#1052 – AFC Wimbledon : the Wombles

Nous n’allons pas parler tennis sur ce blog consacré aux clubs de football. Mais nous n’allons pas non plus évoquer la fameuse équipe de Londres qui fit trembler l’Angleterre du football au milieu des années 80 avec une bande de dingues (dont Vinnie Jones et Denis Wise). Car, en effet, ce dernier club disparût en 2004 ou tout du moins déménagea à 100 km du quartier de Wimbledon pour s’établir à Milton Keynes, abandonnant au passage ses racines et une grande partie de ses supporteurs. Révoltés, ces derniers décidèrent de créer un nouveau club pour représenter leur quartier de Wimbledon et le 30 Mai 2002, l’AFC Wimbledon surgit. Officiellement, cette nouvelle association n’est pas l’héritière du Wimbledon FC mais elle en reprend tous les codes : blason, couleurs et également surnoms. Et ce d’autant plus que le terme Wombles est attaché au quartier de Wimbledon plus qu’à l’équipe de football. Donc il était naturel que les joueurs qui défendent cet aire de Londres continuent à porter ce sobriquet.

Mais qu’est-ce qu’un womble ? Ne cherchez pas le mot dans un dictionnaire car vous ne trouverez aucune entrée. Les wombles sont des personnages d’une série de romans pour enfants créés par Elisabeth Beresford en 1968. Créatures au nez pointu et à fourrure, ils portaient déjà un message écologiste en incitant les enfants à recycler les déchets. La notoriété des personnages au Royaume-Uni s’accentua grâce à une émission de télévision diffusée par la BBC entre 1973 et 1975. Or, ces gentils oursons sont fondamentalement attachés au quartier de Wimbledon. D’une part, le monde des Wombles se situent dans le parc de Wimbledon Common, le grand espace vert (de 460 hectares avec ses voisins de Putney Heath et Putney Lower Common) de Wimbledon. D’autre part, l’idée naquit après une promenade menée le lendemain de Noël par Elisabeth Beresford avec ses enfants dans la parc de Wimbledon Common. Sa fille Kate déforma à plusieurs reprises le nom de Wimbledon Common en Wombledon Common. Aujourd’hui, les habitants de Wimbledon comme les équipes sportives du quartier ont hérité de ce surnom.

#1051 – Atlético Goianiense : Dragão

Le dragon. Si de nombreux clubs ont choisi leurs mascottes bien après leur fondation, l’Atlético Goianiense hérita du choix du dragon de ses fondateurs. Le 2 avril 1937, une bande d’adolescents dont Edison Hermano (premier gardien du club), les frères Gordo – Nicanor (premier président), Afonso et Alberto – Benjamim Roriz, Ondomar Sarti, João de Brito Guimarães et João Batista Gonçalves se réunit dans le salon de l’hôtel Pouso Alto, situé dans le quartier de Campinas. Les fondateurs retinrent le rouge et le noir comme couleurs, en hommage aux deux clubs qu’ils supportaient, le Flamengo et le São Paulo FC. Par ailleurs, ils décidèrent de prendre un dragon pour mascotte. L’animal légendaire était une figure populaire dans le quartier de Campinas dans les années 1930 grâce aux films de kung-fu qui étaient alors projetés dans les cinémas locaux. Dans la culture chinoise, contrairement à l’image violente véhiculée par le dragon européen, cette figure mythologique représente le pouvoir impérial en étant souvent à l’origine des grandes dynasties. Ce symbole de puissance plaisait aux fondateurs. Bien plus tard, la mascotte, qui a les traits des dragons asiatiques (et non européens), reçut le nom de Dragolino, un mot-valise entre Dragão et Lino. Cette décision rendait hommage au défenseur Leandro Lino de Freitas, qui marqua le but qui permit au club de remporter son 13ème titre de champion de l’Etat du Goiás en 2014.

Les autres surnoms associés sont Dragas et Dragão Campineiro.

#1050 – CA Bizertin : قرش الشمال

Le requin du Nord. Fondé le 12 juillet 1928 par des arabes, le club comptait parmi ses membres du comité de direction principalement des commerçants et des agriculteurs. Pourtant, ses principaux symboles puisèrent dans l’héritage maritime de la ville de Bizerte. Cette dernière est entourée par l’eau, se situant sur la rive nord du canal de Bizerte reliant la mer Méditerranée au lac de Bizerte. Cette situation géographique fut la base de son développement. Son port fut notamment une base arrière de pirates musulmans au XVIIème siècle. Puis, la pêche, facilitée par l’abondance de poissons dans le lac et la mer, se substitua à la piraterie au XIXème siècle. Après la conquête française, les autorités coloniales développèrent le port de Bizerte dont la position était stratégique dans le canal de Sicile à la fin du XIXème siècle (point de passage obligé pour les navires transitant au plus court entre Gibraltar et le canal de Suez). Les travaux d’infrastructure associés firent de la ville une des plus importantes bases navales françaises de Méditerranée. Le port fut également une base militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Bizerte regroupe un port de plaisance, un port de pêche ainsi qu’un port de commerce. Avec ses 1 721 mètres de quai, ce dernier concentre principalement du trafic pétrolier.

Le blason du club comporta notamment un bateau et des hippocampes. Puis, un dauphin fit son apparition et demeure encore aujourd’hui. Mais, pour le surnom, le requin, animal marin plus effrayant, s’imposa. Même si la concentration de requins est plus forte dans le sud du Pays (la région est connue pour être un habitat important et un lieu de reproduction pour de nombreuses espèces telles que le requin gris et le requin blanc), plusieurs espèces de cet animal ont déjà montré leur queue et leurs dents près de Bizerte, voire plus rarement dans le port de la ville.

Pour terminer, il faut rappeler que Bizerte se trouve à 5 kilomètres du cap Blanc, la pointe septentrionale de la Tunisie et de l’Afrique également. Elle est donc la ville la plus au Nord du pays.

#1049 – Djoliba AC : les Rouges

Club Omnisport (football, basket, athlétisme, rugby) basé à Bamako, Djoliba est l’autre épouvantail du football malien avec le Stade. 23 titres de champion du Mali (record national) et 20 Coupes nationales (autre record national) constituent son imposant palmarès. Deux mois après l’indépendance du Soudan Français qui engendra la refondation/réorganisation des milieux sportifs, deux clubs maliens, le Foyer du Soudan, club des autochtones, et l’Africa Sport de Bamako (créé en 1953, club des étudiants) fusionnèrent pour donner naissance le 20 Août 1960 au Djoliba AC (en 1979, le club de la Renaissance les rejoignit). Cette nouvelle association prit le nom du fleuve Niger, Djoliba, en mandingue, la langue des Malinkés, une des ethnies majoritaires du pays. L’idée était d’honorer ce fleuve qui traverse tout le Mali, symbole puissant du pays. Les fondateurs se dirent que tant que le fleuve coulera, le club existera. Le symbole du club est alors l’hippopotame, l’un des animaux imposants du fleuve.

Côté couleur, le vert et le rouge sont retenues. Le vert symbolise, comme dans de nombreux pays, l’espérance, la persévérance. Tandis que le Rouge représente l’abnégation, le sacrifice en symbiose avec la devise du club qui est « travail, discipline, solidarité ».