#258 – CA Platense : los Calamares

Les calamars. Le club argentin gagna son surnom dans les années qui suivirent sa fondation. Tout d’abord, le CA Platense fut fondé le 25 mai 1905 dans le quartier de Recoleta à Buenos Aires par un groupe de jeunes. En 1908, Platense inaugura son terrain qui était situé proche du Río de la Plata, à la hauteur du quartier de Núñez (à l’intersection de l’Avenue de la Liberté et de Manuela Pedraza – non loin du Stade du Monumental où évolue aujourd’hui River Plate). Ils demeurèrent dans cette enceinte jusqu’en 1917.

Quand il pleuvait, le stade pouvait être « inondé ». Le terrain restait tout de même praticable et les joueurs finissaient alors les matchs recouverts de boue. Les joueurs de Platense s’accommodèrent de ces circonstances et jouèrent leurs meilleurs matchs, selon la presse et les spectateurs. Le journaliste Antonio Palacio Zino déclara que « los muchachos se movían como calamares en su tinta » (les garçons bougeaient comme un calamar dans leur encre). L’équipe hérita alors de ce surnom.

#256 – Calcio Catane : gli Elefanti

Les éléphants. L’animal est fortement attaché à la ville de Catane, apparaissant sur ces armes comme sur un des monuments remarquables, la fontaine des éléphants, située au centre de la Piazza del Duomo. L’éléphant est devenu un symbole de Catane avec le personnage semi-légendaire dénommé Héliodore de Catane. Magicien, ce dernier aurait pactisé au VIIIème siècle après Jésus-Christ avec le Diable qui en échange de son abjuration de sa foi chrétienne, lui aurait conféré des pouvoirs. Il aurait alors lui-même sculpté dans de la pierre volcanique de l’Etna un éléphant, puis le chevauchant, il exécutait sa magie et rendait la vie des habitants impossible. Le nom de l’éléphant est Liotru, corruption populaire du nom Heliodorus.

#253 – Athletic Bilbao : los Leones

Les lions. En 1447, sur une colline près de la Ría de Bilbao, se dressait un ancien ermitage voué à San Mamés. Par la suite, un couvent a été construit pour les pères franciscains et plus tard un asile du même nom. En 1913, l’emblématique stade du club fut inauguré et se situait sur un terrain attenant à cet ermitage.

San Mamés (Saint Mammès) est un Saint chrétien qui naquit à Césarée de Cappadoce (Turquie moderne) au troisième siècle. Selon la légende, alors qu’il était encore adolescent, il fut soumis par les Romains à d’innombrables tortures en raison de sa foie chrétienne mais il résista à tous ces supplices. Il réussit alors à s’échapper et rejoignit la montagne où il vécut 3 ans. Dans cet environnement naturel, Mammès devint l’ami des animaux, en particulier des fauves, en leur lisant la vie de Jésus. Mais, les Romains parvinrent à le capturer et il fut envoyé au cirque et jeté aux lions. Mais, au lieu de le dévorer, Mamés apprivoisa les lions qui se prosternèrent à ses pieds. Fou furieux, le gouverneur de Césarée de Cappadoce ordonna de mettre fin à la vie du garçon en enfonçant un trident dans son abdomen. Il mourut de ces blessures quelques jours après et devint un saint chrétien.

Du fait de la présence de l’ermitage, San Mamés s’imposa pour le nom du stade et sa légende des lions inspira le surnom des joueurs. En outre, ce martyr souffrant, obstiné et combatif ressemblait à l’Athletic du début du XXème siècle qui était une place forte du football et dont les joueurs étaient animés par un esprit de sacrifice et une défense féroce.

