Les loups. Il n’est pas difficile de comprendre que le loup apparaissant sur l’écusson du club provient de celui qui s’affiche sur les armes de la ville, ces dernières étant parlante vu le nom de la cité, WOLFsberg. Même si des objets de l’âge du bronze ont été retrouvés et que l’existence d’une colonie romaine est attestée, la cité est surtout mentionnée à compter du XIème siècle. Elle appartenait alors à l’évêché de Bamberg et le chateau y fut construit vers 1178. Les armes de l’évêché représentait un lion, ce fameux lion de Bamberg devenu un symbole en héraldisme. Résultat, Wolfsberg porta à l’origine les armoiries de l’évêché de Bamberg, un lion en flèche barré obliquement, attesté par un document daté du 14 juillet 1295. Pour une raison inconnue, à la fin du Moyen Âge, l’animal héraldique se transforma en un loup. Certainement que le nom de la vile y joua. Pour conserver une trace du lion, le loup fut affublé d’une queue de lion. A Wolfsberg et dans la région de Carinthie, marqué au nord par les Alpes et ses forêts, l’aire était propice aux meutes de loups. Mais, menace pour l’homme et son bétail, il fut chassé et disparut de la région. Depuis le début des années 2000, il réapparait en Carinthie. Le retour du loup en Autriche peut provenir de trois populations environnantes : la population des Alpes, par la Suisse et l’Italie, la population des Balkans, par la Slovénie et la Croatie, et enfin la population de l’Europe centrale, par la Pologne et la Slovaquie. Protégé par la Convention de Berne, le loup figure en Carinthie sur la liste des espèces gibiers protégées toute l’année.
Étiquette : Animaux
#488 – Konyaspor : Anadolu Kartalı
L’aigle d’Anatolie. L’écusson du club affiche un aigle bicéphale que l’on retrouve sur les armes de la ville de Konya. Cette dernière fut de 1097 à 1174 la capitale du Sultanat de Roum (ou Sultanat de Konya). La quatrième branche des seldjoukides, famille d’une tribu turque, qui migra du Turkestan vers le Proche-Orient, établit ce sultanat de 1077 à 1307 en Anatolie face à l’Empire Byzantin et les Croisées européens. Comme il avait envahi une partie de l’Empire Byzantin, successeur de l’Empire Romain, les seldjoukides s’ajoutèrent le nom de Rum ou Roum qui signifiait la ville de Rome. Leur emblème était un aigle bicéphale que l’on retrouvait à profusion, sous leur règne, sur des tissus, des pierres taillées, des carreaux muraux ou des porte-Coran. Sur le mausolée de Jalal ad-Din Muhammad Rumi (dit Mevlana, poète mystique persan), construit à Konya et aujourd’hui dénommé Musée de Mevlana, l’aigle bicéphale s’affiche encore et serait à l’origine de celui apparaissant sur les armes de la ville. L’origine du choix de cet aigle est méconnue. Il se pourrait que ce soit un emprunt à l’Empire Byzantin (Constantinople étant la Nouvelle Rome, elle reprit l’aigle de Rome comme symbole de puissance et de souveraineté. Avec les années, il se transforma en un aigle bicéphale) sur lequel les seldjoukides avaient donc établi leur sultanat. Toutefois, certains avancent que l’aigle romain de l’Empire Byzantin serait devenu bicéphale au contact de ses voisins orientaux dont les seldjoukides. Une histoire de poule et d’œuf pour un aigle. Enfin, pour d’autre, cet emblème serait une refondation d’un symbole des ancêtres des seldjoukides qui avait alors au Vème siècle un coq à deux têtes.
#485 – Varzim SC : os Lobos do Mar
Les loups de mer. Varzim SC est l’un des clubs historiques du football portugais après 106 ans d’existence. Le club réside dans la ville de Póvoa de Varzim. Cette dernière fut l’un des principaux ports du nord du pays et aujourd’hui est devenue une station balnéaire importante, proche de Porto. Les origines des activités maritimes de la ville remontent au 11ème siècle, les bateaux commençant à cette époque à appareiller dans la crique voisine. En 1308, la population locale fut encouragée à développer le port pour permettre les expéditions des denrées agricoles produites dans la région. Jusqu’au XVIIème siècle, l’activité de pêche était peu développée mais à compter de cette période, le commerce du salage du poisson se développa considérablement, Póvoa devenant un siècle plus tard le plus grand marché aux poissons du nord du pays. En parallèle, dès le XVIème siècle, la construction maritime devint l’autre importante activité du port. Au XXème siècle, l’ensablement du port détourna l’activité économique vers d’autres ports et la ville se tourna vers le tourisme. Pour traduire cette activité et rendre hommage à ses marins, dont la réputation remontait au moins au XVIème siècle, le club fut assimilé au loup de mer, qui devint sa mascotte.
