#1275 – Altınordu FK : Kırmızı Şeytanlar

Les diables rouges. A l’issue de la Première Guerre mondiale, étant dans le camp des vaincus, l’Empire Ottoman s’effondra et le traité de Sèvres répartît le territoire entre les alliés anglais, français, italiens et grecs ainsi qu’à certaines minorités opprimées comme les kurdes et les arméniens. Mustafa Kemal, héros militaire de la guerre malgré la défaite, vit l’occupation étrangère comme une humiliation et organisa la résistance. Il chassa les troupes françaises, grecques et arméniennes des régions occupées, détrôna le Sultan Mehmed VI, le considérant comme un traite à la solde des forces étrangères, et institua la République de Turquie le 29 octobre 1923.

A Izmir, avec l’avènement du nouvel Etat, Karşıyaka (fondé en 1912) et à Altay (fondé en 1914) reprirent leurs activités alors que d’autres profitèrent de cette effervescence pour créer de nouvelles structures comme Altınay (le 25 Juillet 1923) qui devint plus tard İzmirspor après une fusion avec Sakarya (fondé également en 1923). Ainsi, chaque quartier de la ville comptait son club de football à l’exception de celui de Basmane-Tilkilik-Namazgâh. 3 jeunes de cette région, Mustafa Balöz, Hüseyin Yurdakul et Mehmet Hancıoğlu, avec le soutien du Dr Hacı Hasanzade Ethem, convainquirent d’autres de les rejoindre pour créer un club le 26 décembre 1923.

Cette guerre d’indépendance avait exalté le patriotisme des turcs et les membres de ce nouveau club étaient gagnés par ce goût nationaliste. Ainsi, il fallait trouver un nom à la hauteur. Zafer (Victoire), Hilal (Croissant) et Kurtuluş (Libération) vinrent dans les premières propositions sans gagner l’adhésion de tous. Puis, les références historiques s’imposèrent pour fédérer cette nouvelle identité autour de racines communes et une grandeur passée. Ainsi, l’enseignant Mehmet Rıza insista pour Göktürk (un royaume turc s’étendant sur la Mongolie et l’Asie centrale au VIème et VIIème siècle après J.-C.) quand d’autres proposaient Sakatürk (Iakoutes ou Sakha, un peuple turcophone de Sibérie). Finalement, Süleyman Ferit remporta les suffrages avec Altınordu (la Horde d’Or), un empire turco-mongole qui domina une grande partie de l’actuelle Russie, de l’Ukraine, de la Bulgarie danubienne et de l’Asie centrale. Cette tendance nationaliste s’étendit aux couleurs. Le club opta pour le rouge, couleur du sang des martyrs et vétérans, héros de la guerre d’indépendance, et le bleu marine, couleur de l’acier, qui représente la force et la puissance.

#1252 – CD Jorge Wilstermann : la Casaca Sangre

La veste sang. Les joueurs du club bolivien de la ville de Cochabamba porte un maillot rouge accompagné d’un short bleu. Au départ, en 1949, des employés de la compagnie nationale aérienne de la Bolivie, Lloyd Aéreo Boliviano (LAB), fondèrent une association sportive et culturelle, ouverte aux personnels de la LAB. Naturellement et afin de s’assurer le soutien de la LAB, cette association adopta les couleurs de la société, blanc et bleu ciel. Son premier uniforme se composait ainsi d’une chemise à rayures blanche et bleu clair et un short bleu. En 1952, la tenue avait évolué avec un maillot blanc barré d’une bande croisée bleu clair et un short bleu. Néanmoins, afin de marquer une différence nette avec l’équipement principal, le kit extérieur affichait du rouge avec une chemise blanche à rayures rouges, un short rouge et des chaussettes rouges

En 1953, le club quitta définitivement l’univers fermée corporatiste pour intégrer les championnats locaux. Pour marquer cette nouvelle étape, un nouveau nom fut adopté, CD Jorge Wilstermann, en hommage au premier pilote professionnel de Bolivie. Mais, également de nouvelles couleurs furent choisies. L’un de ses imminents membres, Dr Jorge Rojas Tardío, qui fut nommé plus tard président à vie, suggéra les couleurs actuelles. Il déclara « Escogí esos colores porque significan fuerza, garra y entrega total en el campo de juego, además era el único equipo en el país que entonces comenzó a usar esos colores » (J’ai choisi ces couleurs parce qu’elles signifient force, détermination et dévouement total sur le terrain de jeu, et c’était aussi la seule équipe du pays qui commença à utiliser ces couleurs).

