#698 – Millwall FC : the Lions

Les lions. Ce club londonien, qui vit dans l’ombre d’Arsenal, Chelsea ou Tottenham, n’en reste pas moins un club historique et comptant de nombreux fans. Le club fut fondé en 1885 sous le nom de Millwall Rovers par les ouvriers de l’usine de conserverie JT Morton à Millwall, un quartier du Sud-Est de Londres. JT Morton était une entreprise fondée en Ecosse, à Aberdeen qui ouvra sa première usine anglaise à Millwall en 1870. Cette usine attira particulièrement une main d’oeuvre venue d’Ecosse. Comme la plupart des membres du personnel de l’usine et du nouveau club étaient des écossais émigrés, le choix naturel était d’évoluer avec des maillots en bleu marine et blanc (couleurs de l’Ecosse). Lorsqu’un lion rampant rouge fut introduit sur le blason du club en 1936 (à l’initiative du manager Charlie Hewitt qui modifia également l’intensité du bleu du maillot), tout le monde fit le lien avec la figure héraldique de l’Ecosse. Pour rappel, les armes royales de l’Ecosse sont d’or (fond jaune) au lion rampant de gueules (rouge) armé et langué d’azur et auraient été utilisées pour la première fois par Guillaume Ier d’Écosse au XIIème siècle. Ainsi, certains pensent que le surnom provient des origines écossaises du club. Toutefois, ce lion rouge rampant avait surtout une ressemblance frappante avec les panneaux utilisés par les pubs nommés The Red Lion.

Une minorité estime que ce surnom est venu avec le fait que le club évolua pendant 83 ans (de 1910 à 1993) dans son enceinte qui se nommait The Old Den, Den signifiant l’antre. Un monstre ou un animal féroce comme le lion pouvait donc résider dans l’antre.

Néanmoins, il faut balayer toutes ces hypothèses et plutôt y voir que ce surnom, advenu pour une autre raison, collait bien avec l’histoire de Millwall. En effet, il apparut au début des années 1900. Le football anglais était alors dominé par les clubs du nord du pays tels que Blackburn Rovers, Aston Villa, Sunderland AFC ou Sheffield Wednesday. En 1900, en Coupe d’Angleterre, Millwall parvint jusqu’en demi-finale. En quart de finale, Millwall affronta l’ogre Aston Villa (qui avait déjà gagné 3 fois le championnat et ainsi 3 fois la FA Cup) et réussit l’exploit de les battre. Les deux équipes se neutralisèrent lors des deux premiers matchs (0-0 le 24 février 1900 et 1-1 le 28 février 1900). Rejoué le 5 mars 1900, Millwall remporta le match 2 buts à 1. Aston Villa était surnommé les lions (en raison de la présence d’écossais comme fondateurs du club qui importèrent le lion rampant sur le blason du club de Birmingham). Ayant terrassé le lion de Birmingham, Millwall gagna alors le surnom de Lion of the South (Lion du Sud, car le club évoluait dans la Southern Football League (la ligue du Sud). Puis, au fil des années, le surnom fut réduit à Lion et, sur le blason, il devint bleu, à l’image du maillot du club.

