#1398 – Genoa CFC : I Rossoblù

Les rouge et bleu. Le maillot domicile du Genoa est l’un des rares à résister aux vandales du marketing qui, sur l’autel de l’argent, ont sacrifié les tradition de Barcelone ou de la Juve. Outre l’agréable mariage des couleurs, il se distingue en étant séparé en deux. Du côté droit, du rouge plus ou moins foncé. A gauche, du bleu marine. Et ce choix remonte au début du XXème siècle. Pourtant, le Genoa CFC fut fondé en 1893 et constitue le plus ancien club de football d’Italie encore en activité. Alors dans quelles couleurs évoluaient les premières équipes du club et pourquoi avoir opté pour ces teintes rouge et bleu.

L’histoire de la fondation du Genoa épouse l’essor du football à travers l’Europe comme en Amérique du Sud. À la fin du XIXème siècle, le port de Gênes demeurait l’un des carrefours commerciaux les plus importants d’Europe. Ainsi, la ville ligurienne accueillait alors de très nombreux diplomates, marchands, ingénieurs et marins du monde entier et en particulier de la Grande-Bretagne, la principale puissance. Ces nombreux britanniques importèrent leur mode de vie et en particulier les nouveaux sports qui naquirent en Grande-Bretagne sur les 50 dernières années. Ils fondèrent ainsi des associations où ils pouvaient se regrouper et les pratiquer. Le 7 septembre 1893, plusieurs de ces expatriés dont notamment Sir Charles Payton, le consul britannique ainsi que les hommes d’affaires Charles de Grave Sells, George Blake, George Fawcus et Henry De Thierry, se retrouvèrent au consulat britannique pour fonder le Genoa Cricket and Athletic Club. Comme son nom l’indique, le football n’était pas prioritaire. Les membres se réunissaient principalement pour faire du water polo et surtout jouer au cricket. Outre la pratique de sports anglo-saxons, l’adhesion au Genoa était exclusivement réservé aux citoyens britanniques. L’histoire bascule en 1896 avec l’arrivée à Gênes d’un médecin anglais passionné de sport, James Richardson Spensley. Non seulement, il ouvra le club aux sportifs italiens mais il structura aussi la section football.

L’histoire des couleurs du Genoa CFC est directement liée à ses origines britanniques. A sa création, ces membres britanniques évoluaient logiquement avec des maillots entièrement blancs, en hommage à la tenue de la sélection nationale anglaise. Le short et les chaussettes étaient noirs. Puis, en 1899, l’institution changea une première fois d’identité visuelle, en adoptant un maillot à rayures verticales blanches et bleues. Le choix du bleu symboliserait la mer, élément naturel important et historique de Gênes. Enfin, le 22 janvier 1901, la reine Victoria s’éteignait et son long règne marqua la montée en puissance et l’apogée de l’Empire Britannique. Un événement de cette ampleur ne pouvait laisser indifférents les membres du jeune club ligure attaché à ses racines britanniques. Les Génois Paolo Rossi et Giovanni Bocciardo et le Suisse Edoardo Pasteu proposèrent de retenir les couleurs de l’Union Jack, bleu foncé et rouge. La proposition fut approuvée par une majorité (5 voix contre 4) au détriment de la proposition du membre gallois Howard Passadoro qui avait proposé un kit bleu avec des bords blancs. Le maillot devenait rouge grenat et bleu foncé disposés en quatre quartiers, le blanc relégué uniquement aux revers. Depuis, il n’a jamais été modifié.

#1397 – Alianza Atlético Sullana : los Churres

Les enfants. Dans le langage courant du nord du Pérou, un churre désigne tout simplement un enfant, un petit garçon ou un gamin. Il est utilisé de manière très familière et souvent affectueuse comme on peut dire un minot du côté de Marseille (cf. #298) ou un gone à Lyon (#2). Ce terme d’argot s’appelle au Pérou un piuranismo, c’est-à-dire une expression typique et exclusive de la région de Piura, où se trouve la ville de Sullana. Il s’applique à la plupart des habitants de Sullana. Au départ, sa connotation était plutôt péjorative mais les habitants de la région de Piura en ont fait un élément identitaire et donc un motif de fierté.

