#232 – FC Twente : Tukkers, Twentenaren

Le premier est le surnom donnés aux habitants de la région de Twente aux Pays-Bas tandis que le second est leur gentilé en néerlandais. Le club a surtout hérité du premier, Tukkers, et ses fans s’en revendiquent. Twente est une région à l’est des des Pays-Bas qui a son propre dialecte (le Tweants qui est un dérivé du bas-saxon) et une identité forte.

Tukker viendrait du mot « tuk » , qui signifie poche de pantalon. Il semblerait que ce soit une allusion à l’habitude des habitants de la région de marcher dans la rue avec les deux mains dans la poche de pantalon. En fait, cela mettait en avant l’attitude zen, nonchalante parfois attribué aux habitants. Dans le dialecte locale, le mot est devenu un verbe, tukkern, qui signifie « allez-y doucement ».

En 1949, une autre version est avancée. Le linguiste H.L. Bezoen de Twente établissait un lien avec le mot « kneu » (la linotte en Français), un oiseau qui, au Moyen-Âge, se reproduisait couramment aux Pays-Bas. En effet, cet oiseau était dénommé « tukker » à Twente. Le mot kneu vient du brabançon « heikneuter« . Mais, selon ce linguiste, le mot « heikneuter » était aussi un gros mot (qui se rapprocherait de péquenaud ou idiot du village en Français) et il fut donc aussi associé aux habitants de la région rurale de Twente au début du XXème siècle.

Résultat dans les deux cas, le surnom n’était pas flatteur pour les habitants de Twente. Il faut dire que le peuple de Twente était méprisé par les hollandais métropolitains, vu comme un peuple paysan, fermé, au fort accent, particulier (avec son humour sec) et religieux de l’extrême est du pays. Au XXème siècle, les habitants de Twente s’étaient donc demandé si « Tukker » était finalement un bon surnom. Les adversaires du mot estimait qu’il avait trop d’associations négatives. D’autres pensait que le mot correspondait à l’ambition régionaliste de Twente après la Seconde Guerre mondial en donnant une identité forte et propre. Finalement, il est resté pour la région et le club.

#230 – VfB Stuttgart : die Schwaben

Les souabes. La ville de Stuttgart, qui compte plus de 600.000 habitants (tandis que la région métropolitaine de Stuttgart compte près de 6 millions de personnes), fait partie de la région de la Souabe. Il s’agit d’une région historique de l’Allemagne, comprise entre le Rhin qui la sépare à l’Ouest de l’Alsace, le lac de Constance au Sud qui fait office de frontière avec la Suisse, le Lech qui marque son territoire avec la Bavière à l’Est, et au Nord par la Franconie. Historiquement, elle constituait un des grands duchés du Saint-Empire romain germanique qui donna son nom au pays (puisqu’elle était aussi dénommé l’Alémanie). Son nom provient du peuple germain des Suèves et regroupe plus que l’aire géographique puisqu’il désigne également les habitants comme son dialecte. Même si la région s’est éclaté entre différents pays au fil des siècles et qu’elle ne constitue pas un Land, sa culture demeure forte. Fière de cette identité, Stuttgart se revendique comme Schwabenmetropole (métropole souabe).

#222 – FK Radnički Niš : Real sa Nišave

Le Real de la Nišava. Ce surnom place le club serbe au même niveau que le Real Madrid et s’est vu attribué au club par ses supporteurs (on n’est jamais mieux servi que par soit-même). Le 14 avril 1963, lors du match FC Radnicki – OFK Belgrade, les supporteurs du club déployèrent dans le stade une banderole où était inscrit « le Real de la Nišava ». Cette banderole fut régulièrement arboré dans le stade du club pendant les années 60. Pourtant le club de Niš, avant 1963, était un modeste club de région et errait dans les divisions inférieures de Yougoslavie. En 1963, le club atteignit pour la première fois la première division et les supporteurs voulurent indiquer par cette banderole (et avec cette comparaison très flatteuse pour le club serbe) que les fans considéraient leur club au sommet, qu’ils en étaient fiers, à quel point il lui portait de l’estime. Malgré ce surnom, le club serbe n’a jamais été en mesure de lutter avec les grands clubs serbes (Etoile Rouge et Partizan) mais il réussit tout de même l’exploit de parvenir en demi-finale de Coupe de l’UEFA en 1982. En 2019, le club termina pour la première fois vice-champion de Serbie. La Nišava est la rivière qui traverse la ville de Niš et qui lui a donné son nom.

