens, le club construisit un groupe de combattants endurant toutes sortes d’épreuves et cet état d’esprit, fait d’abnégation et de pugnacité, séduisit les supporteurs. Dès l’année 1982, San Lorenzo réintégra l’élite argentine puis les années qui suivirent, l’équipe se battait avec héroïsme pour demeurer en première division. Tel un véritable cyclone (cf. #288), les joueurs développèrent un style de jeu offensif et combatif qui permit de livrer quelques matchs mémorables et de terrasser des clubs plus puissants. Parmi les onze gladiateurs, le gardien paraguayen José Luis Chilavert faisait ses premiers pas en Argentine, l’attaquant Wálter Perazzo émergait au côté de Dario Siviski, le latéral uruguayen Luis Malvárez portait le brassard de capitaine, Sergio Marchi dirigeait la défense et Blas Giunta bataillait au milieu. L’équipe attint son apogée en 1988 où elle finit deuxième du championnat et obtint le droit de disputer la Copa Libertadores. Et San Lorenzo réalisa ensuite sa meilleure campagne de son histoire en Copa Libertadores (jusqu’à son titre continental en 2014), éliminé en demi-finale.

Le surnom naquit lors de l’improbable victoire contre Independiente en championnat en Septembre 1986. 3 jours avant la rencontre, le contrat de l’entraineur Nito Osvaldo Veiga était arriver à son terme et, avant de le renouveler, il exigea que la direction versasse les primes impayées aux joueurs. Le président Enzo Zoppi refusa et San Lorenzo se retrouva sans entraîneur pour affronter Independiente, alors leader du championnat. Les joueurs ne s’entrainèrent pas lors de ces 3 journées. Le jour du match, le gardien remplaçant Rubén Cousillas assura le rôle d’entraineur. Dans le vestiaire, suite à l’absence d’une partie des équipements, Luis Malvarez déclara à Marchi « Turco ¿sabés qué? Nosotros parecemos guerreros, camboyanos, vivimos en el lodo, vivimos en los problemas, en los quilombos. Ese camboyano que se tira en la selva y que quiere pelear y va al frente siempre; creo que nosotros somos eso, Los Camboyanos » (Turc [le surnom de Marchi], tu sais quoi ? Nous ressemblons à des guerriers, des cambodgiens. On vit dans la boue, on vit dans la misère, dans le chaos. Ce Cambodgien qui se jette dans la jungle, qui veut se battre et qui est toujours en première ligne; je crois que c’est ce que nous sommes, des Cambodgiens) et à tous ses coéquipiers « Somos como los camboyanos, estamos solos y no damos nada por perdido » (Nous sommes comme les Cambodgiens, nous sommes seuls et nous n’abandonnons jamais).

#1374 – Antigua GFC : los Panzas Verdes

Les ventres verts. Le vert est omniprésent dans la tenue du club comme dans la bannière de la ville d’Antigua et du département de Sacatepéquez, dont Antigua est la capitale. Cela peut s’expliquer par le nom Sacatepéquez, qui provient de la langue Náhuat, où sacat signifie « herbe » et tepet « colline », signifiant ainsi « colline d’herbe ». Il est vrai que les collines verdoyantes de la région, à perte de vue , impressionnèrent les populations précolombiennes comme les conquistadores.

Mais les habitants d’Antigua gagnèrent ce surnom pour une toute autre raison. Ou du moins deux explications existent. La première remonte au XVIIIème siècle lorsque la ville était la capitale de la Capitainerie générale du Guatemala (qui regroupait les territoires actuels du Guatemala, du Belize, du Salvador, du Honduras, du Nicaragua et du Costa Rica, ainsi que l’État mexicain du Chiapas). La cité est entouré de volcans dont celui connu sous le nom de Fuego (Feu), considéré encore aujourd’hui comme l’un des plus actifs au monde. Lors de l’époque coloniale, ses éruptions violentes entrainèrent des séismes importants qui endommagèrent la ville en 1717 et en 1751. En 1773, une série de tremblements de terre (entre fin Juillet et début Septembre) détruisirent intégralement la cité puis une épidémie de Typhus se propagea dans la ville. Son accès fut alors interdit et les populations ne pouvaient plus commercialiser de denrées. Résultats, les habitants s’alimentèrent principalement d’herbes (macuy, quilete, chipilín, bledo, berro, verdolaga) et d’autres espèces endémiques de la région. Ainsi, dans les croyances locales, on pensait que leur ventre étaient devenus verts avec ce régime particulier.

