#798 – CA Huracán : los Quemeros

Ce terme dérivant de quema qui signifie bruler est parfois traduit comme « les bruleurs ». En Argentine, il revêt une définition un peu différente puisque il caractérise une personne qui collecte et revend les objets de valeur qui se trouvent parmi les déchets envoyés à l’incinérateur ou à l’usine de traitement. Avec une vision d’aujourd’hui, une sorte d’écolo des temps anciens. Néanmoins, pour les adversaires de Huracán, le terme se rapprochait plutôt de l’idée de « sans-abris, clochards » pour ridiculiser ceux de Huracán. Comme souvent, le terme ironique ou insultant se transforma en une fierté pour les personnes moquées. Aujourd’hui, le surnom convient au club et un de ses principes groupes de supporteurs a adopté également ce nom.

Au final, toutes ces définitions se rejoignent pour Huracán. Le club naquit dans le quartier du Parque de los Patricios, au coeur de Buenos Aires. En 1871, la mairie installa l’incinérateur municipal dans le quartier, au niveau du Puente Alsina et 2 ans plus tard, inaugura le « trencito de la basura » (train des déchets), qui traversait le quartier sept fois par jour pour transporter les ordures de la ville vers l’incinérateur. Celui-ci se trouvait non loin du premier stade du club et ses émanations bouchaient souvent la vue et le nez des spectateurs du match. Le Parque de los Patricios était reconnu au début du XXème siècle comme un quartier ouvrier où la municipalité avait construit de nombreux logements sociaux. Il était donc vu comme un quartier pauvre. Tout cela explique que les supporteurs et l’équipe soient à la fois des « bruleurs » et des « clochards ».

#797 – Sydney FC : the Sky Blues

Les bleus ciels. Avant la création de la nouvelle ligue professionnelle de football, A-league, en 2005, Sydney était représenté dans les différents championnats australiens par des clubs de « quartier », souvent rattachés à une communauté d’immigrés. Par exemple, on retrouvait principalement les italiens au sein du Marconi Stallions FC, les grecs avec le Sydney Olympic FC, et les croates au Sydney United FC. D’autres structures existaient également comme Bankstown City Lions (Macédoniens), Bonnyrigg White Eagles (Serbes), Parramatta Eagles (Maltais) et St. George Saints FC (Hongrois). En 2005, la A-league apparaît avec la volonté de stabiliser et développer le football en Australie. Afin de consolider les bases des équipes, la Fédération Australienne appliqua la politique « one team per city » (une équipe par ville). La ligue régionale de Nouvelle-Galles du Sud, où se situe Sydney, coupa l’herbe sous le pied des initiatives privés et déposa un dossier pour créer une franchise à Sydney. Cette nouvelle équipe devait représenter Sydney et tout l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud pour s’assurer une large base de supporteurs. Il fallait donc se déconnecter des communautés ethniques et retenir pour la franchise des symboles de l’Etat. La ligue opta donc pour un maillot bleu ciel, couleur officielle de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud. Ce choix était conforté par le fait que, pour des raisons marketing, l’organisateur de la A-league encourageait à ce que chaque club ait une couleur bien identifiée et distincte des autres. Par ailleurs, des clubs d’autres sports de Nouvelle-Galles du Sud arborait également cette couleur (NSW Waratahs en rugby à XV, NSW Blues en cricket). Le choix du bleu ciel (sky blue pantone 291 exactement) comme couleur officielle de l’Etat n’est pas documenté. Elle est souvent associée avec le blanc et le bleu marine (comme pour le Sydney FC). Cette décision peut apparaître étonnante car finalement, dans le drapeau ou les armes de l’Etat, le bleu ciel n’apparaît pas.

