#1217 – Western Sydney Wanderers FC : the Wanderers

Les vagabonds. Quand on crée une nouvelle franchise dans les nouveaux territoires du football, là où l’histoire trop jeune du pays ne facilite pas l’identité, les fondateurs accordent autant d’importance au projet sportif qu’à la construction du plan marketing. qui vise à bâtir une base de fans. En 2005 (à la création de la nouvelle ligue australienne, la A-League) et en 2008, des tentatives pour monter une franchise pour l’Ouest de Sydney se révélèrent infructueuses. La ville de Sydney était déjà représentée par le Sydney FC mais ce club s’adressait à l’Est de la cité. La population de la ville s’élevant à près de 5 millions et s’étendant sur un large territoire (environ 12 300 km2), Sydney avait donc de la place pour accueillir une seconde franchise.

En Avril 2012, le président de la fédération australienne annonça la création d’une nouvelle franchise pour Sydney, mais aucun bailleur de fonds ne se précipita pour soutenir le projet. La fédération n’en démordit pas et, pour recueillir l’adhésion de la communauté de l’Ouest de la ville, organisa des réunions où chacun pouvait exprimer ses idées sur les valeurs et la culture du club, le style de jeu, là où l’équipe devait jouer et les noms et couleurs. Après ces discussions, la fédération lança officiellement une enquête pour trouver le nom et les couleurs de la nouvelle franchise. Les choix se limitaient à Athletic, Wanderers, Strikers, Wolves et Rangers et au final, Wanderers l’emporta largement. Certes, il rappelle le nom de certains clubs anglais comme Wolverhampton et Bolton mais il était avant tout une référence au premier club de football en Australie, The Wanderers, qui évoluait justement dans l’Ouest de Sydney.

Le premier match de football en Australie se déroula au Parramatta Common (le futur stade de la nouvelle franchise) dans l’après-midi du samedi 14 août 1880. Les élèves de l’équipe de rugby First XV de la King’s School furent opposés à une autre formation qui allait devenir 5 jours plus tard The Wanderers.

Peut-être également que ce terme de wanderers (vagabonds) s’était inscrit dans l’inconscient collectif quand un club de l’Ouest de Sydney tenta d’obtenir une licence en A-League en 2008 (mais vainement) et qu’il se nommait rovers (autre terme pour désigner un vagabond).

#1216 – FCV Farul Constanța : Marinarii

Les marins. Depuis le 21 juin 2021, les deux clubs de Constanța, le FC Viitorul (#391), l’académie sportive fondée en 2009 par la star du football roumain, Gheorghe Hagi, et du FC Farul, le club historique de la ville fondé en 1920, ont fusionné pour donner naissance au FCV Farul. La nouvelle association a repris l’ensemble des symboles du FC Farul dont le blason. Mais également un des surnoms du FC Farul, marinarii.

Constanța est la grande ville portuaire et balnéaire roumaine, située sur la seule côte maritime du pays, le long de la Mer Noire. Dès la préhistoire, le foyer de Constanța rassemblait des pêcheurs. Puis, au Vème siècle avant J.-C., la colonisation de la Mer Noire par les grecs fit émerger un port à Constanța, dont la forme, qui coupait le rivage, donna le nom à la ville, Tomis ou Tomes. Ce dernier dérive du mot 
grec τομή (tomí) signifiant « couper, fente ». L’activité portuaire continua au fil des siècles sans transformer la ville en grand centre commercial incontournable. Mais, au XIXème siècle, avec l’indépendance de la Roumanie, le pouvoir royal conféra à Constanța le rôle de pivot maritime du pays. Le Roi Carol 1er surnomma la ville le « plămânul României » (poumon de la Roumanie) en y faisant construire le principal port du pays en 1895. En outre, le Serviciul Maritim Român, la compagnie maritime nationale, fut fondée en 1895 et l’ensemble de sa flotte baignait à Constanța. Ces installations permirent d’en faire l’un des ports principaux en Mer Noire voire d’Europe. Le port enregistra en 1911 un trafic total de 1,4 millions de tonnes et le trafic atteint 6,2 millions de tonnes en 1937. L’ère soviétique favorisa l’industrie lourde autour de la ville et donc les activités du port. Aujourd’hui, à la fois maritime (Mer Noire) et fluvial (Danube) et étendu sur plus de 3 900 hectares, le port bénéficie d’une position stratégique et a enregistré un record d’activité en 2022, lorsque 75,5 millions de tonnes et 776 590 conteneurs (EVP) ont transitées par ses quais. Le port accueille également l’un des plus grands chantiers de construction et de réparation navales d’Europe, Șantierul Naval Constanța.