L’ors’autre explication se rapporte à la culture de l’avocat dont la région est riche. Les origines de ce fruit se situent au Mexique, en Colombie et au Venezuela ainsi que dans le nord du Guatemala. Un chercheur américain spécialiste des avocats, Wilson Popenoe, écrivait en 1916 que « Probablemente ningún otro país posea tal abundancia de aguacates finos como Guatemala […] Antigua… es el centro de una de las principales regiones de aguacate, quizás una de las más mayores del mundo » (Probablement aucun autre pays ne possède une telle abondance d’avocats de qualité que le Guatemala […] Antigua… est le centre de l’une des principales régions productrices d’avocats, peut-être l’une des plus importantes au monde). Même si le pays n’occupe plus que la 15ème place mondiale en termes de production (150 000 tonnes en 2022), la culture de l’avocat occupe près de 3 000 hectares au Guatemala et le département de Sacatepéquez demeure le deuxième producteur du pays (25% des surfaces et de la production). Evidemment, la population locale mange des avocats mais le surnom proviendrait du fait que la forme du fruit fait penser à un homme avec une bedaine (verte). Pourtant, le nom avocat dérive du mot nahuatl, ahuacatl, qui signifie « testicules de l’arbre ». Entre ces deux histoires, le club a fait son choix avec le fruit comme mascotte.

#1334 – VfL Bochum : Fahrstuhlmannschaft

L’équipe ascenseur. L’expression (comme son synonyme d’ « équipe yoyo ») est bien connu par les amateurs de ballon rond pour qualifier une équipe qui est promu à l’étage supérieur de l’organisation pyramidale du football mais qui revient rapidement à l’étage inférieur. Et dans toutes les ligues ont connaît des équipes qui alternent régulièrement joie de la promotion et pleur de la relégation. Cette année, 3 équipes ont été reléguées en seconde division allemande dont le VfL Bochum. Sans surprise si vous connaissez un peu le club de Ruhr, qui était revenu en Bundesliga en 2021–2022.

Tout commence en lors de la saison 1992-1993. Terminant à la 16ème place de la Bundesliga, Bochum fut relégué. Une évidence après une saison difficile où le club avait fréquenté la zone de relégation depuis la 9ème journée (et même la dernière place lors de 12 journées en cumulé). Mais, cette relégation mettait un terme à une présence de 22 années dans l’élite allemande, la plus longue période du club en première division. Depuis cette saison, Bochum ne parvint pas à se fixer et enchaina promotion et relégation.

Après avoir remporté la seconde division dès la saison suivante (1993-1994), Bochum remontait à l’échelon supérieur mais restait simplement une année en terminant à la 16ème place. Une nouvelle fois, Bochum demeura qu’une saison (1995-1996) au purgatoire (dominant le championnat avec 12 points d’avance sur le second). Le nouveau passage dans l’élite dura un peu plus longtemps : 3 saisons avec une incroyable 5ème place lors de l’exercice 1996-1997 et une place en Coupe de l’UEFA. Mais, inexorablement, le club descendit au classement saison après saison et en 1998-199, nouvelle relégation (avec 19 défaites au compteur pour 34 matchs). L’équipe parvint encore à remonter en Bundesliga après seulement une saison dans l’antichambre. Et encore, elle fut reléguée dès la saison suivante (2000-2001) de l’élite en finissant à la dernière place avec 21 défaites. Pour l’exercice 2001-2002, Bochum lutta mais parvint à arracher la dernière place pour la promotion en première division. Les deux saisons suivantes furent une parenthèse enchantée pour Bochum qui finit 9ème (2002-2003) puis 5ème (2003-2004) de Bundesliga, décrochant une nouvelle qualification en Coupe de l’UEFA. Malheureusement, la parenthèse prit fin dès la saison 2004-2005 avec une nouvelle relégation en Bundesliga 2. En un peu plus de dix, Bochum aura donc connu 5 relégations et autant de promotion. De sacrées montagnes russes qui pouvaient donner la nausée à ses supporteurs.

#1291 – Fluminense : Time de Guerreiros

L’équipe des guerriers. La fin des années 2000 fut mouvementée pour le club de Rio. Tout démarra bien. En 2007 , Fluminense remporta la Copa do Brasil, signant ainsi son retour en Copa Libertadores après 23 ans d’absence. Puis, en 2008, le club attint la finale de la Copa Libertadores, perdue contre les équatoriens du LDU Quito. Mais, une première alerte apparut, Fluminense terminant à la quatorzième place du championnat brésilien cette saison là, à seulement un point du premier club reléguable.