#796 – Deportivo Binacional FC : el Bi

Diminutif du nom du club. Le club évolue dans la ville de Juliaca mais il a beaucoup déménagé dans les régions du sud du Pérou depuis sa création en 2010. Sa progression rapide jusqu’en première division du Pérou (et même jusqu’à son titre de champion en 2019) a nécessité de trouver des enceintes en mesure d’accompagner cette évolution. Ainsi, l’équipe joua dans la ville d’Arequipa puis Moquegua et se replia également parfois à Puno. Toutefois, les origines du club se situent à plus de 200 km de là dans la ville de Desaguadero. Située sur la rive orientale du début du fleuve Desaguadero, qui marque la frontière entre le Pérou et la Bolivie, cette cité est un important centre commercial grâce à cette localisation. De l’autre côté du fleuve, sur la rive bolivienne, se trouve également une autre ville dénommée Desaguadero. Les deux sont reliés par deux ponts. Voyant de nombreux boliviens traversaient la frontière pour assouvir leur passion pour le football au Pérou, le maire de Desaguadero (Pérou), Juan Carlos Aquino, décida de fonder en 2010 une équipe de football pour représenter sa commune et gagner en notoriété dans les provinces du sud du Pérou. Comme les supporteurs de ce nouveau club devaient se situer de chaque côté de la frontière, il décida de nommer le club Binacional (binational).

#795 – Universitario de Sucre : la U

Il s’agit de l’initial du nom du club qui est exactement Club Deportivo Universitario San Francisco Xavier. Tout commença sur un terrain de football de l’Université Mayor Real y Pontificia San Francisco Xavier de Chuquisaca de la ville de Sucre. Le 5 avril 1961, le professeur Alfredo Sandi Navarro, surnommé le père du sport universitaire, observa un match de football entre deux équipes d’étudiants. D’un côté, les étudiants médecins. De l’autre, ceux provenant de l’école d’économie. Face à ce spectacle, Sandi Navarro proposa aux étudiants de créer une équipe de football pour représenter l’Université au championnat régionale de Sucre en ces mots : « les invito fraternalmente a ser protagonistas al integrar este plantel y tengan el honor de representar a nuestra Universidad en el campeonato oficial. Les dejo en libertad de pensar para su decisión final esperando sus respuestas en los próximos días para saber su opinión » (Je vous invite fraternellement à être des protagonistes en intégrant cette équipe et avoir l’honneur de représenter notre Université dans le championnat officiel. Je vous laisse libre de réfléchir à votre décision finale et j’espère avoir de vos nouvelles dans les prochains jours pour connaître votre opinion). La réponse positive des étudiants fut immédiate et d’autres étudiants des facultés de médecine, de sciences économiques, de droit et d’agronomie les rejoignirent. Le jour même, le professeur Sandi Navarro rédigea les formulaires d’inscription que les joueurs s’empressèrent de remplir. L’équipe reçut le soutien moral et matériel du recteur de l’université, l’avocat Óscar Frerklin Salas. Ensuite, le nom de l’équipe fut choisi Club deportivo Universidad ainsi que les couleurs du maillot. Le premier uniforme était une chemise blanche avec une bande sur la poitrine aux couleurs rouge et bleu, un short bleu et des chaussettes blanches, kit semblable à l’Université Catholique du Chili. Surtout, la bande bleue et rouge reprenait les couleurs de l’Université San Francisco Xavier.

#794 – FC Villefranche Beaujolais : les Tigres Caladois

Philippe Terrier, entrepreneur local et dont le père sponsorisait déjà le club de Villefranche, reprit sa présidence en 2010. A l’orée de la saison 2013-2014, il décida de doter son club du surnom de tigres caladois ainsi que d’une mascotte féline. Pourquoi avoir choisi cet animal qui n’est pas endémique à la région viticole du Beaujolais ? Pour des raisons de valeur et marketing. Pour le président, le tigre symbolisait bien les valeurs de combat de son équipe. Mais, il reconnut aussi que l’animal faisait écho à l’un des produits commercialisés par le sponsor principal qui s’étalait sur le maillot du club, le beaume du tigre. D’origine chinoise, ce beaume est censé soulager les douleurs d’origine musculo-squelettique. Son distributeur en France est une société située non loin de Villefranche. Encore aujourd’hui, il s’agit du sponsor principal du club.