En 1920, le club du FC Farul fut fondé sous le nom de SPM Constanța (Serviciul Porturi Maritime – Service Portuaire Maritime) et fut renommé en 1946 PCA Constanța (Porturi Comunicații Ape – Ports Communications Eau). Le lien entre le club de football et le port était donc évident et ce dernier rassemblait parmi ses fans notamment les marins et dockers de la ville. D’ailleurs, en 1958, le club prit un nom plus consensuel mais tout aussi évocateur, Farul, qui désigne le phare, un monument historique daté du XIVème siècle situé dans le centre historique de la ville et qui guidait les navires vers le petit port.

#1215 – FK Mačva Šabac : Провинцијски Уругвај

L’Uruguay provincial. Dans la ville de Šabac, dans le district de Mačva, au Nord-Ouest du Pays, se trouve l’un des doyens du football serbe. Fondé en 1919, le FK Mačva Šabac fut un des rares clubs à résister à la réorganisation des clubs sportifs par les autorités communistes après la Second Guerre mondiale et put donc poursuivre son activité jusqu’à nos jours. Ces dernières années, il apparût même de nouveau au sein de l’élite serbe.

Toutefois, le club connut son âge d’or durant l’entre-deux-guerres. Depuis le début des années 1920, le FK Mačva Šabac dominait les ligues du district local et, suite à une victoire sur son rival, Srbija Šabac, intégra une ligue provinciale, celle de Novi Sad. Pour y jouer les premiers rôles, le Mačva réalisa un ambitieux recrutement, en allant notamment débaucher des joueurs dans les clubs de la capitale. Bénéficiant d’un fort soutien populaire, d’infrastructure de qualité (notamment un terrain doté d’une tribune de 400 sièges), et d’une équipe composée de joueurs expérimentés et de jeunes talents, pratiquant un football offensif, le Mačva imprima sa pate dans le championnat provincial et même dans tout le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. En 1927, le club fut sacré champion de Novi Sad. Titre qu’il conserva aisément en 1928 (1 défaite en 8 matchs et après avoir battu son rival et second, Vojvodina Novi Sad, sur un score de 6 buts à 1). L’équipe de Šabac intégra alors le prestigieux championnat de Belgrade et disputa la finale en 1928. La même année, une tournée fut organisée à Salonique et le Mačva battit les deux clubs de la ville, l’Aris (3-1) et l’Iraklis (4-2). Les saisons suivantes, le club assit sa domination dans la ligue de Novi Sad, avec 3 nouveaux titres (1929, 1930 et 1931). Surtout, en 1929, il ne perdit qu’un match sur les 10 disputés et en 1930, il finit invaincu, marquant 60 buts en 10 matches. En Août 1931, le Mačva obtint sa place au sein du championnat national de Yougoslavie, après avoir remporté 11 des 14 matchs de qualification. Malheureusement, cette accession à l’élite marqua le début de la fin.

Lors de cette période, sur le plan international, l’Uruguay incarnait la nation reine du football. Alors que la Coupe du Monde n’était pas encore instituée, les Jeux Olympiques demeuraient le seul tournoi international de football et l’Uruguay avait remporté la médaille d’or en 1924 face à la Suisse et en 1928 face à l’Argentin, devenant la première nation à conserver le titre. Encore aujourd’hui, l’Uruguay considère que ces deux titres sont l’équivalent d’une victoire en Coupe du Monde. D’ailleurs, en 1930, la Céleste devint officiellement championne du monde, en gagnant la première édition de la Coupe du Monde. Enfin, elle avait conquis 6 des 12 Copa América disputées entre 1916 et 1929. Emmenée par des joueurs talentueux comme le buteur Pedro Petrone et le meneur de jeu José Andrade, la Céleste pratiquait un football d’avant-garde et flamboyant, fait de passes courtes et d’occupation intelligente du terrain.