En 2009, 27 joueurs furent recrutés, et bien que l’équipe comptait quelques bons joueurs (l’ancien attaquant lyonnais Fred, l’ailier Marquinho, le milieu Thiago Neves et l’argentin Dario Conca), la mécanique ne prit pas et l’équipe se trainait au classement. La direction usa 4 entraineurs (René Simões, Carlos Alberto Parreira, Vinícius Eutrópio et Renato Gaúcho) pour redresser les résultats. Seulement, à la 23ème journée, Fluminense stationnait à la dernière place du championnat brésilien, avec seulement 20 points, 4 victoires et à 5 points du premier non-relégable. Dans ce contexte, la direction rappela à la tête de l’équipe Cuca, qui officiait déjà en 2008, mais il fallut un peu de temps pour que la mayonnaise prît. Après 4 matchs, Fluminense demeurait toujours en queue de peloton et les statistiques donnaient 2% de chance de se maintenir. En clair, Fluminense était promis à la relégation malgré les dix matchs restant. Cuca décida de se débarrasser de certains des joueurs les plus expérimentés et donna sa chance aux jeunes. Fluminense alla gagner à Santo André, un autre relégable, à la 29ème journée puis enchaina 2 matchs nuls. Le 29 Octobre, à domicile, Flu remporta la rencontre face à l’Atlético Minero, lui permettant de remonter à la 17ème place et de se lancer dans une série de 7 victoires d’affilée. 66 884 supporters assistèrent au Maracanã à la victoire 1-0 contre Palmeiras le 8 novembre, 55 030 la semaine suivante, lors de la victoire 2-1 contre l’Atlético Paranaense et 55 083 lors de la victoire 4-0 contre l’EC Vitória le 29 novembre. A 3 journées de la fin, Fluminense sortait de la zone de relégation et terminait finalement à la 16ème place.

En même temps que l’incroyable remontada en championnat, Fluminense réussit un magnifique parcours en Copa Sudamericana, les conduisant en finale. La seconde finale continentale en deux ans et toujours face à LDU Quito. Ce fut toutefois une nouvelle défaite. Cette belle dynamique se poursuivit l’année suivante et en 2010, Flu remporta le championnat brésilien pour la troisième fois de son histoire, 26 ans après le second.

Pour réaliser ce sauvetage en si peu de matchs, il fallait adopter un certain état d’esprit, qui fut qualifié de guerrier par la presse. Ce qui donna le surnom. La brasserie Cervejaria Brahma rendit hommage à cette équipe en faisant fabriquer une cuirasse dorée, frappée de l’écusson de Fluminense et en 2016, le club remplaça son ancienne mascotte par une nouvelle, dénommée Guerreirinho, représentant un guerrier.

#915 – Blackburn Rovers FC : Rovers

Il s’agit du nom du club, qui signifie vagabond. Le terme est peu flatteur mais, comme pour son synonyme Wanderers, il fut utilisé par un certain nombre de clubs anglais (Bolton, Bristol, Cray, Doncaster, Forest Green, Tranmere, Wolverhampton, Wycombe) comme étrangers (Sliema à Malte, Bray, Shamrock et Sligo en Irlande, Albion et Raith en Ecosse, Santiago au Chili, Montevideo en Uruguay) pour souvent signifier leur statut précaire qui les faisait notamment vagabonder d’un terrain à un autre. Non seulement, les terrains pour jouer étaient rares mais en outre, les clubs ne disposaient pas de grands moyens pour les louer (le soutien des collectivités étaient rares), s’ils n’en étaient pas simplement chassés en raison d’un projet immobilier.

