#1458 – Étoile Filante de Lomé : les Météores

Fondée en 1932, l’Étoile Filante de Lomé est l’une des institutions les plus importantes du football togolais. Pour comprendre l’origine de son nom, il faut se replonger dans le contexte de la naissance des sociétés sportives en Afrique et en Europe au début du XXème siècle. Lors de la création des premières associations sportives, le choix du nom revêtait souvent une importance capitale : il devait porter un idéal, être évocateur. L’Étoile est ainsi devenue l’un des patronymes les plus répandus dans le monde du sport. Symboliquement, l’étoile est le repère dans la nuit, l’astre qui indique la direction à suivre. Notamment pour les associations sportives issus des patronages religieux car l’étoile avait aiguillé les Rois Mages vers le Christ. Au delà du guide, l’astre était aussi le symbole de l’excellence et du succès. Au final, l’Étoile incarnait le guide moral et spirituel, incitant les jeunes athlètes à l’élévation, à la discipline et à la recherche de l’excellence.

En associant à cet astre l’adjectif « filante », un choix métaphorique et poétique, les fondateurs de ces clubs visaient à mettre en avant des qualités sportives précises : L’idée d’une équipe éblouissante ainsi que la fulgurance et la vitesse de l’équipe. On retrouve ainsi des Étoiles Filantes en France à Bastia et Plougourvest mais surtout en Afrique (Étoile Filante de Garoua (Cameroun), Étoile Filante FC (Bénin), Étoile Filante de Ouagadougou (Burkina Faso)).

Si l’appellation officielle séduit par sa poésie, la presse sportive et les supporters ont très vite adopté le surnom de Météores pour désigner les joueurs de la capitale togolaise. Ce glissement sémantique repose sur une réalité scientifique stricte. En astronomie, une étoile filante et un météore sont en effet une seule et même chose. Revenons sur les différents phénomènes célestes qui sont régulièrement confondus. Une comète est un grand corps céleste, composé principalement de glace et de poussière, qui orbite autour du Soleil. Lorsqu’elle s’en approche, la chaleur sublime la glace, créant une longue traîne lumineuse qui peut être visible dans le ciel pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Le météore (ou étoile filante) est un phénomène lumineux bref, intense et éphémère. Il se produit lorsqu’un petit débris spatial (appelé météoroïde) pénètre dans l’atmosphère terrestre à une vitesse extrême, pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilomètres par seconde. La friction avec l’air chauffe ce débris jusqu’à le vaporiser, créant le trait de lumière furtif que nous observons depuis le sol. Enfin, la météorite est un fragment rocheux ou métallique qui ne s’est pas entièrement désintégré lors de sa traversée de l’atmosphère et qui finit par percuter la surface de la Terre.

Pour autant, le surnom dérive parfois en « les Météorites » et s’anglicise en « Shooting Stars », la traduction des Étoiles Filantes.

#841 – ASCK : les Chauffeurs

Le surnom des conducteurs est également utilisé. Le club de la ville de Kara située au nord du pays est devenu un acteur majeur du football togolais depuis ces dernières années. Fondé en 1997, il a longtemps stagné en seconde division avant d’atteindre en 2017 l’élite togolaise. Alors qu’il disputait seulement sa 2ème saison en première division en 2019, il remporta le titre de champion. Pour ne pas bouder ce plaisir, l’équipe réalisa même le doublé cette année-là. Mais, cette rapidité à conquérir les titres ne mena pas à ce surnom. En réalité, tout est lié à la naissance du club. Passionné de football, un jeune membre du syndicat des conducteurs (transport en commun, taxi …) de la région de Kara créa un club de football, afin de renforcer les liens entre les jeunes qui constituent le syndicat. Le club prit le nom d’Association Sportive des Chauffeurs de la Kozah (ASCK). Pari réussit 20 ans plus tard et même au delà. Le club est populaire aussi bien parmi les membres du syndicat que les différentes couches de la cité.

#603 – ASKO Kara : les Kondonas

Les adultes. S’étirant en longueur à partir du Golf de Guinée et comptant un peu plus de 7 millions d’habitants, le Togo constitue un petit pays d’Afrique de l’Ouest, aux paysages variés (une côte de sable fin au sud, des vallées verdoyantes et des petites montagnes dans le centre, des plaines arides et de grandes savanes au nord) et aux cultures diverses (une cinquantaine d’ethnies et 3 religions – le christianisme, l’islam et la religion traditionnelle). Au nord du pays, dans la préfecture de Kozah, où se trouve la ville de Kara, il s’agit du pays des Kabyés, où sont pratiqués des rites traditionnels et initiatiques pour le passage de l’enfance à l’âge adulte depuis le XVIIIème siècle. Ainsi, pour atteindre la maturité, les garçons devront passer principalement deux étapes nommées Evala et Kondona. Agés de 18 à 20 ans, les jeunes garçons s’affrontent dans des combats de lutte pour la première étape. A l’époque, les lutteurs combattaient violemment avec des armes (une chicotte et un bâton fourchu). Aujourd’hui, cette épreuve prend une connotation de fête et se résume à une compétition inter-villages d’une semaine, sans arme, généralement au début de la saison des pluies, en Juillet. A la fin des Evala, le jeune garçon, dénommé Evalou, a gagné le droit d’exploiter la terre pour son propre compte, de consulter les devins, de se marier et de défendre la cité en cas d’agression. Après cette étape et 3 années passées, les jeunes hommes peuvent prétendre à devenir un kondo (adulte). Lors de cette cérémonie, ils se raseront la tête, recevront un collier autour de leur cou ainsi qu’un gong. Puis, ils effectueront des danses, l’escalade d’une butte et finiront par frapper leur gong. A l’issu, ils seront reconnus au sein de la communauté et pourront prendre part aux décisions. Les femmes ne sont pas en reste puisqu’il existe également un rite nommé Akpéma, où elles seront déclarée apte à la vie adulte et au mariage.

Parfois, le surnom est précisé en indiquant les Kondona de Kozah.