#1256 – CR do Flamengo : o Mais Querido do Brasil

Le préféré du Brésil, le plus aimé du Brésil. Tout en nuance et modestie pour l’un des clubs brésiliens les plus connus. Flamengo s’est constitué au fil des années un des plus beaux palmarès du Brésil, avec notamment 7 titres de Champion, 5 coupes nationales, une coupe intercontinentale, 3 Copa Libertadores, 1 Recopa Sudamericana et 1 Copa Sudamericana. Ces trophées, associés à un style de jeu offensif à certaines périodes et à des grandes stars brésiliennes (le pelé blanc, Zico, Bebeto, Júnior, Leonardo, Carlos Mozer, Zizinho et Leônidas), catalysèrent naturellement l’amour des fans.

Régulièrement des sondages sont effectués pour déterminer le club qui compte le plus de supporteurs dans le pays. Ni surprise, ni contestation, Flamengo ressort sondage après sondage à la première place. Le club carioca recueillait 20,1% des suffrages dans l’enquête réalisée par AtlasIntel en Août 2024, loin devant le second (Corinthians 14,5%). Ce résultat demeure en ligne avec tous les autres études réalisées (25% pour CNN Esportes/Itatiaia/Quaest, 21% pour Datafolha). En 2022, le journal « O Globo » et l’institut de sondage « Ipec » estimait que Flamengo comptait 46,5 millions de fans à travers le pays (contre 33,06 millions pour le second, Corinthians). A fin Août 2024, près de 60 millions de personnes suivaient Flamengo sur les grands réseaux sociaux (Facebook, X, Tik Tok, YouTube, Instagram) et le club glanait le titre de l’équipe brésilienne la plus suivie sur chacun des réseaux.

Mais, avant tout ce palmarès et toutes ces études, il y a une petite histoire qui conduit à ce surnom honorifique. Dans l’édition du 1er octobre 1927, le quotidien « Jornal do Brasil » annonçait l’organisation, en partenariat avec l’entreprise d’eau minérale « Salutaris », d’un concours pour déterminer le club le plus aimé du Brésil. Selon le règlement du concours, les supporters devaient voter en écrivant le nom de leur équipe préférée sur l’étiquette d’une bouteille d’eau Salutaris ou sur le coupon imprimé dans le journal, et l’envoyer au siège du quotidien. Les récompenses pour le vainqueur était la Taça Salutaris, un trophée en argent d’environ un mètre et demi de long, ainsi que le titre du club le plus aimé du Brésil. A la fin du premier tour, Flamengo et Vasco da Gama furent sélectionnés en finale et un nouveau vote fut organisé. Dans toute la ville, les deux clubs mobilisèrent leurs fans et leurs supporteurs organisèrent des collectes des bulletins de vote. À la fin du dépouillement, Flamengo obtint 254 850 voix et remporta le titre. Seulement, pour les supporteurs du Vasco, le résultat du concours aurait été faussé suite à des malversations des fans du Flamengo. En effet, des membres du Flamengo occupèrent la porte du siège du journal, déguisés en fans du Vasco. Confiants, les supporteurs des noir et blanc, qui se rendaient chez le quotidien pour y déposer les sacs remplis de bulletins de vote, les donnèrent aux faux sympathisants, qui s’empressaient d’aller les jeter aux toilettes. Pour les fans de Flamengo qui ne renient pas cette histoire, ces manoeuvres ne visaient qu’à compenser la puissance financière de Vasco et ses fans qui pouvaient acheter des milliers de journaux et de bouteilles.

Ce titre contesté fut confirmé bien des années plus tard. En 1973, le magazine « Placar » organisa le même concours que Flamengo remporta une nouvelle fois, ainsi qu’une nouvelle coupe. Les deux trophées sont exposés au siège du club et les supporters de Flamengo aiment afficher dans leur stade des bannières portant les mots O Mais Querido.

#1241 – CSD Colo Colo : el Popular

Le populaire. Au Chili, le football se réduit souvent au match entre les 3 clubs de la capitale : Colo Colo, l’Universidad de Chile et l’Universidad Católica. Ces derniers trustent, en 2024, 67 championnats sur les 107 éditions de la première division chilienne ainsi que 23 Coupes nationales sur 43 éditions. Naturellement, avec une telle domination et une large zone de chalandise (Santiago, la capitale du pays avec 6,3 millions d’habitants), vous attirez des supporteurs. Et dans ce combat, il semble que Colo Colo a gagné le match.