#252 – FC Midtjylland : Ulvene

Les loups. Le FC Midtjylland est un club ayant à peine fêté ses 20 ans d’existence, après la fusion de deux clubs en 1999, Ikast FS (créé à Ikast en 1935) et Herning Fremad (créé à Herning en 1918), tous deux rivaux et situés dans la région du Jutland central. Les deux clubs n’ayant pas marqué le football danois, même s’ils évoluèrent au plus haut niveau, les promoteurs de l’union virent en cette fusion l’occasion de créer un club plus puissant, en s’appuyant notamment sur une assise régionale. Les fondateurs optèrent comme nom pour FC Midtjylland qui signifie Football Club du Centre Jutland et prirent comme symbole, le loup, dont la gueule stylisée apparaît sur le blason du club.

Dans la mythologie scandinave, le loup a plutôt l’image d’un destructeur (les loups Skoell et Hati ont dévoré le Soleil et la Lune et le loup Fenrir a chassé les dieux, entraînant le désordre sur terre). Les grecs comme la religion catholique ont également vu le loup comme une menace. Mais, les fondateurs ont certainement plutôt pensé qu’il était un animal de pouvoir, de force et de liberté, un animal guidé par ses instincts. Ou comme les romains, la louve est avant tout la mère nourricière. Il s’agit d’un animal qui évolue en meute qui peut représenter l’esprit d’une équipe sportive. En tout cas, le loup a toujours véhiculé une image ambiguë, faîte de fascination et de peur.

Surtout, le loup est associé à la région du Jutland. Il a longtemps prospéré dans cette partie du Danemark, en particulier autours de Ikast, car ils profitaient des grandes zones boisées et peu peuplées de l’intérieur du Jutland. À l’automne 2019, il est estimé qu’il y a encore cinq à sept loups au Danemark, principalement dans le Jutland.

#250 – FC Lorient : les Merlus

Un poisson comme surnom pour le club d’une ville de Bretagne, cité portuaire et arsenal maritime, cela parait une évidence. Le FC Lorient fut fondé le 2 avril 1926 sur les bases d’un club corporatiste dénommé « La Marée Sportive », créé un an plus tôt. A l’origine de ces deux clubs, Joseph Cuissard et sa femme « Madame Cuissard » , propriétaires d’un magasin de mareyage sur le port de pêche de Lorient. Les footballeurs de « La Marée Sportive » portaient des maillots bleus à parements rouges, ornés d’un insigne en forme de poisson rouge, censé être un grondin. Ce grondin fut remplacé par un merlu dans le premier logo du club, certainement car le merlu est à la fois une spécialité historique du Port de Lorient et un poisson plus noble.

Avec 110 bateaux immatriculés, 625 marins et 275 entreprises (générant 3 000 emplois), le port de Lorient-Keroman est le 1er port de pêche français, le plus important port de Bretagne et le 1er port de débarquement de langoustines vivantes. 25 000 tonnes de pêche fraiche y sont débarquées et vendues sous criée chaque année, et au total 80 000 tonnes de produits de la mer y sont traitées (coquillages, crustacés, crevettes cuites, crevettes vivantes, filets de poisson, produits préparés). Les espèces les plus pêchées sont le merlu, la lingue, la sardine, la baudroie et le lieu noir. Outre sa naissance dans un magasin de mareyage, le lien du club avec le port fut intense jusqu’aux années 1980 quand les activités portuaires commencèrent à décliner. Par exemple, lors de la saison 1982-1983, l’équipe lorientaise évolua avec un maillot blanc sur lequel apparaissait un poisson « emmêlé » dans une carte de la bretagne, accompagnée du nom Breizh Pesked (poisson de Bretagne). Breizh Pesked était une association du port de pêche, sponsor du club.