Suite à une victoire face au grand club du Vojvodina Novi Sad le 1er mai 1927, un journaliste du quotidien local « Radikal » utilisa pour la première fois la comparaison avec l’Uruguay pour parler du FK Mačva Šabac. En 1928, le journal « Politika » écrivit après une victoire face au SK Jedinstvo Belgrade « Provincijski Urugvaj – kako popularno nazivaju šabačku Mačvu – opravdao je potpuno, mišljenje koje o igri ovog tima, već ranije, i posle lepih uspeha u provincijskom prvenstvu, a naročito posle turneje po Grčkoj, vlada kod nas » (L’Uruguay provincial – comme on appelle populairement Mačva de Šabac – a pleinement justifié l’opinion qui prévaut dans notre pays sur le jeu de cette équipe, déjà avant et après de bons succès dans le championnat provincial, et surtout après la tournée en Grèce).

Si vous souhaitez plonger dans le détail des aventures du Mačva, je vous invite à lire l’article de Footballski.

#1214 – Yokohama FC : フリエ

Fulie, terme sans traduction puisqu’il s’agit simplement d’un diminutif. Toutefois, ce qui est amusant dans cette histoire, c’est que le surnom d’un club donna presque le nom d’un autre. Je m’explique. En 1998, une grave crise secouait le club de Yokohama Flügels. Fondé en 1960 comme filiale de la compagnie aérienne ANA, il participa à la création de la ligue japonaise, J-League, et changea alors de nom. Le nom de la ville pour faciliter l’appropriation et l’identification par la nouvelle base de fan auquel était ajouté le terme allemand Flügels, qui signifie « aile » et référence à son sponsor, ANA. A noter que le mot en allemand est utilisé sous la forme Flügel aussi bien au singulier qu’au pluriel. En conséquence, l’ajout du « s » pour le nom du club était une faute du point de vue de la langue allemande. Malheureusement, en 1998, l’un des propriétaires de l’équipe, Sato Labs, annonça qu’il retirait son soutien au club et l’autre propriétaire, ANA rencontrait des difficultés financières qui ne lui permettait pas d’accompagner l’équipe seule. Ainsi, ANA proposa une fusion avec les Yokohama Marinos, détenu par Nissan, donnant « naissance » au Yokohama F. Marinos. Seulement, l’opération surprit les joueurs et les supporteurs des Flügels, qui n’apprécièrent pas de fusionner avec leur rival et de découvrir qu’il s’agissait en réalité d’une absorption des Flügels par Marinos.

Les supporteurs prirent le taureau par les cornes et décidèrent de créer un nouveau club. Bien qu’un fonds, dont l’objectif était de racheter et relancer la marque Flügels, fut lancé pour récolter des dons (67 millions de yens furent tout de même obtenus), ils ne parvinrent pas à convaincre les détenteurs des droits et la réhabilitation des Flügels ne put avoir lieu. Les supporteurs montèrent donc un club qui ne serait pas officiellement la suite des Flügels mais qui s’en inspirait fortement. Une société fut créée pour porter la nouvelle structure sportive en Janvier 1999 et s’appela « Yokohama Fulie Sports Club Co., Ltd. ». Le terme fulie n’était pas le fruit du hasard puisqu’il était en réalité le diminutif des Flügels. Le nouveau club, qui se dénomma pour des questions de simplicité, Yokohama FC, récupéra ainsi le surnom des Flügels, Fulie.

#1213 – FK Kaïrat Almaty : Халық командасы

L’équipe de la nation. Sous l’ère soviétique, Almaty (ou Alma-ata, son nom à l’époque) était la capitale de la République socialiste soviétique kazakhe, un Etat rural et en retard de développement. Les autorités soviétiques tentèrent de la développer en y installant la base de décollage des aventures spatiales ainsi que le site de Semipalatinsk, vaste espace consacré à la recherche et aux essais nucléaires. Les motifs de fierté des kazakh au sein de l’URSS, Etat cosmopolite, centralisé et immense où une grande partie des richesses et pouvoirs se concentraient en Russie, à Moscou, étaient donc rares. Et dans le sport, la problématique demeurait la même : les équipes des républiques éloignées du pouvoir central (en particulier celles d’Asie centrale) évoluaient rarement au sein de l’élite.