Pour le mesurer, reportons nous à quelques enquêtes. Selon le média internet sudaméricain, BolaVip, en 2024, Colo Colo compte 58 500 socios actifs et 8 millions de sympathisants dans le pays, loin devant Universidad de Chile, qui dénombre 40 000 socios actifs et 4 à 5 millions sympathisants, et Universidad Católica, avec 11 567 socios et 2 à 3 millions sympathisants. Selon un sondage de l’organisme caritatif, Servicio Jesuita a Migrantes en Chile, Colo Colo est l’équipe préférée des immigrants au Chili, recueillant 46% des votes (seulement 27,6% pour Universidad de Chile). Enfin, la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL) a établi la liste des équipes les plus populaires du continent en 2016 et Colo Colo est ressorti premier club chilien du classement, à la 13ème place, avec 7 140 000 fans. Cette popularité se confirme dans les audiences télé. En 2023, sur TNT Sports, Colo Colo a été le programme le plus populaire en atteignant 185 941 foyers, soit une croissance de 28 % par rapport à la saison précédente.

Lorsque les fondateurs créèrent le club en 1925, ils le souhaitaient ouvert à tous et pour le signifier, choisirent d’inscrire les couleurs du pays dans le blason comme symbole. Dans les premières années, l’équipe se déplaça dans le pays (notamment au Sud) faire des tournées, ce qui favorisa le développement de son aura. Puis, en 1927, Colo-Colo fut la première équipe chilienne à parcourir le Vieux Continent, renforçant sa notoriété dans le pays. Surtout, Colo Colo se constitua un solide palmares, qui lui donna un grand prestige. Sans revenir sur les trophées nationaux (33 championnats, 14 coupes), l’un des grands exploits de Colo Colo fut de remporter la Copa Libertadores en 1991 (contre les paraguayens Club Olimpia), la seule gagnée par un club chilien. Cette finale a évidemment atteint le record d’audience de la télévision chilienne. On raconte même que les militaires lors du coup d’état de 1973 avaient conscience qu’ils ne pourraient pas le réaliser pendant une victoire de Colo Colo.

#1237 – Dundee United FC : Arabs

Les arabes. La péninsule arabique ne s’est pas répandue jusqu’aux rives orientales de l’Écosse. Mais, il est vrai que les supporteurs du club sont connus comme les arabes et ce sobriquet a déteint sur le club et ses joueurs. D’innombrables keffiehs (turban traditionnel arabe) à la couleur mandarine (teinte du club) coiffent la tête des supporters de United et de nombreux t-shirts annoncent que leur porteur est « proud to be an Arab » (fier d’être arabe). Si vous vous renseignez sur ce surnom, on vous parlera généralement de l’hiver 1962-1963.

Cet hiver là, en Écosse, les températures descendirent très bas (-30°C) et le terrain du club, Tannadice, était gelé et impraticable. Les matchs repoussés s’accumulaient et en conséquence, l’argent ne rentrait plus et les caisses du club se vidaient. En Janvier 1963, le match de Coupe d’Écosse contre Albion Rovers approchait et Jerry Kerr, le manager, se démena pour rendre possible la rencontre. Des braseros furent d’abord utilisés, mais le résultat n’était pas suffisant. William Briggs Sons, constructeurs de routes à la raffinerie Camperdown, proposa d’utiliser un brûleur de goudron pour faire fondre la couche de glace. La glace fondit effectivement mais la pelouse brûla également. Nouveau branle-bas de combat et plusieurs camions vinrent déposer du sable sur le terrain. Le 26, l’arbitre déclara à la surprise générale le terrain praticable, et devant 12.000 spectateurs, Dundee remporta aisément le match 3 buts à 0 (marqués par Doug Smith, Dennis Gillespie et Wattie Carlyle). Le lendemain, la presse souligna que l’équipe « took to the sand like Arabs » (s’était emparé du sable comme des Arabes).

