#1276 – FK Obolon Kiev : Пивовари

Les brasseurs. Quand vous regardez un match de football devant votre TV, vos compagnons idéaux sont alors une pizza et de la bière. Au stade aussi, la bière coule à flot. Cette association n’est pas étonnante vu que la bière, boisson populaire qui se retrouve dans tous les pays, ne pouvait que s’associer à un sport également apprécié par tous. Les brasseurs s’intéressèrent donc rapidement à ce débouché naturel et écoulant d’important volume et en firent un outil marketing, un support des ventes. Dès le XIXème siècle, des clubs s’étaient liés à des brasseurs comme Manchester City (#678) et cette tradition se poursuivit au fil du temps et des pays (Quilmes en Argentine #160 et Sporting Cristal au Pérou #116).

L’Europe de l’Est n’échappa à cette tendance. Le 13 Juin 1992, un nouveau club de football était fondé à Kiev, dans le district d’Obolon (nord du centre-ville), sous le nom de FC Zmina (zmina signifiant « la génération suivante »). Rapidement, cette nouvelle association s’installa durablement dans la seconde division ukrainienne puis à l’issue de la saison 1998-1998, gagna son ticket pour l’élite. Cette réussite attira et nécessita l’arrivée de nouveaux soutiens financiers. Or, le quartier d’Obolon abritait la plus grande brasserie du pays, détenu par l’entreprise de boisson ukrainienne, Obolon. Footballeur amateur dans sa jeunesse, son président trouvait alors un moyen d’allier sa passion et sa production, avec un lien local. Ce sponsoring dura jusqu’en 2013 lorsque des divergences entre la direction du club et celle du sponsor conduisirent l’entreprise à abandonner le club et en créer un nouveau, sous le nom Obolon Brovar (Brasserie Obolon), reprenant toute sa symbolique. Désormais renommé FK Obolon, il fait parti intégrante de l’entreprise.

La brasserie d’Obolon est encore la plus grande du pays et même d’Europe. Elle démarra son activité en 1980 avec pour objectif de fournir une bière soviétique aux Jeux Olympiques à Moscou, en profitant de la qualité de l’eau et des céréales de la région de Kiev. En 2020, l’entreprise éponyme, active dans la bière, les sodas et les eaux minérales, détenait 17,5 % du marché ukrainien de la bière et exportait 80% de sa production dans 33 pays. 60% de son activité se concentre sur la bière. Avant la guerre, elle employait plus de 7 500 personnes réparties sur 9 sites. En 2008, 111 100 000 décalitres de bière furent produites, ce qui constitua son record.

#1275 – Altınordu FK : Kırmızı Şeytanlar

Les diables rouges. A l’issue de la Première Guerre mondiale, étant dans le camp des vaincus, l’Empire Ottoman s’effondra et le traité de Sèvres répartît le territoire entre les alliés anglais, français, italiens et grecs ainsi qu’à certaines minorités opprimées comme les kurdes et les arméniens. Mustafa Kemal, héros militaire de la guerre malgré la défaite, vit l’occupation étrangère comme une humiliation et organisa la résistance. Il chassa les troupes françaises, grecques et arméniennes des régions occupées, détrôna le Sultan Mehmed VI, le considérant comme un traite à la solde des forces étrangères, et institua la République de Turquie le 29 octobre 1923.

A Izmir, avec l’avènement du nouvel Etat, Karşıyaka (fondé en 1912) et à Altay (fondé en 1914) reprirent leurs activités alors que d’autres profitèrent de cette effervescence pour créer de nouvelles structures comme Altınay (le 25 Juillet 1923) qui devint plus tard İzmirspor après une fusion avec Sakarya (fondé également en 1923). Ainsi, chaque quartier de la ville comptait son club de football à l’exception de celui de Basmane-Tilkilik-Namazgâh. 3 jeunes de cette région, Mustafa Balöz, Hüseyin Yurdakul et Mehmet Hancıoğlu, avec le soutien du Dr Hacı Hasanzade Ethem, convainquirent d’autres de les rejoindre pour créer un club le 26 décembre 1923.

