Les princes. Ce club de Johannesburg connut la même naissance que le club de Kaizer Chiefs. En 1983, l’ex-joueur professionnel Ephraim Sono, surnommé Jomo Sono, revint en Afrique en Sud après sa carrière menée aux Etats-Unis. Il joua pour le New York Cosmos, les Colorado Caribous, les Atlanta Chiefs et le Toronto Blizzard. Au Atlanta Chiefs, il évolua au côté d’une autre star sud-africaine, Kaizer Motaung qui au début des années 1970, fut le fondateur des Kaizer Chiefs. Jomo Sono racheta le club de Highlands Park en 1982. Pour le nom de son équipe, il décida d’associer son propre surnom Jomo et Cosmos, en l’honneur de son ancienne équipe new-yorkaise. Lorsqu’il évoluait en Afrique du Sud, aux Orlando Pirates, Sono reçut le surnom de Jomo (qui signifie « Flèche brulante ») par un fan, qui voyait en lui les mêmes qualités de leadership que celles de Jomo Kenyatta, alors président du Kenya. Jomo Sono s’investit totalement dans sa nouvelle équipe en étant à la fois son président et l’entraineur depuis 1983. Les flèches brulantes auraient pu constitué le surnom de la nouvelle équipe. Mais, finalement, elle hérita du surnom de Prince, autre surnom de Jomo Sono. En effet, pendant sa carrière, il était aussi qualifié de « Prince noir du football sud-africain ».
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#455 – Dinamo Zagreb : Purgeri
Le mot n’a pas de traduction officielle mais il signifie « ceux de Zagreb » ou « les citoyens de Zagreb ». Le mot puise son origine dans la langue allemande, du mot Bürger qui signifie un habitant de la ville, un citoyen. Au départ, il était attaché aux habitants de Zagreb qui résidaient dans la ville depuis des générations. Mais, au fil des années, le surnom s’est étendu à tous les habitants de la capitale croate, qu’ils soient récemment installés ou descendants d’une longue lignée de zagrebois. Ce surnom s’est également étendu au club du Dinamo et à ses supporteurs. En fait, fondé en 1945, le Dinamo perpétuait la tradition du plus grand club de Zagreb d’avant guerre, le HŠK Građanski Zagreb, en reprenant ses couleurs, son écusson, ses joueurs et également son surnom. Même s’il existait plusieurs clubs à Zagreb, Građanski était le plus populaire et le mot purgeri (citoyen) lui collait bien car HŠK Građanski signifiait « Club Sportif Croate Civil ou de la Ville ».
#450 – Club Cienciano : los Imperiales
Les impériaux. Le club réside à Cuzco. Installée à 3 400 m d’altitude, la ville de Cuzco se situe au sud-est du Pérou, sur le versant oriental de la cordillère des Andes. Selon la légende, Cuzco fut fondé par Manco Cápac, le premier gouverneur et fondateur de la culture inca, et sa sœur-femme, Mama Ocllo, qui émigraient vers le lac Titicaca sur les conseils de leur père, le dieu du soleil. Ils jetèrent un javelot d’or et fondèrent une nouvelle ville là où le javelot se planta. Au delà de la légende, la ville devint un centre important de l’époque précolombienne puisqu’elle était la capitale et le siège du gouvernement du Royaume des Incas. Puis, son rôle se confirma en étant la capitale de l’Empire Inca. Sous l’impulsion de l’Empereur Pachacutec, Cuzco prit encore plus d’envergure en étant également un centre culturel et spirituel. Elle fut alors la ville la plus importante des Andes et d’Amérique du Sud, capitale du plus grand empire de l’Amérique précolombienne (l’Empire Inca dominait 3 millions de km²). Aujourd’hui, la ville vit encore sur cette renommée, son surnom étant la ville impériale. Le club devient alors les impériaux.
