#613 – Aduana Stars FC : Ogya

Le feu. En 1985, quatre natifs de la ville de Dormaa Ahenkro inscrivirent leur nouvelle équipe dans la division régionale 4 de la ligue du Ghana. Pour le nom de l’équipe, ils décidèrent de donner celui d’Aduana, l’un des principaux clans des Akan. Cet ethnie, comptant près de 25 millions de personnes, réside principalement au Ghana (et également en Côte d’Ivoire) et se compose de 8 principaux clans. Les Aduana est celui qui compte la population la plus nombreuse. En outre, les fondateurs souhaitèrent retenir l’emblème du clan, un chien crachant du feu.

La légende veut que les ancêtres du clan Aduana descendirent du ciel vers leur région actuel sur une chaîne en or, guidés par un chien avec du feu dans la gueule. Ainsi, ils sont communément appelés Ogyaasefuo, ce qui signifie les descendants du feu. Une autre histoire raconte également que le premier Aduana avait un chien qui, un jour, était parti à la recherche de nourriture. En voyant le feu, le chien pensa qu’il y avait quelque chose à manger. Bien évidemment, il se brula sa gueule. Quand son maître le vit arriver avec le feu, il aurait dit m’atwea woabre me adie (mon chien, tu m’as apporté quelque chose de valable). Ceci donna naissance au nom du peuple Aduana Atwea Aberade.

Pour utiliser le nom et le symbole du clan, le groupe de fondateurs obtint la permission de l’Aduanahene, qui était un chef suprême du clan. Aujourd’hui encore, le chien crachant du feu apparaît sur l’écusson du club et Ogya est devenu le surnom des joueurs et des supporteurs. Il est parfois traduit en anglais en Fire Boys.

#610 – Al-Masry SC : النسور الخضر

Les aigles verts. Ce club égyptien fut fondé le 18 mars 1920 à une époque où la vague nationaliste égyptienne était au plus haut face à l’occupation britannique. Un an auparavant, une révolution (la première comme la nomme les égyptiens) éclata dans le pays qui était sous protectorat britannique depuis 1914 et mènera en 1922 à l’indépendance du pays sous le régime d’une royauté. Dans ce contexte, en 1920, une groupe d’homme de Port-Saïd décidèrent de créer un club de sports représentant les égyptiens de la ville face aux équipes des résidents européens. Il était alors le premier club réservés aux égyptiens et constituait un prolongement sportif du mouvement indépendantiste. Résultat, de nombreux symboles nationalistes furent repris pour le club. Tout d’abord le nom, Al-Masry, qui signifie l’Egyptien en arabe et qui provient d’une chanson patriotique dénommée قوم يا مصري (Kom Ya Masri – les égyptiens) de l’artiste populaire Sayed Darwish. Ensuite, ils optèrent pour le vert et blanc comme couleurs des maillots, qui étaient celles d’un des drapeaux des nationalistes. En effet, durant les manifestation de 1919, les égyptiens brandissaient soit le drapeau rouge avec des croissants blancs introduit par Muhammad Ali au XIXème siècle soit bannière verte portant un croissant et une croix blancs. Ce dernier devint en 1922 le drapeau officiel du nouveau Royaume d’Egypte (avec toutefois le remplacement de la croix par trois étoiles blanches). Le vert de ce drapeau signifierait la nature agricole du pays ou la couleur de la religion prédominante du pays, l’islam. Enfin, dernier symbole important, la référence au passé glorieux des pharaons sur l’écusson. Comme aujourd’hui, il affiche un aigle qui tient le disque solaire au-dessus de sa tête entre ses deux ailes dressées. Ce dessin a été inspiré par le faucon ailé tenant le disque solaire apparaissant sur les bijoux retrouvés dans la tombe de Toutankhamon. Ils étaient le symbole d’Horus, l’un des principaux dieux de la mythologie égyptienne et fortement lié aux souverains égyptiens. Ce symbole exprimait la souveraineté et la force.

