#1400 – Piast Gliwice : Piastunki

Le surnom Piastunki donné au club polonais du Piast Gliwice s’explique par le contexte de l’après Seconde Guerre mondiale et cela a donné lieu à un jeu de mots affectueux avec le temps. 19ème plus grande ville de Pologne, la cité de Gliwice épouse la destinée mouvementée de la Silésie, une région frontalière tiraillée pendant des siècles entre plusieurs grandes puissances européennes. La ville fut fondée au XIIIème siècle et obtint son statut de cité peu avant 1276 du duc Władysław Opolski de la dynastie Piast. Elle fit partie de différents duchés de Silésie, gouvernés par la dynastie des Piast jusqu’au XVème siècle. Puis, Gliwice tomba dans l’escarcelle du royaume de Bohême, s’éloignant de la sphère politique polonaise pour les six siècles à venir. Par le jeu des héritages royaux, la puissante maison d’Autriche, les Habsbourg, mit la main sur la Bohême et Gliwice. En 1742, lors des guerres de Silésie, le roi de Prusse Frédéric le Grand arracha la région à l’Autriche et Gliwice, désormais appelée Gleiwitz, devint prussienne. Après la Première Guerre mondiale, la Pologne renaquit et revendiqua la Haute-Silésie. Lors d’un référendum en 1921, la majorité des habitants de Gleiwitz votèrent pour demeurer en Allemagne. La ville resta donc allemande, mais située juste à la frontière de la nouvelle Pologne. Finalement, la cité réintégra la Pologne à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’à la conférence de Potsdam, les Alliés redessinèrent la carte de l’Europe.

Dans ce contexte, la population allemande fut expulsée et remplacée par des Polonais, dont beaucoup venaient des territoires de l’Est annexés par l’URSS (aujourd’hui l’Ukraine et la Lituanie). Pour le gouvernement communiste polonais et pour ces nouveaux habitants, il était nécessaire de justifier les racines polonaise de ces territoires récupérées (désignées ainsi par le gouvernement – Ziemie Odzyskane) et repoloniser l’identité de la ville qui avait été pendant près de 600 ans de culture germanique. Le club fut fondé le 18 Juin 1945 par des personnes déplacées de la région de Lviv. En choisissant d’appeler leur nouveau club de football en référence à la maison royale des Piast, les fondateurs souhaitaient indiquer qu’ils n’étaient pas des étrangers mais ils revenaient sur les terres historiques de leurs ancêtres polonais, les Piast.

En effet, les Piast sont la toute première dynastie royale historique de la Pologne et sont donc considérés comme les fondateurs de la Pologne. Le règne de cette dynastie débuta en 960 avec le souverain Mieszko Ier qui, en adoptant le christianisme en 966, marqua la naissance officielle de l’État polonais. Son fils, Boleslas Ier le Vaillant, fut le tout premier roi de Pologne. En 1138, le royaume de Pologne fut divisé en 5 duchés indépendants, répartis entre les fils de Boleslas III Bouche-Torse. Ainsi, 5 lignées de Piast dirigèrent les nouveaux duchés, avec une qui avait une primauté sur les autres. Le règne des Piast en Pologne prit fin en 1370 avec la mort du roi Casimir III le Grand. Les autres branches de la dynastie Piast continuèrent de régner sur le duché de Mazovie (jusqu’en 1526) et sur les duchés de Silésie jusqu’à la mort du dernier Piast silésien mâle en 1675.

Malgré ce lien royale, le surnom du club revêt un caractère affectueux. Car le mot piastunka désigne aussi une nounou (provenant du vieux verbe piastować, qui signifie prendre soin de, ou bercer). Historiquement, un piastunka dans la Pologne du haut Moyen Âge était un haut fonctionnaire chargé de l’éducation des enfants royaux. Résultat, littéralement, l’équipe est donc surnommée Les Nounous.

#1399 – Vitória Guimarães : os Afonsinhos

En portugais, le suffixe -inho est un diminutif affectueux. D’où os afonsinhos se traduit littéralement par « Les petits Afonso » ou « Les fils d’Afonso ». Ce surnom rappelle le lien entre la ville et le premier roi du Portugal, Dom Afonso Henriques. L’ombre de ce roi plane sur tout le club. Sa statue, située dans un des parcs de la cité (Paço dos Duques de Bragança) inspira dans les années 1930 le blason du club. L’enceinte de 30 000 places du Vitória se nomme D. Afonso Henriques et sa mascotte est le chevalier Super Afonso.