#697 – CD Santiago Wanderers : el Decano

Le doyen. Vous savez d’où vient ce surnom. Le club de Santiago Wanderers est le doyen du football chilien. Selon l’histoire du club, il fut fondé le 15 août 1892 par 27 jeunes garçons créoles de la ville (pour d’autres 30). Toutefois, cette date demeure débattue car, après le tremblement de terre, qui frappa Valparaiso en 1906, détruisit le siège du club et fit disparaître les documents officiels de sa création. Certains chercheurs avancent donc que le club fut créé plutôt autour de 1895 ou 1896. Santiago Wanderers n’est pas le premier club créé au Chili. Il semblerait que la première association s’établit également à Valparaiso mais au sein de la communauté britannique. Au début du XIXème siècle, Valparaiso était une simple crique mais avec l’indépendance qui gagna le continent sud-américain au milieu du XIXème siècle les marchands britanniques s’établirent au Chili. Ils industrialisèrent le jeune pays, notamment en développant Valparaiso, qui devint le premier port du pacifique. Dans leurs bagages, cette immigration britannique amena aussi ses coutumes et les sports qui émergèrent outre-manche, dont le football. Ainsi, au sein de l’école The Mackay and Sutherland School de Valparaiso naquit la première équipe de football du Chili, Mackay and Sutherland Football Club, en 1882. Dans la foulée, d’autres clubs portés à la communauté britannique apparurent en particulier à Valparaiso (Valparaíso FC, Valparaíso Wanderers, Chilian FC). Les créoles observèrent ces nouvelles pratiques et furent séduits. Santiago Wanderers émergea donc en 1892, en étant le premier club où les joueurs chiliens étaient majoritaires. De plus, il se démarqua pour être l’une des premières entités sportives à rédiger tous ses procès-verbaux et publications en espagnol, alors que les autres clubs de l’époque le faisaient en anglais (du fait de leur origine et direction britannique). Enfin, les fondateurs auraient opté pour le nom de Santiago (le nom de la capitale chilienne alors que le club réside à Valparaiso) pour lui donner une attache, une identité nationale. Aujourd’hui, les autres clubs fondé avant les Wanderers ont disparu, souvent dans les années 1910. Pour certains, comme leurs membres et joueurs étaient issus de la communauté britanniques, ces derniers partirent combattre avec l’armée de leur pays lors de la Première Guerre Mondiale. Malheureusement, les clubs ne se relevèrent pas de ces départs et surtout de leurs décès.

#696 – Avaí FC : Leão da Ilha

Le lion de l’île. Avaí, club de a ville de Florianopolis, se situe dans la partie insulaire de la ville d’où la référence à l’île. Durant les années 1950 et 1960, le club connut deux décennies de disette où il ne remporta aucun titre tel que le Campeonato Catarinense (le championnat de l’Etat de Santa Catarina). Pourtant, à cette époque, les joueurs étaient combatifs et courageux. Ainsi, lors d’une victoire face au rival local de Figueirense dans les années 1950, le commentateur radio, Olímpio, assimila l’équipe à un lion, le félin représentant ces valeurs. Le club détailla un peu plus l’histoire en retrouvant son protagoniste. Olímpio Sebastião Silva, un fan natif de l’île, suivait partout l’équipe et était à l’origine du premier fan club organisé de Santa Catarina du nom de ATA (Associação dos Torcedores Avaianos – Assaciation des fans avaianos). Il ressentit le besoin de donner un surnom qui représenterait l’équipe. Lors d’un interview à un journaliste du club, il rappela sa version de la naissance de ce surnom. « O Avaí sempre teve garra e força. Sempre foi um time forte. Pensei muito sobre isso e conversei com alguns amigos. Foi ai que eu disse: É o Leão da Ilha ! » (Avaí a toujours eu du courage et de la force. C’était toujours une équipe solide. J’y ai beaucoup réfléchi et j’en ai parlé avec des amis. C’est là que je me suis dit : c’est le Lion de l’île !). A partir de là, à chaque match, il utilisait ce surnom, jusqu’à en parler aux journalistes des radios Guarujá et Diário da Manhã. Ces derniers commencèrent alors à utiliser le terme dans leurs commentaire et l’immortalisèrent. Aujourd’hui, le lion est devenu la mascotte du club et il trône en statue à l’entrée du stade Aderbal Ramos da Silva, plus connu sous le nom de Ressacada.