#484 – Swansea City AFC : the Jacks
Ce surnom, qui n’a pas de signification particulière, est attribué aux personnes nées dans la ville (et par extension les fans du club de football). Il apparaît parfois sous la forme développée de Swansea Jacks et la foule des supporteurs du club se fait appelé la Jack Army. L’origine de ce surnom est incertaine et différentes théories s’affrontent. La première version fait remonter l’origine au début du XIXème siècle quand les marins de Swansea avaient une grande réputation. Ils pouvaient rejoindre n’importe quel équipage en se basant simplement sur la réputation de la ville et de ses marins. Pour affronter la mer et ses intempéries, leurs vêtements était recouverts de goudron pour renforcer leur protection. Il gagnèrent le surnom de Jack Tars (tar signifiant goudron). D’autre rattache ce surnom aux mineurs. Dans les bassins houillers voisins, les mineurs étaient appelés Swansea Jacks parce que leurs panier-repas étaient uniquement faits d’étain de Swansea, surnommé Jacks. Enfin, la version, défendue par le club, mais également la plus populaire, repose sur la célébrité d’un héro canin. Né en 1930, Swansea Jack était un retriever noir (ou un terre-neuve) vivant sur les quais de la rivière Tawe à Swansea avec son maître, William Thomas. En Juin 1931, il sauva de la noyade un garçon de 12 ans. Quelques semaines après le premier – en juillet – un nageur traversait l’embouchure de la rivière près de la jetée de Swansea West quand il se retrouva en difficulté. Devant la foule, Jack sauva le nageur et le moment fut immortalisé par une photo parue dans l’ « Evening Post ». Le conseil local lui décerna un collier en argent et la légende du chien héros débuta. En 1936, il reçut le prestigieux prix du «Bravest Dog of the Year» décerné par le journal « Star » ainsi que la coupe d’argent du Lord Mayor de Londres. Il demeure le seul chien à avoir reçu 2 fois la médaille de bronze par la National Canine Defence League. Jack décéda en 1937 après avoir mangé de la mort au rat. La légende raconte qu’au cours de sa vie, il porta secours à 27 personnes. Un monument funéraire, financé par une souscription publique, est érigé sur la promenade à Swansea. En 2000, Swansea Jack a été nommé «Chien du siècle» par les NewFound Friends of Bristol qui forment les chiens domestiques aux techniques de sauvetage aquatique.
#483 – Platense FC : los Selacios
Les sélaciens. Selon la définition du dictionnaire de l’académie, les sélaciens sont un « groupe de poissons au squelette cartilagineux et à la nageoire caudale asymétrique ». On y retrouve les raies ou encore les requins. Le surnom pour le club se réfère surtout au requin, ce dernier apparaissant dans le blason du club. Platense est un club de la ville de Puerto Cortés. Connue pour être le principal port maritime du Honduras sur sa facade atlantique, cette cité est située à l’extrémité sud d’une petite péninsule, séparée du continent par la lagune d’Alvarado, et au bord de la Mer des Caraïbes qui abritent de multiples récifs et cayes à explorer. Et dans cette mer, la faune se compose de quelques requins dont le requin de récif, spécifique à cette zone, et le requin-baleine qui vient se nourrir en plancton dans ces eaux riches.
#482 – ES Sétif : النسر الأسود
L’aigle noir. A sa création en 1958, en pleine guerre d’Algérie, les fondateurs décidèrent d’équiper les joueurs d’un équipement vert et blanc. Mais ce choix de couleurs n’était pas anodin et les autorités françaises interdirent ce kit. En effet, le vert et le blanc étaient la couleur des indépendantistes algériens. Le vert et le blanc étaient censées représenter les espoirs du peuple algérien. En outre, ces teintes étaient aussi celles des musulmans, religion qui catalysa le mouvement nationaliste. Lors de manifestations syndicales le 1er mai en 1919 et 1920, des indigènes déployaient un drapeau vert et blanc marqué d’une étoile et d’un croissant rouge, qui étaient les prémices des couleurs indépendantistes et du futur drapeau algérien.