#1227 – Al Ahly SC : الشياطين الحمر

Les diables rouges. L’histoire du club égyptien débuta en 1907 sur l’initiative de Omar Lotfy alors qu’il présidait le Club des lycéens. Ce dernier avait servi de catalyseur pour le leader nationaliste, Mustafa Kamil, afin d’enflammer les étudiants contre l’occupation britannique, l’Egypte étant sous domination du Royaume-Uni depuis les années 1880. Ainsi, si l’objectif premier de Lofty était d’occuper le temps libre des jeunes avec cette nouvelle association, l’approche politique n’était pas exclue puisque le club apparaissait aussi comme un moyen de réunir des jeunes, de promouvoir l’identité égyptienne et les idéaux nationalistes. Kamil allait donc également exploité ce nouveau club pour poursuivre l’élan nationaliste. Naturellement, les fondateurs dotèrent le club de nombreux attributs nationalistes, notamment ses couleurs. Ils optèrent pour le rouge et blanc, couleurs du drapeau de l’Egypte au début du XXème siècle.

Avant l’occupation britannique, l’Egypte faisait parti de l’Empire Ottoman. Mais, à partir de l’arrivée de Méhémet Ali comme wali (gouverneur d’Égypte) en 1805, l’Egypte gagna de plus en plus d’indépendance vis-à-vis de la Sublime Porte. Mais, Méhémet Ali nourrissait de grandes ambitions et souhaitait déposer la dynastie ottomane afin de s’emparer du trône du sultan. Ainsi, pour se mettre au même niveau que le sultan dans la symbolique, il introduisit un nouveau drapeau, rappelant fortement celui des Ottomans, avec trois croissants et étoiles blancs sur fond rouge. Lors de la révolte de 1919, le drapeau de Méhémet Ali réapparût dans les rangs nationalistes.

Depuis la fondation d’Al Ahly, ces deux teintes ne quittèrent jamais le maillot et l’écusson du club. Le maillot évolua car au départ il comportait des rayures blanches et rouges. Puis, un scapulaire fit son apparition et dans les années 1930, le maillot ressembla à celui d’Arsenal ou de Blackburn. A la fin des années 1940, Al Ahly opta définitivement pour un maillot intégralement rouge, accompagné d’un short blanc. Le rouge (qui rappelle le sang – celui des crimes – et le feu – les flammes de l’enfer) est souvent associé au diable d’où le surnom. La couleur donna également d’autres surnoms comme القلعة الحمراء (château rouge) et المارد الأحمر (génie rouge).

#1225 – FC Andorra : Els Tricolors

Les tricolores. Incongru de parler d’un club andorran vu la faiblesse sportive de ce pays ? Mais écrire sur le FC Andorran, c’est aussi mettre en avant l’Espagne. Fondé en 1942, il est le premier club de la principauté d’Andorre mais, en l’absence de fédération nationale, il intégra dès 1945, la fédération espagnole et ses ligues régionales. Quand en 1994 la fédération andorrane émergea, le FC Andorra préféra snober l’instance et demeurer en 3ème division espagnole. Mais, le club se retrouva sous les projecteurs en Décembre 2018 suite à son rachat par la société Kosmos Sports, détenue et présidée par le défenseur du FC Barcelone, Gerard Piqué. Le projet était ambitieux pour la star puisqu’il souhaiter la transformer en équipe professionnelle et, à termes, la faire participer à la Ligue des Champions. Le premier objectif fut atteint en atteignant la seconde division en 2022 (en rachetant la licence du CF Reus Deportiu en faillite toutefois)