#695 – PFK Levski Sofia : сините

Les bleus. Le grand club bulgare évolue dans un maillot bleu mais ce choix ne remonte pas à sa fondation. Dès 1911, des jeunes de l’école Todor Minkov de Sofia se réunissaient régulièrement pour jouer au football et le 24 mai 1914, ils formèrent la base des 20 à 30 lycéens de Sofia qui créèrent un nouveau club de sport et de football. Après avoir choisi le nom du club, Levski, l’assemblée constituante ne se positionna pas sur les couleurs du club. Finalement, la direction prit la décision quelques temps plus tard. Après avoir étudié les couleurs portées par les autres clubs de la capitale bulgare, la direction décida d’opter pour le jaune et rouge. Les fondateurs collectèrent de l’argent et réunirent un montant juste suffisant pour acheter 12 maillots, un équipement de gardien et un ballon. À l’automne 1914, avec l’aide du père de Petar Stojanovic (membre fondateur et attaquant de l’équipe), qui était le directeur de la poste à Sofia, ces articles furent commandés auprès d’un fabricant roumain de Bucarest. L’équipement était composé d’un maillot rayé jaune et rouge, accompagné d’un short noir. Jusqu’en 1919, le club évolua dans ces couleurs. Puis, en 1921, l’équipe changea de couleur et opta pour des maillots bleus avec des shorts blancs ou noirs. Les raisons de cette modification ? Il semblerait qu’il était difficile pour le club de se procurer ses maillots jaune et rouge et la direction préféra se tourner vers des équipements plus simples. Depuis, le bleu est la couleur principale du club. Pendant les périodes 1945-1948 et 1950-1956, le club revint temporairement à ses couleurs originelles. Le blason du club reprend ces différentes couleurs. Les supporteurs surnomment aussi l’équipe синята лавина (l’avalanche bleue).

#694 – Brøndby IF : Drengene Fra Vestegnen

Les garçons de Vestegnen. Le club réside dans la ville de Brøndby, devenue quasiment un quartier de la banlieue ouest de la capital Copenhague. Cette cité faisait partie du Vestegnen, une ancienne dénomination de la partie Ouest du Comté de Copenhague et qui couvrait aussi les municipalités de Rødovre, Hvidovre, Glostrup, Albertslund, Vallensbæk, Ishøj et Høje-Taastrup. Mais, au-delà, de signifier la zone d’origine du club, ce surnom réaffirme l’identité du club et sa construction par opposition au club historique de la capitale. En effet, le football danois fut longtemps dominé par un nombre restreint d’équipes, qui étaient toutes originaires de Copenhague, et pour certaines plus proches du centre-ville : KB Copenhague (fondé en 1876), BK Frem (fondé en 1886), AB Copenhague (fondé en 1889), B 93 Copenhague (fondé en 1893) et BK 1903 (fondé en 1903). Ces clubs trustèrent les titres de champions du Danemark de 1912 à 1954 et totalisent aujourd’hui 46 titres. Le premier club brisant cette hégémonie fut le Køge BK en 1954 (et encore il s’agit d’un club à quelques kilomètres de la capital et également situé sur l’île de Sjælland).

Evidemment, quand Brøndby apparut en 1964 par la fusion de deux clubs au 6ème niveau national, les dirigeants visaient simplement la survie face à leurs puissants voisins. Mais, montant petit à petit les échelons, le club s’imposa finalement à compter des années 1980 comme une place forte du football danois. Aujourd’hui, le club a dans sa vitrine 11 titres de Champions et 7 Coupes nationales. Il excella aussi au niveau international, avec entre autre un quart de finale de la Ligue des Champions en 1986-1987 et une demi-finale de la Coupe UEFA en 1990-1991. En plus, de nombreux stars danoises émergèrent de ses rangs (tel que Peter Schmeichel ou les frères Laudrup). Résultat, la concurrence de la capitale s’affaiblit au mesure de la progression de Brøndby. Certains clubs historiques échappèrent de peu à la faillite tandis que deux fusionnèrent pour survivre. En 1992, KB Copenhague et BK 1903 s’unirent pour donner naissance à un nouveau mastodonte, le FC Copenhague. Aujourd’hui, le FC Copenhague est devenu le plus grand rival de Brøndby et ce derby compte parmi les plus grands affrontements des pays scandinaves. Il est appelé la bataille de Copenhague ou The New Firm.

Les fans de Brøndby comme le club construisirent donc leur identité notamment dans l’adversité avec les clubs du centre-ville. Ainsi, ils s’identifièrent à l’équipe de la banlieue. D’autant plus que ce surnom était également celui d’un de leur prédécesseur (Brøndbyvester Idrætsforening).