#424 – NK Celje : Grofje
Les comtes. Le club n’a pas gagné ce surnom aristocratique en remportant son premier titre de champion de Slovénie en 2020. La ville de Celje fut le siège d’une des plus grandes et puissantes familles nobles sur le territoire de la Slovénie actuelle, la Maison de Celje. Cette dynastie démarra vers 1125, avec les Seigneurs de Žovnek, et s’éteignit en 1456. Vassal des Habsbourg dès la fin du XIIIème siècle, la ville et son chateau tombèrent dans l’escarcelle de la famille en 1333. Puis, cette dernière fut élevée au rang comtale par l’empereur Louis IV à Munich en 1341, recevant le titre de Comte de Cylie ou Cilli dérivé du nom du château de Celje. En peu de temps, les comtes de Celje possédaient plus de 20 châteaux sur tout le territoire de la Slovénie moderne et au-delà grâce aux mariages de leurs filles. Avec l’acquisition de grands domaines dans les duchés contigus de Styrie et de Carinthie, dans la marche de la Carniole ainsi que dans les territoires de la Couronne hongroise (y compris la Croatie et la Slavonie ), leur influence s’accrut et ils devinrent l’une des familles les plus puissantes de la région. Leur dernier représentant, et également le plus puissant, le comte Ulrich II de Cilli, détenait environ 12 villes, 30 bourgs et 125 châteaux. Mais, souhaitant obtenir la régence de la Hongrie, de la Bohême et de l’Autriche puis de s’attribuer la couronne bosniaque, Ulrich II échoua dans toutes ses entreprises et se fit beaucoup d’ennemie. Il fut assassiné. La lignée masculine des comtes de Cilli s’éteignit avec la mort d’Ulrich II et, après une guerre de succession, tous leurs domaines et propriétés furent remis aux Habsbourg. Les couleurs des armes de la famille inspirèrent celles du blason de la ville, puis du club.
#418 – AEL Larissa : Βασίλισσα του Κάμπου
La reine de la plaine. Sous l’impulsion de la ligue régionale, 4 clubs de la ville de Larissa (Aris, Iraklis , Larissaikos et Toxotis) décidèrent d’unir leurs forces pour fonder le club de l’AEL le 17 mai 1964. Cette union concrétisa la vision de créer une équipe puissante qui représenterait la préfecture de Larisa (5ème ville de Grèce) dans l’élite, ces 4 clubs n’ayant pas eu individuellement de succès au niveau national. Malheureusement, la réussite ne fut pas au rendez-vous rapidement mais finalement en 1973, le club accéda enfin à la première division grecque. Si les débuts furent laborieux, le club réalisa toutefois un grand exploit demeuré encore unique aujourd’hui. En 1988, l’AEL devint champion de Grèce pour la première et unique fois de son histoire, devenant le premier et encore aujourd’hui seul club qui n’est pas d’Athènes ou de Thessalonique à remporter le prestigieux titre. Cette réussite fut enrichie de deux Coupe de Grèce en 1985 et 2007. La victoire en 1988 fut difficile puisque la Ligue Grecque retira en Mars 4 points au club après la découverte d’un cas de dopage dans l’équipe, le joueur bulgare Giorgi Tsigov. Comme souvent en Grèce, la réaction des supporteurs fut rapide et excessive. Ils bloquèrent l’autoroute (E75 qui relie Athènes à Thessalonique) ainsi que les lignes de chemin de fer pendant plusieurs jours, immobilisant la moitié du pays. Sous la pression des événements, la Ligue harmonisa son règlement avec la législation de l’ UEFA en vigueur, où l’équipe n’est pas déclaré responsable du dopage du joueur et où seul le joueur est pénalisé. À la suite de cette décision, les points furent restitués. 1 mois plus tard, Larissa devint champion en remportant le match face à Iraklis en marquant l’unique but de la rencontre à la 88ème minute.
