#439 – Tout Puissant Mazembe : les Corbeaux

L’oiseau à la robe noire fait indéniablement penser au maillot noir de l’équipe. Mais pas que. En 1939, les moines bénédictins de l’Institut Saint-Boniface souhaitaient occuper leur scout avec une activité sportive. Ainsi fut fondé le Tout Puissant sous le nom de FC Saint-Georges, saint patron des scouts. Le choix des couleurs noires et blanches n’est pas expliqué mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il est lié à l’ordre des moines. Saint Benoît, fondateur de l’ordre, créa une règle basée sur la rigueur, le travail, le silence, l’humilité, la pauvreté et la charité. Ainsi, Saint Benoît choisit une tenue sobre, noire (la couleur était un artifice inutile), pour ses moines, qui se distinguent ainsi des autres ordres. Les bénédictins, appelés logiquement frères ou moines noirs, portent donc généralement une tunique noire serrée par une ceinture noire, leur tête recouverte par une capuche de même couleur qui finit en pointe. Cette couleur noire ne déplut certainement pas au repreneur du club dans les années 40, l’entreprise Englebert, fabriquant de pneumatique.

Pour en revenir au surnom, le corbeau rappelle donc la couleur du maillot mais il pourrait aussi s’agir d’un rappel à l’histoire de Saint Benoît. Alternant entre vie érémitique et monastique, Saint Benoît attira de nombreuses personnes et vit ainsi sa renommée croître. Forcément, il suscita la jalousie, notamment d’un prêtre voisin. Ce dernier lui envoya un pain empoisonné. Mais, se doutant de la supercherie, Saint Benoît ordonna à un corbeau, qui lui rendait régulièrement visite lors des repas, d’aller dissiminer ce pain à des endroits où il serait introuvable, ce que l’oiseau réalisât. Ainsi, l’épisode est souvent résumé en indiquant que le corbeau sauva Saint Benoît de l’empoisonnement. Il n’empêche que ce n’est pas le corbeau qui apparaît sur le blason du club mais le crocodile, invention apparu dans les années 80, certainement pour symboliser la puissance d’un animal endémique.

#438 – ASEC Mimosas : les Mimos

Diminutif du nom du club. Depuis la création du championnat ivoirien, deux formations luttent pour le titre national l’ASEC Mimosas et l’Africa Sport. Les Mimos devancent leur rival au plan national (avec 24 titres contre 18) et à l’international (avec la victoire en 1998 de la Ligue des Champions). Un groupe d’employés de commerce et de fonctionnaires aux origines multiples (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Sénégal, Liban et France), passionnés de football, fondèrent le club le 1er janvier 1948. Le nom ASEC découlait de leurs fonctions (ASEC est l’acronyme de Amicale Sportive des Employés de Commerce). A cet acronyme, les fondateurs collèrent le nom d’un arbuste aux fleurs jaunes, le mimosa (connu surtout sous le nom d’Acacia), qui pullulaient dans la région. Depuis longtemps, en Côte-d’Ivoire, les pratiques agricoles traditionnelles utilisaient la jachère pour reposer le sol. Ce dernier était aussi riche que dans les régions tempérées mais il était aussi plus fragile. D’abord, l’ardeur du soleil équatorial tendait à les brûler en surface, tandis que la chaleur, toujours élevée, accélérait la décomposition de la réserve chimique du sous-sol. De plus, le manque d’arbustes ou d’herbes protégeaient mal le sol contre la violence des averses mais également leurs racines ne retenaient pas assez les principes fertilisants en surface. Ainsi, dans les années 1940-50, les français introduisirent le mimosa en masse, en tant que plante de couverture pour améliorer la fertilité du sol. En effet, la culture des plantes de couvertures entre périodes de plantation permettaient notamment de retenir ou de faire remonter à la surface les éléments fertilisants, de favoriser l’infiltration de l’eau et de briser les cycles de certains ravageurs et maladies.