Fondé le 5 Novembre 1875, en tant que précurseur, Blackburn n’échappa pas à la règle. Le premier terrain de Blackburn était à Oozehead Ground, près de l’école St Silas à Preston New Road en 1876. Oozehead n’évoquait pas le football de haut niveau vu les installations rudimentaires (pas de tribune) et la piètre qualité du terrain (presque au milieu du terrain se trouvait un ancien bassin de drainage d’une ferme, qui avait été recouverte de planches de bois et d’herbes). Sans surprise, leur séjour ici fut de courte durée et les membres trouvèrent un nouveau lieu d’accueil en 1877 : le terrain de cricket de Pleasington. Mais ce dernier était en très grande banlieu de Blackburn. D’où, un an plus tard, ils déménagèrent à Alexandra Meadows, proche du premier terrain de Oozehead. Pour la saison 1881-82, le club loua un nouveau terrain à Leamington Street, non loin du précédent. Le club investit 500 £ pour fournir des installations aux spectateurs. Mais, en 1890, Blackburn fut obligé de changer une nouvelle fois de terrain car les propriétaires du terrain de Leamington Street augmentèrent le loyer de manière exorbitante. La direction se pencha sur un lieu, dénommé Ewood situé un peu plus au Sud que leur quartier d’origine. Ewood n’était pas inconnu pour le club car l’équipe y joua 4 fois en 1882. À l’époque, Ewood était un terrain de sport polyvalent qui accueillait du football, de l’athlétisme et des courses de chiens. Ce site avait été construit en 1882 par quatre entrepreneurs locaux. Blackburn loua le terrain pendant dix ans pour commencer, à un loyer annuel de 60 £ pour les cinq premières années et de 70 £ pour le reste. Mais, le coût du déménagement (environ 2 700 £) pesait sur les finances du club, les recettes de match étant peu élevées. En 1893, il fut décidé de racheter le stade de Ewood pour 2 500 £, chargeant un peu plus le fardeau financier à court terme mais qui devait permettre à long terme d’assurer l’autonomie financière du club.

#836 – CSM Diables Noirs : Yaka dia Mama

Le manioc de sa mère. Sous le nom de l’Association Sportive de la Mission, le club naquit en 1950 par la volonté du Français Aimé Brun. Il est le représentant de l’ethnie Lari. Sous-groupe du peuple Kongo, les Laris compteraient pour 20% à 25% de la population totale du Congo. Outre le soutien naturel apporté par cette large partie de la population, le club gagna aussi sa réputation grace à son palmarès, l’un des plus fournis du pays (7 championnats et 9 coupes nationals). Ce fort soutien populaire ne s’est jamais démenti même dans les périodes difficiles du club. Ceci faisait dire que les fans supportaient leur club quelque soit les résultats comme les enfants mangeaient le manioc préparé par leur mère qu’il soit bon ou mauvais.

#751 – FC Bayern Munich : FC Hollywood

Le Bayern a remporté son 10ème titre de champion d’Allemagne consécutif ce week-end, son 32ème de son histoire, qui s’ajoute également à tous les autres trophées. Cela justifie son surnom de Rekordmeister (#619) et devrait engendrer une atmosphère sereine, bienveillante au sein du mastodonte germanique. Mais, comme tout club, le Bayern a connu son lot de crise avec un pic dans les années 1990 qui conduit à ce surnom peu flatteur. En se référant à Hollywood et son parterre de stars, le surnom voulait rappeller la constellation de grands joueurs qui consituaient l’équipe mais dont les égos surdimmensionnés menaient à de nombreux incidents et affaires, dans le vestiaire et en dehors. Lotthar Matthäus, Stefan Effenberg, Mario Basler, Oliver Kahn … des grands joueurs mais aussi des personnalités arrogantes, au caractère bien trempé et aux comportements indisciplinés. Ce cocktail ne pouvait déjà créer que des inimitiés connues de tous.

Stefan Effenberg et Lothar Matthäus se détestaient et leur relation ne se détendèrent pas, même aujourd’hui. Dans son autobiographie, Stefan Effenberg qualifiait Matthäus de grandes gueules et suggéraient qu’il ne connaissait rien au football. Matthäus, en fin de carrière à l’époque, quitta un entrainement après un échange très viril avec Lizzarazu en Juillet 1999. L’ex-star allemande n’hésitait pas à donner son avis sur tout, tout le monde et tout le temps ce qui agaçait beaucoup au sein du vestiaire. Surtout quand on découvra qu’il était une taupe pour le journal Bild. Son attitude arrogante ne collait pas avec son comportement peu professionnel. Matthäus se fit prendre en photo sur des skis alors qu’il était en convalescence.

Effenberg, adepte des doigts d’honneur à destination de la presse ou du public, faisait régulièrement la une des tabloïds, notamment après avoir révélé qu’il avait une liaison avec l’épouse d’un de ses coéquipiers, Thomas Strunz (qu’il épousera en 2004). La police lui retira son permis pour avoir conduit en état d’ébriété. En 2001, il fut même condamné à une amende après avoir été reconnu coupable d’avoir agressé une femme dans une boîte de nuit.