Si, la région où se situe Guimarães est habitée en permanence depuis au moins la fin du Chalcolithique, la cité va connaître son essor à compter de 1128 lorsque certains des principaux événements politiques et militaires qui allaient mener à l’indépendance et à la naissance du Portugal s’y déroulèrent. Au début du XIIème siècle, le Portugal n’était pas un pays, mais un simple comté (le Comté de Portucale) vassal du puissant Royaume de León (en Espagne). À la mort de son père, le jeune Afonso vit sa mère, la comtesse Thérèse de León, s’allier avec des nobles galiciens, menaçant l’autonomie du comté. En 1128, Afonso prit les armes contre sa propre mère et remporta la bataille de São Mamede (près de Guimarães). Ce fut le premier pas vers l’indépendance du Portugal. Guimarães est donc historiquement associée au premier Roi du Portugal et à sa conquête de l’indépendance et des terres du Portugal. Elle est connue comme le « berceau de la nation portugaise ». D’ailleurs, pour le rappeler aux habitants comme aux visiteurs, dans l’une des tours de l’ancienne muraille de la ville, il est inscrit « Aqui nasceu Portugal » (Ici est né le Portugal).

Il faut savoir qu’au sein du club, le terme os afonsinhos désigne aussi l’école de football et l’académie des jeunes du Vitória de Guimarães. Lorsqu’on parle des afonsinhos, on désigne donc aussi bien les jeunes talents formés au club que les joueurs de l’équipe première.

#1391 – Nyíregyháza Spartacus FC : Szpari

Il s’agit du diminutif du terme Spartacus dans le nom du club. En hongrois, il est très courant de raccourcir les noms longs ou officiels en ajoutant le suffixe « -i » ou « -ari » pour les rendre plus affectueux ou plus faciles à prononcer au quotidien. Le club de Nyíregyháza Spartacus rappelle sa fondation en 1928 avec comme nom Nyíregyházi Vasutas Sport Club (NYVSC), association des cheminots. Les couleurs du club, qui regroupait des sections de football, de lutte et d’athlétisme, étaient le blanc et le noir. Son premier président fut le chef de gare Gyula Tibay. Le tournant du club arriva en 1977 en fusionnant avec Nyíregyháza Spartacus Petőfi. Les résultats s’en suivirent immédiatement avec une accession, pour la première fois dans l’histoire du club, à la première division hongroise lors de la saison 1979-1980.

En lisant le site du club et de manière générale sur Internet, la marque laissée par le Spartacus Petőfi dans l’histoire du Nyíregyháza Spartacus semble légère puisque seule la fondation et l’histoire du NYVSC apparaît souvent. Pourtant, le premier a donné son nom et son surnom à l’équipe. Au début des années 1950, le gouvernement communiste hongrois instaura un programme de « construction du socialisme », qui devait passer par les activités sportives notamment. L’État réorganisa ainsi le sport hongrois sur le modèle soviétique. L’OTSB (Országos Testnevelési és Sportbizottság – Conseil National de l’Éducation Physique et du Sport) ordonna la création d’organisations sportives uniformes pour chaque branche professionnelle. Le 1er Mai 1952, l’OTSB fonda une organisation sportive, nommée Szpartakusz Sportegyesület (Club Sportif Spartacus), qui devait fournir un cadre sportif aux travailleurs des coopératives artisanales (OKISZ) et des coopératives de consommation (SZÖVOSZ). En seulement quelques mois, plusieurs clubs avec le nom Szpartakusz ou Spartacus essaimèrent à travers le pays, dont à Nyíregyháza.

Cette organisation sportive s’inspirait de celle du grand frère soviétique, le Spartak (cf. #158), fondé en 1934, pour la même branche professionnelle. Le nom Spartak comme Szpartakusz mettait en avant le héros romain Spartacus. Sa combativité et sa rebellion face à l’Empire Romain représentaient, pour les instances communistes, le symbole de la lutte prolétarienne dès l’antiquité.

