#1362 – SFK Etar Veliko Tarnovo : Болярите

Les boyards. Je vous rassure tout de suite, le célèbre fort de Charente-Maritime n’a pas déménagé en Bulgarie et ne fait qu’entamer une cure de jouvence (travaux de restauration et de protection qui dureront de 2025 à 2028). Les boyards du club de Veliko Tarnovo font ici référence à un titre héréditaire médiéval, porté par la plus haute strate de l’aristocratie féodale des Balkans entre le Xème et le XVIIème siècle.

Etar, du nom slave de la rivière Yantra qui serpente près de Veliko Tarnovo et qui signifie « eau vive », connut une histoire mouvementée, à l’image de nombreux clubs d’un ancien pays communiste. Tout débuta le 24 avril 1924, suite à l’unification de 4 clubs de Veliko Tarnovo (Slava, Phoeni, Victoria et Bulgaria). Le club ressuscita 12 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale puis réalisa quelques coups d’éclat en Coupe et au sein de l’élite. En 2002, le club disparut mais renaquit un an après sous le nom de Etar 1924. Nouvelle faillite en 2012 et nouvelle renaissance en 2013 sous le nom actuel. Mais, si l’histoire fut accidentée ces dernières années, la tradition de porter un maillot violet perdura, et le surnom avec.

En effet, la couleur violette a longtemps était difficile à produire car rare à l’état naturel. Durant l’antiquité et des siècles encore après, la teinture pourpre était vendue principalement dans la cité de Tyr (aujourd’hui au Liban) et produite à partir d’un escargot de mer, le murex épineux, qui était extrêmement rare et qui produisait peu de mucus. Les tissus de cette couleur étaient donc chers et plutôt réserver à la noblesse. Et les boyards comme tout riche aristocrate européen appréciaient ces tissus pourpres. D’ailleurs, lors de fouille dans l’Eglise des Saints-Quarante-Martyrs à Veliko Tarnovo, qui abrite les sépultures de dignitaires bulgares, des vêtements violets furent découverts.

En Bulgarie, les boyards furent des aristocrates, au départ de simples chefs militaires qui acquirent un pouvoir et des richesses importants. Les boyards bénéficiaient de nombreux privilèges et occupaient les plus hautes fonctions administratives et militaires. D’ailleurs, sous les Premier (681–1018) et Second Empires (1185–1396) bulgares, le souverain bulgare était conseillé par un cercle restreint de boyards. De manière générale, ils concentrèrent un grand pouvoir entre leurs mains, ce qui conduisit à de fréquentes conspirations contre le souverain ou à la sécession de régions entières de l’État. Le titre de boyard fut aboli et les privilèges supprimés après la conquête de la Bulgarie par l’Empire ottoman.

#1251 – Austria Vienne : die Veilchen

La violette. Malgré les évolutions du football autrichien avec l’émergence régulière de clubs comme le SK Sturm Graz ou le nouveau riche de Red Bull Salzbourg, le pays se divise avant tout en vert (Rapid Vienne) ou en violet (Austria Vienne). D’ailleurs, de manière surprenante, deux couleurs qui ne sont pas les plus populaires dans le football. Donc, le mythique club de l’Austria de Vienne joue en violet mais malheureusement personne ne sait pourquoi (tout comme pour ses rivaux historiques cf. #546).

Le football débuta en Autriche en 1892 lorsque 11 Anglais vivant à Vienne fondèrent le Vienna Cricket Club. Ils choisirent le noir et bleu comme couleurs (pour une raison qui est inconnue). Ce club était omnisports (cricket et athlétisme entre autre). Deux ans plus tard, la section football apparut et le club changea de nom pour First Vienna Cricket and Football Club le 23 août 1894. Mais, un différent entre la direction du club et les membres éclata au début du XXème siècle. Une partie de la direction et la quasi-totalité de l’équipe première décidèrent de quitter le First Vienna Cricket and Football Club et créèrent le 29 octobre 1910 un nouveau club, sous le nom de Vienna Cricketers, présidé par le journaliste sportif Erwin Müller. Le First Vienna Cricket and Football Club interdit à ses membres de rejoindre cette nouvelle association et sa direction fut outrée par le choix du nom. En effet, le surnom des membres du First Vienna étaient cricketers et un recours fut donc déposé auprès de la Fédération de football. La réconciliation avec le First Vienna était une obligation pour Erwin Müller pour assurer la reconnaissance et l’admission dans la future première division de son club. Le 15 mars 1911, le Vienna Cricketers disparut pour s’enregistrer de nouveau auprès de la fédération sous le nom de Wiener Amateur Sportverein. Lors de sa première apparition en public, la nouvelle équipe affichait déjà des maillots violets. Selon le site internet du club, il se pourrait qu’un ou plusieurs membres du club appréciaient cette couleur.