L’histoire est belle mais selon des dernières recherches, il s’agirait d’une légende. Ainsi, la bonne version remonterait également aux années 1960 quand, en imitation du kop de Liverpool, les fans de United se mirent à détourner des chansons pop pour supporter leur équipe. Dans une des travées du stade, il y avait, à chaque match, un homme mince d’âge moyen portant un long manteau et une casquette qui entrainaient les jeunes à chanter. Un jour, il s’adressa à eux en déclarant « I am Nasser and you are my Arabs! » (Je suis Nasser et vous êtes mes arabes). Référence pas si étonnante à cette période. Depuis sa prise de pouvoir en 1956, le leader égyptien, Gamal Nasser, était devenu une icone dans le monde arabe, en promouvant sa doctrine socialiste et pan-arabique. Son influence sur les peuples arabes et son aura internationale s’accrurent quand il défia l’occident lors de la crise du Canal de Suez et lorsqu’il unifia la Syrie à l’Egypte, au sein de la République Arabe Unie. Au point d’atteindre l’enceinte de Dundee.

#1232 – Djurgårdens IF : Apor

Les singes. Dans les années 1980, les supporteurs adverses, en particulier ceux des rivaux de l’AIK et de Hammarby IF, avaient pris l’habitude de jeter aux joueurs et aux fans de Djurgårdens des bananes, les comparant ainsi aux primates. Evidemment que ce geste était insultant mais se basait sur une réalité du quartier insulaire de Stockholm. En effet, l’île de Djurgården accueille depuis la fin du XIXème siècle le musée en plein air de Skansen, qui abrite également un parc zoologique. Alors que la Suède connaissait de profonds changements, Artur Hazelius, craignait que la culture populaire suédoise disparût et créa ainsi en 1891 un musée réunissant des pièces de la vie quotidienne. Plus de 140 bâtisses typiques furent ainsi reconstruites pierre par pierre dans ce parc. Dans les premières années, le musée hébergea également des espèces présentes en Suède comme des rennes, des chiens, des poules, des oies et des canards. Puis, il fut reconnu comme un zoo en 1924 lorsqu’il reçut les fonds nécessaires pour construire la maison des singes, appelée Djurhuset. A compter de cette date, le cheptel d’animaux comprenait ceux endémiques de la Suède ainsi que des exotiques comme des perroquets, tortues, poissons et donc aussi des babouins, gibbons et petits singes. Ainsi, depuis plus d’un siècle, le quartier de Djurgården est connu pour ce musée et sa montagne aux singes.

Comme souvent avec des surnoms ironiques, les fans moqués se l’approprient et le tournent alors en fierté. Et donc les supporteurs de Djurgården n’hésitent pas aujourd’hui à afficher des primates et les tiffos affichant un gorille (un gorille est plus impressionant et moins amusant qu’un singe) ne sont pas rares. Le club lui-même joue sur cet aspect en vendant des t-shirts où le logo de l’entreprise Chiquita, un des plus grands producteurs de bananes au monde, était confondu avec celui du club et le slogan « Ge oss bananer » (donnez nous des bananes) apparaissait en dessous. Résultat, beaucoup dans les tribunes pensaient que la tradition du lancer de bananes était innocente et était un élément folklorique de la rivalité historique entre les supporters des trois grands clubs de Stockholm.  Toutefois, elle trouva ses limites quand, au début des années 2000, le gardien de Djurgårdens IF était le gambien Pa Dembo Touray. Le folklore empruntait alors le chemin de manifestations racistes et finit donc par disparaitre. En revanche, le surnom résista à cette prise de conscience du public.

#1176 – CSD Municipal : el Mimado de la Afición

Le chouchou des fans. Fondé le 17 Mai 1936 par des employés municipaux de la ville de Guatemala, Municipal s’est constitué l’un des plus beaux palmarès du pays. Il partage la première place du pays avec son grand rival, Comunicaciones FC : 31 titres de champion du Guatemala (1942-1943, 1947, 1950-1951, 1954-1955, 1963-1964, 1965-1966, 1969-1970, 1973, 1974, 1976, 1987, 1988-1989, 1989-1990, 1991-1992, 1993-1994, Clôture 2000, Ouverture 2000, 2001, Clôture 2002, Ouverture 2003, Clôture 2004, Clôture 2005, Ouverture 2005, Clôture 2006, Ouverture 2006, Clôture 2008, Ouverture 2009, Clôture 2010, Ouverture 2011, Clôture 2017, Ouverture 2019), 8 coupes nationales (1960, 1967, 1969, 1994, 1995, 1998, 2003, 2004) ainsi que 5 supercoupes du pays (1952, 1967, 1977, 1994, 1996). Au plan continental, Municipal a mis tout le monde d’accord avec le plus beau palmarès guatémaltèque : une coupe des champions de la Concacaf (1974), la seule remportée par un club du Guatemala et 4 coupes Interclubes de l’UNCAF (1974, 1977, 2001, 2004).