Cette guerre d’indépendance avait exalté le patriotisme des turcs et les membres de ce nouveau club étaient gagnés par ce goût nationaliste. Ainsi, il fallait trouver un nom à la hauteur. Zafer (Victoire), Hilal (Croissant) et Kurtuluş (Libération) vinrent dans les premières propositions sans gagner l’adhésion de tous. Puis, les références historiques s’imposèrent pour fédérer cette nouvelle identité autour de racines communes et une grandeur passée. Ainsi, l’enseignant Mehmet Rıza insista pour Göktürk (un royaume turc s’étendant sur la Mongolie et l’Asie centrale au VIème et VIIème siècle après J.-C.) quand d’autres proposaient Sakatürk (Iakoutes ou Sakha, un peuple turcophone de Sibérie). Finalement, Süleyman Ferit remporta les suffrages avec Altınordu (la Horde d’Or), un empire turco-mongole qui domina une grande partie de l’actuelle Russie, de l’Ukraine, de la Bulgarie danubienne et de l’Asie centrale. Cette tendance nationaliste s’étendit aux couleurs. Le club opta pour le rouge, couleur du sang des martyrs et vétérans, héros de la guerre d’indépendance, et le bleu marine, couleur de l’acier, qui représente la force et la puissance.

#1274 – Sporting Cristal : el Equipo que Nació Campeón

L’équipe qui naquit championne. Dans le quartier Rimac à Lima, dans les années 1950, le club du Sporting Tabaco, alors en grande difficulté financière, évoluait en première division péruvienne, professionnelle depuis 1951. A la même époque, la brasserie du quartier dénommée Backus & Johnston était rachetée par un groupe d’hommes d’affaires péruviens, emmené par Ricardo Bentín Mujica. Voulant favoriser la pratique du sport et en faire un vecteur de marketing, Ricardo Bentín Mujica investit dans le sport local, notamment en faisant l’acquisition du Sporting Tabaco et en le renommant Sporting Cristal. L’avantage de reprendre ce club était de pouvoir démarrer dans l’élite péruvienne dès la première saison avec son épine dorsale, notamment le gardien Rafael Asca, les défenseurs Alberto del Solar et Alfredo Cavero et le buteur Faustino Delgado.

Et cette première saison d’existence pour le Sporting Cristal s’avéra exceptionnel. En effet, les nouveaux moyens financiers permirent d’attirer le meilleur buteur du championnat Máximo Mosquera en provenance du futur grand rival, l’Alianza Lima, ainsi que le trio uruguayen Dardo Acuña, Antonio Sacco et Carlos Zunino et le célèbre entraineur chilien, Luis Tirado. Face au Sporting, se dressaient les grandes équipes habituées de la première division comme l’Alianza Lima (champion en titre et déjà sacré 8 fois champions), le Club Universitario (7 fois champions), le Deportivo Municipal (4 fois champions) et le Sport Boys (4 fois champions). La saison débuta le 5 août 1956 par une défaite 2-1 contre Alianza Lima. Mais, dès la deuxième journée, l’équipe redressa le tir avec une victoire 3-0 contre Ciclista Lima puis enchaîna alors une série de 15 matchs sans défaite. Le Vendredi 7 Décembre 1956, pour l’ultime rencontre de la saison, le Sporting battit le dernier du classement, Carlos Concha, par 4 buts à 0 (avec pour buteurs, Faustino Delgado (x2), Luis Navarrete, et Carlos Zunino). Mais, il fallut attendre le lendemain et la défaite de l’Alianza Lima face au Sport Boys (4 à 0) pour que le Sporting remportât officiellement son premier titre de champion. Et cet exploit se réalisa dès sa première saison dans l’élite et alors que le club n’avait pas un an d’existence (sa fondation remontant au 13 Décembre 1955). À l’issue de la saison, le Sporting Cristal termina également meilleur attaque (43 buts) et meilleur défense (19 buts). Les journalistes péruviens commencèrent à utiliser l’expression el equipo que nació campeón et la FIFA la consacra en 2012 en la reprenant comme titre d’un article présentant le club péruvien.

#1273 – Olympique Safi : les Sardines

Le long de la côte marocaine donnant sur l’Atlantique, la vieille cité de Safi s’étire et s’est développée au fil des siècles entre terre et mer. Son arrière-pays est riche de terres agricoles où sont cultivés des céréales (principalement de l’orge), des légumineuses, des fruits (les agrumes, l’abricot, le raisin, la pomme) et du maraîchage (câpres), et regorge de phosphate, exploité par le groupe public OCP. A l’opposé, l’Océan Atlantique et ses rives offrent ses richesses à la ville et ses habitants. Au-delà de ses plages réputés et de sa vague, spot de surf prisé, la pêche demeure l’un des piliers de l’activité économique de la ville.

