#516 – CA Tigre : los Matadores

Les tueurs. Deux origines sont avancées pour expliquer ce surnom. La première fait référence à l’une des plus belles saisons du club en première division en 1955. Le CA Tigre termina à la 6ème place derrière les 4 grands (River, Racing, Boca et Independiente) et Lanús. Lors des matchs retours, le club réussit à marquer 29 buts, meilleur attaque du championnat devant celle d’Independiente. A l’issu des matchs allers, le club n’avait trouvé les filets adverses que 17 fois. L’attaque de feu était alors composé de Tucho Méndez, de Carlos Lacasia et du franco-argentin Héctor de Bourgoing. Cette performance fit écrire au journaliste Osvaldo Ardizzone dans le magazine El Gráfico que la CA Tigre était une équipe de tueurs. D’autres préfèrent associer la naissance de ce surnom avec le changement du design du maillot du club au début des années 1970. En effet, à cette époque, le club opta pour un nouveau maillot aux couleurs historiques rouge et bleu mais avec des rayures verticales. Il ressemblait alors à celui classique du CA San Lorenzo de Almagro. Or, ce dernier avait récemment gagné son surnom los matadores depuis ces épopées de 1968. Le CA Tigre hérita alors du même surnom. Il se serait définitivement installé après la victoire en championnat en 1979 qui offrit l’accession du club en Première Division.

#503 – RFC Liège : les Sang et Marine

Le surnom reprend les couleurs du club, rouge et bleu foncés. En 1892, comme dans beaucoup d’autres villes, les expatriés anglais à Liège importèrent le football et furent partie prenante à la création du premier club de la ville. Pour l’anecdote, le RFC Liège fut créé par les membres du club cycliste de Liège Cyclist’s Union, qui la même année, lança la Doyenne des Classiques, Liège-Bastogne-Liège. Lors du premier match officiel face au Bruxelles FA, les joueurs arboraient un maillot rayé jaune et noire. A l’automne suivant, une revanche contre le Bruxelles FA fut organisée. Cette fois, l’équipement des joueurs se composa d’un maillot aux couleurs rouge et bleu. Plusieurs joueurs de Liège étaient anglais et rapportèrent dans leur valises les couleurs de leur club de cœur, le rouge et le bleu de Dulwich Hamlet, une équipe du sud de Londres. Ce fut un succès avec une victoire 3 buts à 1. Aujourd’hui, le club de Dulwich, qui évolue entre la 6ème et 7ème division anglaise, porte un maillot bleu et rose.

#501 – Nacional Montevideo : los Tricolores

Les tricolores, le blason du club affichant les couleurs bleu, rouge et blanc. Le 14 mai 1899, joueurs et dirigeants de l’Uruguay Athletic Club et du Montevideo Football Club fusionnèrent pour donner naissance au Nacional. Premier club « créole » (ie de personnes nées en Uruguay et descendant des européens) d’Amérique du Sud, les fondateurs voulaient que le club soit le digne représentant du pays, qui avait à peine 70 ans d’existence. Ainsi, sur proposition de Dr Ernesto Caprario, les fondateurs dotèrent le club du nom de Nacional et, pour les couleurs, reprirent celles du drapeau d’Artigas. Cela tombait bien car Montevideo Football Club portait du rouge et Uruguay Athletic du bleu.

Le drapeau d’Artigas est l’un des symboles de l’Uruguay et la bannière des indépendantistes des années 1810-1820. En 1811, la population de l’Uruguay actuel (appelé alors Bandera Orientale) ainsi que de l’Argentine prirent les armes contre l’Espagne pour obtenir leur indépendance. Ces troupes étaient emmenées par José Gervasio Artigas, qui devint plus tard un héros national. A compter de 1815, ils adoptèrent un drapeau composé de bandes horizontales bleues, blanches et rouges (plus tard, les bandes rouges furent remplacées par une unique bande diagonale, barrant celles du haut et du bas bleues et celle du centre blanche). Artigas avait créé ce drapeau sur la base de celui de Manuel Belgrano (un des principaux leaders de la guerre d’Indépendance et le créateur du drapeau de l’Argentine), auquel il ajouta la couleur rouge symbolisant le sang versé pour l’indépendance.