#218 – Aston Villa : the Villans

Parfois orthographié ou énoncé de manière erroné en Villains, le surnom Villans est dérivé du nom du club. Le club est parfois aussi plus simplement surnommé Villa. Pour un club situé à Birmingham, pourquoi les fondateurs ont-ils choisi ce nom ? La légende veut que le club fut fondé en 1874 à la lumière d’un réverbère par 4 joueurs du club de cricket de la chapelle méthodiste Villa Cross Wesleyan Chapel afin de s’occuper pendant l’hiver. Cette chapelle était alors située dans la localité d’Aston, qui à l’époque n’était pas encore absorbée par Birmingham. Dès le XVIIIème, était mentionné un bâtiment du nom d’Aston Villa. Aston a été mentionné pour la première fois dans le Domesday Book en 1086 comme « Estone » (qui signifie la colline de l’Est), où se trouvait un moulin, un prêtre et donc probablement une église, un bois et des terrains agricoles. Il fut un fief de certaines familles nobles, dont les Holtes qui l’ont possédée pendant 400 ans. Villa Cross était à la jonction de 3 routes importantes où aurait été construit un bâtiment, une villa, suffisamment importante pour léguer son nom à ce quartier. L’église méthodiste fut construite en 1865 et 9 ans plus tard donna son nom à un club de football.

Le terme villans apparût au début du XXème siècle et fit, au fil du temps, les belles heures du merchandising du club de Birmingham. En effet, autour de Villa Park ou dans ses travées, vous pouvez quelques fois apercevoir la mascotte Villa Villan (ou Villa Villain), un personnage plutôt espiègle portant une longue cape, un chapeau pointu, un masque (parfois) et une longue moustache. Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire sportif de Birmingham « Sports Argus » (publié entre 1897 et 2006), Jack Urry, serait l’inventeur du terme qui s’anima sous le crayon du dessinateur Tom Webster vers 1905. Dans les années 1930, le personnage réapparut dans les cartes produites par Ogdens. La marque de cigarette avait sorti une série de 50 cartes nommée « AFC Nickname » où était présenté un surnom des équipes de l’élite anglaise accompagné d’une illustration. Cette carte précisait que le villain est « an appropriate representation of one of the most formidable teams [with] classical style which is the envy of their rivals » (une représentation appropriée de l’une des plus formidables équipes [avec] un style classique que ses rivaux envient).

#205 – Santos FC : Alvinegro

Les blancs et noirs. Lorsque le club de Santos fut fondé en 1912, le premier choix des couleurs se portèrent sur le blanc, le bleu et l’or. Le maillot était alors rayé bleu et blanc, avec de fines bandes dorées. Mais, après à peine un an d’existence, le 31 mars 1913, les membres décidèrent de changer pour opter pour un maillot rayé noir et blanc, fixant alors définitivement les couleurs du club. Les raisons du changement étaient simples. Il est probable que les joueurs constatèrent que les couleurs bleus et dorées passaient assez vite après quelques lavages. Il fallait donc refaire régulièrement des maillots. Or, les finances du club ne devaient pas le permettre. Surtout, la couturière de l’équipe, connue sous le nom de Dona Didi, se plaignait de ne pas réussir à trouver les tissus nécessaires (en particulièrement celui doré) pour réaliser le maillot du club. Lors de cette réunion du 31 mars 1913, Paulo Peluccio, membre du club, suggéra de retenir un maillot à rayures blanches et noires. Le noir aurait représenté la noblesse et le blanc symbolisait la paix. Surtout, ces couleurs étaient plus simple à trouver à l’époque.

