#1453 – Binga FC : les Kèlètchè du Golf

Les guerriers du golf. En langue bambara (la plus parlée au Mali), Kèlètchè signifie guerrier. Le surnom peut être utilisé de manière totalement francisé « les guerriers du Golf ». Fondé en 2009, le club connait au début des années 2020 des saisons historiques qui vont forger son identité et son surnom. Tout d’abord, le terme « Golf » fait tout simplement référence à l’ancrage territorial du club à Bamako. Le Binga FC est originaire de Baco-Djicoroni Golf, un quartier très connu de la capitale malienne. Dans le langage courant, les Bamakois appellent souvent ce secteur simplement « le Golf ».

En 2021, alors que le club évoluait simplement en seconde division, il se qualifia pour la finale de la Coupe du Mali face au Stade Malien. Après avoir mené 2 à 0 jusqu’à la 86ème, les joueurs du Binga cédèrent aux coups de butoir du Stade qui planta 3 buts (dont 2 sur pénalty à une minute d’intervalle), privant le petit club de Bamako d’un premier titre national. Toutefois, le Stade Malien ayant réalisé le doublé Coupe-Championnat, le Binga FC se retrouva qualifier pour la Coupe de la confédération africaine 2021-2022. Cette première campagne continentale constitua une véritable épopée pour le Binga FC en dépit de ses moyens financiers limités et de sa présence en seconde division. Binga FC affronta au premier tour préliminaire les Libériens du Monrovia Club Breweries. Au match aller, au Stade Modibo Kéïta à Bamako, Binga remporta la rencontre 3 buts à 0. Au retour, nouvelle victoire : 2 buts à 0. Cependant, pour rallier Monrovia, l’équipe prit un minibus. Deux jours et demi de route furent nécessaires pour faire le trajet de 2 000 kilomètres. Pour certains joueurs maliens, il s’agissait de leur premier voyage hors des frontières. Au second tour, le Binga FC rencontrait le club burkinabé de l’ASFA Yennenga. Battu à domicile (1 à 0) lors du match aller, et après un nouveau voyage en minibus, Binga retourna la situation en remportant le match retour (1-0) puis en prenant le meilleur aux tirs au but.

Au tour suivant, le club zambien du Zanaco FC, reversé de la Ligue des champions, se dressa devant le club malien. Sachant que 15 000 kms séparaient les deux villes (soit un voyage d’une semaine par la route avec 6 frontières à traverser) et que les matchs aller et retour étaient programmés à une semaine d’intervalle (28 Novembre et 5 Décembre), un doute apparut sur la capacité du Binga à honorer sa participation (avec à la clé une sanction de 15 000 dollars et une interdiction de deux ans aux compétitions continentales de la CAF). Le club malien réussit toutefois à lever les fonds nécessaires pour prendre l’avion. Malheureusement, Binga s’inclina 3 à 0 à Lusaka. Au match retour, l’équipe frôla l’exploit en gagnant 2 buts à 0. Si son parcours s’arrêta juste avant les phases de poule, l’équipe impressionna par son courage et sa combativité exceptionnelle sur le terrain, donnant naissance à la légende des guerriers.

#1049 – Djoliba AC : les Rouges

Club Omnisport (football, basket, athlétisme, rugby) basé à Bamako, Djoliba est l’autre épouvantail du football malien avec le Stade. 23 titres de champion du Mali (record national) et 20 Coupes nationales (autre record national) constituent son imposant palmarès. Deux mois après l’indépendance du Soudan Français qui engendra la refondation/réorganisation des milieux sportifs, deux clubs maliens, le Foyer du Soudan, club des autochtones, et l’Africa Sport de Bamako (créé en 1953, club des étudiants) fusionnèrent pour donner naissance le 20 Août 1960 au Djoliba AC (en 1979, le club de la Renaissance les rejoignit). Cette nouvelle association prit le nom du fleuve Niger, Djoliba, en mandingue, la langue des Malinkés, une des ethnies majoritaires du pays. L’idée était d’honorer ce fleuve qui traverse tout le Mali, symbole puissant du pays. Les fondateurs se dirent que tant que le fleuve coulera, le club existera. Le symbole du club est alors l’hippopotame, l’un des animaux imposants du fleuve.

Côté couleur, le vert et le rouge sont retenues. Le vert symbolise, comme dans de nombreux pays, l’espérance, la persévérance. Tandis que le Rouge représente l’abnégation, le sacrifice en symbiose avec la devise du club qui est « travail, discipline, solidarité ».

#612 – AS Real Bamako : le Réal

Le surnom est tiré directement du nom du club. Dans la foulée de l’indépendance du pays en 1960, les anciens clubs coloniaux de l’époque donnèrent naissances aux actuels en fusionnant entre eux. Ce fut le cas pour le rival du Real, le Stade Malien (cf article #600). Ce fut donc aussi l’origine du Real de Bamako. Le grand club malien qui vit passer la plus grande star du pays, Salif Keita, naquit de la fusion de deux clubs de la capitale : Racing Club de Bamako (fondé dans les années 1940) et l’Avenir de Bamako (fondé en 1950). Les responsables des deux clubs hésitèrent pendant une journée pour trouver le nom du nouveau club. Le doyen, Kadialy Diawara, pharmacien de son état et président du Racing invita l’assemblée constituante à nommer le club Real en référence au Real Madrid. Le prestige du club espagnol, qui dominait le football européen en venant de remporter sa 5ème Coupe des Clubs Champions et en possédant les meilleurs joueurs de l’époque, convainquit les fondateurs que le nouveau club se plaçait donc sous les meilleurs auspices.

#600 – Stade Malien : les Blancs

Je crains de ne pas vous surprendre en vous annonçant que l’équipe de Bamako évolue dans un superbe maillot blanc. Ce choix de couleur remonte au plus loin des racines du club. Le Stade Malien naquit en 1960 de la fusion entre deux clubs de Bamako, Jeanne d’Arc du Soudan (ici il s’agit du Soudan français qui correspondait au Mali actuel) et l’Espérance de Bamako. De cette association, les fondateurs du nouveau club décidèrent de reprendre principalement la « dote » de la Jeanne d’Arc, incluant la couleur blanche. Créé en 1938 par deux Franco-Africains et un missionnaire, le Révérend Père Bouvier, la Jeanne d’Arc était logiquement associée à la communauté chrétienne locale. Le nom en était un premier lien. La couleur blanche pour laquelle les fondateurs optèrent aussi. En effet, il s’agissait d’une référence à la congrégation des Missionnaires d’Afrique, plus connue sous le nom des Pères Blancs, dont faisait parti le Révérend Père Bouvier. Fondé en 1867 à Alger, la mission des Pères Blancs est (car elle existe toujours aujourd’hui) l’évangélisation et l’éducation des peuples et se concentra au départ sur l’Afrique du Nord et Centrale. Ils sont reconnaissables par leur habit de missionnaire composé d’une soutane et d’un manteau blancs, semblables à ceux des arabes.