Que signifie le terme caladois ? C’est simplement le gentilé des habitants de Villefranche-sur-saône et son origine hésite entre deux théories. La première version se focalise sur le relief de la ville qui comprend quelques rues pentues. Or, au Moyen-âge, le terme « calade », emprunté à l’italien calata (descendre), désignait une pente sur laquelle on faisait descendre plusieurs fois un cheval au petit galop pour lui apprendre à plier les hanches et à former son arrêt. La deuxième histoire avance aussi le terme « calade ». Mais cette fois, le mot se rapporte aux dalles du parvis de la Collégiale Notre-Dame-des-Marais. Dans le Beaujolais, le mot calade désignait les dalles, généralement en calcaire, utilisées pour paver. Cela faisait certainement appel à la méthode, employée depuis des siècles, pour construire des sols stabilisés à partir de galets, qui s’appelait calade.

Mais, ces deux versions ne sont pas forcément contradictoires puisque les rues pentues étaient généralement couvertes de galets ou de pierre calcaire provenant du Rhône.

#793 – Luton Town FC : the Hatters

Les chapeliers. Sur le blason du club, on retrouve les armes de la ville couronnées par un canotier. Depuis 1905, Luton est connue pour son usine Vauxhall de fabrication de voitures. Ces dernières années, cette activité a été complétée avec l’arrivée d’Easy Jet qui a contribué à transformer l’aéroport de Londres Luton en tant qu’aéroport régional de premier plan. TUI, le tour opérator, a confirmé cette position en installant son siège dans la ville. Mais, avant tout cela, la cité possède un riche héritage de fabrication de chapeaux depuis plus de 200 ans.

En effet, au XVIIIème siècle, l’industrie anglaise de la chapellerie se concentrait principalement sur Londres, Luton, Denton et Stockport (près de Manchester) ainsi que Atherstone (Warwickshire). Le métier se divisait en deux savoir-faire : d’un côté, la fabrication et le commerce des chapeaux de paille (chapeaux et bonnets pour femmes), de l’autre, celui du feutre (casquettes et chapeaux pour hommes). Luton se spécialisa d’abord dans le chapeau de paille car dès le XVIIème siècle, la tresse de la paille était le secteur dominant de l’économie locale. La croyance populaire veut que l’introduction du tressage de la paille en Grande-Bretagne puisse être attribuée à Marie Ier d’Écosse, qui aurait amené des artisans de Lorraine (d’où sa mère était originaire) et les aurait établis en Écosse. Son fils, Jacques Ier d’Angleterre, les aurait ensuite installés au sud de Luton, exploités par la puissante famille Napier. Au-delà de cette légende, il est prouvé que dès le milieu des années 1600, des personnes tressaient de la paille et fabriquaient des chapeaux de paille dans la région de Luton.

L’essor de l’industrie chapelière fut encouragé par les guerres napoléoniennes. Avec le blocus imposé par l’Empereur français, l’importation de paille tressée en provenance d’Italie et de chapeau devint quasi-nulle. A la sortie de la guerre, les forts droits de douanes ne permirent pas aux importations de reprendre. Ainsi, les hommes et femmes d’affaires de Luton créèrent des usines pour approvisionner les marchés locaux et nationaux en chapeaux de paille. De modeste ville, Luton se transforma en un grand centre industriel. En 1871, la ville comptait 35 000 employés dans le secteur du chapeau. Mais, la campagne environnante dépendait également grandement de cette économie. 40% de tous les tresseurs de paille du pays (environ 22 000 personnes en 1851) étaient basés dans le sud du Bedfordshire où se trouve Luton. En 1871, il y avait 20 701 tresseuses dans le Bedfordshire et 12 089 dans le Hertfordshire (comté limitrophe à Luton), avec environ 15 % de toutes les femmes du Bedfordshire qui se déclarait comme tresseuses de paille.

A compter de 1870, l’industrie de Luton se tourna également vers les chapeaux en feutre, dans le but de fournir une source de travail moins dépendante de la récolte saisonnière de paille. L’apogée de la production se réalisa pendant 50 ans, entre 1880 et 1930. A cette dernière date, la région de Luton produisait jusqu’à 70 millions de chapeaux en une seule année. En 1935, il y avait sept grandes usines de fabrication à Luton employant 1 000 femmes et 900 hommes, complétés de petites entreprises plus artisanales. En 1939, il y avait au moins 125 fabricants de ce type, dont le plus grand employait environ 100 ouvriers, tandis que le plus petit se contentait de 5 ou 6. Mais, après la Seconde Guerre mondiale, le déclin commença et la ville déclina rapidement. Le déclin de la tresse de paille démarra bien avant, dès 1880. En 1893, on estimait que moins de 5% de la tresse vendue au marché de Luton venait d’Angleterre et la fabrication était pratiquement éteinte dans la plupart des villes et villages environnants. En 1901, 98% des tresseurs avaient disparu dans le Bedfordshire et le Hertfordshire. Aujourd’hui, si Luton demeure encore synonyme de chapeau, son industrie est quasiment réduite à rien, quelques artisans tentant de perpétrer ce savoir-faire.

