#1176 – CSD Municipal : el Mimado de la Afición

Le chouchou des fans. Fondé le 17 Mai 1936 par des employés municipaux de la ville de Guatemala, Municipal s’est constitué l’un des plus beaux palmarès du pays. Il partage la première place du pays avec son grand rival, Comunicaciones FC : 31 titres de champion du Guatemala (1942-1943, 1947, 1950-1951, 1954-1955, 1963-1964, 1965-1966, 1969-1970, 1973, 1974, 1976, 1987, 1988-1989, 1989-1990, 1991-1992, 1993-1994, Clôture 2000, Ouverture 2000, 2001, Clôture 2002, Ouverture 2003, Clôture 2004, Clôture 2005, Ouverture 2005, Clôture 2006, Ouverture 2006, Clôture 2008, Ouverture 2009, Clôture 2010, Ouverture 2011, Clôture 2017, Ouverture 2019), 8 coupes nationales (1960, 1967, 1969, 1994, 1995, 1998, 2003, 2004) ainsi que 5 supercoupes du pays (1952, 1967, 1977, 1994, 1996). Au plan continental, Municipal a mis tout le monde d’accord avec le plus beau palmarès guatémaltèque : une coupe des champions de la Concacaf (1974), la seule remportée par un club du Guatemala et 4 coupes Interclubes de l’UNCAF (1974, 1977, 2001, 2004).

Avec ce palmarès, Municipal est l’une des équipes les plus populaires du Guatemala et compte une large base de fans. Son stade Manuel Felipe Carrera, surnommé El Trébol, de 6 500 places affiche à quasiment chaque journée de championnat l’une des plus fortes affluences. La fréquentation peut atteindre plus de 6 000 personnes quand d’autres équipes évoluent devant moins de 300 spectateurs. Lors du tournoi de clôture 2019, le nombre de spectateurs cumulé au Trébol atteignait 62 509 personnes, record du pays bien que le club joua deux matchs de moins par rapport au champion, Antigua GFC. Pour la finale retour du tournoi de clôture 2024, la vente des billets débuta le 7 Mai dernier et en moins de 3 heures, toutes les places du stade El Trébol furent vendues.

Ce type de surnom se trouve souvent attribué en Amérique central, tandis qu’en Amérique du Sud, le terme el más querido (le plus aimé) est plus usité.

#1108 – Royal Olympic Charleroi : les Dogues

Dans le Pays noir, l’agglomération de Charleroi rassemble plus de 425 000 habitants et constitue son centre névralgique. La pratique du football, à Charleroi, a toujours été illustrée et dominée par deux formations. D’un côté, le Sporting, fondé en 1904, et de l’autre l’Olympic, fondé en 1912. Si les deux clubs arborent les mêmes couleurs, noir et blanc, ils nourrissent une vieille rivalité et la cité est séparée entre les pro-Sporting et les pro-Olympic. Tout au long de leur histoire, les deux formations bataillèrent souvent dans les différentes divisions belges pour s’imposer comme le fer de lance de la ville. Mais, le dernier face-à-face entre les deux clubs, en tant que pensionnaires de l’élite belge, remonte à 1975 et se solda par une victoire nette et sans bavure du Sporting (7-1), marquant le début du déclin sportif de l’Olympic. Ce derby enflammé offrait un match animalier puisque d’un côté, les joueurs du Sporting sont surnommés les zèbres (cf. #268), tandis que ceux de l’Olympic sont des dogues.

Selon la légende, le surnom serait né dès les premières années d’existence de l’Olympic. Lors d’un match joué par l’Olympic à la Plaine des Manœuvres, parmi les spectateurs se trouvaient une femme accompagnée de ses chiens, des dogues. Avec les mouvements de la balle et des joueurs ainsi que les encouragements bruyant des fans, les chiens s’agitaient et aboyaient. Le lendemain, un journaliste décrivait la rencontre dans son quotidien et, ayant remarqué le manège des chiens, compara le style de jeu agressif et le caractère irascible des joueurs de l’Olympic avec le comportement des dogues. Résultat, ce surnom fut repris et demeura au fil des années. Au point qu’un dogue s’installa sur le blason du club dès les années 1920 et perdura jusqu’à aujourd’hui, malgré les changements.

