#720 – CF Monterrey : la Pandilla

Le gang. En 1962, le club était officiellement surnomé los Rayados depuis le début des années 1950 (cf article #214). Néanmoins, après être remonté en première division en 1960, le club connut deux saisons difficiles où l’équipe échappa plusieurs fois à la relégation. Ces sauvetages lors des dernières journées inspirèrent Salvador Meza, le seul véritable journaliste qui suivait le club depuis ses débuts, qui décrivit l’équipe comme « una pandilla de desesperados » (un gang de désespéré). Meza avait un riche réseau au sein de la presse, principalement le speaker de la radio et de la télévision Roberto Hernández Jr. et de certains magazines de football nationaux. Son influence permit rapidement à ce surnom de s’imposer dans la presse et l’esprit des supporters, coexistant avec le traditionnel et plus populaire Rayados.

À cette époque, le mot pandilla n’avait pas de connotation négative et, selon le dictionnaire, ce terme désignait un groupe d’amis qui sortent ensemble ou se réunissent régulièrement pour réaliser une activité quelconque. L’irruption de ce surnom poussa peut-être l’équipe de 1963 puisque, sous les ordres de l’entraîneur uruguayen Roberto Scarone, le club signa sa première saison réussie en terminant à la 3ème place. Entre 1973 et 1980, le surnom de Pandilla fut officiellement utilisé par le club.

#719 – CS Cerrito : los Auriverdes

Les jaunes et verts. Comme beaucoup de clubs uruguayens, le CS Cerrito naquit à Montevideo, dans le quartier de Cerrito de la Victoria (Colline de la Victoire) le 28 octobre 1929. Si certains clubs choisirent leurs couleurs en référence à celles de leurs villes ou pour rappeller leur attachement à des causes nationalistes (et pour bien d’autres raisons réfléchies), le choix de Cerrito fut plus pragmatique. L’un des fondateurs, Esteban Marino, possédait un magasin où il vendait notamment du linge de maison. Parmi ses invendus figuraient des taies d’oreiller et des draps aux couleurs jaunes et vertes. Il piochat dans ces stocks pour fournir la matière première nécessaire à la confection des premiers maillots du club. Le hasard fut plutôt bon avec un mariage de couleurs plutôt heureux.

#718 – América Cali : el Diablo Rojo

Le diable rouge. Voila un surnom qui doit inspirer la crainte aux adversaires et galvaniser ses troupes. Pas étonnant alors de le retrouver sur le blason du club, qui d’ailleurs évolue en rouge. Sa naissance donne lieu à diverses histoires mais remontent toutes aux premières années d’existence du club. Officiellement fondé le 13 février 1927, le club puise ses origines au sein de deux formations créées quelques années auparavant. D’un côté, le Racing Club (ou Junior) naquit en 1925 et portait des maillots rayés bleu ciel et blanc qui mettait à l’honneur le club argentin du Racing que les fondateurs admiraient. De l’autre, le club d’Independiente, formé notamment de dissidents du Racing, évoluait avec un maillot bleu foncé. Le Racing absorba Independiente en 1927 et continua à utiliser ses maillots. Puis, les joueurs utilisèrent un maillot rouge associé à un short bleu. Suite à des discussions internes, les joueurs souhaitèrent changer pour des maillots et shorts respectivement rouge et blanc. La raison de ce choix est inconnu.

En 1931, le club fut suspendu de toute compétition régionale pendant un an après avoir contesté les décisions arbitrales lors de la finale d’un tournoi. Afin de maintenir l’activité football, les dirigeants d’América décidèrent d’entreprendre une tournée à travers le pays. A son arrivée à Barranquilla, América fut invité à assister à un match de basket entre Unión Colombia et Los Diablos Rojos. Cette dernière portait un uniforme intégralement rouge et sa domination était telle que le secrétaire de la tournée, Hernando Lenis, suggéra d’adopter une tenue totalement rouge. Ce choix aurait alors également coïncidé avec les déclarations d’un journaliste quelques temps plus tôt lors de cette tournée. En effet, dans le journal « El Gráfico » de Bogota un journaliste écrivit après la victoire de l’América sur Bartolino que « Los negritos del América parecen unos diablos rojos… » (Les petits noirs d’América ressemblent à des diables rouges…). Ainsi, cette tournée fut structurante pour le club puisqu’elle permit de sauver la section football, d’adopter sa couleur encore actuelle et d’y gagner un surnom.