Comptoir phénicien, Safi devint à compter du XIIème siècle un port important, débouché naturelle sur la mer de Marrakech, capitale de l’Empire Almohade puis Chérifien. Et les différentes influences et dominations ne firent que renforcer son importance commerciale. Au XXème siècle, le port prit une nouvelle dimension avec la pêche industrielle à la sardine. En effet, la fraîcheur du courant des Canaries rendirent les eaux de Safi foisonnantes de sardines et de thons. Couplé avec un savoir-faire qui donne un produit fini sans peau et sans arêtes, entièrement préparées à la main, Safi développa toute la filière de la pêche à la conserve. Dans les années 1950-1960, il était le premier port sardinier mondial en tonnage, avec jusqu’à 130 bateaux ramenant 100 000 tonnes de poissons par an. Douze mille personnes travaillaient alors dans la filière, qui comptait 38 conserveries. Au milieu des années 70, le port abritait près de 75 conserveries. A compter des années 1980, l’activité déclina avec la raréfaction de la ressource et le déplacement des zones de pêche au sud d’Agadir. En 2019, la production s’établissait à 42 000 tonnes et en 2022, il restait une vingtaine d’unités de traitement de poissons seulement (19 conserveries, 4 usines de valorisation de déchets de poisson, 2 unités de congélation). Malgré tout, selon un rapport de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le port de Safi occupe le 13ème rang à l’échelle internationale dans la production mondiale de poisson et encore 15% des habitants travaillent dans le secteur maritime au sens large (marins, chantier de construction naval …).

L’abondance de sardines permit à ce poisson de s’imposer dans la cuisine locale et aujourd’hui, les Safiots en consomment au moins une fois par semaine. Il s’imposa également sur le logo du club et donna son surnom à l’équipe.

#1272 – Lyon – La Duchère : le Club des Pieds-Noirs

Dans l’Ouest lyonnais, s’étire le 9ème arrondissement de la capitale des Gaules, dénommé La Duchère. Cet espace accueillait un chateau dès le XIVème siècle, commandé par Bernard de Varey de la Duchère, conseiller de ville à Lyon. Puis, entre 1844 et 1851, un fort fut établi à La Duchère, intégré au sein d’un vaste réseau de fortifications servant de ceinture défensive autour de Lyon. Mais, au fil des siècles et jusqu’à la fin des années 1950, cette zone était avant-tout agricole. Toutefois, la ville de Lyon, comme la France en générale, connaissait depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une grave crise immobilière, mêlant déficit d’habitations et logements insalubres. D’ailleurs, le quartier ouvrier de Vaise, en contre-bas de la colline de La Duchère, était surpeuplé et abritait un grand nombre de logements malpropres. Ainsi, le Maire de Lyon, Louis Pradel, s’attacha dès son premier mandat en 1957 à moderniser la ville, incluant notamment un vaste programme de construction de logements neufs, en particulier sur le quartier de La Duchère.

Alors que les premières barres d’immeuble, qui devaient accueillir les lyonnais, sortaient, une nouvelle vague d’habitants démunis arriva sur Lyon. En effet, de l’autre côté de la méditerranée, en 1962, le département français tombait et l’Algérie accédait à son indépendance. Sa population européenne et juive, venant d’Alger, Oran, Constantine et de toutes les communes, devait fuir en métropole, sans aucune ressource. Plus d’1 millions, de ceux qu’on appelait les pieds-noirs, furent rapatriés, dans des conditions difficiles et chaotiques en France. Le Fort de la Duchère accueillit ces rapatriés à qui une partie des nouveaux logements de La Duchère fut attribuée (près d’un tiers des logements).

Des associations réunirent cette population qui connaissait peu la métropole et dont les mœurs étaient différentes, dont l’Amicale des Rapatriés et de leurs Sympathisants de la Duchère-Champagne et région lyonnaise. Elle avait pour but de se mettre au service des rapatriés dans tous les domaines, sports et culture compris. Ainsi, le 25 Juin 1963, la section football vit le jour au sein de l’association. Les couleurs retenus, jaune et rouge, feraient référence soit aux armoiries de la ville d’Oran, à l’époque de l’Algérie Française, soit au drapeau espagnol (dans les deux cas, nombreux étaient les rapatriés venant d’Oranie ou aux origines espagnoles). En 1964, la section football devint indépendante et le club de l’Association Sportive Lyon-Duchère fut fondé. Aujourd’hui, cette époque et lien avec les pieds-noirs sont terminés.