#1103 – FK Velež Mostar : Rođeni

Les natifs (ou les indigènes). Le football s’installa dans la ville de Mostar au début du XXème siècle avec le club du HŠK Zrinjski Mostar, qui représentait la communauté croate. En 1922, Gojko Vuković, un révolutionnaire et citoyen éminent de Mostar, décida de créer un nouveau club, qui représenterait la classe ouvrière et la communauté bosniaque. Depuis, Velež est devenu l’un des principaux clubs de la ville et de la Bosnie. Il le fut aussi pendant la période communiste de la Yougoslavie.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la Yougoslavie rassemblait les Serbes, les Croates, les Slovènes et les Bosniaques entre autre. Au niveau football, les autorités communistes décidèrent de bannir les clubs de football qui avaient participé au championnat durant la guerre et en particulier les clubs croates qui avaient été soutenus par les oustachis (mouvement croate, fasciste et séparatiste). Zrinjski, club croate, fut dissous mais le Velež, qui était un club de la classe ouvrière, redémarra en 3ème division. Au début des années 1950, la légende raconte que les représentants de l’État Yougoslave imposèrent que la Bosnie devait consacrer toutes ses ressources footballistiques à un seul club qui pourrait la représenter au sein de l’élite et le choix se porta sur le FK Sarajevo, fondé en 1946 avec le soutien de la Ligue communiste de Bosnie-Herzégovine. Ainsi, tous les meilleurs joueurs de Bosnie durent intégrer l’équipe de Sarajevo. Toutefois, les joueurs du Velež n’acceptèrent pas ce diktat venue d’en haut, abandonnèrent Sarajevo et revénèrent rapidement joueur pour le Velež.

Lorsque Ljubo Petković, un chauffeur de Mostar et ardent supporteur de Velež, vit en maillot rouge les joueurs revenus de Sarajevo pour défendre Velež dans le champion de Bosnie-Herzégovine, il se mit à crier « Napri­jed, rođeni » (Allez-y, les natifs). Les travées du stade commencèrent à scander le terme rođeni. Plus tard Ljubo Petković indiqua « Ne znam ni sam kako je došlo do toga da sam izgovorio tu riječ. Iznenada, spontano, izgovorio sam ono što sam osjećao… » (Je ne sais même pas comment j’en suis arrivé à prononcer ce mot. Soudain, spontanément, j’ai dit ce que je ressentais…). De match en match, ce slogan devint un encouragement puis l’hymne du club le reprit. Il est maintenant un surnom pour l’équipe de Velež.

#1082 – UD Las Palmas : Pio-Pio

Piu-Piu, l’onomatopée qui imite le piaillement des oiseaux. Evidemment, l’équipe évoluant en jaune et le Serin des Canaries étant une espèce de passereau jaunâtre endémique des Îles Canaries, le terme Pio-Pio apparaît adapté. D’autant plus que la cité de Las Palmas de Grande Canarie se situe dans les Îles Canaries dont le nom suggère immédiatement l’oiseau. Pourtant, ce dernier point est faux puisque, s’il existe différentes versions sur l’étymologie des Îles Canaries, la plupart converge vers … le chien. En effet, Canaries pourraient faire référence, soit aux premiers peuples berbères habitant les Îles et dont le nom était canarii (Pline l’Ancien les nommait ainsi. Le mot dérivait du latin canis (chien) et soulignait le caractère sauvage de ce peuple), soit aux chiens de garenne des Canaries qui peuplent les Îles (Pline l’Ancien les décrivit suite au voyage du Roi berbère Juba II de Maurétanie dans les Îles), soit enfin en raison des phoques dénommés chiens de mer (canis marinus) que les explorateurs européens découvrirent en arrivant sur l’Île.

Dès sa création en 1949, le club opta pour les couleurs du drapeau de l’île de Grande Canarie (où se situe Las Palmas et qui constitue l’une des îles de l’archipel des Canaries) : jaune et bleu. Le choix de ces couleurs pour Grande Canarie n’est pas documenté mais aujourd’hui, on attribut à ses couleurs le fait de représenter la mer (bleu) et le paysage désertique des sommets de l’île (jaune). Pour le club, dans l’édition du 20 octobre 1949 du journal « Canarias Deportiva », les couleurs furent décrites comme « el oro de nuestras playas y el azul de nuestro mar » (l’or de nos plages et le bleu de notre mer).