#1342 – Stamford AFC : the Daniels

On va descendre dans les bas-fonds du football britannique, en Southern Football League, équivalent de la 7ème et 8ème division, où évolue le club de Stamford. Mais, son surnom, the daniels, que le club porte fièrement sur son écusson, mérite que l’on s’y attarde. Dès 1870, un club de football existait à Stamford. Vers 1894, les deux clubs les plus importants de la ville, Stamford Town et Rutland Ironworks, fusionnèrent. Initialement, la nouvelle association prit le nom de Rutland Ironworks, considéré comme le plus fort des deux fondateurs. Puis deux ans plus tard, pour augmenter sa notoriété dans la ville, le club adopta le nom de Stamford Town. Quelques années plus tard, il gagna son surnom de the daniels, pour rendre hommage à Daniel Lambert, qui était plutôt une icone de la cité de Leicester.

Mais qui était donc Daniel Lambert ? Né en 1770, il fut gardien de prison et un éleveur d’animaux réputé, notamment de chiens de chasse, de chevaux et de coqs de combat. Mais, sa renommée, il la gagna en raison de sa corpulence. Car bien qu’il fut un sportif émérite (il aurait combattu un ours), à partir de ses vingt ans, il commença à prendre du poids. 200 kg en 1793, 250 kg en 1801, cinq ans plus tard 320 kg et à la fin de sa vie 350 kg. L’origine de son obésité provenait certainement d’un dérèglement hormonal car il semblerait qu’il ne mangeait pas de quantités importantes de nourriture et ne consommait pas d’alcool. Devenu impotent, il abandonna ses activités sportives mais également professionnelles, ce qui le fit plonger dans la pauvreté. Il dut alors se résigner à s’exposer comme une bête de foire et tourna à Londres comme dans le reste de l’Angleterre. En 1809, il arriva dans la ville de Stamford où il décéda subitement le 21 juin. Il fut enterré dans le cimetière Saint-Martin de la municipalité. Sa mort ne mit pas fin à sa notoriété, bien que d’autres personnes atteignirent ou dépassèrent son poids. Partout en Angleterre, de nombreux pubs et auberges furent rebaptisés en l’honneur de Daniel Lambert, notamment à Leicester et Stamford. Puis, le terme « Daniel Lambert » entra dans le langage courant anglais pour désigner tout d’abord un homme obèse et au fil du temps, tout ce qui est exceptionnellement grand, imposant. Lambert est toujours aujourd’hui un personnage populaire à Leicester, décrit en 2009 par le « Leicester Mercury » comme « one of the city’s most cherished icons » (l’une des icônes les plus chères de la ville).

#1259 – Presidente Hayes : los Yankees

Les yankees. Dans le précédent article (#1196), nous nous intéressions au club paraguayen du CS Colombia qui rendait hommage à la Colombie. Ce pays avait été un des rares à soutenir le Paraguay dans la Guerre de la Triple-Alliance (1864-1870), où il faillit disparaître. Opposé au Brésil, à l’Argentine et à l’Uruguay,  le Paraguay ne pesa pas et perdit la guerre en 1870. Les pertes furent terribles pour le pays. Même si les chiffres sont souvent contestés et peu fiables, le Paraguay aurait perdu une grande partie de sa population (jusqu’à 60%) et se retrouva presque sans hommes (jusqu’à 80% de sa population masculine serait décédé). Occupé jusqu’en 1876 par le Brésil et l’Argentine, le Paraguay fut également amputé de 140 000 km2 (soit 70% de son territoire). 

Fondé le 8 Novembre 1907, dans le quartier Tacumbú d’Asunción, ces jeunes membres décidèrent de rendre hommage à un autre défenseur des intérêts paraguayens, le Président des Etats-Unis, Rutherford B. Hayes, de 1877 à 1881. Aux Etats-Unis, ce président ne laissa pas une grande trace. D’autant plus que son élection fut controversée puisqu’il perdit le vote populaire en 1876, mais accéda à la présidence grâce à des manœuvres des grands électeurs. Mais, au Paraguay, sa réputation est grande. Après avoir perdu une grande partie de son territoire après la Guerre de la Triple-Alliance, l’Argentine tenta de tirer profit de la faiblesse du Paraguay, occupa et revendiqua le Chaco, la vaste région sauvage du nord du Paraguay. A l’époque, il n’y avait pas d’organisation supranationale en mesure de régler le différend (comme aujourd’hui les Nations Unies). Les deux parties demandèrent donc à la grande puissance du Nord du continent, les Etats-Unis, de trancher et le président Hayes, en 1878, se rangea du côté du Paraguay. Cette décision permit au Paraguay de sauvegarder 60% de son territoire actuel et donc garantit sa survie en tant que nation.