Le diable accompagné de son trident apparut sur le blason du club entre 1940 et 1943 en remplacement de l’image du continent sud-américain. Toutefois, la présence du diable sur l’écusson du club (et qui se répandit comme une symbole de fierté dans toute la ville) ne pouvait laisser indifferent dans un fervent pays catholique. Le diable de l’América fut donc souvent tenu pour responsable des malheurs de l’équipe. Un prêtre avait même réalisé un exorcisme sur le terrain avant une rencontre. En outre, l’entraineur, Gabriel Ochoa Uribe, en raison de ses croyances et superstitions, fit disparaître du maillot le diable pendant 12 ans (lors de la période dorée du club dans les années 1980 où ils remportèrent 5 titres nationaux consécutifs et atteignirent 3 finales de Copa Libertadores d’affilée).

#717 – MKS Pogoń Szczecin : Portowcy

Les dockers. Le club sportif le plus populaire de Szczecin fut fondé au lendemain de la guerre, le 21 avril 1948. Dans la pure tradition communiste, le club, dénommé alors Klub Sportowy Sztorm, était alors sous le patronage des travailleurs des transports de Szczecin. Toutefois, selon l’histoire officielle, les jeunes qui contribuèrent au développement du club, travaillaient au quotidien à la reconstruction du port qui avait été détruit par les Allemands à la fin de la guerre. En Mars 1949, sous l’impulsion des directions centrales, différents clubs de la ville, patronés par des syndicats, se réunirent pour former une nouvelle association. Ainsi, les transporteurs (KS Sztorm), les postiers (Pocztowy Klub Sportowy), les imprimeurs (KS Drukarz) et un club syndical regroupant plusieurs métiers (KS Cukrownik) donnèrent naissance au KS Zwiazkowiec afin d’évoluer dans de meilleures séries avec plus de force. Mais, suite à une fraude, KS Zwiazkowiec fut dissout et un autre club prit sa place, KS Kolejarz, qui fut créé sous l’aile des autorités portuaires. A partir de cette date et jusqu’à la chute communisme, le club évolua avec le soutien des autorités portuaires et était donc le club des travailleurs du port. Il est vrai que le port constituait (et représente toujours) le poumon économique de la ville de Szczecin. Dès le XIème siècle, un port fut construit et la ville rejoint la ligue hanséatique au début du XIVème siècle. Du XVIIème au début du XXème siècle, plusieurs canaux furent construits, permettant au port de se relier à l’Allemagne (en particulier Berlin) et aux autres villes de Pologne, et ainsi de se développer. Situé sur les rivières Oder et Regalica, au large de la lagune de Szczecin, ce complexe se compose d’un port maritime et d’un autre fluvial et jouit d’une situation centrale entre la Scandinavie, Berlin, les régions industrielles polonaises (Haute-Silésie, Wrocław et Poznań), la Tchéquie et la Slovaquie. Considéré de par la Loi comme un port d’importance fondamentale pour l’économie nationale, il constitue le plus grand complexe portuaire du sud de la mer Baltique.

#716 – Heracles Almelo : Heraclieden

Evidemment que ce surnom dérive directement du nom du club néerlandais, rival du FC Twente. Le 3 mai 1903, Heracles Almelo vit le jour par la fusion de deux associations : Hollandia et Inartie. Les membres cédèrent à la mode de l’époque de donner un nom étranger à leur nouveau club et choisissent le héro grecque Hercule. Ce n’était pas le seul à l’époque puisque 3 ans auparavant l’Ajax naissait à Amsterdam. Non seulement le recours à la mythologie donnait un côté chic, érudit mais surtout se référer à des dieux ou héros grecs les plus célèbres et forts, procurant à la jeune équipe notoriété et inspiration. En 1906, la direction formula une requête pour faire admettre la première équipe d’Hercule en deuxième division de l’Association néerlandaise de football (NVB, ancêtre de la KNVB). Cette dernière accéda à cette demande sous réserve de changer de nom car il existait déjà un club portant le nom du héro grec (Hercules Enschede). Héraclès (grec ancien : Ἡρακλῆς) fut retenu car c’était tout simplement le nom de Hercule en grec.