Le club opta d’abord pour un maillot rouge, couleur du poncho national, avec un col et des poignets bleus. Puis, en 1902, le maillot blanc (qui perdure aujourd’hui) s’imposa, à la demande de la fédération, car le maillot rouge était trop similaire aux couleurs d’un autre club, Albion FC (mais également car le rouge des maillots s’estompait au fil des lavages et en outre, en 1900, Nacional absorba le club du Defensa Football Club qui évoluait en blanc). Ce maillot blanc fut toujours accompagné de parements rouge et bleu (soit au travers de la fameuse poche – cf #57 – soit le cols et/ou les poignets).

#495 – Hanovre 96 : die Roten

Les rouges. Au AWD-Arena, les supporters d’Hanovre chantent avec ferveur « Schwarz-weiß-grün ein Leben lang » (noir-blanc-vert pour la vie), alors même que leur joueurs évoluent avec un maillot rouge (d’où le surnom). Hanovre 96 fait parti du cercle restreint des clubs ayant des couleurs différentes entre leur blason et leur kit sportif (cf Sparta Prague, Hambourg SV …). Ce contraste soulève de nombreuses questions. Lors de la fondation du club le 12 avril 1896 sous le nom de Hannoverscher FC, il semble que les membres étaient d’accord pour jouer dans un kit blanc (maillot et pantalon) et des chaussettes noires. Cet ensemble faisait parti de la garde robe classique d’un jeune homme de bonne famille et facilitait donc l’équipement des joueurs. Par ailleurs, dans un Reich Allemand naissant (fondé en 1871), le noir et le blanc rappelaient les couleurs de la Prusse, un des principales promoteurs de l’Empire et région où se situait Hanovre. Le 18 novembre 1987 apparaît une chronique où il est mentionnait que les couleurs étaient le noir, le blanc et le vert. Il semblerait qu’à compter de 1897, les joueurs évoluaient avec des chemises rayées blanches et vertes, un short blanc et des chaussettes noires. Le choix du vert faisait référence à la couleur de la pelouse sur lequel jouaient les équipiers. Sachant que les sportifs pratiquaient avant tout le rugby (jusqu’en 1901), peut-être que les chemises blanches se teintèrent de vert au fur et à mesure des placages et chutes, ce qui put plaire aux dirigeants du club. En 1904, le journal Leipziger Zeitung rapportait dans un article que les joueurs de Hanovre portaient un maillot rouge et blanc (lors d’un match amical contre Leipzig BC), qui se détachait bien de la couleur verte du terrain. D’ailleurs, en 1901, une photographie laisse penser qu’un maillot rouge était déjà porté. Si c’est le cas, ce n’est pas l’absorption du club de FV Germania 1902 Hannover qui rougit le maillot, comme certains l’avancent. Encore aujourd’hui, l’archiviste du club (à plein temps) ne parvient pas à déterminer pourquoi le rouge fut choisit. Certains ont avancé que ce choix est lié aux couleurs de la ville (rouge et blanc, établies en 1897) mais de nombreux clubs existaient au début du XXème siècle à Hanovre. Pourquoi plus ce club qu’un autre aurait choisi le rouge en l’honneur de la ville. Sachant que la fédération locale comme la Mairie poussèrent rapidement les clubs de la ville à choisir chacun une couleur différente des autres. En tout cas, certainement apparu au début du siècle, le rouge fut contestées quand le Hannoverscher FC fusionna avec le BV Hannovera 1898 pour donner naissance au club actuel. En effet, les joueurs portèrent après la fusion un maillot blanc et un short noire. Toutefois, dès les années 20, le rouge revint la couleur des maillots. Le rouge fut parfois associé au blanc ou au noir en fonction des époques. En 2008, le président du club, Martin Kind, suggéra l’idée d’abandonner le rouge pour unifier les couleurs de l’écusson avec celles du maillot. Il dut vite baisser pavillon face à la levée de bouclier des supporteurs.

