L’origine de ce surnom est incertaine. Mais, la légende la plus admise veut qu’il soit un héritage de l’Olympique Lillois, un des clubs dont est issu le LOSC. Dans les années 1930, l’Olympique Lillois était un club qui comptait. Il fut notamment le premier champion de France en 1933, enregistrant une belle performance avec 8 victoires à domicile sur 9 matchs et, à l’extérieur, 6 victoires. Même si le club ne parvint pas à ajouter d’autres trophées dans sa galerie avant l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, il termina à la seconde place du championnat en 1935 et atteignit la finale de la Coupe de France en 1939. Dans ces années, après une victoire face à Paris, un journaliste parisien aurait comparé les joueurs à des dogues en raison de leur pugnacité. L’image est restée. Elle sera assumée à partir du début des années 80 quand l’animal fera son apparition sur l’écusson.
Étiquette : Style de jeu
#47 – CA San Lorenzo : el Ciclón
Le club est surnommé le cyclone. Il existe deux versions à ce surnom. La plus répandue veut qu’il fut créé par le journaliste Hugo Marini en 1932. Alors que les réseaux sociaux et télévision n’existaient pas et que la radio en était encore à ses premiers balbutiements, la presse écrite disposait d’un immense pouvoir pour accompagner l’explosion de la popularité du football en Argentine. Par ses chroniques drôles et hyperboliques, Hugo Marini, journaliste à « Crítica », en fut l’un des plus importants représentants et surtout inventa et immortalisa un grand nombre d’expressions populaires et surnoms pour le ballon rond. Il est à l’origine de « douzième homme » et des surnoms entre autre “Millonarios” pour River, “Los Gauchos de Boedo” pour San Lorenzo et “El Fortín” pour Velez. A l’origine de la création du championnat professionnel au début des années 1930, San Lorenzo en était l’un des principaux protagonistes et produisait un superbe football offensif, basé sur le mouvement et la vitesse. Pour souligner ce style de jeu et les nombreuses raclées affligées par San Lorenzo à ses adversaires, Marini utilisa le terme ciclón.
L’autre version s’attache au principal rival du CA San Lorenzo, le CA Huracán. Les deux clubs sont les représentants des quartiers sud du centre ville de Buenos Aires. Issu en 1908 de la réunion d’une association de jeunes du quartier voisin de Nueva Pompeya et d’étudiants du Colegio San Martín, du Parque Patricios, Huracán s’établit dans ce dernier quartier pour en devenir aujourd’hui le symbole sportif. Légèrement au Nord du Parque Patricio, la même année (1908), sous l’impulsion d’un prêtre, des jeunes des quartiers limitrophes de Caballito et Almagro fondèrent le CA San Lorenzo. Almagro accueillit leur stade El Gasómetro jusqu’en 1979 et aujourd’hui, de nombreuses installations et bureaux du club s’y situent toujours. Cette rivalité géographique donne lieu au célèbre derby du clásico porteño et les deux clubs et leurs supporteurs construisirent leurs identités aussi au travers de cet affrontement. Résultat, les supporteurs de San Lorenzo baptisèrent leur club « cyclone » pour embêter et surclasser leur rivaux d’Huracan, qui signifie ouragan. Dans leur imaginaire, un cyclone était plus violent qu’un ouragan. Pourtant, d’après les météorologues, un typhon, un cyclone et un ouragan correspondent à seule et même réalité météorologique : un phénomène tourbillonnaire des régions tropicales accompagné de vents violent. Simplement, en fonction de leur emplacement géographique, le phénomène prend un nom différent.