En 1913, le maillot fut donc rayé verticalement en noir et blanc. Mais, en 1915, en même temps qu’il dut changer de nom pour participer au tournoi de Santos, le club porta un maillot intégralement blanc, marqué seulement de son blason. Ce fut une réussite avec le titre au bout. En 1925 et en 1935 (pour le premier titre dans le championnat de l’Etat de São Paolo), le maillot fut une nouvelle fois intégralement blanc. Dans la version de 1925, le maillot intégrait toutefois au niveau de la taille une bande noire, comme une ceinture. Pour celle de 1935, tout l’équipement était blanc, les chaussettes ayant quelques détails noirs. Au milieu des années 1930, Santos porta l’uniforme le plus inhabituel de son histoire. En effet, si le short était blanc, le maillot était dans une couleur surprenante pour le club, rouge. Cet uniforme fut utilisé que dans quelques matchs. Au début des années 1940, Santos avait pour équipement une chemise à larges rayures noires et blanches mais cette fois horizontales. Lors de la grande période du Santos de Pelé, l’uniforme redevint complètement blanc, à l’exception de la taille où la ceinture était noire. Toutefois, en 1963, la direction tenta un nouveau maillot blanc à fines rayures noires, le short et les chaussettes demeurant blancs. Ce fut un échec auprès des supporteurs et le club revint au kit blanc. Dans les années 1970, l’équipement se stabilisa avec comme premier uniforme, un kit intégralement blanc, et en maillot extérieur, celui rayé noir et blanc. Enfin, dans les années 1990, le club céda à la mode des tenues extravagantes et si les couleurs demeurèrent, les shorts affichèrent des damiers, des étoiles, des traits …

Comme d’autres équipes ont adopté ces couleurs et ont donc gagné ce surnom d’Alvinegro, celui de Santos a été enrichi par la suite en Alvinegro da Vila et Alvinegro Praiano. Le premier se réfère au stade dans lequel évolue Santos, le stade Urbano Caldeira, mieux connu sous le nom de Vila Belmiro, quartier où il se situe. Enfin, Praiano est un adjectif pour désigner un objet, un lieu ou une personne situé sur le littoral. Ce qui est le cas de la ville de Santos, située sur la côte de l’ État de São Paulo et qui est le plus grand port d’Amérique Latine.

#201 – Argentinos Junior : el Bicho, los Bichos Colorados

La punaise, les punaises rouges. Ce surnom fut attribué par un journaliste au club dans les années 50. Club amateur reconnu et triomphant, Argentinos Junior négocia mal le virage du professionnalisme dans les années 30. Participant à la création du championnat professionnel, les charges salariales des joueurs plongèrent le club dans les difficultés économiques et connut le déclin sportif en sombrant en seconde division argentine. De 1937 à 1955, le club se débâtât dans les divisions inférieures. En 1956, Argentinos Junior remonta enfin en première division et commença à titiller les 5 grands argentins (Boca, River, Racing, Independiente ou San Lorenzo) qui trustaient tous les titres. L’apothéose demeura la saison 1960 où le club atteignit la finale face à River Plate. Cette renaissance se fit grâce à une génération de jeunes joueurs tels que Pederzoli, Pando, Oscar Distéfano, Sciarra, Ditro, Sainz, Moreno et Nappe et un style de jeu offensif et flamboyant. Au lendemain d’une victoire face à Boca Juniors (1-0 le dimanche 4 août 1957, but de Héctor Tedeschi), le journaliste Diego Lucero publia une tribune dans le quotidien Clarín où il utilisa pour le première fois le terme de « bichitos colorados » pour désigner le club. En fait, son style de jeu fit penser à des insectes qui piquaient son adversaire à chaque attaque.

Le rouge faisait évidemment référence à la couleur des maillots. Le club fut fondé en 1904 par l’union de deux associations sportives dont les membres étaient anarchistes ou socialistes. Pour honorer l’élection d’Alfredo Palacios à la députation (le premier député socialiste élu en Argentine), les membres décidèrent d’opter pour la couleur rouge du Parti Socialiste, en remplacement du vert et du blanc.

Parfois, le surnom est complété par « La Paternal » , référence au quartier dont est originaire le club.