Avec ce palmarès, Municipal est l’une des équipes les plus populaires du Guatemala et compte une large base de fans. Son stade Manuel Felipe Carrera, surnommé El Trébol, de 6 500 places affiche à quasiment chaque journée de championnat l’une des plus fortes affluences. La fréquentation peut atteindre plus de 6 000 personnes quand d’autres équipes évoluent devant moins de 300 spectateurs. Lors du tournoi de clôture 2019, le nombre de spectateurs cumulé au Trébol atteignait 62 509 personnes, record du pays bien que le club joua deux matchs de moins par rapport au champion, Antigua GFC. Pour la finale retour du tournoi de clôture 2024, la vente des billets débuta le 7 Mai dernier et en moins de 3 heures, toutes les places du stade El Trébol furent vendues.

Ce type de surnom se trouve souvent attribué en Amérique central, tandis qu’en Amérique du Sud, le terme el más querido (le plus aimé) est plus usité.

#1108 – Royal Olympic Charleroi : les Dogues

Dans le Pays noir, l’agglomération de Charleroi rassemble plus de 425 000 habitants et constitue son centre névralgique. La pratique du football, à Charleroi, a toujours été illustrée et dominée par deux formations. D’un côté, le Sporting, fondé en 1904, et de l’autre l’Olympic, fondé en 1912. Si les deux clubs arborent les mêmes couleurs, noir et blanc, ils nourrissent une vieille rivalité et la cité est séparée entre les pro-Sporting et les pro-Olympic. Tout au long de leur histoire, les deux formations bataillèrent souvent dans les différentes divisions belges pour s’imposer comme le fer de lance de la ville. Mais, le dernier face-à-face entre les deux clubs, en tant que pensionnaires de l’élite belge, remonte à 1975 et se solda par une victoire nette et sans bavure du Sporting (7-1), marquant le début du déclin sportif de l’Olympic. Ce derby enflammé offrait un match animalier puisque d’un côté, les joueurs du Sporting sont surnommés les zèbres (cf. #268), tandis que ceux de l’Olympic sont des dogues.

Selon la légende, le surnom serait né dès les premières années d’existence de l’Olympic. Lors d’un match joué par l’Olympic à la Plaine des Manœuvres, parmi les spectateurs se trouvaient une femme accompagnée de ses chiens, des dogues. Avec les mouvements de la balle et des joueurs ainsi que les encouragements bruyant des fans, les chiens s’agitaient et aboyaient. Le lendemain, un journaliste décrivait la rencontre dans son quotidien et, ayant remarqué le manège des chiens, compara le style de jeu agressif et le caractère irascible des joueurs de l’Olympic avec le comportement des dogues. Résultat, ce surnom fut repris et demeura au fil des années. Au point qu’un dogue s’installa sur le blason du club dès les années 1920 et perdura jusqu’à aujourd’hui, malgré les changements.

#1103 – FK Velež Mostar : Rođeni

Les natifs (ou les indigènes). Le football s’installa dans la ville de Mostar au début du XXème siècle avec le club du HŠK Zrinjski Mostar, qui représentait la communauté croate. En 1922, Gojko Vuković, un révolutionnaire et citoyen éminent de Mostar, décida de créer un nouveau club, qui représenterait la classe ouvrière et la communauté bosniaque. Depuis, Velež est devenu l’un des principaux clubs de la ville et de la Bosnie. Il le fut aussi pendant la période communiste de la Yougoslavie.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la Yougoslavie rassemblait les Serbes, les Croates, les Slovènes et les Bosniaques entre autre. Au niveau football, les autorités communistes décidèrent de bannir les clubs de football qui avaient participé au championnat durant la guerre et en particulier les clubs croates qui avaient été soutenus par les oustachis (mouvement croate, fasciste et séparatiste). Zrinjski, club croate, fut dissous mais le Velež, qui était un club de la classe ouvrière, redémarra en 3ème division. Au début des années 1950, la légende raconte que les représentants de l’État Yougoslave imposèrent que la Bosnie devait consacrer toutes ses ressources footballistiques à un seul club qui pourrait la représenter au sein de l’élite et le choix se porta sur le FK Sarajevo, fondé en 1946 avec le soutien de la Ligue communiste de Bosnie-Herzégovine. Ainsi, tous les meilleurs joueurs de Bosnie durent intégrer l’équipe de Sarajevo. Toutefois, les joueurs du Velež n’acceptèrent pas ce diktat venue d’en haut, abandonnèrent Sarajevo et revénèrent rapidement joueur pour le Velež.