#443 – Club Cerro Porteño : Azulgrana

Les bleus et grenats (rouges). Quand le club fut fondé le 1er octobre 1912, le Paraguay connaissait une période politique trouble. Coincé entre le Brésil et l’Argentine, le pays connut une fin de XIXème siècle difficile où il perdit une guerre et devint quasiment un état vassal du Brésil. Puis, sous le gouvernement de Bernardino Caballero (1880-1886), le pays se redressa et deux partis politiques naquirent en 1887 : le Parti Liberal (symbolisé par la couleur bleu) et le Parti Colorado (rouge). Au cours des années suivantes, le Parti libéral dirigea le pays mais il était divisé en fractions, ce qui conduisit à une instabilité politique constante. En outre, les révolutions successives menées à la fois par les libéraux dissidents et les Colorados déstabilisèrent également les institutions. Le pays était fractionné en deux parties qui s’affrontaient régulièrement et pas uniquement dans les urnes.

La maison familiale des Núñez en était la parfaite illustration. Une partie de la famille dont la mère supportait les libéraux tandis que l’autre emmenée par le père était pour les colorados. Or, ce fut dans cette maison avec le support de Mme Susana Núñez et de certains de ces enfants que le club fut créé. Mme Núñez décida alors que la toute nouvelle institution devait être un havre de paix où les supporteurs devaient être unis derrière leur équipe, quelque soit leurs origines et orientations politiques, et seul le sort de celle-ci était important. Elle souhaitait reproduire au sein du club la solidarité de sa famille malgré les différences politiques qui la composait et ainsi démontrer dans la pratique que les Paraguayens, quel que soit leurs opinions politiques, étaient capables de faire de grandes choses quand ils étaient unis. Pour cette raison, elle cousit un drapeau aux couleurs des deux partis politiques, bleu et rouge, mais ces dernières étaient intercalées donc étroitement liées. Ces deux couleurs furent alors adoptées par le club.

#430 – Nottingham Forest : the Reds

Les rouges. Lors de la réunion qui consacra la création du club en 1865, les fondateurs optèrent pour la couleur rouge. Mais, à l’époque, les joueurs portaient des cap (casquette) pour s’identifier sur le terrain. Ainsi, ils commandèrent 12 bonnets rouges à pompom. Le reste de la tenue (chemise et pantalon) était blanc. La raison du choix est inconnue mais les fondateurs ne choisirent pas n’importe quel rouge. Il s’agissait du Rouge Garibaldi.

A cette époque, le révolutionnaire italien était connu pour les combats qu’il menait à travers le monde pour la libération de territoires occupés (Uruguay, Italie …) avec ses troupes de volontaires habillés d’une chemise rouge (camicia rossa), qui devint leur symbole. Durant la guerre en Uruguay qui opposait le gouvernement de la Défense (Gobierno de la Defensa) du Général Rivera (parti colorado (rouge)) à l’ancien président uruguayen blanco (blanc), Manuel Oribe, qui vivait en exil à Buenos Aires, Garibaldi forma en 1843 une troupe composée d’émigrés italiens de Montevideo et prit parti pour la cause uruguayenne de Rivera. Pour équiper sa nouvelle légion, Garibaldi réquisitionna un lot de chemises rouges destinées aux ouvriers des saladeros (abattoirs et saloirs) de Buenos Aires. En raison du blocus vers l’Argentine, le gouvernement de cette dernière soutenant Manuel Oribe, un stock de chemise rouge en laine demeurait dans des entrepôts de Montevideo. Ces vêtements présentaient l’avantage d’être résistants, à bas prix et d’une couleur qui rappelait celle du parti du Général Rivera. Les ouvriers des abattoirs portaient cette couleur distinctives afin que les tâches de sang résultant de leur métier ne s’exposent pas sur leur vêtement. Cet ultime argument convint également à Garibaldi car il permettait de préserver le moral des troupes qui ne verraient pas le sang sur leur vêtement lors ou après les combats. Les fondateurs de Nottingham retinrent peut-être cette couleur car ils avaient de l’admiration pour le révolutionnaire italien, dont le mythe commençait à se répandre en Europe. Peut-être d’ailleurs que le libertaire italien symbolisait un autre héros de la ville, épris de liberté, le célèbre Robin des Bois.