Au Paraguay, une ville fut renommée Villa Hayes et un département prit le nom Presidente Hayes. Quand au club, outre son nom, son écusson représente les étoiles blanches du drapeau américain sur un fond bleu. Le kit du club se compose d’un maillot à rayure rouge et blanche accompagné d’un short bleu … en clair, la bannière étoilée. Les joueurs étaient devenus des yankees.

Mais d’où vient le terme yankee ? L’hypothèse la plus plausible est qu’il dériverait du terme néerlandais Janke (Jeannot), diminutif de Jan (Jean). Parmi les premiers colons arrivés dans ce nouveau monde, certains venaient des Pays-Bas et le prénom Jan était répandu parmi eux. Sa version familière Janke devint, au fil du temps, le surnom pour désigner les habitants des Etats-Unis.

#1221 – ASC Jeanne d’Arc Dakar : les Bleu et Blanc

Le club sénégalais évolue en bleu et blanc. Bien qu’il soit le doyen avec le deuxième palmarès le plus fourni du football sénégalais (après Jaraaf), la Jeanne d’Arc vit, depuis le début des années 2010, un calvaire en évoluant dans la 3ème division nationale. Tout commença à l’époque coloniale avec le Révérend Père Pierre Le Coq, Curé de Dakar et Vicaire général du Sénégal, qui fonda la Jeanne d’Arc en tant que patronage le 20 Septembre 1921. Association sportive et culturelle, l’objectif était de donner des loisirs à une jeunesse autochtone dont l’oisiveté représentait un danger. En tant que missionnaire catholique, il lui était logique de donner à cette association le nom d’une figure de proue de la religion catholique française, Jeanne d’Arc, qui représentait les valeurs du courage, de la force et d’une foi inébranlable.

Si le choix des couleurs bleu et blanche pour cette nouvelle association n’est pas documenté, nous pouvons remarquer que nombre de congrégation ou institution se référant à Jeanne d’Arc arbore ces deux couleurs. Tout simplement car il s’agit des couleurs du blason de Jeanne d’Arc. Les armes de la Pucelle d’Orléans sont souvent représentées comme une colombe tombante tenant dans son bec la devise  » de par le roi du ciel » au sein d’un écu bleu azur. Cette composition apparaissait bien sur son étendard mais il ne s’agissait pas officiellement de son blason. Lorsque la Pucelle fut anoblit en 1429, les armes qui lui furent conférées par le Roi de France Charles VII, représentaient, sur un écu d’azur, deux lys d’or entourant une épée transperçant une couronne. L’épée était de couleur argentée, simplifiée en blanc (l’argent étant la représentation du blanc en héraldisme). Toutefois, lors de son procès, Jeanne d’Arc affirma qu’elle n’avait jamais porté de blason. En tout cas, quelque soit les armes réelles de Jeanne d’Arc, le bleu et le blanc accompagnèrent toujours la Pucelle.

#1184 – Stellenbosch FC : Stellies

Diminutif du nom du club, également celui de la ville de Stellenbosch. Située le long des rives de la rivière Eerste, au pied de la montagne de Stellenbosch, la cité est séparée de 50 km du Cap et représente une destination touristique populaire. En effet, ayant été fondé en 1679, elle constitue la deuxième ville la plus ancienne d’Afrique du Sud et a conservé une architecture historique, typique des colonies hollandaises du Sud du Pays. En outre, elle bénéficie d’une position centrale dans cette région viticole. La ville abrite également une Université, l’une des plus anciennes universités d’Afrique du Sud.