Lorsque Ljubo Petković, un chauffeur de Mostar et ardent supporteur de Velež, vit en maillot rouge les joueurs revenus de Sarajevo pour défendre Velež dans le champion de Bosnie-Herzégovine, il se mit à crier « Napri­jed, rođeni » (Allez-y, les natifs). Les travées du stade commencèrent à scander le terme rođeni. Plus tard Ljubo Petković indiqua « Ne znam ni sam kako je došlo do toga da sam izgovorio tu riječ. Iznenada, spontano, izgovorio sam ono što sam osjećao… » (Je ne sais même pas comment j’en suis arrivé à prononcer ce mot. Soudain, spontanément, j’ai dit ce que je ressentais…). De match en match, ce slogan devint un encouragement puis l’hymne du club le reprit. Il est maintenant un surnom pour l’équipe de Velež.

#1082 – UD Las Palmas : Pio-Pio

Piu-Piu, l’onomatopée qui imite le piaillement des oiseaux. Evidemment, l’équipe évoluant en jaune et le Serin des Canaries étant une espèce de passereau jaunâtre endémique des Îles Canaries, le terme Pio-Pio apparaît adapté. D’autant plus que la cité de Las Palmas de Grande Canarie se situe dans les Îles Canaries dont le nom suggère immédiatement l’oiseau. Pourtant, ce dernier point est faux puisque, s’il existe différentes versions sur l’étymologie des Îles Canaries, la plupart converge vers … le chien. En effet, Canaries pourraient faire référence, soit aux premiers peuples berbères habitant les Îles et dont le nom était canarii (Pline l’Ancien les nommait ainsi. Le mot dérivait du latin canis (chien) et soulignait le caractère sauvage de ce peuple), soit aux chiens de garenne des Canaries qui peuplent les Îles (Pline l’Ancien les décrivit suite au voyage du Roi berbère Juba II de Maurétanie dans les Îles), soit enfin en raison des phoques dénommés chiens de mer (canis marinus) que les explorateurs européens découvrirent en arrivant sur l’Île.

Dès sa création en 1949, le club opta pour les couleurs du drapeau de l’île de Grande Canarie (où se situe Las Palmas et qui constitue l’une des îles de l’archipel des Canaries) : jaune et bleu. Le choix de ces couleurs pour Grande Canarie n’est pas documenté mais aujourd’hui, on attribut à ses couleurs le fait de représenter la mer (bleu) et le paysage désertique des sommets de l’île (jaune). Pour le club, dans l’édition du 20 octobre 1949 du journal « Canarias Deportiva », les couleurs furent décrites comme « el oro de nuestras playas y el azul de nuestro mar » (l’or de nos plages et le bleu de notre mer).

La naissance du surnom intervint bien plus tard, dans les années 1980. Lors d’un derby face au CD Tenerife, les supporteurs de Las Palmas se déplacèrent au Stade Heliodoro Rodríguez López. Ils furent reçus avec des insultes et des jets d’œufs, accompagnés des cris « canarión » (petit canarie). Le célèbre supporteur de Las Palmas, Fernando El Bandera, leur répondit alors par « Pio-Pio« . Et à chaque nouveau cri ou insulte, Fernando scandait « Pio-Pio » . Le terme devint un encouragement, une chanson qui raisonnait dans les tribunes puis enfin le surnom du club et de ses joueurs. En Décembre 1994, la mascotte sous la forme d’un canari fit son apparition et prit le nom de Pio-Pio.