Au cas où vous auriez quelques lacunes de mémoire, Héraclès est un demi-dieu grec, fils de Zeus et d’Alcmène, célèbre pour les 12 travaux difficiles qu’il exécuta à la demande du roi Eurysthée. Mais, au delà de ces exploits, il était connu pour aimer les femmes (son surnom était φιλογύνης, qui signifie « aimant les femmes »). Il se maria 4 fois et eut une très nombreuse descendance. Mais, avant ses mariages, le Roi Thespios, souverain de Thespies, souhaitait avoir Héraclès comme père de ses petits-enfants. Résultat, sans le savoir, Héraclès fit l’amour avec les 50 filles du Roi et devint ainsi le père de 51 fils, les Thespiades. Sa première femme, Mégara, lui donna entre 2 et 8 enfants selon les auteurs, appelés les Chalkoarai. Avec Omphale, sa 2ème femme, Héraclès fut plus performant avec 60 fils. Avec sa 3ème, Déjanire, il eut un fils dénommé Hyllos. Puis, la dernière, la déesse Hébé, eut 2 jumeaux (Alexiarès et Anicétos) avec Héraclès. Toute sa descendance est dénommée les Héraclides (Heracliden en néerlandais), même si au sens strict, le terme se concentre sur les enfants qu’il eut avec Omphale. Le surnom d’Almelo pourrait donc faire le lien avec les Héraclides, symbolisant que les joueurs du club sont des enfants d’Héraclès.

#715 – Piacenza Calcio : Lupi

Les loups. Le club naquit en 1919 par la fusion de deux associations, Giovine Italia et Unione Football Club Piacenza, qui s’affrontaient régulièrement dans les rues et places de la ville. Composés de jeunes étudiants, le club se structura et s’inscrivit à la fédération italienne pour concentrer les principales ressources footballistiques de la ville. Souhaitant devenir la référence du football de la ville, face à la concurrence des autres activités sportives populaires (aviron, cyclisme, athlétisme, gymnastique ou tir sur cible), les fondateurs identifièrent leur club avec la ville. Premier élément, les couleurs des équipements qui reprirent celle de la ville, rouge et blanc. Puis, l’écusson arriva rapidement en copiant partiellement les armoiries de la ville. Il se divisait verticalement avec une partie blanche et une autre rouge, cette dernière intégrant un carré blanc.

Ce symbole géométrique qui représente la ville est connu depuis le XIIIème siècle et se trouve représenté sur la façade de l’hôtel de ville, inauguré le 16 avril 1281. L’origine de ce carré blanc appelé dé demeure inconnue et plusieurs versions s’affrontent. La plupart se plongent dans les origines romaines de la ville. Plaisance, fondée en 218 av. J.-C. sur les restes d’une colonie celtique comme camp militaire, avait un lien fort avec Rome puisqu’elle constituait, avec Crémone, une des premières colonies de droit latin dans le nord de l’Italie. Les premières hypothèses se fondent sur des analogies entre des mots latins et le nom de la ville en latin (Placentia). Ce carré pourrait ainsi représenté un pain romain nommé placenta. Autre hypothèse latine, le mot « place, large rue » qui se disait platea et qui se représentait sous la forme d’un carré. Etant donné que la première colonie romaine était un camp militaire, le carré pourrait représenter le castrum, le camp militaire romain, qui s’organisait sur la forme d’un carré. Pour rester dans les origines militaires, d’autres pensent qu’il s’agit d’une allusion au Saint Patron de la ville, Antonin de Plaisance. Selon la légende, Antonin serait un soldat de la Légion thébaine et l’iconographie le représentait portant la bannière de la Légion thébaine (un tissu rouge avec un carré d’argent (blanc) au centre). D’ailleurs, élément qui vient étayé cette hypothèse est la présence sur les clés des voûtes de l’église Saint-Antoine du carré. Toutefois, appelé dé par les habitants de Plaisance, ce carré serait une référence à la célèbre maxime de César qu’il aurait prononcée le 10 janvier 49 av. J.-C. lorsqu’il franchît le Rubicon, « Alea jacta est » (le sort en est jeté ou les dés sont jetés). Dernière hypothèse, plus tardive, ce carré s’inspirerait du blason de la famille Pallavicino, qui domina la ville au Moyen-Âge, et qui se composait d’un damier rouge et blanc. Enfin, des chercheurs estiment que ce carré n’a aucune valeur symbolique et ne visait qu’à distinguer les armes de la ville avec celles d’autres cités.

Toutefois, il manquait un élément important sur l’écusson du club qui était présent dans les armoiries de la ville : une louve. Dès le XVème siècle, l’animal apparaît comme un autre symbole de la ville et faisait également référence aux racines romaines de la cité. En effet, la louve protégea Romulus et Rémus qui fondirent la ville de Rome (cf. article #65) et devint le symbole de la cité dans l’Antiquité. Résultat, à l’entrée de Plaisance, au bout de la Via Æmilia venant de Rimini (achevée en 187 av. J.-C.), s’élevait une colonne de granit qui supportait une copie de la fameuse « Louve capitoline » (le bronze représentant la louve allaitant Romulus et Rémus). Ce don de Rome symbolisait le statut de civitas romana (citoyenneté romaine) accordé aux habitants de Plaisance. Dans les premières années de la présidence de Léonard de Garilli (au début des années 80), le blason du club fut modifié et fit apparaître pour la première fois une louve (blanche sur fond rouge). La féline ne représentait plus seulement la ville mais également maintenant le club de football. Au point que lorsque fit faillite en 2012, la nouvelle entité qui prit la suite se nomma dans un premier temps Lupa Piacenza.