#609 – Moroka Swallows FC : the Birds

Les oiseaux, assez logique quand on se nomme swallows, qui signifie « hirondelles » en anglais. Fondé en 1947, Moroka Swallows est l’un des deux clubs originaux de Soweto (avec Orlando Pirates). Moroka est le nom du quartier de Soweto où les 3 fondateurs Johnny ‘Walker’ Kubeka, Ishmael Lesolang et Strike Makgatho flânaient régulièrement et où ils regardaient joueurs de jeunes footballeurs avec une balle de tennis. Selon Strike Makgatho qui témoigna lors du 60ème anniversaire du club, le trio commença par composer une équipe de 11 joueurs. Une fois trouver, le trio et les joueurs se réunirent pour chercher un nom à la nouvelle équipe qu’ils formaient. Bien que certains prétendent que le nom de l’équipe fut décidé par un tirage au sort, un des joueurs, Carlton Moloi, racontent une toute autre histoire. Quelqu’un aurait soumis le nom sweepers (un poisson osseux) qui avait presque emporté l’adhésion lorsqu’un autre joueur proposa swallows. Il aurait fait valoir que les hirondelles volent plus haut et conquièrent plus d’espace que les insignifiants sweepers. L’argument était si convaincant que le nom Moroka Swallows fut adopté. Naturellement l’oiseau se retrouva sur l’écusson du club. D’autres surnoms dérivés sont également apparus tels que the beautiful birds (les beaux oiseaux) ou the Dube birds (les oiseaux de Dube, un quartier de Soweto qui était la base du club).

#607 – Enyimba International FC : Peoples’ Elephant

L’éléphant du peuple. En langue Igbo, Enyimba signifie « l’éléphant du peuple » et le club a simplement adopté pour son nom le surnom de la ville d’Aba où il réside. En effet, ce surnom d’Enyimba City (ville de l’éléphant) a totalement imprégné la ville au point que la plupart des institutions publiques d’Aba sont aujourd’hui toujours identifiées par le nom d’Enyimba. Rien d’étonnant donc que le club de football reprit ce nom, sachant qu’il était lors de sa création en 1976 détenu par l’Etat d’Imo puis d’Abia (où se situe la ville d’Aba). L’éléphant est donc le symbole de la ville et il s’affiche fièrement sur le blason du club.

Il est vrai que les éléphants sont des animaux endémiques du Nigéria (même si malheureusement leur population a nettement diminué) mais la région d’Aba n’est pas particulièrement connue pour cette présence animale. Cet attachement de la cité à l’éléphant remonterait selon une légende à sa fondation. Dans les temps anciens, certaines population Igbo habitaient quelque part dans la région d’Uli, dans l’actuel État d’Anambra, et décidèrent de migrer au Sud. Une partie des populations s’installèrent alors au nord de l’Etat d’Abia (dont Aba est la capitale). Après un certain temps, le besoin d’étendre la frontière de leur nouveau territoire se fit sentir mais la méconnaissance de la région empêcha ces velléités. Puis, un jour, un éléphant émergea de nulle part et commença à mouvementer vers l’est. Les populations suivirent l’éléphant qui les mena vers ce qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Aba. En arrivant donc au futur Aba, l’éléphant s’arrêta et disparut subitement. Les populations virent en l’éléphant un signe de Dieu, pour leur montrer le chemin et les inviter à s’installer ici, et le firent. L’endroit où l’éléphant disparut est aujourd’hui connu sous le nom de Ehi (Eléphant) Road, l’un des lieux plus populaires de la ville.