L’étymologie exacte de churre fait débat chez les linguistes péruviens, et deux grandes théories coexistent. D’un côté, des origines indigènes sont mises en avant. Beaucoup estiment que le mot provient de la langue Tallán parlée par le peuple indigène du même nom vivant dans la région de Piura bien avant l’arrivée des Incas et des Espagnols. La raison est que cette langue disparue regorgeait de sonorités en « ch » et « rr ». De nombreux mots régionaux actuels contenant les sonorités « ch » et « rr » sont des héritages directs de ce dialecte. Cependant, comme les Tallanes n’ont laissé aucune trace écrite ni dictionnaire derrière eux, il est impossible pour les scientifiques de prouver l’existence de ce mot churre dans leur dialecte. Une autre hypothèse serait que churre dérive du mot de la langue quechua (langue de l’Empire Inca) churi qui signifie « fils » ou « enfant mâle ». Le passage de la voyelle finale « i » à « e » (de churi à chure) est un phénomène d’hispanisation extrêmement courant dans les Andes lorsqu’un mot indigène est intégré à l’espagnol du quotidien. En outre, les habitants de la région de Piura avaient une forte tendance phonétique à accentuer et doubler les « r » pour en faire des « rr » très sonores.

De l’autre côté, la célèbre linguiste péruvienne Martha Hildebrandt (qui a écrit une thèse sur l’espagnol de Piura en 1949) et d’autres académiciens penchent pour une évolution d’un mot espagnol. En espagnol classique, le mot churre ou churrete désigne une tache de graisse ou de la crasse. Selon cette théorie, le terme servait à l’origine à désigner « un enfant sale » (qui s’est sali en jouant dehors). Le journaliste Carlos Robles Rázuri partageait également cette opinion en indiquant dans un article de 1982 que le terme s’attachait à « un niño de entre dos y quizás doce años cuya higiene personal no sea muy cuidada y que no vista bien » (un enfant entre deux et peut-être douze ans dont l’hygiène personnelle n’est pas très soignée et qui ne s’habille pas bien). L’aspect péjoratif aurait disparu avec le temps pour finalement ne plus que désigner un enfant.

#1396 – Omonia Aradíppou : Τα περιστέρια

Les colombes. Quand on cite le nom d’Omonia et que l’on parle de Chypre, tous les amateurs de football pensent immédiatement au club omnisport de la capitale chypriote, Nicosie. Pourtant, il existe plusieurs clubs portant ce nom sur l’île et le doyen de tous est l’Omonia Aradíppou (ville située dans la banlieue de Larnaca). Fondé le 4 avril 1929, l’Omonia Aradíppou avait un objectif plus large que le sport puisque les fondateurs souhaitaient qu’il apporte l’épanouissement moral, social et physique de ses membres, ainsi que leur divertissement. Résultat, au de-là du sport (dont l’équipe de football ne vit le jour qu’en 1935), le club organisait également des événements éducatifs, théâtraux et culturels.

La volonté des fondateurs était que le club fût un espace de concorde et cela s’explique par l’époque troublée dans lequel il vit le jour. En effet, suite à la première guerre mondiale, le Royaume-Uni avait annexé Chypre et depuis, sa politique coloniale reposait sur une exploitation des ressources de l’île tout en réprimant toute velléité nationaliste des habitants (la torture fut autorisée en 1928, les programmes scolaires réduisirent l’espace donné à la culture grecque …). Un premier soulèvement chypriote intervint en 1931 et eut pour conséquence un nouveau durcissement de l’adminstration britannique. Cette révolte est décrite comme la rébellion la plus intense à laquelle la Grande-Bretagne fut confrontée dans l’entre-deux-guerres.

Le choix du nom « Omonia » reflétait la volonté de fraternité et d’unité locale. Le terme Omonia (Ομόνοια) en grec se traduit par « Concorde », « Harmonie » ou « Paix » et provient d’Harmonie, la déesse de l’harmonie et de la concorde dans la mythologie grec. Le deuxième élément symbolique adoptée fut la présence de deux colombes sur le blason de l’association.