#693 – Antalyaspor : Akrepler

Les scorpions. En 2019, la municipalité fit élevé devant l’enceinte du club, Antalya Stadyumu, une statue de scorpion (4 mètres de haut et 7 mètres de large) qui était déjà la mascotte de l’équipe. L’apparition du scorpion comme mascotte remonterait aux années 1990. Selon Mehmet Yaman, l’un des anciens présidents du groupe de supporteurs, 07 Gençlik’in (07 Jeunesse), et également ancien membre du conseil d’administration du club, les équipes qui évoluaient en Anatolie, région où réside le club, avaient souvent pour symbole l’éclair. Résultat, lors des matchs, les supporteurs de chaque équipe pouvaient scander les mêmes slogans du type de « Şimşek gol gol » (L’éclair but but), ce qui étaient perturbant pour les joueurs comme pour les supporteurs.

Les membres de 07 Gençlik’in proposèrent alors à Mehmet Yaman de prendre comme symbole le scorpion. A cette période, le groupe allemand de Hard Rock dénommé Scorpions, connaissait un certain succès en Turquie. La réputation du groupe de musique ainsi que de l’animal, qui a une charge symbolique (dans la culture musulmane, il est associé aux enfers, une incarnation du diable mais il représente aussi un signe de protection), semblaient aux yeux des fans l’animal qui devait représenter le club. Mehmet Yaman proposa ce changement à la direction, qui après un premier refus, accepta d’en faire le symbole, la mascotte (et donc le surnom) du club.

#692 – CA Colón : los Sabaleros

Les pêcheurs de sábalo, un poisson de rivière (dénommé en France Prochilode rayé) qui abonde dans la zone de Santa Fe, où le club réside. Surnom le plus connu pour désigner l’équipe et ses fans, il existe deux versions qui se rapportent à son origine mais globalement elles parviennent à la même conclusion : les pêcheurs de ce poisson s’activaient près du stade du club et devaient être également passionnés par le club. La première version indique que le premier terrain où évolua le club se situait près du río Salado del Norte, une importante rivière (longueur totale est de 2 355 km) qui conflue avec le río Saladillo à Santa Fe et où pullule le poisson sábalo. Les fans du club vivaient donc pour la plupart de la pêche de ce poisson. Pour l’autre version, moins reconnue, au début des années 1900, l’une des plus grandes inondations de la ville de Santa Fe se produisit. Le stade où jouait l’équipe fut naturellement inondé et assez longtemps. Résultat, le terrain de sport était devenu une zone de pêche de sábalo pour les fans.

Lors des premiers affrontements au niveau national avec d’autres clubs, les fans adverses criaient sabaleros comme une insulte à l’équipe de Colón et ses supporteurs. En effet, sabaleros, vient de l’argot sabalaje, qui désigne de manière péjorative un groupe d’individus pauvres, venant des banlieues ou vivant dans la boue, à l’image du club de Colón qui résida et réside toujours dans les quartiers périphériques de la ville (El Campito, Sunchales et Centenario), comptant sur des supporteurs venant des classes populaires mais également du poisson qui vit et se nourrit de la boue et que ces supporteurs pêchaient. D’ailleurs, si cette dernière activité était si développé dans les quartiers où résidaient le club, c’est que ce poisson pullulait et était bon marché, ce qui en faisait une nourriture de base ou un moyen de subsistance pour nombre des habitants. Mais, la pêche intensive de ce poisson a conduit les autorités de Santa Fe à durcir la réglementation (même à l’interdire ponctuellement dans les années 2000). Au final, comme souvent, les moqueries adverses se transforment en force, en élément mobilisateur pour ceux insultés et les supportèrent de Colón s’approprièrent avec fierté ce surnom.