#605 – Stella Club Adjamé : les Magnans

Les magnans est le nom local des fourmis, originaires d’Afrique centrale et orientale, connues sous le nom scientifique de Dorylus. Ce surnom est commun pour l’équipe du Stella mais malheureusement son origine est inconnue. L’explication qui peut être avancée porte sur le quartier de résidence du club. En effet, club d’Abidjan, il est surtout celui du quartier-commune d’Adjamé au Nord de la capitale. Son nom signifie « lieu de rencontre et d’échanges » en langue Atchan ou Ebrié et effectivement c’est l’un des plus importants lieux de confluence d’Abidjan voire même du pays. Tout d’abord, le quartier fut fondé par le peuple des bidjan ou djemian, après une migration de l’actuel Zoo d’Abidjan, aux rives du quartier du Plateau en passant par l’emplacement actuel d’Adjamé. Depuis, le quartier abrite près de 400 000 habitants et peut accueillir plus de 2 millions de personnes en journée. En effet, Adjamé est le plus grand carrefour commercial de Côte d’Ivoire, grace à ses nombreux marchés et sa gare routière. Cette dernière, la plus importante du pays, est le lieu de départ de nombreuses lignes de cars qui desservent le pays tout entier. Migration originelle, population importante … des caractéristiques que l’on retrouve pour la race des fourmis magnans. Ces fourmis vivent dans des fourmilières pouvant compter jusqu’à 20 millions d’individus et formant une activité vive. Lorsque la nourriture se fait plus rare autour de la colonie, elles migrent, formant une colonne importante. Ainsi, ces similarités peuvent avoir été à l’origine d’un des plus fameux clubs de Côte d’Ivoire.

#594 – Africa Sports : les Aiglons

L’Africa Sports fait parti des plus grandes équipes du football ivoirien et du continent africain. Le palmarès impressionnant (notamment 17 championnats nationaux, 21 coupes nationales, 11 super coupe, 1 Ligue des Champions africaine, 2 Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes) acquit depuis sa fondation viennent conforter le choix des fondateurs de prendre l’aigle comme symbole du club. En effet, créé en 1947, sous le nom de CS Bété (du nom de l’ethnie d’où venait les fondateurs), le club changea de nom en 1948 afin de ne pas se réduire à une ethnie du pays et s’ouvrir à toutes les populations du Centre Ouest et de l’Ouest résidant à Abidjan. Les fondateurs retinrent le nom de Africa Sports, inspirés du nom d’un journal de l’époque « Afrique Sport », affichant des ambitions de représenter et de dominer le continent. De même, les couleurs furent modifiées de violet à vert et rouge sur la base du chandail d’un chauffeur de taxi. Ces couleurs devaient symboliser le courage et la détermination, donnant la devise du club « le sang sur le gazon ». Enfin, les membres décidèrent de doter le club d’un écusson où un aigle déploie ses ailes. Dans la culture bété, ce grand oiseau des aires symbolise la noblesse et la puissance car il vole plus haut que les autres oiseaux et ne les craint pas. Mais si pendant les 75 dernières années, les équipes furent à la hauteur de ces symboles, malheureusement, après des années d’errance de la direction, le club va connaître à compter de la saison 2021-2022 les affres de la seconde division. Un coup de tonnerre pour le football ivoirien. L’aigle reprendra-t-il son envol ?

#593 – Rangers International FC : Flying Antelopes

Les antilopes volantes. Le club de la ville d’Enugu demeure un des piliers du football nigérian : 7 championnats nationaux, 6 coupes nationales et une coupe des coupes africaine en 1977. Comme la plupart des meilleurs clubs du Nigeria, il appartient au gouvernement de l’État local, l’Etat de l’Enugu. Le club a prit pour symbole l’antilope qui apparait sur son écusson. L’animal est présent dans le nord du pays et développe des qualités de vitesse et de saut impressionnantes. Elles peuvent atteindre des vitesses de 90 à 100 km/h et bondir jusqu’à 4 mètres de hauteur et jusqu’à 15 mètres de longueur. De quoi inspirer l’équipe et ses joueurs. Malheureusement, l’animal, présent dans de nombreuses régions africaines, est souvent menacé d’extinction par l’activité humaine.