Enfin, la raison est peut-être plus simple : le rouge pouvait être à la mode à l’époque ou alors, comme Garibaldi, les fondateurs du club eurent la chance de tomber sur un lot de bonnets rouges à un prix défiant toute concurrence. En tout cas, ce choix inconnu eut des répercussions importantes car la couleur rouge fit tâche de sang. En faisant un don d’équipements à deux de ses anciens joueurs, Nottingham donna sa couleur rouge à Arsenal (ce dernier inspira à son tour le club tchèque du Sparta Prague cf. article #134). Il détermina aussi la couleur du club argentin d’Independiente (cf. article #274).

#429 – Fortaleza EC : Tricolor do Pici

Les tricolores de Pici. Le club du Nord du pays arbore un blason et évolue dans un maillot à 3 couleurs : bleu, blanc et rouge. Au début du XXème siècle, certains membres la jeunesse privilégié de Fortaleza se rendaient en Europe pour achever leurs études. En revenant au pays, ils ramenèrent dans leurs bagages les nouveaux sports qui émergeaient en Europe tel que le football. En outre, ces étudiants répandaient la culture européenne au sein de la classe aisée de la ville. Ce fut le cas d’Alcides de Castro Santos. Il fit ses études notamment en France. A son retour à Fortaleza, en 1912, il ramena des ballons de foot et créa un premier club de football, dénommé Fortaleza Foot -Ball Club. Mais, le club ne vécut que quelques mois. Alcides persista et en 1915, participa à la fondation d’un nouveau club, Stella Foot-Ball Club. Le nom du club puisait déjà son origine en Europe car Stella était le nom d’un collège suisse où étudiaient les enfants de la haute société de Fortaleza. Une fois de plus, le club ne survécut pas à ces premières années d’existence. Le 18 Octobre 1918, Alcides remit cela, mais cette fois avec succès, en fondant le Fortaleza Sporting Club (qui deviendra le Fortaleza EC). Pour les couleurs, Alcides et les autres fondateurs décidèrent de rendre hommage au pays où ils firent leurs études (et dont la culture était fortement apprécié au Brésil). Ainsi, ils optèrent pour le tricolore français : bleu, blanc, rouge. Les dirigeants estimaient que le bleu symbolisait la noblesse, le blanc le respect et le rouge la lutte et le peuple. Le club s’enorgueillit que ces couleurs n’ont jamais changé depuis leur création. Fait rare au Brésil où beaucoup de clubs durent changer de couleurs en raison des difficultés d’obtention de certains tissus colorés ou de la décoloration des uniformes au fur et à mesure des lavages (cf. article #400 – CR do Flamengo et #23 – Grêmio Porto Alegre).

Pici est le nom du quartier où fut créé le club.

#423 – FC Sion : les Rouges et Blancs

Il s’agit des couleurs traditionnels du FC Sion mais également de la ville de Sion et du Canton du Valais, où se situe la ville. En fait, le blason du club, qui se présente sous la forme de deux bandes rouge et blanche, avec deux étoiles rouges, reprend celui de la ville qui inspira celui du Valais. Tous ces emblèmes puisent leur origine dans les armoiries de la principauté épiscopale de Sion. Sous l’empire romain, l’importance du municipe de Sion était croissante, même si elle demeurait dans l’ombre d’autres cités. Entre 565 et 585, Sion devint siège épiscopal, et en 999, le roi de Bourgogne Rodolphe III donna au titulaire du siège épiscopal le comté du Valais. Ainsi, Sion prit de l’envergure et devint capitale religieuse, culturelle et politique du pays valaisan, et au-delà. Sion porta alors naturellement les couleurs blanche et rouge de la bannière épiscopale, citée dès 1220, et donc les armes de la ville se confondaient avec celles du Siège épiscopal. Les pièces de monnaie du Valais, les thalers, datés de 1498, 1501 et 1528, étaient constituées d’un simple écu parti (divisé). Cependant, deux étoiles furent ajoutées dès 1368 au blason de la ville afin de distinguer la ville et le Siège.