Si la colombe représente aujourd’hui la paix à l’échelle mondiale, c’est le résultat d’un fascinant mélange entre une culture millénaire et l’intervention d’un artiste majeur du XXème siècle. Dans la culture judéo-chrétienne, l’oiseau tient une place particulière. Tout d’abord, la bible (Genèse) raconte qu’après le Déluge, Noé lâcha une colombe depuis son arche pour voir si les eaux s’étaient retirées. L’oiseau finit par revenir avec un rameau d’olivier dans le bec. Ce geste symbolisait la fin de la colère divine, le pardon, et la paix retrouvée entre Dieu et l’humanité. Puis, dans le nouveau testament, le Saint-Esprit, qui représente l’esprit de Dieu et diffuse son amour (donc la paix aussi), fut décrit sous différente forme dont la colombe (Evangiles de Saint Mathieu et de Saint Luc). L’art chrétien reprit alors cette symbolique. Même en dehors de la tradition judéo-chrétienne, la colombe avait une excellente réputation. Dans la mythologie gréco-romaine, elle était l’animal de compagnie et l’attribut d’Aphrodite, la déesse de l’amour. Cet oiseau était perçu comme l’incarnation de la douceur, de l’harmonie et de la fidélité. Le fait que les colombes soient blanches (couleur de la pureté) et gardent le même partenaire toute leur vie expliquent certainement le fait que l’animal est représenté l’amour et l’espoir dans les premiers temps. Mais, si la colombe est définitivement ancrée aujourd’hui comme un symbole de paix, on le doit à Pablo Picasso. Après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, un Congrès mondial des partisans de la paix fut organisé à Paris en 1949. Le poète Louis Aragon demanda à son ami Pablo Picasso d’illustrer l’affiche de l’événement. Le peintre espagnol croqua alors une colombe blanche éclatante (en référence à la colombe de Noé). Son dessin, à la fois simple et incroyablement puissant, connut un succès planétaire immédiat. Dès lors, la « Colombe de la paix » de Picasso a été reprise dans les manifestations du monde entier, devenant l’emblème incontesté du pacifisme moderne, notamment durant la Guerre froide.

#1395 – Hapoël Kfar Saba : הירוקים מהשרון

Les verts de Sharon. Sharon ne fait pas référence à l’ancien militaire et premier ministre israélien (2001-2006) mais à la région du centre de la côte israélienne dont la capitale est Netanya. Habité par plus de 100 000 personnes, Kfar Saba se situe dans le sud de cette région et son club de l’Hapoël joue en vert. Cela pourrait paraître anodin mais ce choix de couleur est révolutionnaire pour un club appartenant au mouvement Hapoël.

En Israël, le sport a historiquement été pensé comme un outil de construction de la nation et de la société. Ainsi, le mouvement sportif fut encadré au sein des organisations politiques, qui fit de ses clubs des vitrines sportives et politiques. Le premier qui apparut fut le Maccabi qui représentait les classes bourgeoises à tendance centre droit et dont les équipes sportives revêtaient des maillots bleu et jaune. Plus à droite, le Beitar était le mouvement des nationalistes qui enfanta historiquement des groupes paramilitaires comme l’Irgoun. Les joueurs des clubs Beitar portaient des maillots noir et jaune. Enfin, en 1926, le Histadrout, le puissant syndicat des travailleurs juifs, ancré à gauche, fonda le mouvement sportif Hapoël. Il fut créé en opposition directe au Maccabi, jugé trop bourgeois et élitiste. Le but était de proposer un sport pour le peuple, basé sur l’égalitarisme et la camaraderie plutôt que sur la compétition à outrance. Hapoël, qui signifie « le travailleur » en hébreu, portait donc des valeurs de gauche et son symbolisme s’y accrochait. Ainsi, son emblème originel (un athlète au cœur d’une faucille et d’un marteau) et sa couleur rouge rappellent ses racines marxistes et socialistes. Aujourd’hui, tous les clubs du mouvement Hapoël reprend ces symboles (qui sont réglementaires) sauf 4 clubs : Hapoël Petah Tikva et Hapoël Ironi Kiryat Shmona en bleu et blanc, Hapoël Holon en violet et jaune et donc Hapoël Kfar Saba.