D’autres explications que je me permets d’avancer sans aucune certitude. Avant la découverture d’une teinture chimique au milieu du XIXème siècle, la couleur violette pour des vêtements était assez rare, ainsi souvent seule l’aristocratie pouvait se permettre d’acheter des tissus de cette couleur. La noblesse attachée dans la symbolique à cette couleur aurait pu plaire aux fondateurs du club (noblesse du futur club ou noblesse de leurs origines ?). Autre possibilité : pendant longtemps, le violet fut confondu avec le noir. D’ailleurs, au Moyen-Âge, le violet était dénommé sous-noir ou demi-noir. Puis, elle fut identifiée à l’extrémité du spectre solaire après le bleu. Le violet était alors coincé entre le bleu et le noir, les deux teintes du précédent club des fondateurs, le First Vienna. Enfin, pourquoi pas une influence éventuelle du club hongrois d’Ujpest ? Depuis sa fondation en 1885, Ujpest évolue en violet et depuis 1867, la Hongrie et l’Autriche étaient réunis dans une fédération monarchique, l’Empire Austro-Hongrois. Si, en termes de sport, les championnats d’Autriche et de Hongrie étaient bien séparés, le club hongrois évoluait en première division depuis 1904 (à l’exception de la saison 1911-1912, où il a terminé champion de 2ème division après une relégation d’un an) et les échanges culturels et sportifs avec Vienne pouvaient donc exister.

#1172 – Hakoah Amidar Ramat Gan : הסגולים

Les violets. Une couleur assez singulière dans le monde du ballon rond, qui distingue immédiatement/les équipes qui la portent. L’histoire de club se tisse d’abord de l’autre côté de la Méditerranée, en Allemagne et en Autriche. Le 22 juillet 1905, la communauté juive de Berlin fondait Club sportif de Berlin, qui devint par la suite le Hakoah Berlin. En Autriche, en 1909, un couple de sioniste créa le Hakoah Vienne. Les deux équipes étaient relativement performantes dans leurs ligues respectives, le Hakoah Vienne devenant même champion d’Autriche lors de la saison 1924-1925. Mais, d’un côté en Allemagne, la montée du nazisme freina au début la progression du club avant qu’il ne soit exclu de toutes les compétitions nationales, comme les juifs l’étaient de la société. De l’autre côté, le club de Vienne rassemblait la communauté juive mais véhiculait aussi les idées du sionisme, poussant ainsi les juifs à faire leur alia. Une partie des joueurs de ces clubs émigrèrent en Israël dans les années 1930 et se réunirent à Tel Aviv pour fonder le Hakoah Tel-Aviv en 1934.

Les moyens du club étant limités, ses membres cherchaient des mécènes et des soutiens pour les équiper. Comme le Hakoah Vienne avait de bonnes relations avec l’Austria Vienne, les anciens joueurs autrichiens contactèrent le club de la capitale autrichienne pour qu’ils les aident. L’Austria répondit positivement et envoya un lot de leur uniforme, maillot et short qui étaient donc de couleur violet.

En 1949, Hakoah fusionna avec un club de la banlieue de Tel Aviv appelé Hashar HaKfir et devint le HaKah Tel Aviv. L’équipe resta en couleur violet. 10 ans plus tard, une nouvelle fusion se réalisa entre le Hakah et le Maccabi Ramat Gan. La nouvelle direction incorpora alors au violet des touches de jaune, cette dernière étant une des teintes du mouvement Maccabi (cf. #123).

#964 – Toulouse FC : les Violets

Elles ne sont pas nombreuses les équipes évoluant en violet dans le football (principalement RSC Anderlecht (#236), Fiorentina (#103), Ujpest (#578) et Valladolid) et cela constitue un marqueur d’identité très fort. Pour comprendre ce choix, il faut remonter aux origines du club. Depuis 1967, la ville de Toulouse était orpheline d’un club professionnel de football. En effet, en 1937, avec l’avènement du professionnalisme en France, l’idée de la création d’un grand club toulousain émergea et ainsi naquit le Toulouse FC, premier du nom, qui prit les couleurs rouges et blanches. Mais, présidé à partir de 1961 par un chef d’entreprise milliardaire et communiste, Jean-Baptiste Doumeng, le club toulousain s’engagea en 1967 dans une improbable fusion avec le Red Stad, club de la banlieue est parisienne. Estimant qu’il n’avait pas le soutien financier de la mairie socialiste, Jean-Baptiste Doumeng proposa au club audonien, qui végétait en seconde division, d’absorber son TFC en reprenant les joueurs, le staff et son siège dans l’élite. 30 ans d’histoire du football toulousain disparut en fumée.

