#730 – CN Capibaribe : Timbu

Le timbu est un marsupial que l’on trouve couramment dans tout le Brésil et qui se nomme communément opossum à oreilles blanches. Il vit aussi bien dans des milieux naturels (marais, cerrado, caatinga) que les zones urbaines. Il est évidemment largement répandu dans la zone forestière de l’état du Pernambouc où se situe la ville de Recife, résidence du club, et c’est là où il est connu sous le petit nom de timbu. Il est devenu la mascotte du club (et donc le surnom des joueurs) suite à un match joué le 19 août 1934. Capibaribe rencontrait América FC, au Campo de Jaqueira, un stade de Recife. Avec une victoire dans ce derby, América pouvait prendre la tête de la compétition et ses supporteurs remplirent donc les travées du stade. Mais le match ne se déroula comme prévu. À la fin de la première mi-temps, le score se résumait à 1 partout. Construit en 1918, l’enceinte du Campo de Jaqueira était vétuste et ses vestiaires insalubres. L’entraineur de Capibaribe décida donc de réunir ses joueurs sur un coin de la pelouse pour son discours de la mi-temps. Avec la pluie diluvienne qui s’abbatait, les joueurs avaient froid et l’un des managers apporta une bouteille de cognac, pour les aider à se réchauffer. Sachant que le marsupial avait un goût prononcé pour l’alcool, les supporteurs d’América scandèrent à l’adresse des joueurs adverses « Timbu! Timbu! » . L’équipe de Capibaribe répondit sur le terrain à la provocation en remportant le match 3 buts à 1. En sortant du terrain, les jouères de Capibaribe s’adressèrent à la foule en criant « Timbu, 3-1! » .

#729 – CS Sedan : les Sangliers

Le 27 mai 1956, la 39e édition de la Coupe de France proposa en finale un affrontement entre deux équipes de la région Champagne-Ardennes : Sedan face à Troyes. Sedan s’imposa 3 buts à 1 et au côté des joueurs et de la Coupe, sur la photo, un sanglier, dénommé Dudule, prit la pose. Pour les finales de 1961 et 1965, la laie Dora remplaca Dudule et Césarine reprit le rôle pour les finales de 1999 et 2005. La mascotte sedannaise était donc un sanglier et pour tout connaisseur de la région, c’était tout sauf une surprise (même si au début des années 1950, le club était représentait par un bulldog nommé Whiski). Le sanglier apparût à la même période sur le blason du club pour ne plus le quitter. Le club et l’animal était devenu indiscociable et son intronisation ne résulta pas du hasard ou d’une rencontre dominicale lors d’une partie de chasse d’un des membres de la direction du club. Le sanglier était en réalité endémique de Sedan et de la région des Ardennes.

En effet, dans la forêt des Ardennes, l’animal pullule et s’impose donc dans toute la culture de la région. Depuis, le 8 août 2008, un sanglier en méral de 8 mètres de haut et pesant 50 tonnes se dresse sur l’aire d’autoroute de Saulces-Monclin sur l’A34 (autoroute reliant Reims à Sedan). Il s’affiche, depuis la Première Guerre mondiale, sur les armoiries du département des Ardennes. Plusieurs régiments militaires de la région le prirent pour symbole (dont les résistants du maquis ardennais). Surtout il orne celles de Sedan depuis le XVIème siècle. Le seigneur souverain de Sedan, Henri-Robert de La Marck dota en 1568 la ville d’armoiries (où le sanglier y est représenté au pied d’un chêne) qui mettaient à l’honneur un de ses ancêtres surnommé le « Sanglier des Ardennes », Guillaume de La Marck. Ce liégois, acoquiné à Louis XI, gagna une réputation de barbare et d’assassin. Outre le fait, avec sa bande de ravager des villages en détruisant des récoltes et en violant des filles, Guillaume de La Marck ne cessa tout sa vie de susciter des troubles et d’ourdir des intrigues. Il écrivit sa légende noire en assassinant lachement lors d’une embuscade le prince-évêque de Liège, Louis de Bourbon, qui pourtant suppliait sa pitié. Pour se distinguer, il portait un habit rouge avec une hure de sanglier brodée sur la manche, ce qui lui valut le surnom de Sanglier des Ardennes. L’animal jouissait d’une certaine réputation depuis la nuit des temps dans les pays celtes en symbolisant la force et le courage.

