Dans le monde du football, les surnoms des clubs sont rarement choisis au hasard. Ils racontent une histoire, un patrimoine industriel ou, très souvent, une identité géographique forte. Au Costa Rica, le championnat regorge d’équipes aux identités très marquées, mais peu sont aussi fusionnelles avec leur territoire que le Municipal Liberia. Quand les supporters jaune et noir donnent de la voix dans les travées de l’Estadio Edgardo Baltodano Briceño, ils encouragent ceux qu’ils appellent fièrement los Pamperos. Mais que cache réellement ce surnom aux accents de western sud-américain ? Pour le comprendre, il faut quitter les plages pour s’enfoncer dans les terres de la province du Guanacaste où se trouve la cité de Liberia.
Le Costa Rica évoque généralement des images de jungles impénétrables, arrosés par des pluies tropicales. Pourtant, le nord-ouest du pays, où se situe la ville de Liberia, offre un décor radicalement différent. C’est ici que s’étend la fameuse pampa guanacasteca. Ce paysage unique du Costa-Rica possède des spécificités uniques qui forgent le caractère de la région et, par extension, de son équipe de football. Le Guanacaste est connu pour sa longue saison sèche (le verano). La terre y craquelle sous un soleil de plomb et la végétation s’adapte à l’aridité. C’est un environnement exigeant qui forge des tempéraments résilients. Cette pampa se caractérise par de vastes plaines et savanes, idéales pour l’élevage bovin, qui constitue l’une des principales activités économiques et culturelles de la région. La région accueille de grandes haciendas (vastes domaines agricoles) d’élevage bovin, royaume du sabanero, le cow-boy costaricien emblématique, reconnu pour son éthique de travail acharné, son courage et son lien profond avec la terre. Le sabanero, avec sa selle, ses chapeaux (larges et en cuir ou tressé) et son mode de vie rural, est un symbole de la province, devenu populaire dans la culture costa-ricaine. Le terme vient directement du mot sabana (la savane).
Le terme pampero désigne littéralement « celui qui vient de la pampa ». Porter le maillot du Municipal Liberia, ce n’est pas seulement représenter une ville, c’est incarner l’âme de toute cette région rurale et fière.