Certes, l’histoire du club se dilue dans les championnats espagnols mais son identité puise dans l’histoire de la principauté. Petit État indépendant logé dans les Pyrénées et coincé entre la France et l’Espagne, elle possède la particularité que son trône se partage entre l’évêque catalan d’Urgell et le Président de la République Française (droit hérité d’un paréage de 1278). Attention, les joueurs du club ne porte pas un maillot à 3 couleurs en référence à la France, son co-prince, mais, au regard des couleurs traditionnelles d’Andorre. Mais, le lien n’est pas éloigné tout de même. Composé de trois bandes verticales bleues, jaunes et rouges, le drapeau actuel d’Andorre est apparu en 1866 et officiellement adopté le 27 août 1971. Les couleurs rouge et jaune du drapeau trouvent leur origine dans l’écu du comte de Foix. Cet écu (bandes verticales jaunes et rouges) avait déjà inspiré le premier drapeau de la Principauté en 1806 (une bande jaune et une bande rouge) et dérive directement des armoiries des comtes de Barcelone, Foix ayant été vassal de l’État catalan. Pour rappel, les comtes de Barcelone avaient adoptés pour emblème les fameuses pals d’Aragon (cf #190). La couleur bleue vient de la couleur des sabots, des cornes et du collier des deux bœufs du bouclier béarnais (le reste des corps desdits bœufs, placé sur un fond jaune, sont rouges, ces deux couleurs étant finaleent très répandues dans l’héraldisme de l’Aquitaine à la Catalogne – cf #1198). Tous ces éléments sont présents sur les armoiries d’Andorre (qui se compose de 4 quartiers, 2 avec les pals d’Aragon (un pour le Comté de Foix et un pour le Comté de Barcelone), un pour le Béarn et un qui représente le blason de La Seu d’Urgell).

Certains avancent aujourd’hui que ces 3 couleurs rappellent également celles des deux États voisins. Le drapeau espagnole se compose de 2 bandes rouges et une bande jaune, placées de manière horizontales. Tandis que la bannière française est un tricolore vertical, bleu, blanc et rouge. Les 3 bandes du drapeau andorran sont verticales comme la France. Le jaune et le rouge rappellerait l’Espagne et le bleu et le rouge la France. Ces 3 bandes ne sont pas de même largeurs, la centrale jaune étant plus grande, comme sur le drapeau espagnol.

#1219 – FK Shkëndija : Kuq e Zi

Les rouge et noir. Sauf qu’en macédonien, puisque la ville où il réside, Tetovo, se situe en Macédoine du Nord, « rouge et noir » s’écrit Црвено-црните. Alors pourquoi le surnom s’exprime en langue albanaise, Kuq e Zi ? Tetovo est une ville du nord-ouest de la Macédoine du Nord, construite sur les contreforts du Mont Šar, traversée par la rivière Pena. Distante de seulement 40 km de la capitale Skopje, elle est également à seulement 20 km du Kosovo, dont la majorité (92%) de la population est albanaise. A quelques encablures supplémentaires se trouve l’Albanie et la ville de Kukës. Naturellement, l’influence albanaise à Tetovo se fait forte et plus de 70% des habitants de la ville sont d’origine albanaise. La ville fut même sous domination albanaise durant la première indépendance du pays entre 1444 et 1479. Dans la mosaïque yougoslave, où le pouvoir central communiste écrasait toute velléité régionaliste, les idées nationalistes des peuples s’exprimèrent notamment au travers des clubs sportifs. Ainsi, les populations albanaises de Tetovo défendirent leur identité en fondant un club de football en 1979 et en choisissant les couleurs de l’Albanie, le rouge et le noir, comme symbole.

Depuis l’indépendance de l’Albanie actuel, en 1912, le drapeau du pays représente un aigle noir à deux tête sur un fond rouge. Le rouge symbolise la bravoure, la force, la valeur et le sang, tandis que l’aigle est le symbole traditionnel des Albanais. Ses origines remontent au XVème siècle et à Georges Kastrioti plus connu sous le nom de Skanderbeg. Sa famille noble, la maison des Kastrioti, possédait une vaste principauté, qui occupait une partie du territoire albanais actuel et qui faisait face à l’Est à l’Empire Ottoman. Après la chute de Constantinople, les incursions ottomanes dans la péninsule des Balkans se firent de plus en plus fréquentes. Au point que suite à la mort du père de Skanderbeg, l’Empire annexa la principauté au lieu d’installer Skanderbeg sur le trône. Skanderbeg quitta alors les rangs de l’armée ottomane et, pendant 25 ans, mena une forte résistance aux Ottomans. La ville de Tetovo épaula les troupes de Skanderbeg lors de la victoire de la bataille de Polog face à Ibrahim Pacha, libérant la ville du joug ottoman. Skanderbeg déclara son indépendance le 28 novembre 1443, hissant son drapeau rouge à l’aigle noir. Il avait adopté le drapeau impérial romain d’Orient, avec l’aigle à deux têtes et le fond rouge et en avait fait les armes de sa famille. De 1444 à 1479, l’Albanie connut sa première période d’indépendance sous le nom de Ligue de Lezhë et Skanderbeg apparaît comme un héros national pour les albanais.