Face à la concentration des meilleurs organisations sportives à Moscou et dans quelques villes russes, le pouvoir soviétique décida en 1959 d’ouvrir les grandes compétitions nationales, afin de les rendre plus représentatives de l’union. Ainsi, le championnat de football de l’URSS passa de 12 à 22 clubs. 18 républiques soviétiques purent ainsi proposer d’inscrire une équipe au sein de l’élite, équipe qui jusqu’à cette date concourrait dans ligues nationales mineures ou régionales. Grace à un fort lobbying de l’administration kazakh, le Kaïrat intégra la première division en 1960 et joua son premier match le 10 avril. Kaïrat ne fit jamais parti des grands clubs du football soviétique mais il fit la fierté des kazakhs en obtenant quelques beaux résultats et en étant le premier et le seul club kazakh à jouer au plus haut niveau soviétique. Il évolua pendant 24 saisons au sein de l’élite soviétique, obtenant sa meilleure place en 1986 (7ème). Il fut également 2 fois champions de seconde division (1976 et 1983). En 1963, le club fit son meilleur résultat en Coupe d’URSS en atteignant la demi-finale. Pour cet exploit, tous les membres de l’équipe furent élevés au rang de Maître des sports de l’URSS. En 1988, le club remporta la Coupe de la Fédération, un équivalent de la Coupe d’URSS réservé au club de première division. Enfin, le 12 novembre 1971, le Kairat gagna la Coupe d’Europe des chemins de fer, une compétition réunissant les clubs contrôlés par les compagnies de chemin de fer ou les syndicats des cheminots du bloc de l’Est. Il s’agissait du premier tournoi européen remporté par un club soviétique.

Depuis l’indépendance du pays, Kaïrat constitue un grand club de l’élite kazakh sans pour autant écraser le championnat (seulement 3 titres remportés en 1992, 2004 et 2020 mais tout de même 10 coupes du pays gagnées). Néanmoins, il demeure l’équipe de la nation comme le disait son président en 2015 « Кайрат — народная команда. Так было всегда, и мы хотим это возродить » (Kairat est une équipe populaire. Cela a toujours été ainsi et nous voulons le faire revivre).

#1212 – AC Fiorentina : Gigliati

Ceux à la fleur de lys. Il s’agit d’une traduction approximative car le terme n’existe pas en italien et dérive en réalité du mot giglio, qui désigne le lys. Et depuis quasiment la fondation du club historique de Florence en 1926 son écusson affiche un lys rouge, le fameux symbole des armes de la ville. Depuis le XIème siècle, la fleur de lys est le symbole de la ville mais son origine est incertaine, plusieurs légendes se disputant. La plus connue remonte à la fondation de la ville par les Romains en l’an 59 avant J.C.. Elle aurait eu lieu au printemps, au moment des Jeux Floraux (Ludi Florales ou Floralia), qui correspondaient à des fêtes et célébrations en l’honneur de la déesse des fleurs, des jardins et du printemps, Flore. Ainsi, le village prit le nom latin de Florentia (la ville des fleurs) et l’association avec le lys, qui pousse en abondance dans les alentours de Florence (notamment sur le Monte Morello), se fit naturellement. Pour d’autres, l’association serait plus tardive et liée au culte marial auquel la ville fut toujours dévouée. En effet, on attribue au lys des vertus divines, purificatrices et virginales, ce qui en fait la fleur de la Vierge Marie.

Si l’origine est incertaine, l’association florale plaisait aux florentins car le lys de Florence se compose de trois pétales et de deux étamines chargées de boutons, qui donc écloront et donneront des fleurs. Or, la floraison est le signe de la production d’un fruit (une allégorie de la production de richesse). Ainsi, ce symbole présentait l’image d’une cité florissante, c’est à dire prospère. Et cette aisance financière engendrait pour les florentins une autre vertu de leur cité, la bienveillance, la générosité.

Difficile de dater l’adoption de la fleur de lys comme armes de la ville. Il semble que les florentins l’utilisèrent dès les premières croisades (XIème siècle). Contrairement aux armoiries actuelles, la fleur de lys était blanche sur un fond rouge à cette époque. En 1251, les Guelfes (soutien du Pape) décidèrent d’inverser les couleurs pour marquer leur victoire à Florence sur les Gibelins (Soutien du Saint-Empire). Par la suite, le lys fleurit partout dans la cité florentine, sur les murs des édifices et monuments civiques et religieux, comme sur les monnaies et dans les manuscrits. D’ailleurs, en 1252, la monnaie florentine en or, qui deviendra l’équivalent du dollar d’aujourd’hui, prit le nom de fiorino (florin), qui dérivait du terme lys. De même, la nouvelle cathédrale fut baptisée Santa Maria del Fiore (Sainte-Marie-de-la-Fleur).