#198 – SV Werder Brême : die Werderaner

Le surnom est dérivé du nom du club, Werder, qui est un mot spécifique au région du Nord-Est de l’Allemagne pour désigner les îles fluviales (ou d’un lac). Le 4 février 1899, des écoliers de 16 ans issus de la classe moyenne fondèrent le club. Ils avaient remporté quelque temps avant un ballon de football dans une compétition de tir à la corde. Le club va évoluer dans les quartiers du sud de la ville (Huckelriede puis Peterswerder) qui se situent au bord de la Weser (la Visurge en français). Au XIXème siècle, plusieurs îles se situèrent sur la Weser mais après la forte crue de 1881, une nouvelle digue plus solide et plus droite fut construite en amont de la vieille ville de Brême, conduisant à assécher certaines terres qui vont unir les îles fluviales aux terres. Ainsi, le quartier de Peterswerder s’étendit et sur ces nouvelles terres, un complexe sportif fut construit en 1909, dont le terrain du Weserstadion où joue encore le Werder Brême.

#190 – US Lecce : Giallorossi

Les jaunes et rouges. Ceci fait référence au maillot rayé jaune et rouge du club. Ce dernier résulta de la fusion de 3 clubs de la ville de Lecce (FBC Juventus , Sporting Club Lecce et Gladiator) en 1928, sous l’impulsion de l’Etat fasciste. Les couleurs adoptées par la nouvelle institution étaient le blanc et le noir mais dès la saison suivante, avec la première accession du club en Série B, ces dernières laissèrent place aux couleurs actuels, le jaune et le rouge.

Ces couleurs sont celles de l’ancienne région de Terre d’Otrante (Terra d’Otranto) où se situe Lecce et dont les armes font apparaître un dauphin tenant un croissant sur un fond de lignes verticales jaunes et rouges. Ce fond n’est pas là par hasard évidemment car il s’agit en fait des Barras de Aragon (les barres ou pals en héraldiques d’Aragon), qui se composent de quatre franges verticales rouges sur fond or.

Les origines de ces armes ne sont pas clairement définies. La légende veut que Guifred le Velu, considéré comme le premier comte de Catalogne, aurait repoussé une invasion normande au IXème siècle mais aurait été blessé au combat. Le roi de France, Charles le Chauve, lui demanda alors avant son trépas ce qu’il désirait, et Guifred lui répondit qu’il souhaitait un signe d’unification pour son peuple. Le Roi plongea alors quatre doigts dans sa blessure et traça sur son bouclier d’or quatre marques de sang, lui offrant ainsi ses armoiries. Cette histoire semble inventée puisque Guifred le Velu mourut lors d’une bataille mais face au Sarrasin. En outre, les Barras d’Aragon apparurent bien plus tardivement. Il semblerait en fait que les couleurs proviennent de la Rome antique. En tout cas, ces armes furent utilisées par la Couronne d’Aragon, qui les rependît sur un grand nombre de territoires lors de son expansion du XIIème jusqu’au XVIème siècle. Ainsi, on les retrouve dans les armes de la Catalogne, la Communauté de Valence, les Baléares, la ville de Barcelone, la ville de Valence mais également dans les possessions tels que la Sicile, la ville de Palerme, la Provence …. Ce fut aussi le cas de la Terre d’Otrante, qui, sous domination du Royaume d’Aragon, connût un fort développement commercial. Le maillot jaune et rouge fut souvent associé à un short bleu. L’association de ces trois couleurs permet de faire référence à une vielle maxime qui caractérise la région des Pouilles, « lu sule, lu mare, lu ientu » (le soleil, la mer, le vent). Le jaune et le rouge rappelle le soleil, le bleu, la mer. Enfin, le second maillot, souvent blanc, s’associe au vent.

