#1439 – Amazulu FC : Amaqhawe

Les héros, les guerriers. Amazulu incarne une identité culturelle profonde, celle du peuple zoulou. En effet, depuis sa fondation en 1932, le club l’a reçu comme héritage. Initialement nommée Zulu Royal Conquerors, l’équipe fut présentée au roi de la nation zouloue de l’époque, Solomon kaDinuzulu. Ce dernier accorda au club le droit d’arborer le bouclier traditionnel, symbole de défense et d’appartenance à la royauté. Puis, il fut renommé Amazulu , qui signifie le « peuple du ciel », expression dont est tiré le nom du peuple zoulou. Il est encore aujourd’hui le club des zoulous.

Formé au XVIème siècle, le peuple zoulou représente plus de 10 000 000 de personnes en Afrique du Sud et constitue le groupe ethnique le plus important du pays, vivant principalement dans la province du KwaZulu-Natal. Entre le XVIème et le début du XIXème siècle, la nation zoulou se composait d’une multitude de seigneurs locaux. Puis, en 1816, débuta le règne du roi Shaka qui rassembla les clans et forgea une identité zouloue commune. La croissance et la puissance de son royaume reposaient sur son organisation et ses compétences militaires qui en firent une marque de distinction de la culture zouloue. Elle était caractérisée par une armée permanente, la conscription (ukubuthwa), de nouvelles armes (l’iklwa, une lance courte d’estoc), une organisation en régiments (amabutho ou impi) logés dans des casernes militaires (ikhanda) et des tactiques basées sur les affrontements au corps à corps (formation en « cornes de buffle »). Cette puissance militaire permit, lors de la guerre anglo-zouloue, aux guerriers du roi Cetshwayo (neveu de Shaka) d’infliger à l’armée britannique l’une de ses pires défaites coloniales. Armés principalement de lances et de boucliers en peau de vache (même s’ils avaient également quelques vieux fusils), les zoulous triomphèrent d’une force certes inférieure en nombre (1 800 soldats britanniques face à 20 000 zoulous) mais nettement mieux équipée (les britanniques disposaient de fusils modernes et de 2 canons). Les zoulous remportèrent cette bataille grâce à leur discipline tactique et à leur bravoure et mirent ainsi fin à la première invasion du royaume par l’armée britannique. Même si le royaume zoulou perdit la guerre et se disloqua à la fin du XIXème siècle, ce moment précis de l’histoire cristallisa le mythe du guerrier zoulou invincible et héroïque.

#596- Amazulu FC : Usuthu

Il s’agit d’un cri de guerre zoulou. En 1932, au sein du township Umlazi, au Sud-Ouest de Durban, les travailleurs zoulous émigrés fondèrent un club de football dénommé Zulu Royals. Présenté au roi zoulou de l’époque, Salomon, ce dernier accorda au club le droit d’utiliser le bouclier comme logo, un des symboles de la culture zoulou, et changea les couleurs de l’équipe en bleu royal et blanc. Par la suite le nom se transforma en Amazulu qui signifie les zoulous. Attaché à la culture zoulou, le surnom se porta sur usuthu.

Selon la tradition, en 1851, le prince zoulou Cetshwayo ramena comme butin, après une expédition contre un autre peuple, des bovidés appelés suthu. Les bovidés étaient dans la culture zoulou une des principales mesures de la richesse. Ces bovins capturés étaient alors plus imposants que le cheptel zoulous. Impressionnés par leur force, Cetshwayo et ses partisans se faisaient alors appeler les suthu. Lorsque Cetshwayo accéda au trône en 1872, usuthu devient le cri national des zoulous. D’ailleurs, lors de la guerre de 1879, qui opposa l’Empire Britannique au Royaume zoulou, le terme usuthu fut le cri de ralliement des zoulous.