Toutefois, pour la petite histoire, le lys de Florence est en réalité un iris …

#1211 – CA Fénix : el Ave

L’oiseau. A Montevideo, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, les échanges commerciaux du Royaume-Uni avec la capitale uruguayenne étaient nombreux, favorisant l’arrivée des nouvelles modes britanniques, notamment le sport. Le football se répandit ainsi à Montevideo et dans chaque quartier de la capitale émergèrent des clubs de football. Dans celui de Capurro, en 1909, un club vit le jour sous le nom de Guaraní mais il cessa ses activités dès 1913. Le 7 Juillet 1916, des jeunes qui avait connu l’aventure Guaraní décidèrent de fonder un nouveau club pour le quartier de Capurro. Ils le nommèrent Fénix (Phénix en Français) en référence à l’oiseau magique qui renaît de ses cendres, afin de signifier que l’ancien club de Guaraní renaissait au travers de la nouvelle association. L’oiseau apparaît sur le blason du club sous sa forme héraldique, ie de face, tête de profil, ailes étendues, sur son bûcher, appelé « immortalité » .

Cet oiseau mythique au plumage souvent rouge et doué d’une extraordinaire longévité (pas moins de 500 ans) a le pouvoir de renaître de son cadavre ou de ses cendres, après s’être consumé sur un bûcher. Il représente ainsi la mort et la renaissance, la survie de l’âme. Cette immortalité le dote d’un grand pouvoir et il est donc un oiseau respecté. Son apparition peut être annonciateur d’un évènement important. Certes, les flammes le brulent, le tuent mais il s’agit d’un feu de purification et de passion. Ainsi, le phénix est également appelé oiseau de feu. Au final, le phénix représente la cyclicité du monde : le cycle de la vie par sa faculté à naître, vivre et mourir, le cycle solaire en accompagnant le feu du soleil de l’aube au crépuscule et le cycle du temps, tout n’étant qu’un éternel recommencement. Mentionné sous le nom de phénix chez les grecs et les romains, il apparaît également dans de nombreuses autres cultures. Ainsi, dans la mythologie égyptienne, il est l’âme du Dieu soleil, Rê et se nomme Bénou. Dans les croyances kurdes et perses, il s’appelle Simurgh ou Rokh. Dans la culture chinoise, il s’apparente à Fenghuang et pour les japonais à Ho-ou. Chez les juifs, les oiseaux Khôl et Ziz présentent les mêmes caractéristiques. Dans le bouddhisme tibétain, on le retrouve sous le nom de Khyung. Enfin, chez les chrétiens, il est l’un des emblèmes du Christ, mort puis ressuscité.

#1210 – Alloa Athletic FC : the Wasps

Les guêpes. Nous ne sommes pas sur une île du pacifique, ensoleillé et où le surf règne en maître mais sur la côte Est de l’Ecosse, dans la ville d’Alloa, dans le comté du Clackmannanshire, où la pluie et le vent font parti du décor. Au XIXème siècle, le football se répandit rapidement en Ecosse et la ville d’Alloa n’y échappa pas. Le club aurait été fondé en 1878 mais selon certaines sources, la date de fondation serait le 6 août 1880. Le nom du club était alors Alloa Association FC mais l’acronyme A.A.F.C. fut mal interprété par le club et la presse de Dumferline qui traduisirent par Alloa Athletic FC. Toutefois, cette erreur plut au club qui modifia son nom en 1881 mais ne l’enregistra officiellement auprès de la fédération qu’en 1997.

Côté couleurs, elles varièrent régulièrement entre noir et orange ou noir et jaune (à l’exception de la saison 1897-1898 où les joueurs évoluèrent avec un maillot rayé blanc et bleu). Le bas varia entre bleu au XIXème siècle à blanc ou noir ensuite. Depuis la fin des années 1990, les teintes se sont stabilisées sur le noir et l’orange foncé, accompagné d’un short noir depuis le milieu des années 1980. Durant près de 100 ans (de 1879 à 1960), la tenue du club était un maillot rayé (verticalement ou horizontalement). Cette combinaison de couleurs et de rayures donna le surnom de wasps.

Durant deux saisons (de 1960 à 1962), un maillot uni fit son apparition (de couleur jaune avec deux bandes horizontales noires). De 1962 à 1972, le traditionnel maillot rayé reprit ses droits. De 1972 à 1998, à quelques rares exceptions (1974-1975), le kit uni s’installa durablement. Finalement, depuis 1998, le maillot aux rayures verticales est de retour. En 1985, le club fit apparaître sur le maillot du club son premier écusson qui s’inspira de son surnom puisqu’il comportait une guêpe.