#792 – FK Haugesund : Araberne

Les arabes. Ce surnom est directement attaché à la ville et a déteint par la suite sur le club et ses équipes. Pourtant, point de commnauté arabe importante dans cette ville norvégienne située sur la côte occidentale du pays. Ni même de fondation par des sarazins très aventuriers. La légende est plus terre à terre (en sorte) et assez drôle. Bordée par la Mer du Nord, Haugesund possède un port abrité (grace aux détroits protecteurs de Smedasund et de Karmsundet) et compte de nombreux marins dans sa population. Autrefois, les eaux côtières de Haugesund regorgeaient de hareng et la ville se développa dans la pêche en conséquence. Puis, d’autres activités maritimes comme la pêche à la baleine, la construction navale et le transport maritime (la ville possédait autrefois la troisième plus grande flotte marchande de Norvège) complétèrent son économie. Même si la pêche au hareng a très nettement décliné aujourd’hui, la ville conserve un lien fort avec la mer.

Lors d’un voyage (à une époque que la légende ne précise pas), un bateau de commerce s’arrêta sur les côtes du Maghreb (certaines histoires situent le port au Maroc). Les marins passèrent la nuit dans les bars maures et se retrouvèrent ivres. L’un deux se fit dérober son argent et ses vêtements. Il vola donc à son tour, dans le voisinage, des vêtements qui séchaient sur une corde à linge. Evidemment, il s’agissait d’habits locaux. Arrivant près du bateau, le garde qui surveillait l’accès le stoppa. Le marin ivre comprit que son accoutrement trompait le garde et lui déclara « Eg e ikkje araber. Eg e frå Haugesund » (Je ne suis pas un Arabe. Je suis de Haugesund). Depuis, les habitants de la ville sont connus en Norvège comme les arabes.

#791 – Club Necaxa : los Once Hermanos

Les onze frères. Fondé en 1923, le club gagna une certaine renommée assez rapidement. Son jeu basé sur des passes courtes et rapides permit à son équipe de remporter par deux fois la Copa Eliminatoria, ancêtre de la Coupe du Mexique, en 1925 et 1926. Toutefois, dans le tournoi national, Necaxa ne s’imposait pas face aux autres clubs de Mexico qui trustaient tous les titres. Avec la nouvelle décennie (1930), Necaxa monta en puissance et se transforma en l’une des places fortes du football mexicain. Lors de la saison 1931-1932, Necaxa atteignit la première place à égalité avec Atlante et, après 3 matchs pour les départager, cette dernière remporta le titre. La vengeance de Necaxa se produisit l’année d’après. A l’avant dernier match du tournoi, le club affronta une nouvelle fois Atlante et le vainqueur serait sacré Champion du Mexique. Le 4 juin 1933, Necaxa toucha l’excellence en balayant Atlante 9 buts à zéro. Pour couronner cette victoire, Necaxa réalisa le doublé en gagnant la Coupe. Derrière, le club confirma sa main mise sur le football mexicain en remportant 3 autres championnats (1934–35, 1936–37, 1937–38) ainsi qu’une nouvelle Coupe du Mexique (1935–36). La saison 1935-1936 fut l’apothéose avec le doublé coupe-championnat. L’équipe représenta également le Mexique à un tournoi d’Amérique Centrale qui se déroulait au Salvador. Le Mexique le remporta et gagna son premier titre international grâce à son ossarture provenant de Necaxa. Cette époque dorée fut possible grâce au formidable esprit qui régnait au sein de l’équipe. Composée de Raúl « Pipiolo » Estrada, Lorenzo « La Yegua » Camarena, Antonio Azpiri, Guillermo « Perro » Ortega, Ignacio « Calavera » Ávila, Marcial « Chato » Ortiz, Vicente « Chamaco » García, Tomás « Poeta » Lozano, Hilario « Moco » López, du péruvien Julio « Chino » Lorez et de Luis « Pichojos » Pérez, l’équipe resta soudée pendant toutes ces années, se trouvant aveuglement sur le terrain tellement les joueurs se connaissaient. Ils étaient comme onze frères. En 1936, un dernier frère les rejoignit en la personne de Horacio Casarín. Il devint rapidement une pièce maitresse de l’équipe de Necaxa et de la sélection mexicaine de par ses qualités techniques. Casarín était un joueur complet, fort des deux pieds mais également de la tête.