#1271 – Peñarol Montevideo : los Aurinegros

Les jaune et noir. Le club naquit le 28 septembre 1891 sous le nom de Central Uruguay Railway Cricket Club, sous l’impulsion de 118 salariés de la compagnie ferroviaire anglaise, Central Uruguay Railway Company (CURC). Depuis cette date, les couleurs qui identifient le club sont le jaune et le noir. La première chemise utilisée par le CURC en 1891 consistait en une chemise divisée en quatre sections carrées alternant entre le jaune-orange et le noir. Puis, rapidement, le maillot évolua en étant divisé en deux parties verticales, noire à droite et rayures oranges et noires à gauche. En 1910, le maillot actuelle, rayé verticalement jaune et noir, s’installa et depuis lors, il a été utilisé presque sans interruption avec très peu de variations.

La Central Uruguay Railway Company fut fondée en 1872 à Londres et était l’une des 4 sociétés de chemin de fer de l’Uruguay. Comme dans beaucoup de pays, en particulier en Amérique du Sud, les chemins de fer furent un vecteur du développement du football. D’une part, la masse des ouvriers constituait un vivier important. D’autre part, le réseau ferroviaire s’étoffa avec le soutien des experts en la matière, les ingénieurs et de cheminots britanniques qui émigrèrent dans les contrées sud-américaines en emmenant avec eux leur savoir-faire et leurs nouveaux loisirs tels que le football. Résultat, les fondateurs du club puisèrent dans leur quotidien les symboles du nouveau club. Or, les gardes-barrières de la compagnie portaient des vêtements jaune et noir. En effet, le jaune et le noir s’étaient imposées, au XIXème siècle, dans le monde ferroviaire en raison de l’une des premières locomotives à vapeur, the Rocket (la fusée), qui affichait ces deux teintes. Construite en 1829, elle fut conçue par l’ingénieur anglais George Stephenson, considéré comme l’un des « pères fondateurs » du chemin de fer à vapeur. Elle combinait plusieurs innovations de précédentes locomotives pour donner la machine la plus avancée de son époque et qui demeura la base de la plupart des moteurs à vapeur au cours des 150 années suivantes. Remportant le concours du Rainhill Trials, cette locomotive traînait treize tonnes à presque 25 km/h et pouvait atteindre la vitesse record de 56 km/h (sans charge). Elle fut exploitée sur la nouvelle ligne Liverpool-Manchester et sa fiabilité et ses performances aidèrent à l’expansion du chemin de fer. Stephenson choisit de peindre sa locomotive en jaune et noir. Il se serait inspiré des diligences les plus rapides de l’époque qui affichaient ces couleurs et ainsi il pensait suggérer vitesse et fiabilité.

#1270 – Nottingham Forest : the Tricky Trees

Les arbres rusés. Si on vous parle de Nottingham, vous pensez bien souvent à son shérif, l’ennemi traditionnel de Robin des Bois et de ses Joyeux Compagnons. Or, le fameux brigand au grand cœur se cachait dans la forêt de Sherwood, aujourd’hui à une trentaine de kilomètres de Nottingham. Couvrant actuellement 424,75 hectares, elle était auparavant un grand espace boisé royale, qui s’étendait, au Moyen Âge, du Nord du comté de Nottingham jusqu’à la cité de Nottingham. Or, au XIXème siècle, cette espace méridional avait été déboisée pour notamment accueillir l’Hippodrome qui fut nommé « Forest », en référence à la fameuse forêt de Sherwood. Et lors de ses premières années d’existence, le club évolua à l’Hippodrome de Forest, ce qui aurait donc inspiré son nom.