#714 – FC Sète : les Dauphins

Revenu au niveau du National, le club héraultais fait parti du patrimoine du football français, en étant l’un des tout meilleurs clubs français de l’entre-deux-guerres. Son écusson affiche un dauphin, surnom des joueurs. Les origines ne sont pas connues mais le dauphin ressemble à si méprendre à la baleine qui orne les armoiries de la ville. Et certainement qu’il faut se tourner vers la ville pour tenter de comprendre son origine. Jusqu’en 1927, le nom de la ville s’écrivait « cette » et si son étymologie n’est pas certaine, les explications possibles sont multiples et ramènent souvent au cétacé. A l’époque de l’Antiquité, la cité était connue sous différent nom (To Sition oros, Sêtion oros et Setius mons) et sa forme évolua au Moyen-Âge vers De CetaSeta, ou Cetia. Tous ces termes se référait au mont (ou montagne) car la ville se greffait au Mont Sain-Clair. Or, ce dernier ressemble à une baleine, ce qui aurait inspiré les armes de la ville. Néanmoins, pour d’autres, les mots Ceta ou Cetia proviendraient du latin cetus qui signifiait « gros poisson » et qui donna naissance au mot français cétacé. Or, cetus dérivait lui-même du grec kêtos (monstre marin) et le terme baleine découlait du grec phallaina qui désignait les monstres marins et également la baleine. Pour les tenants de cette version, ceci expliquerait la présence de la baleine sur le blason de la ville. En tout cas, ce n’est pas étonnant de voir un animal marin comme emblème pour une ville ancrée dans la Méditerranée, 2ème port français méditerranéen de pêche. Toutefois, si la baleine ornait le blason de la ville, pour le club, les joueurs furent affublés plutôt du gentil cétacé qu’est le dauphin. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des dauphins venir près de Sète voire malheureusement des cadavres échouer.

#713 – CA All Boys : los Albos

Les blancs. Fondé le 13 mars 1913, le club ne fut officiellement enregistré que deux jours plus tard par superstition. Les 12 membres fondateurs adoptèrent un nom à consonnance anglaise, dans le pure style de l’époque (Boca Juniors, River Plate, Newell’s Old Boys, Racing Club … et cette mode ne se difusa pas seulement en Argentine mais dans de nombreux pays Athletic Bilbao, Genoa Cricket Football Club, Le Havre Athletic Club, Grasshopper …). Comme ils étaient tous des jeunes garçons, ils dénommèrent le club All Boys. Les couleurs du nouveau club devaient irradier les joueurs et les fondateurs choisirent le blanc pour équiper les joueurs. En effet, cette teinte vierge représentait la pureté et la loyauté. Pour le premier match du club, les maillots blancs furent confectionnés par les épouses et mères de joueurs qui rajoutèrent des poignets et un col noirs. Depuis, le club arbore toujours ces deux couleurs.