#165 – CDC Atlético Nacional : el Verde, el Verde y Blanco

Le vert, le vert et blanc. Ces deux couleurs sont celles du club colombien, ayant l’un des plus beaux palmarès du pays. Né en 1947, le club opta pour les couleurs vertes et blanches, celles qui apparaissent sur le drapeau du département d’Antioquia. Le club représente la ville de Medellín, qui est la capital du département d’Antioquia. Ce drapeau remonte à l’indépendance du pays en 1810. Les couleurs choisit faisaient référence à celles de l’Université d’Antioquia, fondée quelques années plus tôt, en 1803. Mais également aux couleurs de la province de Carthagène lorsqu’elle déclara son indépendance de l’Espagne en 1811. Le drapeau est composé de deux bandes horizontales, une blanche en haut et une verte en bas, de largeur égale. Selon la version officielle, la couleur blanche symbolise la pureté, l’intégrité, l’obéissance, l’éloquence et le triomphe. Le blanc rappèle aussi pour le club la couleur de la fleur du Pourpier, une plante endémique de la régio, qui donna également un autre surnom au club. La couleur verte représente les montagnes du département, l’espoir, l’abondance, la foi, le service et le respect. Pour unifier le département, Medellín retiendra également le même drapeau, en rajoutant ses armoiries au centre. D’autres surnom ont dévié de ceux-ci, en particulier el verde de la montaña (le vert de la montagne). Le département d’Antioquia est traversé par deux chaînes de la cordillère des Andes, les chaînes de montagnes occidentale et centrale, qui atteignent plus de 4.000 mètres. Pour cette raison, Medellín est appelée « la capitale de la montagne ». Le club est également surnommé el Verde Paisa, le paisa vert. Paisa est à la fois le nom de la région nord-est de Colombie, englobant plusieurs départements dont celui d’Antioquia, ainsi que les habitants de cette région. Paisa est un apocope du mot espagnol  Paisano, qui signifie paysan (la région étant une important aire de production agricole du pays, notamment le café). Dans certains pays d’Amérique du sud (Panamá, Equateur, Venezuela), le terme est un synonyme de Colombien.

#148 – Feyenoord Rotterdam : de Trots van Zuid

La fierté du sud. Le 19 juillet 1908, le club de football Wilhelmina fut fondé par des jeunes du quartier de Feijenoord (Kees van Baaren, Gerard van Leerdam, Henk Mulder et Nico Struijs). Dans ce quartier vivaient principalement des familles ouvrières, assez pauvres. En effet, avec l’industrialisation du quartier (il accueillit le chantier naval) et de la ville au XIXème siècle, le besoin en main d’oeuvre devenait important et un quartier de logements à bas loyers fut construit à Feijenoord entre 1885 et 1910 pour les accueillir. La population de Rotterdam passait globalement de 181 000 à 426 000 habitants à cette époque. Un grand nombre de ces logements ont été démolies après les années 1970 et remplacées par de nouveaux logements sociaux. Car, aujourd’hui encore, le taux de pauvreté comme le taux de chômage sont plus élevés à Feijenoord que dans le reste de Rotterdam.

Au début du XXème siècle, la fondation du Feyenoord au milieu des classes ouvrières contrastait avec les autres clubs de la ville, le Sparta et le Concordia, qui étaient liés aux élites et classes bourgeoises. Ainsi, dès le départ, le Feyenoord répondait certes à un besoin de distraction des ouvriers mais également à un revendication identitaire. Après 16 ans d’existence, le club accéda au Graal en remportant son premier championnat des Pays-Bas en 1924. 3 ans auparavant, le club avait déjà remporté l’Overgangklasse qui lui avait permis d’accéder à la première division. Il gagna ainsi en popularité et devint la fierté des milieux modestes qui trouvèrent dans cette victoire face aux clubs plus huppés, celle des travailleurs face à la bourgeoisie, des autres villes notamment. Feyenoord fut alors dénommé la fierté du Sud, Rotterdam étant situé au Sud des Pays-Bas et le quartier de Feyenoord au sud de la Meuse qui traverse la ville.

Les années qui suivirent renforcèrent cette fierté. Feyenoord remporta 14 autres championnats et 13 coupes des Pays-Bas. Il fut également l’auteur du premier doublé coupe-championnat de l’histoire aux Pays-Bas en 1965. Sur le plan européen, Feyenoord devient le premier club néerlandais à atteindre la demi-finale de la Coupe des Clubs Champions puis, en 1970, le premier club hollandais à la remporter avec des joueurs comme Wim Jansen, Willem van Hanegem et Coen Moulijn (dit Mister Feyenoord), sous la direction du très brillant entraîneur Ernst Happel. L’équipe enchaina avec la victoire en Coupe Intercontinentale. En 1974, Feyenoord s’adjugea la Coupe de l’UEFA, également la première d’un club néerlandais, sous la direction de Wiel Coerver, et avec des joueurs tels que Wim Rijsbergen, Jan Boskamp, Lex Schoenmaker, Jörgen Kristensen et Peter Ressel.