Durant longtemps, l’écusson du club ne joua pas sur l’identité forestière et préféra reprendre une version adaptée des armes de la ville. En février 1973, le quotidien « Nottingham Post » lança un concours pour concevoir un nouveau blason. Plus de 800 propositions, certaines provenant d’Australie, affluèrent dans les locaux du journal. Un jeune designer, David Lewis, qui travaillait au Nottingham Polytechnic (aujourd’hui Nottingham Trent University) remporta le concours. Au cours des mois suivants, le design de David fut peaufiné avec le secrétaire du club, Ken Smales, pour parvenir à l’écusson qui trône fièrement sur le maillot de Forest jusqu’à aujourd’hui. Il se compose d’un arbre, qui rend hommage à la forêt de Sherwood, avec, au niveau de ses racines, 3 traits en forme de vague, qui rappelle le Trent, l’un des principaux fleuves du pays et qui traverse Nottingham.

Ce changement d’identité coïncida avec l’arrivée à la tête de l’équipe de Brian Clough le 6 Janvier 1975 et accompagna le changement de dimension du club. Alors qu’il luttait pour le maintien, 5 ans plus tard, Nottingham avait remporté la Premier League en 1978 (alors que le club était un promu) suivi d’une Coupe de la Ligue. Puis, Nottingham atteignit les sommets en gagnant 2 fois d’affilée la Coupe des Clubs Champions en 1979 et 1980. Opposé au kick and rush, qui était dominant dans les clubs britanniques de la fin des seventies, Brian Clough imposa un style de jeu plus construit avec la balle à terre. Donc, ce nouveau logo, avec un arbre, et ce style de jeu surprenant et donnant des résultats imposèrent le surnom Tricky Trees, qui était une expression qui caractérisait des choses difficile à gérer, compliqué. Il signifiait donc que les joueurs de Nottingham étaient des adversaires plus coriaces qu’il n’y paraît à première vue.

#1269 – TOP Oss : TOP

Les initiales du nom du club ne signifient que ses membres le considèrent au top du football néerlandais. Mais, elles ont bien une explication qui ne résume pas à l’acronyme dans la langue locale de football club, racing club, club sportif ou association sportive. TOP fut fondé le 9 Avril 1928. Si à cette époque, la plupart des nouveaux clubs prenaient des noms classiques comme ceux évoqués plus haut, quelques appellations originales apparaissaient.

Tout d’abord, dans les premières années du football, les étudiants, à l’origine de ces nouvelles associations, souhaitaient allier la modernité de ce nouveau sport avec leur érudition classique et choisissaient donc des noms à consonnance latine ou d’autres langues étrangères (Juventus, Vitesse Arnhem #111) ou à la mythologie gréco-romaine (Atalanta Bergame #204, Ajax Amsterdam #243 et #936, Heracles Almelo #716, Aris Salonique #254, Hércules Alicante …). Dans le monde footballistique, il y eut également la mode des noms de clubs rendant hommage à une célébrité (Colo Colo #470, Vasco da Gama #194, Jorge Wilstermann #206, PFC Botev Plovdiv, Club Bolivar, Arturo Fernández Vial, CA Sarmiento de Junín …). Enfin, il y a ces choix plus originaux où les fondateurs reprirent une expression qui devait caractériser leur nouvel oeuvre (En Avant Guingamp #774, Club Always Ready #510, Fram Reykjavík #381, The Strongest). Ainsi, le club hollandais d’Oss s’inscrivit dans cette tendance. Deux étudiants, Ton Sleishauser et Cor van Schijndel, jouaient régulièrement au football après l’école sur une place de la ville. Enthousiastes, ils souhaitèrent embarquer leur jeune camarade dans cette pratique et décidèrent de créer une association le 9 avril 1928. Son nom devait être Klein Maar Dapper (Petit mais Brave) mais ils s’aperçurent que d’autres clubs portaient déjà ce nom. Leur choix se reporta sur TOP (Tot Ons Plezier – Pour notre plaisir). Il existait déjà des clubs avec ce nom mais peut-être moins répandus que KMP.

En 1994, la direction du club ajouta à TOP le nom de la ville, Oss. Puis, en 2009, une normalisation fut tentée, en optant pour le nom FC Oss, accompagné d’un changement d’écusson et de maillot (la traditionnelle tunique rayée rouge et blanche laissant sa place à un maillot orangé). La raison en était que la branche du football professionnel devait être séparée de la partie amateur. Evidemment, ce choix déplut aux amoureux du club. Et finalement, TOP fit sa réapparition à l’orée de la saison 2018-2019.