Le nouveau choix se porta sur le noir. Une fois de plus, la couleur était symbolique. Les fondateurs voulaient signifier que les joueurs portaient le deuil, en mémoire des morts indigènes suite aux répressions qui suivirent les manifestations indépendantistes survenues en mai 1945 à Sétif. Enfin, le club se dota de l’aigle comme emblème car le rapace représentait le prestige, la puissance et l’élégance.
#481 – Palerme FC : Aquile
L’aigle. Le glorieux rapace, emblème du club, provient directement des armes de la ville de Palerme. Ces dernières se composent, selon la définition officielle, d’un aigle romain d’or aux ailes ouvertes, sur un fond rouge. Les origines de ces armes demeurent incertaines.
Elles pourraient remonter à l’Empire Romain et ses légions dont l’aigle était le symbole. Mais, il pourrait être apparu plus tard, au XIIème siècle, sous le règne normand. Sachant que l’aigle, en héraldisme, puise son origine dans l’aigle romain et devint le symbole des Empires, en particulier ceux qui voulait reprendre l’héritage de l’Empire Romain. Donc, au final, directement ou indirectement, l’aigle de Palerme est lié à Rome.
La ville relaya l’origine directe romaine via son préfet qui, en 1860, confirma cette lignée lorsque le gouvernement italien demanda des informations sur les armoiries de la ville qui venait d’entrer dans le jeune royaume d’Italie. Toutefois, les deux témoignages les plus anciens de son utilisation datent de l’époque normande. On le retrouve ainsi dans le Palais de la Zisa construit par Guillaume Ier, roi de Sicile (le fameux normand qui aurait accordé l’utilisation de l’aigle dans les armoiries de la ville selon une version) et sur une sculpture à l’extérieur de la Cathédrale de Palerme, les deux édifices ayant été construit au XIIème siècle.
A compter du XVème siècle, son utilisation se généralisa, en particulier pour représenter les instances de gouvernance de la ville. Le club de football reprit ce symbole dans son écusson à compter de 1932 lorsque l’équipe accéda à la Serie A pour la première fois. L’aigle tenait à l’époque une branche d’olivier dans ses griffes, signe de paix. En 1947, le président Stefano La Motta présenta un nouvel écusson avec pour la première fois un aigle sur fond rose et noir. En 1979, le club adopta un nouveau blason créé par le nouveau fournisseur d’équipement, la société romaine Pouchain : un aigle stylisé dans un losange. En 1987, après la refondation du club, l’écusson migra vers un aigle blanc, couleur symbolisant la pureté. En 1991, l’aigle déploya ses ailes sur l’écusson. En 1994, le parrainage de la ville conduisit à tourner ses ailes vers le bas. En 2000, l’aigle doré avait toujours les ailes déployés, en partie blanches, mais apparaissait sur un fond rose et noir. En 2019, après une nouvelle refondation de l’équipe, les armoiries furent encore mises à jour. Sur ce nouveau blason, l’aigle est réduit à sa tête, complété par une aile stylisée rose-noir.
#478 – FC Dallas : Toros
Les taureaux. A sa création en 1996, la franchise MLS, qui se dénomma d’abord Burn, misa sur un autre animal comme symbole sur son écusson : le mustang noir. Il rappelait le fidèle compagnon des cowboys, mythique cavalier du Texas qui conduisait le bétail. Le nom Burn (bruler) faisait référence à la fois au climat chaud du Texas et aux champs de pétrole (où le gaz extrait avec le pétrole est brulé dans une torchère). En 2004, le club déménagea dans un nouveau stade et en profita pour changer de marque. La franchise fut renommée FC Dallas. Puis, de nouveaux uniformes et un nouveau logo furent dévoilés. Ainsi, apparût le taureau sur le blason. Si le coton ou le pétrole ont constitué des pans importants de l’économie de Dallas, une fois de plus, il fut fait référence à l’agriculture et en particulier aux élevages de bovins. Le Texas possède le plus grand nombre de fermes et la plus grande superficie agricole des États-Unis. L’État est même le numéro 1 pour les revenus générés par le bétail et les produits de l’élevage. Un taureau, nommé Tex Hooper, est devenu la mascotte du club. Si le surnom est en espagnol et non en anglais, c’est surement en raison de la communauté hispanique de la ville qui représente plus de 40% de la population et dont l’amour pour le football est connu.