La Grèce résulte de l’affrontement des plaques tectoniques africaine et eurasiatique, qui ont conduit le pays à être le 6ème plus montagneux d’Europe (entre 70 % et 80 % du territoire grec est montagneux) et compter de nombreux canyons et autres paysages karstiques. En outre, aucun point de la Grèce n’est éloigné de plus de cent kilomètres de la mer, dans le Péloponnèse cette distance n’étant même que d’une cinquantaine de kilomètres. Autant dire que les plaines demeurent un espace rare en Grèce. Or, la région de Thessalie, dont Larissa est la capitale, se caractérise justement par les deux grandes plaines de Trikala et de Larissa, considéré comme les plus grandes du pays. La région apparaît alors comme le grenier du pays.
Avec ce palmarès unique (les autres meilleurs clubs de la région survivent à peine en seconde division) et cette localisation, le surnom de Reine de la Plaine, s’imposa. Parfois, le surnom de Βασίλισσα της Θεσσαλίας (Reine de Thessalie) est également utilisé.
#395 – HŠK Zrinjski Mostar : Plemići
Les nobles. En 1896, plusieurs habitants de Mostar eurent l’idée de créer une société sportive qu’ils nommèrent Hrvatski sokol (Faucon croate). Mais, la Bosnie étant sous domination de l’Empire Austro-Hongrois, les manifestations nationalistes étaient interdites et la mention de la Croatie étaient donc prohibé. Le club disparut mais en ayant posé les fondations du futur HŠK Zrinjski. Ainsi, en 1905, la jeunesse croate emmené par le professeur Kuštreb, avec le soutien de la société culturelle Hrvoje, forma le Đački športski klub (club de sport étudiant). En 1912, les membres voulaient de nouveau faire référence à ses liens avec la population croate de la ville et le nom changea pour Gimnazijski nogometni klub Zrinjski (Gymnasium Football Club Zrinjski). Zrinjski était une famille noble originaire de la Croatie hongroise, et influente dans le royaume de Hongrie. Originaire de la ville croate de Zrin, une des branches de la famille accéda au titre de ban (en quelque sorte vice-roi) de Bosnie. Puis, l’un de ses membres, Stefan Tvrtko, devint même le premier roi de Bosnie en 1353. En s’attachant à cette famille qui faisait le lien entre la Croatie et la Bosnie, les membres espéraient peut-être récupérer leur titre et devenir nobles.
#375 – CD Olimpia : Rey de Copas
Le roi des coupes. L’un des plus vieux clubs de football du Honduras (fondé 12 juin 1912) demeure aussi l’un des plus titrés au niveau national comme en Amérique Centrale. Sur la base des compétitions d’Amérique Centrale, le CD Olimpia fut élu le deuxième meilleur club de la zone au XXème siècle, derrière le Deportivo Saprissa, mais devant tous les clubs mexicains, dont la ligue demeurait pourtant la plus forte du continent, par l’IFFHS. Le CD Olimpia fut le seul club du Honduras à remporter la Liga de Campeones de la Concacaf (l’équivalent de notre Ligue des Champions) et par deux fois (1972, 1988). Il a même atteint la finale par deux autres fois (1985, 2000).En 2017, une Liga Concacaf s’est rajouté au palmarès. 3 Copa Interclubes de la Uncaf furent également remportés (1981, 1999, 2000). Sur le plan national, pas de discussion possible. L’Olimpia remporta 31 championnats professionnels et 7 amateurs, record du pays et ce qui en fait l’un des clubs les plus de titrés d’Amérique Centrale. L’Olimpia ajouta un autre jalon à son histoire en décembre 2013 en devenant le premier quadruple champion de l’histoire du Honduras. A cela s’ajoute 3 Coupes Nationales (1995, 1998, 2015). Le CD Olimpia n’a pas donc pas d’équivalent au Honduras et demeure l’un des clubs les plus respectés d’Amérique Centrale. Comme d’autres clubs, l’Olimpia a souhaité affiché sur son blason son palmarès. Ainsi, à chaque titre national remporté, une étoile était ajoutée à l’écusson. En gagnant de nombreux championnats, cette constellation commençait à peser sur le composition du blason. Résultat, il fut décidé que chaque étoile représenterait 5 titres remportés. Puis, aujourd’hui, l’écusson n’intègre plus que 3 étoiles, correspondant au 3 titres continentales gagnés. Toutefois, deux branches de laurier ont été ajouté pour symboliser, comme dans la Grèce antique, l’important palmarès du club.