#1209 – Club Universidad Nacional UNAM : Auriazules

Les Or et Bleu. Ces couleurs ne sont pas celles d’origine de l’université UNAM mais elles se sont imposées suite au choix effectué par l’une de ses associations sportives. Le symbole du Puma qui s’affiche sur le blason des équipes sportives de l’université et qui leur a également donné leur surnom provient d’un entraineur de football américain de l’UNAM (#40) dans les années 1940. Pour les couleurs, ce fut également les joueurs de football américain de l’UNAM qui en furent à la source mais quelques années auparavant.

En 1927, un groupe d’étudiants emmenés par Alejandro et Leopoldo Noriega, qui avaient effectué des voyages aux Etats-Unis et avaient pu pratiquer le football américain, fondèrent une équipe de football américain. Ils optèrent pour les couleurs or et bleu foncé, en l’honneur de l’université américaine de Notre-Dame, dont l’équipe de football américain était l’une des meilleures des Etats-Unis à cette époque. En effet, sous la houlette du célèbre entraineur Knute Rockne, les Fighting Irish (nom de l’équipe universitaire de Notre-Dame) affichèrent un bilan de 105 victoires, 12 défaites, et 5 nuls entre 1918 et 1930. Pendant cette période, cette équipe remporta 3 titres de champion national (1924, 1929 et 1930), fut invaincu lors de 5 saisons et gagna le Rose Bowl de 1925. Au delà de ces titres, Notre Dame fut également nommée par la NCAA championne nationale pour les années 1919, 1920 et 1927. Encore aujourd’hui, son programme de football américain est l’un des plus prestigieux et profitables du système universitaire américain.

Les origines de l’université de Notre Dame remontent à 1842, lorsque le père Edward Sorin, un prêtre français, fonda l’institution dans l’Indiana. Dès le départ, les couleurs de l’école se portèrent sur le jaune et le bleu, le jaune symbolisant la lumière et le bleu représentant la vérité. Etant donné qu’il s’agissait d’une institution catholique, d’autres pensent que le jaune représentait le pouvoir spirituel du pape et le bleu la couleur traditionnelle de la Vierge Marie (cf. #399 et #497). En 1879, le bâtiment principal de l’Université fut édifié, comportant un dôme, s’élevant à 60 mètres, surmonté d’une statue de la Vierge Marie de 5,2 mètres de haut. En 1886, le dome et la statue furent dorées, donnant un éclat supplémentaire à ce bâtiment majestueux. Devenu icône architecturale de l’université, synonyme d’excellence et de prestige, l’administration décida de remplacer le jaune par l’or pour ses couleurs officielles.

L’équipe des frères Noriega était connue sous le nom des osos (ours) mais en 1931, elle reçut le soutien de l’UNAM et devint la Horda Dorada (la horde dorée). Ces couleurs se répandirent alors sur toutes les équipes de l’université et par la suite, pour l’UNAM de manière générale.

#1208 – Bengaluru FC : the Blues

Les bleus. Le football indien a du mal à se développer dans un pays dominé par un sport très britannique et confidentiel pour bon nombre de pays, le cricket. Mais, des initiatives sont régulièrement lancées pour tenter de replacer l’Inde dans le concert sportif mondial et plus universel. Ainsi, en 1996, un championnat national amateur, la I-League, qui adopta le professionnalisme en 2007. En 2013, une nouvelle ligue privée et fermée fit son apparition, sous le nom d’Indian Super League, et concurrença directement la fragile I-League. La même année, la société JSW décida de créer sa franchise de football dans la ville de Bangalore. En Juillet 2013, le Bengaluru FC naissait et remportait la I-League dès sa saison inaugurale.

Fondé en 1982, JSW est un l’un des plus puissants conglomérats indiens, enregistrant un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards d’euros et agissant dans la production d’acier, d’énergie, de ciment, de peinture ainsi que le développement et la gestion d’infrastructure. En 2012, JSW fondait sa structure dédié au développement du sport indien. Le fait qu’il s’intéresse au football donnait naturellement un coup de projecteur sur la discipline et des moyens financiers et d’organisation considérables pour la nouvelle équipe. Ayant la volonté d’avoir un conglomérat unifié et défendant les mêmes valeurs, l’ensemble des sociétés du groupe adoptèrent une image, une marque commune. Le club de football n’y échappa pas et repris les couleurs de son actionnaire et sponsor, principalement le bleu (nuancé par du rouge).