#477 – FK Luch Vladivostok : тигры
Les tigres. Le club de la ville russe la plus orientale du pays arbore un visage de tigre sur son écusson. Il est directement inspiré des armes de la ville qui représente un tigre d’or (jaune) marchant vers la droite le long d’une pente rocheuse. Dans la première moitié du XIXème siècle, le développement économique de la Russie contribua à l’expansion du commerce extérieur, notamment avec la Chine, le Japon voire les Etats-Unis. Ainsi, il devint primordial pour le gouvernement russe d’établir une place forte avec un port en Extrême-Orient pour avoir accès à l’Océan Pacifique. En 1858, le traité d’Aigun fut conclu entre le gouverneur général de la Sibérie orientale, Nikolai Muravyov-Amursky, représentant de l’Empire Russe et la Chine Impériale. Ce dernier forçait la Chine à réaliser des concessions territoriales et de souveraineté en établissant la frontière entre les deux pays le long du fleuve Amour. Ainsi, tout l’Extrême-Orient chinois tomba dans l’escarcelle de l’Empire Russe. Dans un baie quasi-déserte, la ville de Vladivostok fut alors fondé rapidement. Les quelques huttes de pêcheurs Mandchous qui occupaient le site virent un poste naval créé en 1859. Puis, le premier civil russe s’installa en 1861 et le premier enfant russe naquit en 1863. De 41 colons en 1860, la ville atteignit 30 000 habitants à la fin du XIXème siècle. Cette formidable croissance nécessita d’organiser la cité. En 1875, la cité se dota du statut de ville et établit sa douma (son parlement) qui élut son premier maire, M. Fedorov. En 1888, la ville devint la capitale de l’oblast de Primorié. Entre temps, les armes de la ville furent adoptées (1883). Le premier blason de la ville fut conçu par l’architecte Yu. E. Rego en 1881. L’auteur plaça dans un « bouclier français » l’image d’un tigre d’or, avec les yeux et la langue écarlates tournés vers la droite, et sur un fond vert. L’Empereur Alexandre III approuva cette version des armoiries le 28 mars 1883. La région était peuplée de tigres (espèce dénommée tigre de Sibérie ou tigre de l’Amour) et en était donc naturellement le symbole. Par exemple, la colline rocheuse au centre de la ville se fit appeler Тигровой (Trigovoy) après qu’un tigre attaqua la sentinelle stationnée à cet endroit. Chassé, sa population descendit à 30 à 40 individus dans les années 1940. Aujourd’hui, il s’agit d’une espèce protégée et les derniers recensements dénombrent autour de 500 tigres.
#476 – Helsingborgs IF : Mjölkkossan
La vache à lait. Fondé en 1907, Helsingborgs est un club historique de la ligue suédoise et participa à sa création en 1924. Il fut l’un des principaux animateurs du championnat, le remportant à 4 reprises dans ces premières années (1929, 1930, 1933 et 1934) et finissant régulièrement dans les 4 premières positions. L’équipe attirait alors les foules aussi bien à domicile qu’à l’extérieure. Dans les années 20-30, pour les clubs qui recevaient Helsingborgs, c’était une garantie de percevoir une recette importante. Le club était une vache à lait. La situation a bien changé avec les années. Même si le club s’est constitué un solide palmarès (notamment en réalisant un triplé historique : Super Coupe, Coupe de Suède et l’Allsvenskan en 2011), le nombre de spectateurs s’est réduit ces dernières années. En 2015, Helsingborgs connut de grave difficulté financière. Le budget était tablé sur 10 000 spectateurs mais à peine 6 000 au plus se rendaient dans le stade. Une souscription fut lancée et permis de sauver le club financièrement. Mais sportivement, il fut relégué la saison suivante en seconde division et financièrement, la situation était restée tendue.