En outre, pour les celtes, il était un lien vers l’au-delà en représentant une autorité spirituelle (contrairement à l’ours qui était une autorité temporelle). D’ailleurs, dans une chanson de geste au Moyen-Âge, une autre filiation se tisse entre les Ardennes et le sanglier. Par deux fois, dans « Chanson des quatre fils Aymon » (également intitulée « Chanson de Renaud de Montauban »), des vers présentent Renaud, chevalier d’Ardenne, sous les traits d’un sanglier le temps d’un songe (moment où l’esprit rejoint un monde mystérieux, parallèle). Pour certains, cette association résulte des terres d’origine de Renaud, l’Ardenne (qui correspond à la forêt et en partie au département français des Ardennes), dont les racines étymologiques puisent dans l’indo-européen commun u̯erdʰ qui signifie « pousser, poindre, se lever » et se partagent avec le grec ὀρθός et le latin orior qui signifient « se lever » (ce dernier donnant le terme arduus (se dresser)). Or, ce qui est à l’origine, au commencement et qui se dresse correspond à une autorité spirituelle (représenté donc par un sanglier). Les bois denses et mystérieux de la forêt Ardenne viendront renforcer ce côté sacré.

#728 – OC Khouribga : الفريق الفوسفاطي

L’équipe phosphate. Concentrant plus de 70% des réserves mondiales en phosphate (estimés en 2016 à 50 millions de kT), le Maroc est le principal producteur mondial (30 000 kT en 2016) de cet élément essentiel pour la nutrition des plantes et des animaux. La majeure partie du phosphore est consommée en tant que composant principal des engrais azotés-phosphorés-potassiques utilisés sur les cultures vivrières dans le monde entier. La production au Maroc se concentre sur le bassin de Khouribga, le gisement de phosphate le plus riche du monde (avec des réserves de 37,3 milliards de m³ et représentant 65% de la production annuelle du royaume chérifien). Le 7 août 1920, l’Office chérifien des phosphates (qui deviendra OCP) fut créé en vue de commencer l’exploitation de la mine de Khouribga en 1921. Khouribga était une petite ville et de nombreux travailleurs français et espagnoles émigrèrent pour rejoindre la mine. Ces derniers importèrent alors le football dans la ville de Khouribga et fondèrent différentes sociétés sportives, dont le club omnisport OC Khouribga en 1923. La section football de ce dernier émergea des compétitions régionales et rejoingnit la seconde division nationale dans les années 1930. A mesure de la croissance d’OCP, qui ouvrit 3 autres mines, le club grandit également en bénéficiant du soutien financier de l’entreprise. Le blason du club affichait d’ailleurs un casque de mineur, une pioche et une pelle et le club reprennait les couleurs vertes et blanches de l’entreprise.

#727 – Gor Mahia FC : Sirkal

Le gouvernement en langue Luo. Le Kenya n’a pas une grande notoriété, ni popularité dans le football mondial comme africain. Pour les français, on peut se souvenir de l’attaquant Denis Oliech qui évolua au FC Nantes et à l’AJ Auxerre ou encore du milieu Victor Wanyama qui joua pour Southampton et Tottenham en Premier League. Sur le plan continental, une équipe du pays émergea et réalisa quelques belles épopées voire à remporter un titre africain. Il s’agit du Gor Mahia FC. En 1979, Gor Mahia représentait le Kenya à la Coupe d’Afrique des vainqueurs de Coupe. Il élimina tour à tour les Nsambya Old Timers FC d’Ouganda, Kadiogo FC du Burkina Faso et en demi-finale, les guinéens d’Horoya FC, club réputé sur la scène continentale. En finale, le club kenyan affronta les redoutables camerounais du Canon de Yaoundé (déjà deux fois vainqueurs de la Coupe des clubs Champions en 1971 et 1978, également finaliste de la Coupe des vainqueurs de Coupe en 1977).