La naissance du surnom intervint bien plus tard, dans les années 1980. Lors d’un derby face au CD Tenerife, les supporteurs de Las Palmas se déplacèrent au Stade Heliodoro Rodríguez López. Ils furent reçus avec des insultes et des jets d’œufs, accompagnés des cris « canarión » (petit canarie). Le célèbre supporteur de Las Palmas, Fernando El Bandera, leur répondit alors par « Pio-Pio« . Et à chaque nouveau cri ou insulte, Fernando scandait « Pio-Pio » . Le terme devint un encouragement, une chanson qui raisonnait dans les tribunes puis enfin le surnom du club et de ses joueurs. En Décembre 1994, la mascotte sous la forme d’un canari fit son apparition et prit le nom de Pio-Pio.

#1067 – Middlesbrough FC : the Smoggies

Le terme est dérivé de smog (brouillard) mais cet article vous permettra de sortir … de ce brouillard. Ce surnom s’attache à tous les habitants de Middlesbrough et ceux de la région du Teesside. Le terme désigne également l’accent local et le dialecte de la région. Il fut un peu plus tard utilisé ironiquement par les supporteurs adverses pour nommer les fans du club de Middlesbrough. Pour comprendre sa signification, il faut revenir à ce qui modela la région : la sidérurgie.

L’histoire de Middlesbrough se confond avec celle de la révolution industrielle et de l’avènement de la Reine Victoria et de l’Empire Britanique. Comme un certain nombre de villes du Nord de l’Angleterre, soutenues par les découvertes de mine de charbon, de fer ou d’autres minerais, Middlesbrough devint au cours du XIXème et XXème un important centre industriel mondial. L’essor de Middlesbrough fut d’ailleurs remarquable puisqu’en 1801, il s’agissait d’un petit hameau de 25 habitants qui se transforma en un siècle en une ville de plus de 90 000 habitants. Avec une infrastructure de transport naturelle (le fleuve Tees qui se jette dans la Mer du Nord) et des riches ressources (la découverte de réserves de fer dans les collines de Cleveland en 1850), la première usine sidérurgique (Henry Bolckow et John Vaughan) s’étendait dès 1864 sur plus de 280 hectares le long des rives de la rivière Tees. Puis, l’entreprise Dorman Long prit le relais et devint le principal producteur d’acier et le plus grand employeur. À l’apogée, 91 hauts fourneaux dans un rayon de 10 milles le long de la Tees fonctionnaient. En outre, le poids économique de la région faisait que le prix mondial de l’acier et du fer étaient fixés dans ce coin de l’Angleterre. Mais, au fil des années, la concurrence poussa au déclin. Dans les années 1960, afin de les sauver, de nombreuses entreprises (dont Dorman Long) furent nationalisées sous l’égide de British Steel. Ceci n’empêcha pas le déclin face à l’acier asiatique et les dernières aciéries fermèrent en 2015.

L’importance de l’industrie lourde et son empreinte dans le développement de Middlesbrough conduit la ville à gagner rapidement le nom d’Ironopolis. Mais, la contrepartie fut des niveaux élevés de pollution, qui se concrétisaient par un épais brouillard recouvrant régulièrement la région. Les supporters rivaux de Sunderland et Newcastle ne manquèrent pas de s’en moquer. A domicile, ils scandaient « What’s it like to smell fresh air ? » (Qu’est-ce que cela fait de sentir de l’air frais ?) et à l’extérieur « smog monsters » (les monstres du brouillard). Ce dernier terme se transforma par la suite en smoggies et finalement, les supporteurs de Middlesbrough se l’approprièrent et le revendiquèrent.

#1064 – Hapoël Ramat Gan : האורדונים

La signification du terme a finalement peu d’importance car il s’est instauré non par son sens mais plus pour sa sonorité. Il signifie « fils de l’homme », avec probablement une racine commune avec le fleuve Jourdain. Le surnom est d’abord apparu au sein d’un autre club. Dans les années 1960, le quartier de Shapira, à Tel Aviv, était le fief des fans du Hakoah Tel Aviv (qui devint plus tard Hakoa Ramat Gan). L’un des supporteurs et habitant du quartier, Eitan Krok, commença à utiliser le terme האורדונים pour désigner les fans de son club préféré. Il choisit ce surnom uniquement car il lui plaisait. Il n’y attacha aucune signification particulière. Le terme s’infusa petit à petit et dépassa l’enceinte du stade pour s’imposer dans tout Ramat Gan. Quelques années plus tard, dans les années 1970, Roni Zeidman, le capitaine de l’équipe de jeunes de l’Hapoel Ramat Gan, qui fut champion national junior en 1977, commença à l’utiliser fréquemment dans le vestiaire et en dehors. Finalement, il s’imposa comme le surnom de l’Hapoël.