La nature ayant horreur du vide, des entrepreneurs locaux, dont Lilian Buzzichelli, souhaitèrent relancer un nouveau club professionnel. Ainsi, sur les bases du club corporatif Buzzichelli Levage Sports, l’Union Sportive Toulouse vit le jour le 25 mai 1970. La direction opta pour les couleurs rouge et jaune (sang et or) de la Croix Occitane. Présent sur de nombreux blasons de villes et provinces de l’Italie à la Catalogne (pays occitan), elle fut le symbole du Comté de Toulouse à compter du XIème siècle et devint attaché à la ville, au point qu’on la nomme parfois Croix de Toulouse. Cette croix orne depuis 1211 une clé de voûte de la nef de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. Les couleurs auraient été données par le Comte Raymond V de Toulouse en s’inspirant des quatre pals du Royaume d’Aragon.

Se débattant pour se maintenir en seconde division, le TFC reçut finalement le soutien financier de la Municipalité en 1978. Le club s’assimila alors encore plus à la ville. Il prit pour nom TFC en 1979 et changea de couleur pour le violet. Connue pour ses briques de terre cuite qui donnent des bâtiments au teinte rose, Toulouse est souvent surnommée « la ville rose ». Avant d’être démocratisée par le Stade Français, cette couleur était assez peu familière dans le football, sport « viril » qui pensait que cette teinte s’apparentait certainement trop au sexe féminin. Résultat, la direction bascula vers un autre surnom de la cité, « la cité des violettes ». Le Consistori del Gay Saber (Consistoire du Gai Savoir), une académie poétique fondée à Toulouse en 1323, récompensait ses lauréats par une violette d’or. Au XVIIème siècle, le poète occitan, Pierre Goudouli, dans son oeuvre maitresse « Ramelet Moundi » écrivait « Violette/Petite/Toujours odorante/Honneur de Toulouse ». Mais, ce fut au milieu du XIXème siècle que la fleur au parfum sucré prit de l’importance à Toulouse. Selon la légende, elle aurait été ramenée par un soldat de Napoléon III après une campagne en Italie (à Parme) pour l’offrir à son amoureuse habitant à Saint-Jory. La production de la violette de Toulouse s’étira alors sur un siècle et fit vivre plus de 600 producteurs, répartis sur une vingtaine d’hectares au Nord de Toulouse. Vendue sur le marché aux violettes des Jacobins, la plante s’exportait alors partout en Europe et jusqu’au Maroc ou au Québec. Jusqu’à 600 000 bouquets étaient expédiés dans des boîtes cartonnées. Mais, la fleur ne résista pas au rigoureux hiver 1956 et les producteurs disparurent les uns après les autres. Toutefois, elle devint un symbole de la ville. Chaque année, début février, la ville de Toulouse organise la Fête de la Violette, la place du Capitole se parant alors de la fleur sous toutes ses formes. Les serres municipales en présentent près de 100 variétés. Une douceur connue sous le nom de Violette de Toulouse est constituée d’une violette cristallisée dans le sucre depuis 1900. En outre, une liqueur de violette est également réalisée dans la région à partir des racines de la plante. Enfin, avec son odeur caractéristique, de nombreux produits cosmétiques (bougies, pots-pourris, savons et parfums) sont produits à Toulouse.