#1198 – Rodez AF : les Sang et Or

Le rouge et le jaune ne sont pas des couleurs originales dans la préfecture de l’Aveyron. Le club de football les arbore tout comme de nombreux clubs sportifs de la ville (rugby à XV avec le Stade Rodez Aveyron, l’athlétisme avec le Stade Rodez Athlétisme, le Judo avec le Judo Rodez Aveyron). Ces similitudes ne résultent pas du hasard mais des armoiries de la ville. Car ces dernières se décrivent comme « De gueules (rouge en héraldique) à trois roues d’or (jaune), deux en chef et une en pointe ».

Ces armes sont directement tirées de celles des Comtes de Rodez dont le premier sceau conservé date de 1275. Ces deux couleurs reprenaient déjà celles des armes du Comté de Rouergue, qui dominait la région avant le XIIème siècle (période d’avènement du Comté de Rodez). Or, le rouge et le jaune trouvèrent un écho particulier dans le Sud de la France puisqu’on les retrouvait sur les armes d’Albi, des Comtes de Foix, des Comtes de Bigorre, des Comtes du Gévaudan, des Comtes d’Angoulême, des Vicomtes de Millau, des Comtes de Toulouse, des Vicomtes du Béarn, des Comtes de Roussillon, des Vicomtes de Soule, des Comtes du Périgord et des Comtes de Provence. Et pour tous ces territoires, leurs armoiries dérivaient souvent de celles de leurs deux puissants voisins. A l’Ouest, le Duché d’Aquitaine (devenu au XIIIème siècle, Duché de Guyenne), qui arborait des armoiries avec un léopard/lion jaune sur fond rouge (tirés des armoiries de l’Angleterre et de la Maison Plantagenêt). Le Comté de Rouergue comme le Comté de Toulouse furent rattachés un temps au Duché d’Aquitaine et adoptèrent donc les couleurs. Au Sud, le Comté de Barcelone et le Royaume d’Aragon avec des armes représentant des rayures verticales jaunes et rouges (les pals d’Aragon, cf #190) qui déteignirent sur le Vicomté de Millau, le Comté de Foix, le Comté de Roussillon et le Comté de Provence.

Pourquoi ces deux couleurs furent elles choisies ? Plusieurs versions pourraient être avancées mais sans aucune certitude. Tout d’abord, le pragmatisme : Sur les champs de bataille, les belligérants devaient être reconnus à distance et en conséquence choisissaient de couleurs qui se distinguaient, comme le rouge et le jaune. Ensuite, le symbole. Le jaune comme le rouge pourraient rappeler le soleil et la chaleur qui caractérisent ces régions. Puis, l’historique. Les couleurs des bannières de l’Empire Romain et du Capitole étaient le pourpre et l’or (#980) et en réclamer l’héritage pouvait renforcer son aura.

En tout cas, ces deux teintes furent adoptées par le club de Rodez dès l’origine. Selon Aimé Biau, auteur de l’ouvrage « Le Football ruthénois de sa naissance, 1927, à nos jours, 1979 » , lors de la première rencontre dans la Ligue du Midi, en 1931, l’équipe du Stade Ruthénois évoluait en jaune et rouge.

#1163 – Véria NFC : Κυανέρυθροι

Les bleu et rouge. Après une relégation en seconde division à l’issue de la saison 2016-2017, le club historique de la ville de Véria, le GAS Véria, rencontra de graves difficultés financières qui conduisirent au non-paiement de deux de ses joueurs, Antonio Tomás et Roberto Battión. La sanction par la ligue fut immédiate avec un retrait de 6 points. En février 2018, empêtrée dans la crise, la direction fut contraint de retirer le club du championnat, entrainant une réaction forte, conformément au règlement, du conseil de discipline de la ligue : la relégation du GAS dans les lointaines divisions amateurs grecques. Cette sanction sonna le glas du football professionnel à Véria et du GAS. Un an plus tard, le 17 juillet 2019, une initiative permit la création d’un nouveau club professionnel à Véria, sous le nom de Véria NFC.