Toutefois, pour Roni Zeidman, l’origine du surnom est différente. En argot, האורדונים désigne une « putain » et il est utilisé dans une phrase qui signifie « je les ai baisé » . Un moyen comme un autre pour motiver ses troupes avant un match.

#1047 – Africa Sports : les Oyés

Le terme ne provient pas d’une des langues de la Côte d’Ivoire mais il s’agit simplement d’un équivalent de bravo. L’Africa Sports remporta le championnat de Côte d’Ivoire lors de la saison 1967, lui ouvrant les portes de la prestigieuse Coupe d’Afrique des clubs champions pour l’année 1968 pour la première fois de son histoire. Le club n’y réussit pas un grand parcours, éliminé dès le premier tour. Ce tour correspondait à des huitièmes de finale (20 clubs participants à cette édition), jouées en match aller et retour. Il est vrai qu’ils tombèrent face au tenant du titre, les zaïrois du TP Mazembe, qui portaient bien son nom de Tout-Puissant.

En effet, le TP Mazembe remporta son championnat local en 1966 en étant invaincu, gagnant également la même année la Coupe du Zaïre, la Ligue du Katanga et la Ligue de Lubumbashi. La saison suivante, nouveau doublé Coupe-Championnat, agrémenté de la première victoire en Coupe d’Afrique des clubs champions. Nouvelle victoire en 1968 et premier club à conserver son titre de champion d’Afrique. Les deux années suivantes (1969 et 1970), le TP Mazembe ne gagna pas la Coupe des clubs champions mais fut deux fois finalistes. En résumé, 4 finales de Coupe des clubs champions d’affilée. Le TP Mazembe était la référence du football africain à la fin des années 1960.

Pour revenir à notre histoire, l’Africa Sports disputa donc son huitième de finale face au TP Mazembe pour l’édition de 1968. Au match aller, les espoirs ivoiriens furent vites douchés. Victoire 2 à 0 du TP Mazembe. Le match retour se joua le 8 octobre. Si le sort de la qualification semblait joué, les deux équipes délivrèrent un superbe et prolifique match. A l’issu de la rencontre, le score fut de 4 buts partout. Face à ce spectacle, les spectateurs zaïrois applaudirent et scandèrent à l’encontre des joueurs « Oyé, Oyé !!! » (ce qui voulait dire bravo, bravo !!!). L’Africa Sports hérita alors de ce surnom. L’équipe ivoirienne comptait dans ses rangs Bernard Gnahoré, Bialy Kallet, Théodore Blé, Drissa Ouattara, Joseph Gnankoury, Bernard Séa, Félix Lago, Joseph Niankoury, Losseni Diomandé et le capitaine Sery Wawa.

#1038 – CS Constantinois : السنافر

Les Schtroumpfs. Le club de la ville de Constantine évolue en vert et noir depuis sa création (soit en 1926 pour la date officielle de création sous son nom actuel, soit 1898 en prenant en compte ses prédécesseurs). Être alors surnommé les Schtroumpfs, les petits êtres bleus de Peyo peut apparaître surprenant. En outre, ce surnom n’est pas l’héritage d’une moquerie des fans adverses.

Lors d’une saison, la télévision diffusait les épisodes du dessin animé des Schtroumpfs. Au même moment, l’équipe constantinoise était principalement constitué de jeunes joueurs de taille relativement modeste. Le rapprochement entre les personnages de Peyo et les joueurs du club se fit naturellement. Aujourd’hui, un des groupes de supporteurs se nomment les Schtroumpfs. Par extension, ce sobriquet s’applique aussi bien au club qu’à ses supporteurs, une des bases les plus importantes d’Algérie.

#1000 – Boca Juniors : el Único Grande

L’unique grand. Il y a 3 ans, je démarrais ce site avec Boca Junior et son surnom spécifique de Xeneize. Depuis, de nombreux autres clubs et surnoms l’ont enrichi mais, pour le millième article, je devais revenir à Boca, qui ne manque pas de surnoms, et en présenter un qui soit à la hauteur. Si le club, par ses présidents et ses supporteurs, s’est autoproclamé el Único Grande, il ne s’agit pas d’un vol. Certes, ses détracteurs et rivaux ne manqueront pas d’invalider ce titre non-officiel mais en regardant le palmarès et la popularité de Boca, on ne peut pas dire que ce n’est pas mérité.