#1268 – FK Sarajevo : Bordo-bijeli

Les bordeaux et blanc. Le bordeaux ou grenat est une couleur bien singulière dans le sport, peu d’équipes l’affichant (FC Metz #144, Servette de Genève #96, CA Platense #1223, US Salernitana #1153, Carabobo FC #1022, CA Lanus #437, Rapid Bucarest #241, Torino #37). Sarajevo fait donc parti de ce cercle restreint. Fondé le 24 Octobre 1946 avec l’avènement du communisme en Yougoslavie, le club opta tout d’abord pour les couleurs bleu ciel et blanc.

A l’été 1962, le FK Sarajevo fut invité à participer à la Coupe Rappan, une ancienne compétition européenne. Alors que la Coupe des Clubs Champions était réservée aux champions nationaux et la Coupe des Villes de Foire aux clubs résidant dans des villes accueillant des foires internationales, la Coupe Rappan offrait un espace de matchs internationaux aux clubs qui ne pouvaient participer aux deux compétitions européennes. Donc, en 1962, Sarajevo se retrouvait dans le groupe du FC Nitra, du Nîmes Olympique et du Servette de Genève. Or, le capitaine de l’équipe suisse était Lev Mantula, qui était né à Sarajevo et fut un talentueux défenseur du FK Sarajevo. La rencontre à Sarajevo se solda par un nul 0 à 0. A l’issu du match, Mantula rencontra les dirigeants de Sarajevo et leur suggéra alors d’abandonner les couleurs originelles du club pour celles du Servette (grenat et blanc). La raison était qu’aucun autre club en Yougoslavie arborait cette couleur bordeaux et donc offrait une identité singulière au club bosniaque. Son idée plut à tout le monde et lors de la prochaine session de l’assemblée du club, la décision fut prise.

Pour la petite histoire, le Canton de Sarajevo adopta en 1999 des armoiries dont le fond se partitionnait en deux, grenat à gauche et bleu à droite. Ces deux couleurs sont celles des deux plus grands clubs de football de Sarajevo : bleu pour Želja et grenat pour le FK Sarajevo.

#1267 – PFC Botev Plovdiv : Канарите, Канарчетата

Les canaris. Evoluant avec un maillot jaune, le Botev a rejoint la longue liste des clubs de football portant du jaune et surnommé les canaris. Les canaris d’élevage qui sont les plus communs arborent habituellement des plumes jaunes, avec les extrémités blanches, donnant le nom à la couleur « jaune canari » . Cette ressemblance s’est exprimée dans tous les pays du monde dont les français du FC Nantes (#208), les turcs de Fenerbahçe (#373), les anglais de Norwich (#51), les belges de Saint-Trond VV (#473), les norvégiens de Lillestrøm SK (#699), les algériens du JS Kabylie (#323), les mexicains du CA Morelia (#462), les colombiens du CA Bucaramanga (#962) et les finlandais de KuPS (#365). Pour Plovdiv, ce surnom a déteint sur le nom du magazine du club (Канарче).

Le 11 mars 1912, les élèves du Collège de Saint Augustin et ceux du Premier Lycée d’Hommes à Plovdiv unirent leurs ressources pour fonder le club du Botev. Toutefois, l’époque était troublée par les guerres balkaniques (ainsi que la première guerre mondiale) et ceci perturba les premières années d’existence du club, qui fut parfois au bord de la disparition. Finalement, les membres décidèrent de renforcer le club et rédigèrent les premiers statuts le 22 Août 1917. Ils adoptèrent également les couleurs du club : le jaune et le noir. Le jaune reprenait la couleur du Collège catholique de Saint-Augustin, dont venait une partie des fondateurs. Elle symbolisait aussi « златните жита на Тракия » (les grains d’or de Thrace), ce qui signifiait les grands champs de céréales cultivés en Thrace. Plovdiv est située dans la région historique de la Thrace. L’autre couleur, le noir, était celle de l’orthodoxie, religion du Premier Lycée d’Hommes, provenance des autres membres du club. En outre, le noir rappelait le tchernoziom du sol fertile de la région. Le tchernoziom est le nom donné à cette terre épaisse et noire, contenant un fort pourcentage d’humus (3 à 15 %), riche en potasse, phosphore et oligo-éléments. Ainsi, religion et agriculture furent les inspirations des membres du club pour décider les couleurs du club.