Le petit village de Kfar Saba fut fondée en 1898 mais, ses premières années furent difficiles et la culture des amendes demeurait l’activité principale. Il fallut attendre les années 1920 pour que le village et la population juive prissent son essor, s’appuyant sur le développement des vergers d’agrumes (en particulier le citron et l’orange) qui devinrent la richesse de la région. De nombreux ouvriers agricoles, pour certains syndiqué au sein de l’Histadrout, émigrèrent alors dans le village et en 1928, le club de l’Hapoël vit le jour comme une réponse de la population ouvrière au seul club de la ville, le Maccabi. Mais, l’économie de la ville dépendant grandement de ses vergers, les fondateurs de l’Hapoël favorisèrent le vert pour rappeler les arbres et l’agriculture plutôt que la couleur traditionnel du mouvement sportif de gauche. Le blason reprenait tout de même l’athlète au cœur d’une faucille et d’un marteau.

#1394 – Orlando City SC : the Lions

Les lions. L’équipe floridienne nourrit un projet ambitieux. Après avoir attiré dans ses filets, pour ses débuts en MLS, le talentueux brésilien Kaka, la direction actuelle vise notre grizou nationale. A l’heure d’écrire ces quelques lignes, les négociations étaient en cours pour arracher Griezmann à sa seconde maison, l’Atletico Madrid. Mais, revenons au surnom de cette franchise. Si le club a opté pour une dénomination dans la lignée des équipes européennes (SC pour Soccer Club), le roi des animaux aurait pu être le nom de la franchise (dans la tradition marketing des franchises US) vu comme il s’est imposé dans la culture du club. Il est son surnom comme sa mascotte et s’affiche fièrement sur son écusson.

En 2010, Phil Rawlins, membre du conseil d’administration du club anglais de Stoke City, acquit les droits de la franchise d’Orlando Pro Soccer en USL (United Soccer League – antichambre de la MLS). Ce projet, affilié aux Orlando Titans, un club de lacrosse, n’était jamais vraiment sorti des cartons. Rawlins transféra alors une autre de ses propriétés, les Austin Aztex, à Orlando pour constituer le nouveau club d’Orlando City SC, avec la volonté d’intégrer la MLS dans les 5 prochaines années.

Pour les attributs du nouveau club, la direction ne souhaita pas prolonger la symbolique aztèque, trop attaché à l’ancienne franchise située à Austin, et préféra se référer à une ancienne équipe de soccer d’Orlando : les Orlando Lions. Ayant existé entre 1985 à 1996, Orlando Lions avait marqué la culture locale en tentant d’implanter le football professionnel dans la ville de Floride. Ainsi, le blason de la nouvelle franchise affichait 3 têtes de lion rugissant. Outre le fait de relier la nouvelle entité à l’histoire footballistique de la ville, ces lions devaient symboliser la fierté et l’esprit d’équipe. En outre, comme le disait le communiqué de presse, « the three lion heads also represent the three facets of the game we love: defense, mid-field, and attack » (les trois têtes de lion représentent également les trois aspects du jeu que nous aimons : la défense, le milieu de terrain et l’attaque). En 2014, l’écusson fut relooké avant que le club n’intégrât la MLS. Des trois têtes, une seule survécut. Demeurant l’élément central du logo, elle symbolise la force et la fierté et reflète le succès d’Orlando City et sa détermination à affronter tous ses adversaires.