#685 – K Beerschot VA : Purple White Army

L’armée violette et blanche. Ce club anversois, grand rival du Royal Antwerp, a connu plus d’une vie. Fondé en 1899, il disparaît une première fois en 1999, après 99 ans et 9 mois d’existence, en raison d’une gestion financière et sportive désastreuse (malgré 7 Championnats et 2 Coupes nationales). Suite à cette disparition, un autre club anversois, le FC Germinal Ekeren, déménagea du Nord d’Anvers vers le Sud, dans le fief du Beerschot, le stade olympique dit du « Kiel ». Sans reprendre officiellement la suite du Beerschot, le Germinal intégra dans son nom Beerschot et son conseil d’administration accepta également des anciens du Beerschot. Mais, au fil des années, le Germinal « historique » s’effaça petit à petit derrière l’aura et l’influence de l’ancien Beerschot. Malgré cette annexion, ce club aussi déposa le bilan en 2013. Toutefois, les supporteurs parvinrent à sauver le nom grâce au club du KFC Wilrijk qui reprit en 2013 le nom Beerschot et en 2018 fut autorisé par la fédération à s’approprier le matricule de l’illustre club (et donc aussi son palmarès). Le nouveau club réussit à grimper les différents échelons et enfin, depuis la saison 2020-2021, Anvers a retrouvé son bouillonnant derby Royal vs Beerschot au sein de l’élite belge. Une constante dans cette histoire : tous les clubs repreneurs officiels (Wilrijk) ou non (Germinal) de la renommée du Beerschot s’approprièrent ses couleurs distinctives, le violet et blanc. Comme indiqué dans l’article #578, le violet n’est pas une couleur commune dans le football, notamment car la teinture fut longtemps difficile à produire. Néanmoins, en Belgique, elle connut un certain succès en étant porté par deux illustres clubs : Anderlecht et Beerschot. Le choix d’Anderlecht pour cette couleur s’explique plutôt pour des raisons joyeuses (le défilé du Longchamp fleuri, cf article #236). A l’inverse, le club de Beerschot se porta sur cette couleur à sa fondation en raison d’un deuil. En novembre 1899, le Beerschot Athletic Club fut fondé par Alfred Grisar qui venait d’aménager un terrain du quartier de Kiel, qui appartenait à son père Ernest, en un complexe sportif multifonctionnel (construction de terrains de hockey, cricket, rugby, polo et tennis en plus de l’hippodrome et des écuries existants). Malheureusement, son père décéda le 20 novembre. La famille Grisart porta au début comme signe de deuil des vêtements noirs. Puis, comme cela se pratiquait au XIXème siècle, elle troqua ses vêtements noirs pour des violets, symboles également de deuil mais atténué, soit par la distance de la parenté, soit par le temps. Par respect pour la famille de son fondateur, les équipes du club optèrent elles-aussi pour le violet pour porter le deuil (étant donné le non-lien de parenté avec le défunt).

#643 – NK Maribor : Vijoličasti, Vijolice

Les violets, les violettes (la fleur). Le club de Maribor domine le championnat de Slovénie du haut de ses 15 titres et réalise quelques exploits sportifs sur le plan continental (le lyonnais que je suis se souvient avec amertume des deux défaites en 1999 au 3ème tour préliminaire de la Ligue des champions). Autre particularité, partager avec l’Újpest, l’Austria de Vienne, Anderlecht et la Fiorentina cette couleur violette assez peu commune dans la mode footballistique. Le club fut fondé le 12 Décembre 1960 suite à la dissolution le 11 août de la même année du club du NK Branik Maribor (qui était impliqué dans une affaire d’intoxication alimentaire avant son match contre le NK Karlovac). Le conseil d’administration du club nouvellement créé organisa les élections présidentielles. Le Dr Srečko Koren remporta le scrutin et fut le premier président du club, tandis qu’Andrija Pflander fut nommé premier entraîneur et Oto Blaznik, capitaine de l’équipe première. Pour le choix des couleurs, différentes idées fusèrent. Certains voulaient opter pour le rouge et blanc, couleurs de la ville de Maribor. Tandis que d’autres proposaient le noir et blanc, couleur du NK Branik, précurseur du NK Maribor. Les premiers remportèrent les suffrages, la faible attractivité d’un club banni et la symbolique unificatrice de la ville étant des arguments convainquant. Ainsi, pour le premier match face au Kovinar Maribor le 5 février 1961, les joueurs arborèrent une tenue rouge et blanche. Seulement le rouge et blanc comme le noir et blanc étaient des mariages de couleurs assez communes en Yougoslavie pour les clubs de football (pour les plus connues, l’Etoile Rouge de Belgrade et le Partizan de Belgrade). Oto Blaznik reçut une édition du journal italien La Gazetta dello Sport et tomba sous le charme de l’une des photographies représentant un joueur de la Fiorentina. Il proposa alors une tenue composée d’un maillot violet, un short blanc et des chaussettes violettes. Outre l’aspect agréable de sa couleur violette, la Fiorentina était aussi le club dominant du football italien. Ce dernier avait remporté son premier scudetto lors de la saison 1955-1956 (où l’équipe fut invaincue jusqu’à l’ultime journée). L’année suivante, il était le premier club italien à atteindre la finale de la Coupe des Clubs Champions. La Fiorentina enchaina également 4 secondes places d’affilée dans le championnat d’Italie avant de gagner une Coupe des Coupes en 1961 (et même d’atteindre une nouvelle fois la finale en 1962). Autant dire qu’avec un tel palmarès, le club italien avait de quoi inspirer Oto Blaznik. Seulement se procurer des maillots violets n’étaient pas une chose aisée en Yougoslavie à cette époque et les premières tenues étaient des maillots blancs teintés en violet. Mais, la transpiration ou la pluie (comme lors du premier match avec cette nouvelle tenue) faisaient partir la couleur violette des maillots, qui déteignait alors sur la peau des joueurs. Les autorités communistes ne furent pas ravies de ce choix car le violet était une couleur associée à la religion catholique (la fascia et la cappa magna des évêques sont violettes), qui était très présente à Maribor et dans la région de Styrie. Néanmoins, cette couleur eut un succès retentissant à Maribor où les bus comme l’hôtel Slavija se parèrent de violet. Résultat, les autorités communistes n’imposèrent pas de changer de couleur au club.