#581 – Istanbulspor : Boğalar

Les taureaux. La capitale turque compte un certain nombre de club dont les plus connus sont Galatasaray, Fenerbahçe et Beşiktaş. Mais, les autres clubs ont également leur notoriété comme Istanbulspor qui fut le premier club de la capital a remporté le championnat de Turquie en 1932. Le 4 janvier 1926, porté Kemal Halim Gürgen, les enseignants et les élèves du lycée Istanbul Erkek fondèrent Istanbulspor, le premier club sportif issu d’un établissement d’enseignement à l’époque républicaine. Les fondateurs reprirent alors pour le club les symboles du lycée. Tout d’abord les couleurs jaunes et noires. Au début de la Première Guerre mondiale, une partie des bâtiments du lycée fut réquisitionnée pour y accueillir un hôpital. Les murs furent alors peints en jaune, couleur des hôpitaux à l’époque. Lors de la bataille des Dardanelles, des étudiants du lycée moururent. Lorsque la nouvelle de leurs morts fut connue, les élèves de l’école peignèrent les fenêtres et les portes en noir à la mémoire de leurs amis. Ainsi, le jaune et noir devint les couleurs de l’école. De même, le nouveau club adopta la même mascotte que l’école, soit un taureau, qui donna son surnom.

#575 – Derby County FC : the Rams

Les béliers. Le surnom est né quasiment en même temps que le club puisque les fondateurs choisirent de doter leur nouvelle association d’un blason en forme de bélier. Le choix de cet ovin s’explique par le fait que le mouton et la laine furent indissociables du comté de Derbyshire à l’époque médiévale. Dès l’antiquité, l’élevage de mouton était répandu et au moyen-âge, l’industrie lainière se développa fortement. Le filage était alors réalisé par les femmes célibataires ou des vieilles filles à l’étage des maisons de tisserand. D’ailleurs, filer se dit to spin et donna le mot spinster qui signifie vieille fille. Cette activité donna également naissance à une ballade populaire nommée The Derby Ram (le bélier de Derby) ou As I was Going to Derby (Comme j’allais à Derby). Les versions et les nombres de strophes purent varier au fil des années mais l’histoire principal demeurait la même : un bélier était amené au marché de Derby, il fut égorgé par un boucher et les différentes parties étaient utilisés par les habitants. Vraisemblablement que cette histoire dérivait de rites païens anglo-saxons où un bélier était sacrifié en hiver pour apporter chance et fertilité tout au long de l’année. Ces festivités impliquaient une procession de chants et de danses, accompagnée d’un homme habillait en mouton. Puis, avec la christianisation du pays, le rite disparut mais les festivités demeurèrent. Au moyen-âge, des pièces folkloriques joués par les mummers représentaient des hommes habillés en animaux, dont probablement le bélier Derby. La chanson se répandit dans tout le pays mais également en Irlande, en Ecosse et aux Etats-Unis.

La ballade était si populaire et attachée à la région de Derby qu’en 1855, le régiment du Derbyshire (First Regiment of Derbyshire Militia), dont la caserne et le quartier général étaient à Derby, opta pour un bélier comme mascotte (à l’image de la chèvre pour le régiment Welsh Fusileers). L’armée décida même de prendre cette chanson comme celle du régiment. Naturellement, le bélier s’imposa sur les armes de la ville ou comme symbole pour le nouveau club de football. Il existe également un certain nombre de représentations de bélier à Derby. La plus notable est peut-être une grande sculpture située à la jonction d’East Street et d’Albion Street.

#573 – FC Paços de Ferreira : os Castores

Les castors. Evidemment il n’y a aucun castor recensé dans la région ou aucune présence d’une immigration canadienne qui supporterait le club. Ce surnom résulte d’une opération marketing lancée par la direction du club au début des années 2000. Aidée par une agence de création, la direction opta pour le rongeur comme mascotte et surnom du club. L’animal est un constructeur de digues, de barrages en bois. Avec des dents acérées, ils travaillent le bois avec une habileté inhabituelle. Le bois est essentiel aux castors comme pour les habitants de la région de Paços de Ferreira. En effet, la ville se surnomme la capitale du meuble. Avec 5 000 entreprises, dans un rayon de cinq kilomètres autour de la ville de Paços de Ferreira, l’industrie du meuble est l’un des secteurs économiques importants de la région, devant le textile. Les usines représentent 1 million de m2 de surface de production et cette économie génère 1 milliard d’euros par an. Cette activité exporte 80% de sa production, avec une chiffre d’affaires moyen mensuel de 25 millions d’euros. Enfin, son salon du meuble, organisé chaque année sous le slogan « Capital Europeia do Móvel » (capitale européenne du meuble), est le plus important du Portugal.