#1393 – Doncaster Rovers FC : the Vikings

Les vikings. Il ne s’agit pas du surnom le plus utilisé pour désigner le club du Yorkshire mais pourtant il est bien ancré dans son ADN. En effet, le blason arbore les couleurs du club, rouge et blanc, et représente un Viking doré avec son casque ailé et l’épée posée sur l’épaule. Et contrairement à la tendance générale, ce n’est pas le surnom qui est venu s’inscrire dans le blason mais l’écusson qui a inspiré le surnom. Après avoir affiché les initiales du club sur leurs maillots durant les 40 premières années d’existence, les joueurs portèrent l’écusson du club à compter des années 1950. Le blason du club était alors une copie des armoiries de la ville de Doncaster (deux lions tenant des roses du Yorkshire dans leur gueule, ainsi qu’un écu rouge figurant l’ancien château médiéval de Doncaster). Mais, alors que les résultats sportifs étaient décevants, le conseil municipal de Doncaster refusa aux Rovers l’autorisation d’utiliser leurs armoiries. Résultat, la direction du club partit à la recherche d’un nouvel écusson. Deux versions s’opposent pour expliquer l’apparition du Viking au début des années 1970.

D’un côté, certains avancent qu’un concours fut organisé pour trouver l’inspiration. Les vainqueurs furent un groupe d’étudiant qui proposèrent le viking. Mais d’où venait cette idée d’attribuer au club du Yorkshire l’image du guerrier scandinave ? Il se pourrait que le nom du club, Rovers, en soit à l’origine. En effet, Rover signifie un vagabond, dans le sens d’un voyageur sans but précis (wanderer, roamer), mais aussi un navigateur (seafarer). Et particulièrement le terme rover associé à sea (sea-rover) exprime un pirate. Or, les vikings étaient vus comme des audacieux vagabonds nordiques car, pendant des siècles, ils sillonnèrent les mers et pillèrent les riches terres du sud lors de raids. Autre explication possible : le Château de Conisbrough. Cette imposante fortification fut édifiée au XIème siècle par Guillaume de Warenne, beau-fils de Guillaume le Conquérant. Ces derniers, normands, avaient conquis l’Angleterre en 1066 et firent de Doncaster une place forte normande importante. Or, les normands étaient des vikings autorisés par le Roi Charles le Simple à s’installer en Normandie.

De l’autre côté, la légende raconte que l’entraîneur de l’équipe, Maurice Setters, cherchait un nouveau logo pour le club lorsqu’une publicité pour les voitures Rover attira son attention. Or, à compter de 1922, un guerrier scandinave ornait les bouchons de radiateur des modèles de la marque automobile britannique. Ainsi, Setters aurait conclu un accord avec le concessionnaire Rover local : en échange de voitures pour certains membres de l’équipe, l’emblème de Rover déteignait sur l’écusson du club.

Quoiqu’il en soit, le viking, apparu en 1972, ne demeura pas longtemps sur le maillot des joueurs. Dès 1979, il disparut au profit d’un écusson plus sobre. Mais, en 1982, le viking emblématique fit son retour pour le plus grand bonheur des supporteurs et ne déserta plus le blason du club depuis.

#1392 – Treaty United FC : Super Blues

Les super bleus. Etonnamment le surnom fait référence à la couleur bleu alors que l’écusson du club est rouge et blanc. En outre, l’équipe porte un drole de nom puisqu’il n’y a pas de ville qui s’appelle Treaty en Irlande. Tout ceci s’explique dans la naissance de l’association en 2020. Remontons tout d’abord aux années 1930. Alors que les habitants de Limerick découvrait le football, le club du Limerick FC vit le jour en 1937. Au fil des années, il s’imposa dans le paysage sportif irlandais, remportant 2 championnats d’Irlande (1959-1960 et 1979-190), 2 coupes d’Irlande (1970-1971 et 1981-1982) et 3 coupes de la ligue (1975–1976, 1992–1993 et 2001–2002). Durant ces premières saisons, Limerick évoluait avec les couleurs de la ville, soit un maillot rayé rouge et blanc accompagné d’un short blanc. Mais, en 1941, lorsque l’équipe de Waterford se retira du championnat, Limerick racheta leurs maillots bleus. Puis quarante ans après, avec son changement de nom en Limerick City, le club modifia ses couleurs de bleu à jaune et vert. Enfin, en 1989, le club reprit son nom d’origine, Limerick FC, ainsi que ses couleurs bleu et blanc