Pour se préparer au match aller de la finale, l’équipe se mit au vert dans la ville de Limuru où elle s’entraina pendant près d’une semaine. Premier club du pays à atteindre la finale d’une coupe africaine, l’ambiance montait dans la ville et des foules immenses venaient regarder les joueurs s’entraîner. La veille du match, l’équipe se déplaça en bus dans la ville. Entouré de plusieurs véhicules et d’une escorte policière, le bus se frayait un chemin parmi le trafic tandis que les habitaient se massèrent le long de la route pour saluer les joueurs et admirer le convoi. Certains fans couraient partout pour régler la circulation et dégager la voie de circulation pour le bus. Cette émulation et liesse populaire donnaient un magnifique spectacle et rappelaient également les déplacements du président de la république ou de toute délégation gouvernementale importante. Par cette agitation et l’importance du convoi, les fans avaient élevé l’équipe au rang gouvernemental. Malheureusement, l’équipe s’inclina lourdement (2-0 au match aller puis 6-0 au retour). Il fallut attendre 1987 pour que Gor Mahia atteignît une nouvelle finale et remportât le premier titre continental pour une équipe kenyane (Coupe des vainqueurs de Coupe).

Ce sentiment politique pour l’équipe est renforcé par le fait qu’il représente l’ethnie Luo, une des principales du pays (près de 11% à 13% de la population). Or, cette dernière fut régulièrement au pouvoir depuis l’indépendance du Kenya en 1963.

#726 – Stade d’Abidjan : les Yéyés

Le club d’Abidjan connaît actuellement des heures sombres en végétant en seconde division ivoirienne. Pourtant, alors que la Côte d’Ivoire connaissait ses premières années d’indépendance, le Stade atteignait son apogée nationale et continentale. Fondé en 1936 et renommé Stade en 1959, le club ne tarda pas pour se faire connaître. Champion de Côte d’Ivoire en 1962, sans connaître de défaite, le Stade perdit la couronne nationale en 1963 au profit de l’Asec, avant de la reprendre en 1964 et de la conserver 3 années de suite jusqu’en 1966. Emmené par l’entraineur Ignace Tax, la jeune garde d’Abidjan comptait dans ses rangs, le gardien volant Ezan Emmanuel (à peine 17 ans en 1960), le défenseur Henri « Zabla » Konan (23 ans en 1960), le latéral gauche Mathias Diagou, les milieux François (Zadi et Tahi), les milieux offensifs Guy Sissoko et Joseph Bleziri (20 ans en 1963) et enfin l’attaquant Maurice Déhi (20 ans en 1964). Elle concrétisa son emprise en remportant la Coupe des Clubs Champions d’Afrique en 1966 face au Réal Bamako de Selif Keita (après une défaite 3 buts à 1 au match aller, le Stade renversa le Réal au retour 4 buts à 1). Ce fut la première victoire d’un club ivoirien dans la compétition. La domination de cette jeune équipe coïncida avec l’avènement de l’époque Yéyé. L’expression est dérivée de Yes prononcé Yeah qui ponctuait ou rythmait les chansons américaines de l’époque (Yeah! Yeah!). Courant musical qui regroupait aussi bien le rock que le twist, le terme caractérisa cette jeunesse de baby boomers insouciante, dynamique de l’époque. Les joueurs du club qui étaient également jeunes et branchés héritèrent donc de ce surnom.