#578 – Újpest FC : Lilák

Les violets. Le club du quartier de Újpest à Budapest joue dans cette couleur peu commune dans le football mais pourtant partagée avec quelques autres grands clubs : Anderlecht en Belgique (cf. #236), Fiorentina en Italie (cf. #103), Austria Vienne en Autriche, Toulouse FC en France, Real Valladolid en Espagne. Le choix de cette couleur remonte à la création du club mais les raisons sont inconnues. Il y a tout de même une anecdote à noter. Le 16 juin 1885, plusieurs étudiants, emmenés par le professeur János Goll, fondèrent le club Újpesti Tornaegylet (Association de Gymnastique d’ Újpest). A cette époque, le sport dominant dans l’Empire Austro-Hongrois était la gymnastique et naturellement l’association fut créée dans l’optique de pratiquer ce sport. La devise adoptée ce jour là était Épség, Erő, Egyetértés (solidité, force, harmonie) et le choix des couleurs se porta sur le violet et le blanc. Rapidement, des sections d’escrime et d’athlétisme s’ouvrirent. Le 31 décembre 1899, d’autres jeunes se réunirent pour fonder un club de football du nom de Újpest FC. Là aussi, ils décidèrent d’opter pour le violet et blanc comme couleurs.

Difficile de savoir pourquoi le violet fit recette à cette époque. La ville d’Újpest n’avait pas cette couleur comme symbole. Une chose est sure : la couleur violette a longtemps était difficile à produire car rare à l’état naturel. Les tissus de cette couleur étaient donc chers et plutôt réserver à la noblesse. Puis, au milieu du XIXème siècle, alors qu’il cherchait une nouvelle substance contre la malaria, William Perkin créa par hasard le premier colorant synthétique, la mauvéine, qui permettait de teinter les tissues en violet. Cette couleur put alors commencer à se démocratiser.

#282 – Deportivo Saprissa : el Monstruo Morado

Le monstre violet/mauve. L’origine remonte à 1987 quand le journal Extra mentionna pour la première fois le mot « monstruo » pour décrire l’ambiance qui régnait dans l’enceinte où jouait le Deportivo Saprissa. Le stade Ricardo Saprissa Aymá était rempli de fans et le média, pour évoquer les mouvements de foule dans les gradins, écrivit « este estadio parecía un monstruo de color morado » (ce stade ressemblait à un monstre de couleur mauve). Le mauve faisait évidemment référence à la couleur du Deportivo. Le choix de cette couleur originale remonte elle à la création du club, en 1935. Le 16 juillet 1935, un groupe d’adolescents se réunit avec l’idée de créer une nouvelle équipe de football avec Roberto Fernández et Fausto Leiva, propriétaires d’un petit magasin de chaussures. Concernant les couleurs, le choix résultat d’une erreur. Les fondateurs décidèrent de donner au club le nom de Don Ricardo Saprissa, un entrepreneur local mais surtout un ancien joueur de football, notamment en Espagne. Ce dernier sponsorisa alors l’équipe en leur offrant leur tenue, qu’il fit confectionner par son usine textile (qu’il dirigeait avec son frère). Deux versions existent sur cette erreur. Don Ricardo aurait repris les couleurs du club de polo de Barcelone, bleu et rouge, la ville espagnole dans laquelle il avait vécu. Ou alors, pour confectionner les maillots, l’entreprise prit modèle sur ceux du club d’Orión FC, rayés bleu et rouge. Le Deportivo Saprissa devait au départ être un club formateur au profit d’Orión. Au final, une erreur conduisit au mélange des deux trames de couleurs et le mauve (bourgogne) apparût. La couleur accidentelle du nouvel uniforme plut finalement à tout le monde. Roberto Fernández décida d’ajouter un grand S sur la poitrine et ainsi la tenue historique du club naquit.