#691 – FCBW Linz : Blau Weiss

Les bleu et blanc. Facile de comprendre qu’il s’agit des couleurs de l’équipe, qui s’imprègnent jusque dans le nom du club : BW sont les initiales de Blau Weiss. Ok vous vous dîtes que l’article va encore porter sur les couleurs de ce club. Mais, en l’espèce, elles apparaissent importantes. Le 26 Juillet 1946, le SV Eisen und Stahl 1946 Linz (SV Fer et Acier 1946 Linz) fut fondé avec le soutien de l’aciérie locale (l’une des principales d’Autriche) nommée VÖEST et adopta les couleurs noires et blanches de l’usine. En 1949, le nom du club fut rebaptisé SK Voest. En 1972, l’équipa modifia ses couleurs pour le bleu et blanc. La raison m’est encore inconnue. L’entreprise mécène changea-t-elle également de couleurs (son héritière arbore le bleu) ? La volonté de se distinguer de son rivale locale, le Linz ASK, qui évoluait également en noir et blanc ?

L’important est que les nouvelles couleurs s’imposèrent vite car le club remporta son premier et unique Championnat d’Autriche en 1974. Malheureusement, entreprise d’Etat, VÖEST fut privatisée au début des années 1990 et ne voulut plus continuer à financer le club (qui s’appelait désormais FC Linz). Sans ce soutien, en 1997, les difficultés sportives et financières apparurent et son président promut l’idée d’une fusion avec son rival du Linz ASK pour réunir leurs forces et poursuivre leur existence. Toutefois, au lieu d’une fusion, ce fut une absorption et disparition du SK Voest. En effet, le soi-disant nouveau club s’appela LASK et reprit les couleurs noires et blanches. Il était donc clair que pratiquement rien n’avait changé pour le Linz ASK alors que le champion de 1974 disparaissait de la scène du jour au lendemain, ses supporteurs des bleus et blancs étant désemparés.

Emmenés par un fan et entrepreneur local, Hermann Schellmann, les supporteurs convainquirent un autre club amateur de la ville, le SV Austria Tabak (lui-même soutenu par l’usine locale du cigarettier autrichien qui ne voulait également plus financer ces activités sportives), de devenir le 1er août 1997, le FCBW Linz. Pour établir la continuité avec l’ancien club, quoi de mieux que de reprendre les couleurs auxquels les fans s’identifier, qui n’étaient pas protégées par un quelconque droit de propriété intellectuel (contrairement au blason) et qui ne nécessitait pas d’accord de la fédération. Le sauvetage en urgence des bleu-blanc rencontra un franc succès : lors des matchs à domicile, le stade se remplissait de 1 000 à 2 000 spectateurs (alors que le club repartit en 4ème division) et plus de 400 abonnements furent vendus (plus qu’à l’époque du FC Linz). Seulement, à croire que l’Autriche souhaita imiter la confusion Roumaine (cf articles #687 et #371), en 2013, un nouveau club naquit avec la volonté d’être le successeur officiel du FC Linz. Il prît les couleurs bleus et blanches ainsi que le nom de FC Stahl Linz (Stahl signifiant acier en allemand).