#725 – FC Lugano : V bianche

Le V blanc. Le club du Tessin, région italophone de la Suisse, fut fondé le 28 juillet 1908, avec comme président, Er­ne­sto Cor­si­ni. Comme beaucoup de clubs à cette époque, les premières années d’existence virent quelques changement dans les équipements. Initialement intégralement blanc, le maillot afficha par la suite un col et le bout des manches bleus. Puis, des rayures jaunes et noires firent leur apparition. Enfin, le 14 novembre 1916, il fut décidé que les couleurs sociales seraient le noir et le blanc, couleurs qui accompagnèrent le club tout au long de son histoire. Le maillot fut alors intégralement noir avec le col et le logo blanc jusqu’en dans les années 1930. A cette époque, le club céda à la mode du scapulaire. Ainsi, toujours noir, le maillot fut alors baré d’un scapulaire blanc (le scapulaire représentant un V) dans sa partie supérieure. Difficile de savoir d’où provient cette mode qui inspirèrent plusieurs clubs à l’époque. Très présent au sein des clubs de Rugby à XIII, on sait que Manchester porta un maillot avec un scapulaire en 1909 puis de 1922 à 1927, ce qui inspira les écossais d’Airdrieonians (cf #657). Bordeaux adopta son célèbre scapulaire en 1938 (cf #44). Le SC Fives (ancêtre du LOSC) arborait aussi cet élèment tout comme les italiens de Brescia qui le portaient dès les années 1920 (cf #325). En Argentine, le scapulaire fit également son apparition sur le maillot de Vélez Sarsfield en 1933. Alors que cet élèment va disparaître à partir des années 1960 dans la plupart des clubs, Lugano fut un des seuls (avec Bordeaux ou Vélez Sarsfield) à le conserver et à en faire un marqueur d’identité. Il faut noter que lorsqu’il apparut sur le maillot du club suisse dans les années 1930, celui-ci commenca alors à connaître ses premiers succès (dont la Coupe de Suisse en 1931 et le Championnat en 1938). Il disparaitra dans les années 1970 où les meilleurs de club furent souvent réduits à leur plus simple expression. Mais, il réapparut de manière sporadique dans les années 1980 et 1990. Le club du Tessin fit faillite en avril 2003 en raison de graves problèmes financiers. La saison suivante, il fut refondé mais repartit en deuxième ligue interrégionale (soit le cinquième niveau suisse), avec son équipe des moins de 21 ans. Pour retrouver le haut niveau, le nouveau club fusionna le 30 juin 2004 avec un club de la banlieu, le FC Malcantone Agno, qui venait de monter en seconde division. Mais, cette renaissance et cette fusion dilua l’identité du club historique et ne convainquit donc par les supporteurs qui boudait les travées du stade. Pour retrouver un peu de lustre et du soutien, le 4 juin 2008, l’année du centenaire du club historique, le conseil d’administration réadopta le nom FC Lugano et reprit les symboles associés (couleurs, maillot avec scapulaire, blason …). Le scapulaire fut même intégré dans le blason du club pendant quelques années.

#724 – SC Telstar : de Witte Leeuwen

Les lions blancs. Au nord du pays, dans l’aglommération de Velsen, deux clubs, VSV et Stormvogels, fusionnèrent en 1963 pour donner naissance au SC Telstar et ainsi conserver une équipe professionnelle aux moyens financiers plus importants. Dans ce genre de fusion, la difficulté est de trouver un subtile équilibre entre la culture des deux clubs pour former l’identité de la nouvelle entité.

Pour le nom du club, les pourparles s’éternisaient pour trouver la bonne combinaison de noms de VSV et de Stormvogels. Les négociations se déroulaient dans les bureaux du président de Stormvogels, qui se trouvaient dans sa société d’ingénierie et de construction de bateaux. Entre les sessions de discussion, les directeurs se promenèrent dans l’usine et découvrirent un bateau commandé par le pêcheur belge Willy van Waes et nommé Telstar par la mère de ce dernier. Elle avait choisi ce nom en l’honneur du satellite du même nom qui avait été lancé en 1962 et qui avait rendu possible la première communication entre les continents. Les membres du club trouvèrent que ce symbole de connexion entre deux continents s’accordait bien avec l’union du VSV et de Stormvogels et le club fut dénommé Telstar.

Après d’avoir convenu du nom, le choix du blason fut le nouveau défi. Henk Zwart, membre du conseil d’administration, chargea son fils Jack de le réaliser. Ce dernier dessina le satellite Telstar confondu avec une torche enflammée sur un fond reprennant les couleurs de chacun des clubs : rouge (VSV) et bleu (Stormvogels).

Enfin, il fallait trouver un accord sur les couleurs du maillot du nouveau club. Dans les discussions initiales, il était prévu d’opter pour un maillot orange, couleur qui devait représenter le mélange du rouge du VSV et du bleu de Stormvogels. Mais, pour une raison inconnue, le 7 août 1963, l’équipe Telstar se présente pour la première fois à son public au Sportpark Schoonenberg, pour un match d’entraînement, contre DWS avec un maillot entièrement blanc. Peut-être que la neutralité de cette couleur fut le moyen de trouver un meilleur compromis que l’orange. Une autre histoire indique que ce choix fut influencé par le conseiller municipal de Velsen, M. de Boer, qui avait un penchant pour Tottenham Hotspur. Depuis lors, l’uniforme de Telstar a toujours été blanc.