#351 – Sparta Rotterdam : Kasteelheren
Les seigneurs. L’autre club de Rotterdam n’a pas hérité son surnom de son palmarès qui demeure plus limité (6 championnats, 3 coupes) et daté (dernier titre en 1966 mais principalement conquit au début du XXème siècle) par rapport à son rival du Feyenoord. Ce n’est pas non plus sa qualité de doyen des clubs professionnels néerlandais qui forgea ce surnom (il fut fondé le 1er avril 1888 et seuls onze clubs amateurs peuvent se prévaloir d’avoir été créés avant). En fait, ce surnom est lié au stade où évolue le club, le Het Kasteel, qui signifie le château. Construit en 1916 sous le nom de Stadion Spangen, le stade est situé dans le quartier de Spangen. Les architectes JH de Roos et WF Overeynder lui donnèrent l’aspect d’un château, en dessinant un bâtiment avec deux petites tours, placé derrière l’un des buts. Ce bâtiment a survécu aux différentes rénovations et demeure d’ailleurs le seul vestige authentique de la conception originale. Il a été toutefois déplacé désormais le long de la tribune sud.
#348 – Fredrikstad FK : Aristokratene
Les aristocrates. Si le club marqua le football norvégien entre 1932 et 1961 (9 championnats remportés et 8 coupes), ce n’est pas ce palmarès qui donna son surnom d’aristocrate. Celui-ci est hérité du nom de ville où réside le club. Fredrikstad signifie la ville de Fredrik, du nom du Roi du Danemark et Norvège, Fredrick II. Lors de la Guerre nordique de Sept Ans (1563-1570), la ville de Sarpsborg fut incendiée par les suédois en 1567. Le roi Fredrick II décida, par décret royal, de rebâtir une ville à 15 kilomètres au sud de l’emplacement original de Sarpsborg, sur un site à proximité de la mer et de vastes plaines. La ville devint alors un site militaire stratégique. Le nom Fredrikstad fut utilisé pour la première fois dans une lettre du Roi, Fredrick II, datée du 6 février 1569. Cette naissance monarchique donna le surnom au club.
#341 – Sevilla FC : Nervionenses
Ceux de Nervión. Dernier hommage à Diego Maradona avec son dernier club où l’argentin tenta sa rédemption après 15 mois de suspension. Il joua évidemment au stade du club, l’Estadio Ramón Sánchez Pizjuán. Le club s’installa dans ce nouvel écrin le 7 septembre 1958, même si les travaux s’achevèrent finalement en 1974, pour atteindre une jauge de 70.000 places. Le stade est situé non loin du centre ville, en plein cœur du quartier dénommé Nervión. Ce dernier commença à se développer à partir de 1910 quand Luis Lerdo de Tejada trouva cette zone idoine pour construire une cité-jardin. Ces terres appartenaient alors au Marquis de Nervión, qui donna son nom à ce nouveau quartier. Le marquis de Nervión est un titre nobiliaire espagnol créé vers 1864 par Isabel II, reine d’Espagne et qu’elle attribua à Francisco Armero y Fernández de Peñaranda, Capitaine Général de la Marine et Sénateur. Le nom de Nervión fait référence à la rivière du même nom qui traverse le nord de l’Espagne (notamment Bilbao). Le choix de ce nom n’était pas le fruit du hasard. En effet, Francisco Armero se distingua lors du siège de Bilbao, pendant la première guerre carliste. Il remonta en particulier la rivière Nervión pour briser les lignes ennemies et le siège de Bilbao. La famille de Francisco Armero était originaire de Fuentes de Andalucía, une ville de la campagne sévillane, et possédait de nombreuses terres autours de Séville.