Pour leur entraineur Ottmar Hitzfeld, Mario Basler était certainement le plus fou de la bande, le plus incontrolable. Grand fumeur (1 paquet par jour) et buveur de bière (rien de plus normal finalement en Allemagne), il s’était plusieurs fois battu en boîte de nuit. Même les agneaux du club se rendirent coupables de quelques erreurs comme Élber et Pizzaro qui rentraient de vacances trop tard. Uli Hoeness compara finalement cette équipe d’égos à une meute de loups, que le célèbre entraineur italien Giovanni Trappatoni ne parvint pas à domestiquer (ce que Ottmar Hitzfeld, qui lui succéda, avec pour mission de ramener la paix dans le vestiaire, réussit).

Aujourd’hui, à la moindre situation de crise, le surnom ressurgit instantanément pour rappeler cette époque et indiquer que ces conflits font partis de la culture du club qui ne se démentirait pas malgré les mouvements de joueurs ou au sein de la gouvernance.

#434 – Toulouse FC : les Pitchouns

Les enfants, en occitan. Revenu du purgatoire (une saison en seconde division), Toulouse connaît un exercice 2000-2001 catastrophique avec une nouvelle relégation, malgré un recrutement ambitieux. Surtout, la DNCG rétrograda le TFC en National après la découverte d’un déficit de 70 millions de francs (plus de 10 millions d’euros). Le club n’avait alors que deux ans pour remonter à l’étage supérieur sous peine de perdre le statut professionnel et son centre de formation. Sans le sou, le TFC prît le parti de confier les reines de l’équipe à ses jeunes joueurs issus du centre encadrés par quelques anciens tels que Prunier, Revault et Bancarel et conduit par l’entraineur Erick Mombaerts. En cours de saison, une nouvelle épreuve se mit en travers de la route : l’explosion de l’usine AZF le 21 Septembre 2001 qui priva le club de son enceinte et dut se rabattre sur le stade de rugby, les sept deniers. Malgré tout cela, les jeunes du club parvinrent à remonter en seconde division. Pour la saison 2002-2003, le promu toulousain réussit l’exploit de remporter le titre de champion, avec aisance, et de gagner sa place dans l’élite pour le prochain exercice. Les pitchouns, la jeune génération toulousaine, auront donc sauvé le club, en le ramenant en première division en seulement deux ans. Pourtant, peu de joueurs de cette génération ne sortit du lot et réussit une carrière remarquable. Cette histoire rappelle celle de l’OM des années 80 qui donna également le même type de surnom (cf. article #298).

#401 – FC Aarau : die Unabsteigbaren

Ce terme signifie « ceux qui ne peuvent être relégué ». Le FC Aarau fut fondé le 26 mai 1902 dans les couleurs de la ville (noir, blanc et rouge) dans la brasserie Ryniker à Aarau et fut accepté dans la première division suisse (Serie A) pour la première fois en 1907. Le club vivra rapidement sa première époque dorée en remportant son premier titre de champion de Suisse en 1912 (face à l’Etoile La Chaux-de-Fonds) puis en 1914 (face au BSC Young Boys). Puis, lors de la saison 1935-1936, le club finit par faire ses adieux à la scène nationale (en étant relégué en seconde division) pour plusieurs décennies. Le club passa donc 29 ans d’affilée en première division, ce qui constituait un exploit dans la lige suisse et valut son surnom.

En 1981, le club du canton d’Argovie accéda de nouveau à la première division. Quelques coups d’éclat marquèrent alors la vie du club : un titre de champion en 1993, une coupe de Suisse en 1985, 5 qualifications d’affilée aux joutes européennes entre 1993 et ​​1997. Le reste du temps, l’équipe joua plutôt dans le bas du classement et échappa plus fois (parfois miraculeusement) à la relégation. Souvent, le FC Aarau n’avait tiré sa tête hors de l’eau qu’au dernier moment, à la dernière journée (comme en 2004). Le plus gros défi auquel le club eut été confronté fut en 2002, lorsque le club rencontrait de graves difficultés financières. Une augmentation de capital lancée par la direction recueillit 510 000 francs suisses (environ 1,4 million d’euros) auprès des fans, sauvant le club de la liquidation. Finalement, la sanction arriva en 2010, avec une descente au second échelon nationale. Certes pour seulement deux saisons, mais la montée en 2013 fut suivi d’une nouvelle relégation en 2015.