Mais, pour éviter d’éventuels problèmes juridiques liés aux droits du GAS sur son logo et ses couleurs (le bleu et le rouge), la ligue, sur recommandation de la FIFA, imposa au NFC une refonte de l’emblème de l’équipe et un changement des couleurs, afin de ne pas créer de lien avec le GAS. Par conséquent, Véria adopta un nouvel écusson reposant sur les couleurs blanc, noir, gris et or. Le noir représentait le dynamisme de l’équipe dans la nouvelle ère qui commence, le blanc les valeurs de pureté et la santé financière du nouveau club, le gris, l’âme de l’équipe qui était les supporteurs et l’or le rayonnement, le prestige et le glamour de la nouvelle association. Mais, finalement, lors de la saison 2022-2023, le club retrouva les couleurs traditionnelles de son prédécesseur, et finalement aussi son surnom.

En 1959-1960, la fédération grecque parvint enfin à refondre l’organisation du football d’élite et créa une première division nationale unique. Dans ce contexte, l’idée de fusionner les deux équipes de Véria, PAO Véria et ΑΟ Hermès, fit son chemin afin de créer une entité sportive capable de batailler dans cette nouvelle compétition nationale. La fusion eut lieu en juillet 1960, donnant naissance au GAS. Pour cette nouvelle aventure, et afin de ne pas privilégier les supporteurs d’un club au détriment des autres, la décision fut prise de reprendre ni les couleurs du PAO (jaune et noir), ni celles de Hermès (vert et blanc). Le joueur et entraîneur du PAO Kostas Sotiriadis dit Kostaras proposa de prendre les couleurs restantes du spectre chromatique, le bleu et le rouge, qui étaient surtout celles de l’équipe dans laquelle il avait évolué auparavant, Panionios (cf. #944).

#1135 – DC United : Black and Red

Les noir et rouge, couleurs identifiées de l’équipe de la capitale des Etats-Unis. United faisait parti des 10 nouvelles franchises de la saison inaugurale de la MLS et participa au premier match de la ligue le 6 avril 1996 contre les San Jose Clash (devenu depuis San Jose Earthquakes). Même si le club n’est plus aussi dominant, il constitue une des références de la MLS avec 4 titres de champion, 4 coupes nationales et 1 Coupe des champions de la CONCACAF (la première remportée par un club américain).

Le processus de création du club remonte à 1994. Le nom s’inspirait directement des clubs anglais de Manchester, Newcastle et Leeds, alors au firmament et qui représentaient la culture footballistique, mais le terme United traduisait également la volonté d’unir les fans derrière cette nouvelle bannière sportive. Les couleurs et le logo de l’équipe furent annoncés en octobre 1995, lors d’une présentation à New York. La direction opta pour le noir et le blanc, avec des accents rouges qui venaient soulignaient les deux premières. Outre le mariage parfait de ces trois teintes qui caractérisaient l’unité, elles avaient pour vocation de supporter le symbolisme de l’aigle aux ailes déployées choisi pour apparaitre sur le logo : puissance, passion, intensité et liberté.

Le rouge et le blanc proviennent directement du drapeau du District of Columbia. Il se compose de trois étoiles rouges au-dessus de deux bandes rouges horizontales sur fond blanc, qui correspond simplement aux armoiries de la famille Washington, dont était issu George Washington, premier président des Etats-Unis et qui donna son nom à la capitale américaine. Le District adopta les armes de cette famille dans sa bannière en 1938. La famille Washington trouve ses racines en Angleterre au XIIIème siècle dans le comté de Durham. Les premières armes représentaient un lion rampant en 1203. Des armoiries ressemblantes à celles d’aujourd’hui furent enregistrées la première fois en 1346 (les couleurs étaient alors inversées). À la fin du XIVème siècle, la conception actuelle apparut. On retrouve les armoiries de la famille et donc le drapeau du District of Columbia sur le blason du club de foot.