#422 – Chicago Fire FC : Men in Red

Les hommes en rouge, couleur traditionnel du club depuis sa création en 1997. Cette couleur se réfère à celle des camions de pompier de la ville (comme dans la plupart des pays d’ailleurs) et cela paraît logique quand on s’appelle Fire. Tout le club a été bâti sur l’imagerie des combattants du feu car les fondateurs voulaient rendre hommage à ces hommes et au grand incendie de Chicago qui se déroula du 8 au 10 Octobre 1871. Cet incendie fut particulièrement dévastateur et marqua profondément la ville. Il tua environ 300 personnes et laissa près de 100 000 habitants sans abri (soit un tiers de la population). 9km2 de la ville (soit le tiers de sa superficie) fut détruit. Cela représenta plus de 117 km de routes, 190 km de trottoir, 2 000 lampadaires, 17 500 bâtiments et au final, 222 millions de dollars de biens ravagés. Suite à l’incendie, Chicago fut rapidement reconstruit, améliorant au passage les normes anti-incendie des bâtiments, et paradoxalement, cet évènement contribua au développement important de la ville à compter de la fin du XIXème siècle. De nombreux films ou romans s’inspirent de cette catastrophe tout comme d’autres clubs sportifs : les équipes de sports de l’Université de l’Illinois de Chicago s’appellent les Flames. Deux précédentes équipes de soccer se dénommèrent également Fire.

L’équipe actuelle se créa officiellement le 8 Octobre 1997, soit pour le 126ème anniversaire du grand incendie. Si Nike, l’équipementier officiel en 1997, souhaita développer le nom de Chicago Rythm, la direction imposa le choix de Chicago Fire. Ensuite, la couleur rouge fut prise pour rappeler celle des camions de pompiers. En outre, les maillots ont été désignés avec une large bande blanche horizontale, au niveau du torse, pour ressembler à l’équipement d’un pompier de Chicago (manteau noir avec une bande blanche ou jaune sur le torse et les manches). L’hommage ne s’arrêta pas là. De 1997 à 2019, le blason du club fut dérivé de la croix de Saint Florian, symbole courant des unités de pompiers aux Etats-Unis. Et lorsque en 2019, il fut décidé de changer le logo, le nouveau était oval intégrant 3 triangles rouges, avec en reflet 3 jaunes, dénommés « Fire Crown », et faisait toujours référence au grand incendie en symbolisant cette fois la revitalisation de la ville après l’événement.

#400 – CR do Flamengo : Rubro-Negro

Les rouge et noir, célèbre couleurs du club carioca. Lors de la réunion de 1895 qui fonda le club d’aviron de Flamengo, les membres décidèrent que les couleurs officiels seraient le bleu et l’or pour symboliser le ciel de Rio de Janeiro et les richesses du Brésil. Ainsi, l’équipe d’aviron du club arborait un uniforme à larges bandes horizontales bleu et or. Cependant, Flamengo ne remporta qu’une seule frégate la première année et ces couleurs devinrent synonymes de malchance. En outre, les tissus bleus et ors étaient importés d’Angleterre dont le prix était onéreux et la disponibilité aléatoire. Un an après la création du club, la direction opta pour un nouvel équipement rayé rouge et noir. En 1911, la section football fut créée mais les athlètes de l’aviron n’autorisèrent pas les footballeurs à porter le même maillot. Ces derniers adoptèrent alors une chemise à carreaux rouge et noire, connue sous le nom de Papagaio de Vintém (perroquet désargenté). Mais, celle-ci aussi fut synonyme de malchance et fut remplacée, en 1913 par une chemise à rayures horizontales rouges, noires et blanches semblables aux couleurs d’un serpent de corail (cet équipement fut donc dénommé cobra coral). Mais, la Première Guerre Mondiale éclata et le maillot carioca apparaissait alors très similaire au drapeau de l’Empire Allemand, pays ennemi du Brésil. En 1916, la direction supprima les bandes blanches afin de ne pas provoquer de controverse. Cette fois, les rameurs acceptèrent que les footballeurs eurent le même équipement. La chemise rayée rouge-noire fut alors à jamais immortalisée pour le Flamengo.