De base, Boca fait parti des 5 grands. Dans le football argentin, les clubs de Boca Juniors, Independiente, Racing Club, River Plate et San Lorenzo de Almagro sont considérés comme les cinq principaux clubs du pays. A ce titre, on les nomme los cinco grandes del fútbol argentino (les cinq grands du football argentin). Pour illustrer ce propos, ces 5 clubs ont remporté environ les 2 tiers des championnats d’Argentine et concentre près des 3 quarts des Copa Libertadores gagnés par l’Argentine.

Sur le plan national, Boca n’est pas le champion le plus titré, devancé par son rival de River mais le club affiche tout de même 35 championnats argentins au compteur (le premier gagné en 1919, deuxième détenteur de titres de champion). Surtout, parmi les 5 grandes, et depuis la relégation de River en 2011 et d’Independiente en 2013 en seconde division, il est le seul à ne pas avoir quitté l’élite argentine depuis son accession en 1914. Du côté de la Coupe nationale, Boca remporta la première édition en 1969 et 3 autres suivirent (en 2012, 2015 et 2020), en faisant le recordman de titres. Le club détient aussi le record de SuperCoupe d’Argentine remporté avec deux victoires (2018 et 2022) ainsi que de Coupe de la Ligue avec également deux trophées (2020 et 2022). Sur le plan international, Boca peut se vanter d’avoir conquis 3 Coupes Intercontinental (1977, 2000 et 2003 face respectivement au Borussia Mönchengladbach, au Real Madrid et au Milan AC), 6 Copa Libertadores (1977, 1978, 2000, 2001, 2003 et 2007 auquel s’ajoute 5 finales perdues), 2 Copa Sudamericana (2004 et 2005 – record de la compétition), 4 Recopa Sudamericana (1990, 2005, 2006 et 2008 – record de la compétition), 1 Supercopa Sudamericana (1989), 1 Copa Máster de Supercopa (1992) et 1 Copa de Oro Nicolás Leoz (1993). Boca Juniors est le club sud-américain qui a disputé le plus de finales de compétitions internationales, avec un total de 29 finales. A cela s’ajoute une multitude de tournois régionaux.

Il a été désigné comme le meilleur club d’Amérique du Sud du 21ème siècle par la Fédération internationale de l’histoire et des statistiques du football (IFFHS) en 2011, club le plus mythique de l’histoire de l’Amérique et le huitième plus mythique du monde selon le magazine allemand Kicker en 2014 et club de football le plus emblématique du monde pour le magazine anglais FourFourTwo en 2015. Boca Junior est le club argentin qui compte le plus grand nombre de peñas (clubs de supporters) en Argentine, avec 269 recensés, ainsi que dans divers pays du monde (Brésil, Mexique, États-Unis, Canada, Espagne, Italie, Israël et Japon). Selon de nombreux sondages, le club est le plus populaire d’Argentine, adoré par environ 35%-40% des fans argentins de football, devant River et loin devant les autres.

#981 – EC Juventude : Papada, Papo

Les parleurs, bavards. Le 29 juin 1913, un groupe de 35 jeunes de la ville de Caxias do Sul, membres d’une association culturel et sportive dénommée « Recreio da Juventude » , décidèrent de fonder un club de football. Le club connut rapidement une belle première période dans les années 1920 quand la Fédération de football de Riograndense (aujourd’hui Gaúcha) créa un championnat officiel réservé aux équipes de Caxias do Sul. La Juventude remporta six titres de champion de la ville entre 1920 et 1926. Cette période fut couronnée par le titre de champion de la région en 1926. Ce palmarès consacra la supériorité locale de la Juventude et accroissait son prestige dans tous les coins de l’État. Mais, avant 1920, les débuts de Juventude furent précaires sur le plan sportif et financier. Résultat, les adversaires du club n’hésitaient pas appeler le club, ses joueurs et ses supporteurs papada. Ce sobriquet péjoratif signifiait que les joueurs comme les supporteurs parlaient beaucoup mais peu de football. En clair, ils étaient « grandes gueules », tchathaient mais sur le terrain cela ne suivait pas ou ils ne connaissaient pas le football. Avec le temps, les supporteurs s’approprièrent le terme pour devenir leur surnom. D’ailleurs, deux groupes de fans s’appellent officiellement ainsi (Papada et Os Loucos da Papada (le fous de papada)).