#24 – Atlético Mineiro : Galo
Le coq. Il s’agit du symbole du club puisque c’est à la fois son surnom et sa mascotte. Il fut choisi par Fernando Pierucetti (mieux connu sous le pseudonyme de Mangabeira). Álvares da Silva, secrétaire du quotidien Folha de Minas, qui délivrait l’une des pages sportives les plus importantes et dynamiques de la presse du Minas Gerais à cette époque, décida d’imiter son confrère de Rio de Janeiro, Jornal dos Sports, qui avait décidé quelques années auparavant de personnaliser les équipes cariocas au travers de personnages de bande dessiné. Flamengo était Popeye, Fluminense était Pó-de-arroz, Vasco était Almirante, Botafogo était Donald Duck et America était le Diable. Álvares da Silva confia à Fernando Pierucetti, professeur de dessin et illustrateur du supplément littéraire et de la page pour enfants du journal, la réalisation de ces mascottes qui devaient puiser leur source dans l’univers des fables d’Ésope et de La Fontaine, mais en utilisant des animaux de la faune brésilienne. Pierucetti dessina alors la mascotte des 3 grands clubs de la ville : Atlético, Cruzeiro et América.
L’inspiration pour trouver les animaux représentatifs des clubs vint d’éléments qui faisaient déjà partie de l’imagerie populaire. L’Atlético avait une réputation de « bon combattant », de ne jamais abandonner comme un coq de combat et son uniforme noir et blanc ressemblait à un coq de la race carijó. L’Atlético apparut donc sous les traits de Mangabeira en un coq de combat, au bec crochu et toujours prêt à déchirer la chair de son adversaire. L’animal s’ancra rapidement dans l’esprit des supporteurs. On raconte que Zé do Monte, l’idole de l’Atlético dans les années 1940 et 1950, entrait sur le terrain avec un coq sous le bras. D’autres surnoms en sont dérivés : Galo das Américas (coq des Amériques), Galo Doido (coq fou).
#22 – Beşiktaş JK : Kara Kartallar
Les Aigles Noirs, emblème du club. Champion les deux dernières saisons, Beşiktaş débuta la saison 1940-41 avec une équipe jeune et renouvelée. Au fil des semaines, le club était en tête du championnat avec une avance conséquente. Le dimanche 19 janvier 1941, 5 semaines avant la fin de la saison, Beşiktaş affrontait le club de Süleymaniye. L’équipe, qui portait des maillots entièrement noirs, comme dans la plupart des matches de cette saison, développa comme à son habitude un beau football et, bien que menant confortablement, Beşiktaş ne fermait pas le jeu et attaquait sans cesse pour le plus grand plaisir de ses fans. Dans les tribunes du stade Şeref, une voix d’un supporteur, un pêcheur appelé Mehmet Galin, se fit entendre « Haydi Kara Kartallar. Hücum edin Kara Kartallar » (Allez les Aigles Noirs, Attaquez les Aigles Noirs). D’autres supporteurs scandèrent alors ce refrain. Le club remporta le match 6-0, avec 3 magnifiques buts marqués par Şeref Görkey, et un but de Hakkı, de Şakir et de Şükrü. Son jeu direct, offensif, pratiqué par des joueurs tout de noir vêtus rappelait des aigles noirs. Des milliers de fans et de journalistes après le match reprirent ce surnom. Au-delà de ce match, la saison 1941 fut celle des records pour Beşiktaş. Les joueurs remportèrent tous les matchs du championnat, inscrivant au passage 84 buts en 18 matches. Un championnat qui fut survolé par un aigle.
Retraité de la société de tramway d’Istamboul, Mehmet Galin vivait près du stade de Beşiktaş. Fan dévoué de Beşiktaş, il ne manquait pas un entrainement ou un match de l’équipe. La métaphore des « Aigles noirs » lui vint certainement par la puissance développée par son équipe de cœur et le fait qu’il portait des maillots intégralement noirs. Mais également peut-être que ses origines égyptiennes jouèrent un peu, l’Aigle occupant une place importante dans la culture égyptienne comme sa présence sur le drapeau national. Mehmet Galin fut surnommé « Karakartal Mehmet » par son entourage jusqu’à son décès.