Dans le surnom, en revanche, un club a pris le pas. S’il fait référence à la couleur du nouveau club, ce surnom se base sur celui du VSV, qui avait pour sobriquet de Rode Leeuwen (les lions rouges). Le lion apparaissait sur le blason du VSV et, aux Pays-Bas et en particulier dans la région de Hollande où se trouve la ville de Velsen, il est un symbole héraldique important. Le Comté de Hollande, au Moyen-Âge, utilisait depuis utilisé 1198 le lion rouge, qui était les armes d’une famille régnante de l’époque, les Gerulfingen.

#723 – GS Dóxa Dráma : Μαυραετοί

Les aigles noirs. Le football fit irruption dans la ville de Drama par l’intermédiaire de troupes britanniques stationnant dans la région à l’issue de la Première Guerre mondiale. Après un match entre les soldats et les habitants de la ville, l’idée de la création d’un club de football fit son chemin. En 1918, naquit le club sous le nom de Pileas (Pélée, le père d’Achille) qui devint un an plus tard Dóxa Dráma (Dóxa signifiant la gloire). Le premier écusson du club affichait un trefle où dans chaque pétale s’inscrivait une initiale du nom du club. Au début des années 1950, le trefle se transforma en aigle, qui devint alors le surnom du club. Mais, ni la date exacte de ce changement, ni ses raisons ne sont connues. La mention du noir rappelle la couleur du maillot (noir et blanc). Le choix du noir avait pour objectif de rendre hommage aux habitants de la ville, victime des guerres passées, en particulier des guerres balkaniques. La ville de Drama située dans la région de Macédoine-Orientale-et-Thrace souffrit de l’occupation des Ottamans puis surtout des Bulgares. Lors de la première guerre des Balkans d’octobre 1912 à juin 1913, Drama fut sous administration bulgare. Puis, en 1913, même si revendiquée par les Bulgares, la ville fut finalement rattachée à la Grèce et acceuillit de nombreux réfugiés grecs des régions avoisinantes. En 1916, pour la deuxième fois, les Bulgares envahirent la ville et toute la région du Nord-Est de la Grèce. Pendant ces deux années d’occupation, la population grecque fut persécutée et affamée, conduisant 4 000 Grecs de la région à mourir de faim et de maladie. Pour la ville de Drama, 1 965 personnes furent exilés vers des camps de concentration et des travaux forcés en Bulgarie, dont seulement 1 359 revinrent.

#722 – Hull City AFC : the Tigers

Les tigres. La fondation du club en juillet 1904 était trop tardive pour lui permettre de rejoindre une ligue officielle. Le club se contenta lors de sa première année d’existence à disputer des matchs amicaux. L’histoire officielle indique que lors du premier match, les joueurs portèrent un maillot blanc avec un short noir (ce que certains contestent). Toutefois, assez rapidement, l’équipe arbora son fameux maillot rayé noir et ambre, couleurs qu’elle affiche encore aujourd’hui (en 1935-1936 et en 1946-1947, le club porta exceptionnellement un maillot respectivement bleu foncé et bleu clair). Ces rayures ambre et noir inspirèrent un journaliste du Hull Daily Mail en 1905 qui surnomma pour la première fois les joueurs les tigres. A l’époque, le Rugby était roi dans la ville de Kingston upon Hull et les deux équipes rivales avaient pour surnom un animal. D’un côté, Hull FC était surnommé Airlie Birds (les oiseaux d’Airlie). De l’autre côté, l’Ouest de la ville supportait les robins (rouge-gorges) de Hull Kingston Rovers. Le journaliste du Hull Daily Mail trouva donc logique de comparer l’équipe de football avec un animal et les rayures du maillot rappelaient le tigre.