Malheureusement, l’arrivée dans le nouveau millénaire marqua le début de la fin. En 2006, Limerick FC échoua à obtenir la licence nécessaire à son maintien dans la ligue irlandaise. Un consortium d’entreprenuers locaux reprit le flambeau en créant l’association sportive Limerick 37. Néanmoins, deux ans plus tard, après s’être réapproprié le nom historique, le nouveau club fit face à de graves difficultés financières. Un homme d’affaires de Limerick, Pat O’Sullivan, sauva le club de la faillite en 2009 mais 10 ans plus tard, après des successions de descente et de montée entre la première et la seconde division, il souhaita vendre ses parts. Le club connut encore des problèmes financiers et fut placée en redressement judiciaire. En Décembre 2019, la procédure était un échec, le club affichant des dettes d’environ 490 000 €, et début 2020, il disparut définitivement.

Le football étant bien ancré dans la région, dès 2020, un nouveau projet émergea pour maintenir la ville dans la ligue irlandaise. Le nouveau club devait s’appelait Limerick United, mais la direction de Limerick FC menaça de poursuites judiciaires car ce dernier avait déjà utilisé ce nom par le passé. Le choix se porta alors sur Treaty United car la cité de Limerick est surnommé le Treaty County (Comté du Traité). En effet, le 13 Octobre 1691, un traité entre le nouveau roi d’Angleterre Guillaume III d’Orange et son prédécesseur Jacques II fut signé à Limerick et garantissait au Catholique une certaine liberté de culte. Pour ses couleurs, le club choisit de reprendre les teintes de la première équipe senior du comté, le rouge et le blanc. Finalement, en 2024, après un accord, le club annonça qu’il abandonnait les rayures rouges et blanches au profit du bleu et blanc, couleurs associées au football du comté depuis les années 1940. Avec ce changement de couleurs, il reprit également le surnom du Limerick FC, Super Blues.

#1391 – Nyíregyháza Spartacus FC : Szpari

Il s’agit du diminutif du terme Spartacus dans le nom du club. En hongrois, il est très courant de raccourcir les noms longs ou officiels en ajoutant le suffixe « -i » ou « -ari » pour les rendre plus affectueux ou plus faciles à prononcer au quotidien. Le club de Nyíregyháza Spartacus rappelle sa fondation en 1928 avec comme nom Nyíregyházi Vasutas Sport Club (NYVSC), association des cheminots. Les couleurs du club, qui regroupait des sections de football, de lutte et d’athlétisme, étaient le blanc et le noir. Son premier président fut le chef de gare Gyula Tibay. Le tournant du club arriva en 1977 en fusionnant avec Nyíregyháza Spartacus Petőfi. Les résultats s’en suivirent immédiatement avec une accession, pour la première fois dans l’histoire du club, à la première division hongroise lors de la saison 1979-1980.

En lisant le site du club et de manière générale sur Internet, la marque laissée par le Spartacus Petőfi dans l’histoire du Nyíregyháza Spartacus semble légère puisque seule la fondation et l’histoire du NYVSC apparaît souvent. Pourtant, le premier a donné son nom et son surnom à l’équipe. Au début des années 1950, le gouvernement communiste hongrois instaura un programme de « construction du socialisme », qui devait passer par les activités sportives notamment. L’État réorganisa ainsi le sport hongrois sur le modèle soviétique. L’OTSB (Országos Testnevelési és Sportbizottság – Conseil National de l’Éducation Physique et du Sport) ordonna la création d’organisations sportives uniformes pour chaque branche professionnelle. Le 1er Mai 1952, l’OTSB fonda une organisation sportive, nommée Szpartakusz Sportegyesület (Club Sportif Spartacus), qui devait fournir un cadre sportif aux travailleurs des coopératives artisanales (OKISZ) et des coopératives de consommation (SZÖVOSZ). En seulement quelques mois, plusieurs clubs avec le nom Szpartakusz ou Spartacus essaimèrent à travers le pays, dont à Nyíregyháza.

Cette organisation sportive s’inspirait de celle du grand frère soviétique, le Spartak (cf. #158), fondé en 1934, pour la même branche professionnelle. Le nom Spartak comme Szpartakusz mettait en avant le héros romain Spartacus. Sa combativité et sa rebellion face à l’Empire Romain représentaient, pour les instances communistes, le symbole de la lutte prolétarienne dès l’antiquité.

