#1205 – PFK Lokomotiv Plovdiv : Железничарите

Les cheminots. En connaissant un peu l’organisation de l’univers sportif par les communistes dans le bloc de l’est, vous savez que les clubs se nommant lokomotiv appartenait au syndicat des cheminots ou aux sociétés de chemin de fer. Le club de Plovdiv n’y fait pas exception.

L’histoire débuta par la création d’un club sous le nom Пловдивски Спортклуб (Club Sportif de Plovdiv) le 26 Juillet 1926, par la fusion de deux associations de quartier, « Караджа » (Karaja) et « Атлетик » (Athletic). Une autre initiative vit le jour en 1935. Le syndicat des cheminots et des marins (Железничарски подем) fit la promotion du sport parmi ses membres et lança un programme de fondation de clubs de football réservés aux cheminots dans toute la Bulgarie. A Plovdiv, le message fut entendu et un club, sous le nom de ZSK Plovdiv, fut créé le 13 Juin 1935 en ces termes « По инициативата на няколко железничари, пропили от ония благородни чувства на родолюбие, за да издигнат професията на оная висота, която ще заслужи вниманието на всички добри българи, се образува спортен футболен клуб при областта. » (A l’initiative de quelques cheminots, imprégnés de ces nobles sentiments de patriotisme, pour élever la profession à cette hauteur qui méritera l’attention de tous les bons Bulgares, un club de football sportif a été créé dans le district). Jusqu’à l’avènement du communisme en Bulgarie, les deux clubs connurent des histoires bien différentes.

D’un côté, le CS Plovdiv devint champion de Plovdiv en 1936 et participa à la fondation de la division nationale, qui regroupait les 10 meilleures équipes du pays. Il était le seul club représentant l’ensemble du sud de la Bulgarie au sein de l’élite. Dans les années 1940, l’équipe remporta le titre de champion de Bulgarie du Sud et participa en 1940 et 1942 à la finale de la Coupe nationale. En 1942 et en 1943, la Fédération nationale bulgare des sports le désigna comme le plus grand club bulgare (selon le nombre de membres inscrits). Puis, de 1945 à 1949, le club fut reconnu cinq fois de suite comme la plus grande organisation sportive de Plovdiv, et en 1948 de Bulgarie. De l’autre côté, le ZSK Plovdiv bataillait pour exister. Il ne fut affilié à la Fédération nationale bulgare des sports qu’en Avril 1938 et disputa son premier match officiel le 25 juin 1939 (par une défaite 2 buts à 11 face au CS Plovdiv). En octobre 1949, le club concourait au 3ème niveau de la hiérarchie du football de la zone sud.

Au lendemain de la guerre, les autorités communistes entreprirent de remodeler le paysage sportif du pays. Le ZSK changea de nom pour Lokomotiv (à l’image des clubs ferroviaires du grand frère soviétique). De même, le nom trop « Europe de l’Ouest » du Club Sportif fut changer pour Slavia. Dans le cadre de cette réorganisation, le Club Sportif absorba plusieurs associations (Parchevich, Chengelov). Puis, en 1949, une nouvelle vague de fusion orchestrée par le ministère des sports poussa le Lokomotiv dans les bras du Slavia. Après quelques changements de nom, la nouvelle association prit définitivement le nom de Lokomotiv et demeura dans le giron du syndicat des transports. Chaque joueur du club trouva un emploi dans des sociétés de transport routier ou ferroviaire. Mais, comme le Slavia demeurait le club de référence, ses symboles (dont les couleurs) demeurèrent et l’équipe fanion n’était constituée que des anciens joueurs du Slavia. Toutefois, le nouveau club hérita du stade moderne du Lokomotiv.

#1204 – SC Farense : Leões de Faro

Les lions de Faro. Dans l’Algarve, le SC Farense représente la ville de Faro, capitale de la région, et constitue le doyen de l’Algarve, ayant été fondé le 1er avril 1910. Le football fut importé dans la région, comme dans beaucoup d’autre partie du monde, par les échanges maritimes. En 1904, mouillait dans le port de Faro un bateau-école nommé « Duque de Palmela » et dont les marins pratiquaient le football contre des jeunes de la ville. Finalement, 5 frères du nom de Gralho (João, José, Joaquim, António et Jorge) décidèrent de former une vrai équipe qui bénéficierait d’un terrain, d’un siège et de kit, en l’échange d’une cotisation. Le club se dénomma d’abord Faro Foot-Ball.

Dans un football portugais naissant, les clubs de la capitale, parfois à peine plus âgées, imprimaient déjà leur aura sur les autres jeunes associations du pays, notamment par leurs résultats ou par leurs infrastructures/organisations développées. En 1910, le Benfica (fondé en 1904) et le Sporting Clube Portugal (fondé en 1906) voyaient leur réputation dépasser les frontières de Lisbonne. Le Sporting se voulait être une référence (l’un de ses fondateurs, José Alvalade, se donnait comme objectif « Queremos que o Sporting seja um grande Clube, tão grande como os maiores da Europa » (Nous voulons que le Sporting soit un grand club, aussi grand que le plus grand d’Europe)) et bénéficiait de meilleure infrastructure sportive qui avait déjà attiré des joueurs du Benfica en 1907. En outre, en 1910, le Sporting se distinguait sportivement, ses athlètes remportant des titres nationaux au saut à la perche, au lancer du poids, au saut en longueur et à la corde. En football, le club avait été vice-champion de Lisbonne en 1908. Les fondateurs du club de Farense avaient alors des sympathies pour le Sporting et décidèrent d’en adopter le nom et les symboles. Le Faro Foot-Ball devint le Sporting Clube Farense. Le Sporting jouait déjà à cette époque avec son maillot scindé en deux, vert et blanc. Mais, les photos de l’époque étant en noir et blanc, les membres de Farense reprirent le même maillot mais en noir et blanc. Enfin, le lion, symbole du Sporting (cf. #295) depuis sa fondation, influença également le club de Faro. Aujourd’hui, le roi des animaux, figurant sur le blason de Farense, représente la force, la bravoure et la noblesse, valeurs qui doivent se diffuser dans toutes les activités du club.

Cette influence du Sporting sur Farense se traduisit par l’affiliation de ce dernier en 1922 au club de la capitale. En effet, même s’il est indépendant, Farense a la statut de filiale du Sporting, qui en compte près de 180 dans le monde entier. Il est même officiellement la deuxième filiale.