#690 – Karlsruher SC : Eurofighters

Les combattant de l’Europe. Membre des 16 clubs fondateurs de la Bundesliga, le club du Bade-Wurtemberg n’était connu jusqu’en 1986 que pour faire le yoyo entre la Bundesliga et les divisions inférieures. Après une énième accession en 1985 en Bundesliga, la nouvelle désillusion lors de la saison au sein de l’élite, conclu par une rétrogradation, se traduisit, au Wildpark, l’enceinte du club, par la deuxième plus faible fréquentation moyenne depuis 1952. Lors de la saison 1986-1987, le club ouvrit une nouvelle ère avec la nomination de Winfried Schäfer en tant qu’entraîneur et de Carl-Heinz Rühl en tant que manager. Ayant travaillé comme dénicheur de talents pour Mönchengladbach l’année d’avant, Wilfried Schäfer puisa dans les équipes de jeunes du club pour accompagner les routards de l’équipe. Cette dernière remonta immédiatement en Bundesliga pour entamer une longue et riche décennie au sein de l’élite. Ne faisant qu’un avec leur entraineur et développant un jeu séduisant, la génération des Oliver Kahn (cédé en 1994 au Bayern), Jens Nowotny (cédé en 1996 au Bayer) et Mehmet Scholl (cédé en 1992 au Bayern) installa, à partir de 1991-1992, le club dans la première partie de tableau de Bundesliga pendant 6 ans d’affilé et parvenant à se qualifier 3 fois pour une Coupe d’Europe. La première qualification en Coupe de l’UEFA en 1992-1993 constitua d’ailleurs une épopée formidable qui fit apparaître le surnom d’Eurofighter dans les travées du stade. Après avoir éliminé au premier tour le PSV Eindhoven (2-1, 0-0), Karlsruher rencontra l’ogre espagnol de Valence CF (emmené par Predrag Mijatović et Juan Antonio Pizzi). Le match en Espagne se solda par une lourde défaite 3 buts à 1 qui semblait condamner les allemands. Toutefois, dans leur enceinte du WildPark, Karlsruher réalisa une prestation parfaite, qui fut dénommé Wunder vom Wildpark (le miracle du Wildpark) et écrasa Valence 7 buts à 0. Le buteur Edgar Schmitt, qui avait été baptisé « Looping » Schmitt par la presse la semaine précédente après son accident de voiture, marqua 4 buts et gagna le surnom de Euro-Eddy. 4 jours plus tard, l’équipe remit le couvert avec une victoire 5-0 en Championnat face à Duisbourg. En Coupe d’Europe, le club poursuivit son chemin jusqu’en demi-finale en battant les Girondins de Bordeaux (avec Zinédine Zidane, Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu) et le Boavista Porto. Mais, il échoua face aux autrichiens de Salzbourg après deux matchs nuls et l’application de la règle des buts à l’extérieur. Une autre équipe allemande, qui réalisa une superbe campagne européenne dans les années 1990, fut également surnommé ainsi. Mais, c’est une autre histoire.

#689 – Lille OSC : la Machine de Guerre

Le club nordiste a réussi une superbe saison en 2021 en parvenant à devenir champion de France et en devançant des parisiens dépassés par l’état d’esprit et le jeu de Lille. Mais, cette performance ne donna pas lieu à ce surnom. Il faut remonter beaucoup plus loin, aux premières saisons.

Après la Seconde Guerre mondiale, le football français se devait de recréer un championnat digne de ce nom, après les années d’occupation qui scinda la France et ses clubs en deux et les championnats étaient régulièrement interrompus. Les clubs d’avant-guerre n’avaient évidemment plus la même aisance financière après ces années de privation. Plusieurs réunirent leurs forces et ce fut le cas pour l’Olympique Lillois et le SC Fives, qui donnèrent naissance au LOSC. L’équipe qui en résulta était l’assemblage du meilleur des deux clubs, des jeunes footballeurs de la région tels que Jean Baratte, François Bourbotte, Jean Lechantre, Jean-Marie Prévost, Joseph Jadrzejczak ou encore Roger Carré. Côté organisation, l’ancien président du SC Fives, Louis Henno, en prit la tête et imposa comme entraineur, celui de Fives également, l’anglais George Berry.

La première saison se termina par une première finale de Coupe de France mais la jeunesse lilloise se heurta à l’expérience du RC France et perdit. Néanmoins, dès la saison suivante, la machine se mit en marche et ce nouveau club, qui opta pour le professionnalisme, connut alors son premier âge d’or. Lors de la saison 1945-1946, la légende débuta par un doublé Championnat-Coupe de France. L’équipe enchaina par deux nouvelles victoires en Coupe en 1947 et 1948. Un autre championnat fut remporté en 1954 et le club collectionna les secondes places (1948, 1949, 1950, 1951). Malheureusement, cette période prit fin après le dernier titre de champion, le club s’empêtrant dans différents scandales et conflits internes. Néanmoins, la performance de la saison 1947 amena la presse à surnommer l’équipe (à juste titre), la machine de guerre (et certainement sans mauvais jeu de mot par rapport au conflit qui venait de s’achever).