#1390 – Anagennisi Arta FC : Μαύρη Θύελλα

La tempête noire. Le surnom fait référence au maillot rayé blanc et noir du club de la région d’Épire, au Nord de la Grèce. Le premier club à s’établir dans la ville d’Arta fut l’AO Panambrakikos en 1926 dont les couleurs étaient le bleu et le blanc. Il représentait les habitants de la ville. En 1949, un nouveau club apparaît sous le nom de l’AO Aetos Artas. Avec ses maillots vert et blanc, il était le club des anciens habitants des montagnes environnantes qui avaient migré en ville suite à la guerre civile. Enfin, en 1950, les supporters de l’Olympiacos Le Pirée à Arta fondèrent leur propre équipe dénommée Olympiacos Artas et évoluant évidemment en rouge et blanc.

A la fin des années 1950 et au début des années 1960, le football professionnel grec connut une mutation importante. En 1959, le premier championnat nationale à poule unique vit le jour. Puis, la fédération remodela la seconde division et en 1962, 60 clubs réparties en 4 groupes la composèrent, chaque premier des poules s’affrontant en play-off pour déterminer les équipes promues dans l’élite. Ce mouvement incita les petites cités où de nombreux clubs existaient à unir ces différentes forces pour créer des champions locaux en mesure de rivaliser au niveau national. L’idée de fusionner Panambrakikos, Aetos et Olympiacos germa en 1958 et se concrétisa en 1960. La nouvelle équipe d’Anagennisi Artas afficha sur son blason le célèbre pont de la ville qui enjambe le fleuve Árachthos. Pour les couleurs, la direction choisit le blanc, teinte commune au 3 anciennes équipes, et le noir, qui ne correspondait à aucun des 3 clubs (ou alors le mélange du rouge, bleu et vert des 3 fondateurs).

#1389 – Club América : los Cremas, los Azulcremas

Les crèmes, les bleus et crèmes. Les joueurs du club mexicain évoluent avec un maillot principalement jaune et bleu. Mais, par le passé, si le bleu était déjà présent sur la tenue, la couleur crème remplaçait le jaune. Ce choix original et reconnaissable est aussi ancien que la fondation du club. Au début de l’année 1916, le football se répandit dans les écoles jésuites et maristes de Mexico et, dans l’école Mascarones, un groupe de garçons d’à peine treize ans, mené par Rafael Garza Gutiérrez et Germán Núñez Cortina, décida de former une équipe avec les meilleurs joueurs de l’établissement. A la première réunion de l’équipe, Rafael Garza Gutiérrez se pointa équipé d’une chemise crème, un short bleu marine et des chaussettes bleues. Il avait prit quelques vêtements dans l’armoire de son père et confectionna cette tenue. Le short était un pantalon bleu marine qu’il avait raccourci à hauteur des genoux. La chemise était celle du collège Mascarones. Elle était à la base jaune pâle mais avec les lavages avait altéré sa teinte qui avait tourné couleur crème. Ce kit plut aux autres membres qui trouvaient également qu’il les distinguait des autres équipes. En outre, il rappelait leur lien avec le collège Mascarones et présentait enfin l’avantage de reposer sur des tissus peu onéreux pour l’époque. Les joueurs firent leurs premières rencontres avec cette tenue et, même lors de la fusion ultérieure avec le collège mariste de La Perpetua, les nouveaux membres acceptèrent de conserver ces couleurs.

Le premier changement important intervint lors de la saison 1953-1954 avec l’installation définitive des chaussettes crèmes. Lors de la saison 1967-1968, la couleur jaune fut utilisée officiellement sur le maillot pour la première fois de l’histoire. Puis, le jaune déteignit sur les chaussettes lors de l’exercice 1970-1971. A la fin de la décennie, le rouge fit quelques apparitions au niveau du col. Enfin, en 1982-1983, un dernier changement intervint qui allait rendre le maillot encore plus distinctif : un scapulaire bleu marine avec des rappels de rouge. Le scapulaire évolua pour parfois représenter les plumes d’un aigle.