#1128 – FC Emmen : Rood-Witten

Les rouge et blanc. Fondé le 21 août 1925, le club néerlandais connut différentes phases chromatiques. Dans ses premières années d’existence, l’équipe joua dans des tenues rouge et noir, héritées d’un des prédécesseurs, le VEV (Vlug en Vaard). Mais, au bout de quelques temps, le club évolua vers des uniformes vert et blanc. Finalement, il opta pour les couleurs rouge et blanc, qui devinrent ses teintes traditionnelles. Outre les couleurs, l’équipement se distingua à partir de la saison 1993-1994, en se composant d’un maillot rouge avec une bande centrale verticale blanche, accompagné d’un short blanc. Un peu le négatif du maillot de l’Ajax.

D’où viennent ces deux couleurs ? Le club a tout simplement reprit les couleurs du drapeaux et des armoiries de la région de Drenthe. Emmen est une ville de la province de Drenthe, au Nord-Est des Pays-Bas. Au Xème siècle et jusqu’à 1025, la région de Drenthe passa sous la domination de différentes seigneuries. Puis, en 1024, l’évêque d’Utrecht reçut à la mort d’Henri II, Empereur du Saint-Empire, le comté de Drenthe. Cette donation fut confirmée définitivement en 1046. Les Evêques d’Utrecht étaient également seigneurs temporels de la principauté d’Utrecht et la région Drenthe fut intégrée à cette principauté. Jusqu’en 1528, l’évêque d’Utrecht resta seigneur de Drenthe puis la principauté fut cédée à l’Empereur Charles Quint et rejoignit les possessions des Habsbourgs aux Pays-Bas. Aujourd’hui, les armoiries de la région de Drenthe reprennent les couleurs blanches et rouges de la principauté d’Utrecht. Elles pourraient également correspondre aux couleurs traditionnelles des saxons dont Drenthe fut un fief au IXème siècle.

#1125 – Étoile Sportive du Sahel : الحمراء

Le rouge. Fondé le 11 mai 1925 dans le lycée franco-tunisien et reconnu par les autorités françaises le 11 juillet 1925, le club de Sousse qui est devenu une icone nationale s’inscrivit d’abord dans le mouvement des nationalistes sahéliens (par opposition aux clubs de Sousse qui regroupaient d’autres communautés : Patriote de Sousse pour les Français, Savoya qui réunissait les Italiens, Red Star pour les Maltais et Maccabi qui regroupait les joueurs de confession israélite). Résultat, le choix fut fait de retenir les couleurs du drapeau de la Tunisie, rouge et blanc.

Suite à la défaite de la flotte ottomane, qui comportait plusieurs navires tunisiens, face à une alliance franco-russo-britannique à la bataille navale de Navarin le 20 Octobre 1827,  Hussein II, Bey de Tunis, décida la création d’un drapeau à destination des bateaux tunisiens, pour les distinguer des autres flottes. Plusieurs pays de la Méditerranée, vassale de l’Empire Ottoman, utilisaient alors un drapeau à dominante rouge s’inspirant du drapeau de la Sublime Porte. Ainsi, la Tunisie étant elle-même un vassale de l’Empire Ottoman, le choix du drapeau se porta en 1831 sur un étendard rouge et comportant, en son milieu, un disque blanc où figure un croissant et une étoile à cinq branches rouges. Depuis cette date, le drapeau tunisien a subi peu de modification. Il y a différentes interprétations sur la symbolique attachée à ce drapeau. Il est communément admis que la couleur rouge exprimerait le sang des martyrs tombés durant la conquête par les Ottomans en 1574. Même couleur qui pour d’autres serait soit le symbole de la résistance contre la suprématie turque (sic), soit elle propagerait la lumière sur le monde musulman. Le blanc symboliserait la paix tandis que le cercle de cette couleur évoquerait le soleil. Le croissant et l’étoile à 5 branches, vieux symboles associés depuis l’Antiquité et devenus aujourd’hui une des images largement répandues du monde musulman, étaient à l’époque présent sur l’étendard de l’Empire Ottoman. La Tunisie le reprit à son compte, le croissant incarnant l’unité de tous les musulmans et les branches de l’étoile les 5 piliers de l’islam. Mais, le croissant pourrait également apporter la chance ou désigner le dernier croissant de Lune, qui marque la fin du mois du ramadan. Il n’empêche que si la Tunisie s’inspira des symboles de l’Empire Ottoman, le croissant et le soleil étaient déjà utilisés par la Carthage Punique (814 av. J.-C. – 146 av. J.-C.), et finalement, ce ne serait qu’un retour aux sources.