#1067 – Middlesbrough FC : the Smoggies

Le terme est dérivé de smog (brouillard) mais cet article vous permettra de sortir … de ce brouillard. Ce surnom s’attache à tous les habitants de Middlesbrough et ceux de la région du Teesside. Le terme désigne également l’accent local et le dialecte de la région. Il fut un peu plus tard utilisé ironiquement par les supporteurs adverses pour nommer les fans du club de Middlesbrough. Pour comprendre sa signification, il faut revenir à ce qui modela la région : la sidérurgie.

L’histoire de Middlesbrough se confond avec celle de la révolution industrielle et de l’avènement de la Reine Victoria et de l’Empire Britanique. Comme un certain nombre de villes du Nord de l’Angleterre, soutenues par les découvertes de mine de charbon, de fer ou d’autres minerais, Middlesbrough devint au cours du XIXème et XXème un important centre industriel mondial. L’essor de Middlesbrough fut d’ailleurs remarquable puisqu’en 1801, il s’agissait d’un petit hameau de 25 habitants qui se transforma en un siècle en une ville de plus de 90 000 habitants. Avec une infrastructure de transport naturelle (le fleuve Tees qui se jette dans la Mer du Nord) et des riches ressources (la découverte de réserves de fer dans les collines de Cleveland en 1850), la première usine sidérurgique (Henry Bolckow et John Vaughan) s’étendait dès 1864 sur plus de 280 hectares le long des rives de la rivière Tees. Puis, l’entreprise Dorman Long prit le relais et devint le principal producteur d’acier et le plus grand employeur. À l’apogée, 91 hauts fourneaux dans un rayon de 10 milles le long de la Tees fonctionnaient. En outre, le poids économique de la région faisait que le prix mondial de l’acier et du fer étaient fixés dans ce coin de l’Angleterre. Mais, au fil des années, la concurrence poussa au déclin. Dans les années 1960, afin de les sauver, de nombreuses entreprises (dont Dorman Long) furent nationalisées sous l’égide de British Steel. Ceci n’empêcha pas le déclin face à l’acier asiatique et les dernières aciéries fermèrent en 2015.

L’importance de l’industrie lourde et son empreinte dans le développement de Middlesbrough conduit la ville à gagner rapidement le nom d’Ironopolis. Mais, la contrepartie fut des niveaux élevés de pollution, qui se concrétisaient par un épais brouillard recouvrant régulièrement la région. Les supporters rivaux de Sunderland et Newcastle ne manquèrent pas de s’en moquer. A domicile, ils scandaient « What’s it like to smell fresh air ? » (Qu’est-ce que cela fait de sentir de l’air frais ?) et à l’extérieur « smog monsters » (les monstres du brouillard). Ce dernier terme se transforma par la suite en smoggies et finalement, les supporteurs de Middlesbrough se l’approprièrent et le revendiquèrent.

#1064 – Hapoël Ramat Gan : האורדונים

La signification du terme a finalement peu d’importance car il s’est instauré non par son sens mais plus pour sa sonorité. Il signifie « fils de l’homme », avec probablement une racine commune avec le fleuve Jourdain. Le surnom est d’abord apparu au sein d’un autre club. Dans les années 1960, le quartier de Shapira, à Tel Aviv, était le fief des fans du Hakoah Tel Aviv (qui devint plus tard Hakoa Ramat Gan). L’un des supporteurs et habitant du quartier, Eitan Krok, commença à utiliser le terme האורדונים pour désigner les fans de son club préféré. Il choisit ce surnom uniquement car il lui plaisait. Il n’y attacha aucune signification particulière. Le terme s’infusa petit à petit et dépassa l’enceinte du stade pour s’imposer dans tout Ramat Gan. Quelques années plus tard, dans les années 1970, Roni Zeidman, le capitaine de l’équipe de jeunes de l’Hapoel Ramat Gan, qui fut champion national junior en 1977, commença à l’utiliser fréquemment dans le vestiaire et en dehors. Finalement, il s’imposa comme le surnom de l’Hapoël.

Toutefois, pour Roni Zeidman, l’origine du surnom est différente. En argot, האורדונים désigne une « putain » et il est utilisé dans une phrase qui signifie « je les ai baisé » . Un moyen comme un autre pour motiver ses troupes avant un match.