#712 – Inverness Caledonian Thistle FC : Caley Jags

D’un côté, il est fait mention à un diminutif du nom du club (Caley pour Caledonian). De l’autre, jag est un verbe anglais qui signifie déchiqueter, taillader et qui fait le lien avec un autre terme du nom du club, thistle, le chardon. Dans la même veine, le club est aussi connu sous le terme Caley Thistle. Il résulte de l’addition des surnoms des deux clubs (Inverness Thistle FC, fondé en 1893, et Caledonian FC, fondé en 1882) qui, en fusionnant, donnèrent naissance en 1994 au Inverness Caledonian Thistle FC. Et autant dire, que pour la ville d’Inverness, fière représentante de l’Ecosse des Highlands (la ville étant la capitale de la région du Highland) , ce surnom fait appel aux racines du pays. Caledonian rappelle la Calédonie (en latin Caledonia), nom par lequel les terres situées au delà du mur d’Hadrien étaient désignées et qui correspondent globalement à l’Écosse actuel. Le chardon est, quand à lui, l’un des symboles les plus connus de l’Écosse. Cette petite herbe résiliente (dont le nom scientifique est l’Onopordum acanthium et connu également comme le chardon aux ânes) a toujours appartenu au paysage écossais et en est devenue le symbole après une légende qui remonte au XIIIème siècle (selon la version la plus connue). A cette époque, le royaume de Norvège, régi par le roi Håkon IV, possédait des territoires en Ecosse, les Hébrides (une archipel au sud de la Mer d’Ecosse), que le Roi d’Écosse, Alexandre III, revendiquait. Une guerre se déclencha et dura de 1262 à 1266. En 1263, 5 navires norvégiens débarquèrent à Largs, une ville côtière écossaise. Les norvégiens voulurent prendre par surprise les forces écossaises. Ils décidèrent d’attaquer durant la nuit et, pour ne pas faire de bruit (pour ne pas réveiller les soldats écossais), d’enlever leurs bottes. Malheureusement pour ces envahisseurs imprudents, l’un des soldats, pieds nus, marcha sur un chardon et ses cris de douleur suffirent à réveiller les archers écossais endormis qui purent vaincre les envahisseurs. Ainsi, en raison du rôle héroïque que la plante a joué dans l’issue de la bataille, le chardon fut immédiatement choisi comme emblème national. Evidemment, il s’agit d’une légende et sa véracité peut être mise en doute. En tout cas, dès le XVème siècle, le chardon était utilisé comme symbole du pays. Il apparaît ainsi sur les pièces d’argent émises en 1470 sous le règne du roi Jacques III et, au début du XVIème siècle, il est devenu une partie intégrante des armoiries d’Écosse.

#711 – FC Augsbourg : die Fuggerstädter

Ceux de la ville des Fugger. Ville moyenne de Bavière aujourd’hui, Augsbourg eut son âge d’or du Moyen-Âge jusqu’à la Renaissance. Fondée en 15 avant J.-C. par deux beaux-fils de l’Empereur Romain Auguste, elle connut un premier essor en étant un des points de contact entre Rome et la province de Germanie nouvellement conquise. A la chute de l’Empire et jusqu’au 12ème siècle, la ville était avant tout le siège de l’Evêque, ce qui en faisait un lieu spirituel important sans être une ville significative. Puis, le 21 juin 1156, Augsbourg reçut les droits de cité par l’empereur Frédéric Barberousse, qui furent confirmés presque cent ans plus tard en 1251 par le droit d’utiliser un sceau et de taxer ses citoyens. En 1256, Augsbourg devint même une ville libre d’Empire, ce qui décupla son développement démographique, politique et économique. Plusieurs diètes de l’Empire (assemblée des États de l’Empire, Reichsstände) se tinrent à Augsbourg, en particulier au XVIème siècle, sous Charles Quint. Ce prestige politique découla de la puissance économique de la ville. Au XIIIème siècle, la fabrication de futaine, un tissu de lin bon marché, dominait l’activité commerciale de Augsbourg et, associée à sa position centrale entre les villes hanséatiques et l’Italie, fit sa prospérité. Des commerçants de la ville souabe accumulèrent d’importantes richesses qui leur permirent d’étendre leurs activités, en particulier à l’usure.

Ainsi, à Augsbourg, les familles Fugger et Wesler devinrent les principaux argentiers de la noblesse européenne. Les Fugger étaient une famille souabe qui émigra à Augsbourg en 1367. Simple maître tisserand à leur établissement à Augsbourg, les Fugger devinrent des marchands de textile puis les chefs de la guilde des tisserands, et enfin, avec leur fortune, des banquiers. Leur réseau s’étendit d’abord vers le Proche-Orient puis de la Baltique jusqu’à la Méditerranée. En tant que banquiers, ils financèrent la noblesse et les familles royales, en particulier les Habsbourg, pour leurs campagnes militaires et leurs élections (au titre d’Empereur, en particulier Charles Quint). En 1408, les Fugger faisaient partie des 50 plus riches familles de la ville. Au XVIème siècle, le plus éminent de ses membres, Jacob Fugger, rassembla la plus grande fortune privée de l’époque, au point que le nom Fugger était même devenu synonyme de richesse dans toute l’Europe. En 1511, l’Empereur Maximilien Ier anoblit la famille, puis en 1514, les Fugger reçurent le titre héréditaire de comte du Saint-Empire. Aujourd’hui, il est possible d’admirer le Fuggerhäuser, le palais de la famille à Augsbourg, ainsi que le Fuggerei, le premier ensemble de logements sociaux financé par les Fugger. Il existe encore des descendants de la famille et une banque privée allemande porte encore leur nom (Fürst Fugger Privatbank). Leur grande influence dans la vie politique et économique valut à la ville d’Augsbourg et ses habitants le surnom de Fuggerstadt.