#236 – RSC Anderlecht : les Mauves

Le plus grand club belge, avec ses 34 championnats de Belgique et ses 3 coupes européennes, a toujours évolué en mauve et blanc mais l’origine de ces couleurs n’a jamais été établie. Deux versions sont avancées mais sans aucune certitude.

La première serait liée à la princesse Élisabeth de Bavière, femme du futur roi des Belges, Albert. Au XIXème et au début du XXème siècle, à l’apogée du printemps, des festivités dénommées « Longchamp fleuri » se déroulaient au bois de la Cambre. La Haute-Société bruxelloise, principalement l’aristocratie, défilait dans des carrosses fleuris le long de l’avenue Longchamp jusque devant une tribune dressée dans le bois où siégeait la reine Marie-Henriette qui distribuait alors les prix pour les plus beaux attelages. Ce défilé de jeunes filles bien nées dans de magnifiques toilettes assises dans des carrosses fleuris faisait l’animation de toute la population du quartier. A l’une de ces festivités, la princesse Elisabeth s’afficha dans un carrosse victoria ornée d’orchidées mauves et blanches, assorties à sa robe. Peut-être que le fondateur du club, Charles Roos et ses associés furent subjugués par ces couleurs.

L’autre version se rapporte au clergé. Le premier match du club se fit face à l’Institut Saint-Georges, un pensionnat catholique. Charles Roos et ses partenaires auraient pu être convaincus des couleurs mauves et blanches souvent portées par les religieux Catholique de l’Institut. D’ailleurs, aujourd’hui encore, le club est lié à un autre organisation éducative catholique, l’Institut Saint-Nicolas (Sint-Niklaasinstituut), qui accueille les jeunes joueurs du club et constitue son vivier.

En flamand, le surnom devient paars en wit, les violets et blancs.

#103 – AC Fiorentina : Viola

Violet. Le club se distingue dans le championnat italien comme de par le monde par son maillot violet vif. Couleur plutôt rare dans le monde du football. La Fiorentina est issue de la fusion de deux clubs, Club Sportivo Firenze et Palestra Ginnastica Fiorentina Libertas. Le premier évoluait en blanc et noir, tandis que le second portait des maillots rouges et noirs. A sa fondation, en 1926, le nouveau club opta alors pour la réunion des 3 couleurs, avec un short noir et un maillot scindé en deux parties, une rouge et une blanche. Ce maillot avait le mérite d’afficher les couleurs de la cité. Mais, le 22 septembre 1929, lors d’un match amical contre la Roma, la Fiorentina porta, pour la première fois, la fameuse chemise violette frappée du le lis rouge sur la poitrine.

Selon la légende, cette couleur résultat d’un mauvais lavage des mailles rouge-blanc dans une rivière. La teinture rouge aurait déteint sur le blanc, créant une nuance de violet. Mais, la réalité serait qu’il fut choisi par Luigi Ridolfi, l’un des fondateurs, après un match amical en 1928 face au club hongrois Újpest FC. Outre l’originalité ou la noblesse qui pouvait se dégager de ce maillot, Luigi Ridolfi a pu également être impressionné par l’équipe hongroise qui connaissait son âge d’or et souhaitait lui ressembler pour connaître le succès. L’équipe d’Újpest pratiquait en effet un football défensif redoutée dénommé Fogl-gát (la barrière Fogl), du nom des deux frères qui composaient sa défense, Karoly Fogl et József Fogl.

Mais, le hasard faisant bien les choses, le violet est une couleur attachée à la ville de Florence. Au XIVème siècle, les florentins avait acquis, auprès des populations orientales de la Méditerranée, un savoir-faire pour produire des colorants violets, à base d’un lichen particulier de la famille des Roccellaceae. La ville de Florence devint alors un des plus importants centres de production du monde occidental de violet.