La Vereenigde Oostindische Compagnie, Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, fonda la ville du Cap en 1652. En 1679, elle confia à Simon van der Stel, un marchand qui était marié à la fille d’un des fondateurs de la Compagnie, la gestion de la cité, afin de la rendre prospère. La ville du Cap se limitait à près de 800 personnes et n’occupait pas un grand espace. La politique de van der Stel se focalisa alors sur l’extension territoriale de la colonie pour trouver de nouvelles terres agricoles vivrières (afin de rendre la ville autosuffisante pour sa nourriture) ainsi que du minerais (afin de l’exporter et rapatrier des richesses). Début novembre 1679, soit moins de 3 semaines après son arrivée au Cap, van der Stel entreprit avec des membres du Conseil politique un voyage aux Hottentots-Hollande (aujourd’hui connu sous le nom de Somerset West). Au cours du voyage, il décida d’établir une nouvelle colonie le long de la rivière Eerste. De nombreux grands arbres se situaient à cet endroit et il décida de nommer l’endroit d’après son nom, Stellenbosch, qui signifie littéralement « la forêt de (Van der) Stel » . Cette nouvelle colonie se développa très rapidement. Elle devint une collectivité locale indépendante en 1682, peuplée de 40 familles en 1684, et siège de la magistrature contrôlant 25 000 km² en 1685.

#1141 – Reading FC : the Royals

Les royaux. Pour un club certes historique (fondation le 25 Décembre 1871) mais au palmarès réduit, le surnom semble très pompeux. En réalité, il provient de la situation du comté de Berkshire où est localisée la ville de Reading. En 1958, la Reine Elisabeth II accorda au comté le titre royal, en raison des relations entre la région et la monarchie, et des lettres patentes ont confirmé ce statut en 1974.

Tout d’abord, le Berkshire abrite le chateau de Windsor (situé à 30 km à l’Est de Reading) où la Reine Elisabeth II (tout comme son fils maintenant) passait régulièrement ses week-end et congés. Plus ancien et plus grand château occupé au monde (52 000 m2 et plus de 1 000 pièces), il est la résidence des monarques britanniques depuis près de 1 000 ans. Sa chapelle St George a également accueilli de grands événements officiels comme une quinzaine de mariages. Une tradition inaugurée par le mariage d’Edward VII et de la princesse Alexandra de Danemark, en 1863, et suivie par les mariages des nombreux enfants de la reine Victoria, celui du Prince Harry et de Meghan Markle en 2018 tout comme celui du prince Charles avec Camilla en 2005. A l’inverse, le chateau abrite plusieurs lieux de sépulture royale comme le mausolée de Frogmore où sont enterrés la Reine Victoria et le Prince Albert. La chapelle Saint-Georges est aussi la dernière demeure de plusieurs monarques britanniques, dont le Roi Henri VIII et le Roi George VI. La Reine Elizabeth II et le Prince Phillip reposent également à Windsor.

Ensuite, située au cœur de Reading, l’abbaye royale fut pendant longtemps l’un des centres de pèlerinage de l’Angleterre médiévale et l’une des maisons religieuses les plus riches et les plus importantes. Entretenant des relations multiples et fortes avec le pouvoir royal, elle accueillait la tombe du Roi Henri Ier.

Le Berkshire héberge aussi le réputé collège d’Eton fondé en 1440 et où les progénitures de toute l’élite britannique se retrouvent. Evidemment de nombreux membres de la famille royale fréquentèrent cette institution, dont Harry et William. En outre, en juin, la course de chevaux de renommée mondiale, la Royal Ascot, se passe à l’hippodrome d’Ascot, dans le Berkshire. L’événement est suivi par des membres de la famille royale, qui arrivent en calèches et regardent les courses depuis la loge royale.

Enfin, des évènements politiques majeures s’y déroulèrent. En 1215, à Runnymede, le Roi Jean sans terre dut se résoudre à signer avec ses barons la Magna Carta, une charte qui limitait le pouvoir du monarque et établissait l’État de droit. En 1957, un mémorial fut érigé à Runnymede, à 500 mètres de l’endroit où cette charte aurait été négociée.

#1139 – NK Domžale : Ravbarji

Le surnom est souvent traduit par les brigands, les voleurs. Il est vrai qu’en Slovène le terme signifie des voleurs. Mais, pour l’origine du surnom du club de Domžale, il faut avant tout se reporter à une famille noble célèbre de la ville, dont le nom signifie voleur. A Gorjuša, près de la ville de Domžale, se trouve le chateau de Krumperk. Des sources mentionnent un manoir dès 1338 qui fut la possession de la famille Krumperk, puis de la famille Rusbach, qui le vendit enfin au Zellenperger au XVème siècle. A la fin du XVIème siècle, la famille Zellenperger s’éteignit et le château passa par héritage à la maison Ravbar (Rauber en Allemand). Originaire de Kravjek en Carinthie vers 1400, cette dernière famille s’appelait à l’origine Engelšalk. En l’échange de cadeaux et de services rendus au prince de Carinthie, ils auraient eut droit à piller et voler. Voler se disant rauben en allemand, cela leur resta comme nom. Aux XVème et XVIème siècles, elle comptait parmi les familles les plus remarquables de Slovénie et ses membres reçurent le titre de baron en 1516.