Le surnom est bien ancré désormais au point que le tigre s’imposa presque sur tous les symboles du club. Tout d’abord le maillot qui, lors de certaines saisons, pouvaient abandonner les célèbres rayures pour arborer le pelage du tigre ou être barré d’un coup de griffe. Sur le blason du club, la tête de tigre a également trouvé sa place. Après la Seconde Guerre mondiale, le nouveau propriétaire de Hull, Harold Needler, souhaita rebaptiser le club sous le nom de Kingston upon Hull AFC et adopter l’orange, le bleu et le blanc comme nouvelles couleurs. Il modifia également le blason traditionnel qui reprenait les armes de la ville en faisant, pour la première fois, afficher une tête de tigre. Le changement de nom ne se concrétisa pas et le manque de tissu ne permit pas d’adopter les nouvelles couleurs. Néanmoins, le blason fut lui définitivement entériné. En 1975, le College of Arms, une institution royale qui gère les armoiries et blasons, officialisa le tigre comme armes du club. Enfin, en Août 2013, à la surprise générale, le propriétaire du club, Assem Allam, annonça qu’il avait déposé une demande auprès de la fédération anglaise pour changer le nom en Hull Tigers. Malheureusement, ce choix n’avait pas pour objectif de rendre hommage à la longue histoire du club et était basé sur de basses considérations marketing (étendre la zone de chalandise aux Etats-Unis où les franchises se nommes ainsi et vers l’Asie où le tigre est chargé d’un fort symbolisme, se distinguer des autres clubs qui s’appelaient également City ainsi que « in marketing, the shorter the name the more powerful it is » (en marketing, plus un nom est court, plus puissant il est)). Les supporteurs s’opposèrent à cette proposition et scandaient dans le stade « City Till We Die » (City jusqu’à notre mort). Ce à quoi Assem Allam répondit violement « They can die as soon as they want » (Ils peuvent mourir dès qu’ils le veulent). Finalement, le 9 avril 2014, la fédération anglaise rejeta la demande de Assem Allam. D’autres décisions calamiteuses accentua le désamour entre les fans et Assem Allam et le club finit par être vendu en Janvier 2022 à un producteur turc.

#721 – FC UTA Arad : Textiliștii

Les textiles. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le 18 Avril 1945, la ville d’Arad accueillait un nouveau club de football, le FC UTA, issu de la volonté d’un seul homme, Francisc von Neuman, baron de Végvár. Passionné de football, aristocrate argenté, il tenta en 1938 de racheter l’équipe d’AMEFA, un club qu’il soutenait financièrement, mais son offre fut refusée. N’ayant pas abandonné l’idée de posséder une équipe de football capable de rivaliser avec les clubs voisins de Timișoara (Chinezul et Ripensia), le baron créa donc son équipe avec quelques membres de l’entreprise qu’il détenait, Uzina Textilă Arad (Usine Textile d’Arad).

Les ancêtres du baron venaient de l’ancien Empire austro-hongrois, quelque part près de Vienne. Puis, la famille Neuman s’installa en Roumanie, sur les terres d’Arad. Les premiers entrepreneurs de la famille Neumann furent les frères Moritz et Jakab qui établirent une usine de spiritueux. Les descendants se diversifièrent avec un moulin et une fabrique de levure, nommée Indagrara. Leurs produits devinrent célèbres dans tout l’Empire, avec des entreprises s’étendant dans plusieurs pays européens. Au début du XXème siècle, la famille Neumann avait accumulé une certaine richesse et créa, en 1909, l’usine textile d’Arad, qui devint rapidement la plus importante de Transylvanie. Francisc von Neuman étudia à Manchester en Angleterre l’ingenierie textile et reprît l’usine dans les années 1930. En 1936, UTA comptait plus de 2 000 employés. L’usine fut nationalisée par les autorités communistes en 1948 et était la seule de Roumanie à produire du velours et la deuxième, après Bucarest, à disposer de lignes de production de linge de maison, connu internationalement. En décembre 1989, UTA employait près de 8 000 personnes.

Donc en 1938, Francisc von Neuman réunit certains de ses amis et du personnel de l’usine pour fonder le nouveau club. Il leur demanda de trouver un nom et des couleurs. Une première proposition fut Gloria mais rapidement abandonnée. Finalement, d’autres souhaitèrent que le club porta le nom de l’usine auqeul il était lié, qu’il représentait. Pour les couleurs, le vert et le blanc sortirent du lot. Mais, rappelant celles du nazisme, récemment vaincu, le rouge et blanc fut proposé, couleurs du club d’Arsenal que le Baron avait supporté lors de ses aventures anglaises.