#790 – Genoa CFC : il Vecchio Balordo

Vieux fou. Le terme fait parfois débat car il semble désobligeant pour l’équipe ligurienne. Pourtant, ce surnom est largement répandu parmi les supporteurs génois et il s’agit du terme affectueux donné par le célèbre Gianni Brera à son bien-aimé club. Journaliste pour « La Gazzetta dello Sport » , « Il Guerin Sportivo » , « La Repubblica » et plusieurs autres publications, Brera couvrit le calcio pendant de nombreuses années et se distingua par son style épique. Surtout, il n’hésitait pas à créer de nouveaux mots qui marquèrent le vocabulaire footbalistique italien comme international (tels que libero, catenaccio, goleador …). Ses néologismes ont même fait l’objet d’un mémoire de fin d’études. Il est considéré comme le journaliste sportif italien le plus influent du XXème siècle.

Outre son amour des mots, il était également un fan du Genoa et déclarait « Quando il Genoa già praticava il football gli altri si accorgevano di avere i piedi solo quando gli dolevano » (Quand Genoa jouait déjà au football, les autres réalisaient qu’ils avaient des pieds que lorsqu’ils avaient mal). Brera était un brin nostalogique de l’âge héroïque du football italien quand le Génoa remporta 9 championnats entre 1898 et 1924. Il possédait notamment l’original de la charte de constitution du Genoa. Evidemment pour décrire son club de coeur, il ne pouvait le faire qu’avec une image riche et il le qualifia de vecchio balordo. Au travers de ces mots, qui ne se voulaient pas offensants ni pour le club, ni pour ses supporteurs, Brera faisait mouche et décrivait le club comme « strampalato, inaffidabile vecchio balordo » (vieux fou bizarre et peu fiable).

Gênes, dont l’étymologie changea au Moyen-Âge pour la lier au dieu romain Janus, protecteur des portes et ayant deux visages, présente également deux faces : l’une tournée vers la mer, l’autre vers les montagnes environnantes. Cette dychotomie donna une réputation à la cité d’être un peu étrange, incertaine. Ce vieux fou relevait donc cette caractéristique de la ville mais aussi l’imprévisibilité de son équipe de football. Car, tout au long de son histoire, le Genoa pouvait alterner football champagne et football moche. Une équipe capable d’exploits impossibles puis de s’effondrer incroyablement face à un club modeste. C’était notamment le cas dans les années 1970 quand le club fréquentait la Serie C.

#789 – Shelbourne FC : Shels

Abréviation du nom du club. Alors que le football atteignit l’île vers 1860, il infusa à Dublin vers 1890. Les associations sportives commencèrent à se créer dans la capitale irlandaise. Mais, cette dernière s’organisait en quartier et les jeunes équipes, qui regroupaient les enfants de ces aires, y étaient particulièremet attachées. Ainsi, de nombreux clubs irlandais se nommèrent par rapport au nom du rue, généralement proche de l’endroit où les jeunes jouaient ou le club fut créé. Ce fut le cas pour Shelbourne. En 1895, un groupe d’ami, emmené par James Rowan, fonda un club de football dans le quartier de Ringsend, sur la rive sud de la rivière Liffey et acceuillant les docks de la ville. La première assemblée se tint dans le pub Shelbourne House, qui se situait au croisement de plusieurs rues dont Shelbourne road. Les premiers matchs du club furent disputés à proximité, à Havelock Square.