L’un des personnages illustres de la famille fut le Baron Adam Ravbar. Vers 1580, il fit des travaux et donna au manoir sa conception et son style renaissance actuel. En 1590, le baron fut élu commandant de la cavalerie de Carniole, une des régions historiques de la Slovénie actuel. A cette époque, les ottomans occupaient déjà depuis un siècle les Balkans et la Bosnie et leurs incursions dans les régions adjacentes (Croatie, Slovénie, Autriche) étaient fréquentes. En 1593, l’armée ottomane conquit plusieurs territoires et se présentait devant la ville de Sisak en Croatie qui constituait le dernier obstacle à la prise de Zagreb, et surtout à l’invasion de l’Europe centrale et occidentale. Adam Ravbar partit au combat avec 200 cavaliers du Duché de Carniole et se joignit aux troupes croates, de Carinthie, d’Autriche et de Styrie. Le 22 juin 1593, les troupes ottomanes, au nombre de près de 20 000 soldats, subirent une sévère défaite à Sisak et leur chef, Beylerbey Telli Hasan Pacha, y mourut. Adam Ravbar s’illustra comme un fin stratège et un ardent combattant durant cette bataille. Depuis, héros légendaire et national, il est loué dans une chanson folklorique slovène et représente une fierté de la ville de Domžale.

#1138 – Manisa FK : Tarzan

Le personnage de l’écrivain américain Edgar Burroughs s’est installé en Turquie dans la ville de Manisa et inspira un surnom à l’ensemble des équipes sportives de la cité. Né en 1899 à Bagdad ou à Samarra, Ahmet bin Carlak rejoignit, après la Première Guerre mondiale, le rang des insurgés turques et combattit lors de la guerre d’indépendance à Antep, Smyrne et Kilis. Après la guerre, Carlak se fixa à Manisa, qui avait été dévastée par un incendie provoqué par l’armée grecque en retraite, et se fixa pour objectif de reboiser la région, plantant et cultivant à lui seul de nombreux arbres sur le mont Sipylos. Vivant comme un ermite sur le mont, son surnom était alors Hacı (le pélerin) et son apparence se modifia : il laissa pousser sa barbe et ses cheveux et s’habillait uniquement en short. Durant les 40 années suivantes, il habitait très modestement dans une petite cabane sur le mont qu’il appela Topkale (château du canon), en raison d’un vieux canon dont il se servait quotidiennement pour signaler midi en tirant un coup de feu. Il se rendait régulièrement dans la ville de Manisa et servit parfois comme pompier ou jardinier. En 1934, suite à la projection du film « La Vengeance de Tarzan », avec Johnny Weissmuller, les habitants de la ville identifièrent Carlak au héros de la jungle et le surnommèrent Manisa Tarzanı (Tarzan de Manisa) en raison de son apparence (barbe, cheveu long et torse nu) et son mode de vie rudimentaire sur le mont. Ecologiste, il se servit de sa notoriété pour défendre les forêts autours de Manisa. Après un périple dans les Monts Taurus, à son retour à Manisa, il se rendit compte que la municipalité avait abattu des arbres en son absence. Il eut un choc cardiaque qui le conduisit à l’hôpital et il décéda le 31 mai 1963. Le lendemain, le quotidien national, Hürriyet, titra « Manisa’nın Tarzan’ı öldü » (Le Tarzan de Manisa est mort).

La ville de Manisa rend hommage à Carlak. La semaine de l’environnement a été baptisée du nom de Manisa Tarzanı. A cette occasion, la municipalité décerne les « Prix Tarzan ». Une école primaire ainsi qu’un boulevard ont été nommés en l’honneur de Carlak. Dans le parc Fatih de Manisa, une statue représentant Carlak a été érigée. Enfin, à chaque anniversaire de sa mort, les autorités de Manisa le commémorent, l’honorant comme un précurseur de l’écologie turc.