#247 – Independiente Santa Fe : los Cardenales

Les cardinaux. Plusieurs versions se rapportent à ce surnom mais ils font tous référence à la couleur rouge que les maillots du club arborent. Ainsi, ce maillot rappellerait le rouge des habits des cardinaux ou celui du plumage du Cardinal Rouge (sachant que cette oiseau tire son nom de la couleur rouge du plumage du mâle qui rappelle les vêtements rouges des cardinaux). Au final, tout revient aux cardinaux catholiques. Pourquoi le club joue en rouge et blanc ? Là aussi, il existe plusieurs versions. Une chose est sure, lors de son premier match, l’équipe évoluait avec un maillot bleu. Mais, la couleur souffrit au fil des lavages. Le club confectionna un nouvel uniforme en vert pour le remplacer. Mais, ces derniers se délavèrent également. Les supporteurs et l’un des fondateurs du club décidèrent de passer au rouge et blanc en référence au club anglais d’Arsenal. En mai 1942, Santa Fe fut invité à jouer dans la première division de la Ligue de Bogota. Il affronta alors la puissante équipe de l’Université, match auquel le club porta pour la première fois son maillot rouge à manches blanches. Il le remporta 7 buts à 3.

#235 – Sunderland AFC : Black cats

Les chats noirs. En 2000, le club mena un sondage pour connaître le surnom officiel que les supporteurs souhaitaient adopter car, après avoir quitté leur stade de Roker Park, le club n’avait plus de surnom (le précédent était lié au nom de l’ancien stade). Black cats ressortit vainqueur (48% sur les 10 000 votants) et ce ne fut pas une surprise, tant ce symbole accompagna le club dès sa création. Evidemment beaucoup y voit une superstition.

En 1937, Sunderland affrontait Preston North End en finale de la FA Cup. A la 44ème minute, Preston prit l’avantage avec un but de son attaquant écossais, Frank O’Donnell. Un jeune supporter de 12 ans de Sunderland, Billy Morris, avait emporté dans sa poche un chat noir pour porter chance au club. Au retour des vestiaires, Sunderland marqua 3 fois et remporta sa première Coupe d’Angleterre. Evidemment, pour les supporteurs de Sunderland, ce chat était à l’origine de ce renversement.

Belle version mais elle n’est pas à l’origine du surnom car le symbole du Chat noir remonte bien avant 1937. Un chat noir ornait, en son cœur, le premier écusson du club, en 1879. Puis, sur une photo de fin XIXème siècle/début XXème siècle, le joueur Billy Hogg et 2 de ses coéquipiers apparurent assis à une table avec un chat noir entre ses mains. En 1905, le président de Sunderland posa avec un chat assis sur un ballon rond. Puis, le chat apparut aussi sur des photos d’équipe entre 1908 et 1912. Selon la légende, ce chat avait élu domicile dans le stade du club.

Mais quel est l’origine de ce symbole ? Il semblerait qu’il remonte au XVIIIème siècle. Des batteries de canon étaient installées à l’embouchure de la rivière Wear. Selon une version, l’un des soldats quitta son poste, terrorisé par le hurlement d’un chat noir. Pour d’autres, ces canons noirs ressemblaient à des silhouettes de chat.

#226 – Denizlispor : Horozlar

Les coqs. Denizlispor affiche un coq sur son blason et ce n’est pas parce que le club est francophile. Ce symbole fut choisi à la création du club en 1966 par Yakup Ünel, membre fondateur. Il n’a pas eu besoin de faire preuve d’une grande imagination car le coq apparaît sur les armes de la ville de Denizli et, surtout, demeure le symbole de la ville dans toute la Turquie. Des motifs de coq furent découverts en 2003 sur un bas-relief vieux de 900 ans lors de fouilles dans l’ancienne ville de Laodicée, à proximité du site de Denizli.

Le coq est devenu le symbole de cette ville de Turquie car une race de coq se dénomme Denizli. Il n’existe aucune information détaillée sur l’histoire passée de cette espèce. Cependant, il s’agit d’une race endémique locale qui a survécu grâce à l’intérêt porté par les habitants de cette région pour les coqs au long chant. Elle est reconnue parmi les 108 races de poule du British Poultry Standard. Cette race se décompose en plusieurs groupes selon la couleur, la forme de la crête et la structure du corps. Avec un plumage coloré et une posture fière, le coq pèse environ 3 à 3,5 kg et est surtout réputé pour son chant harmonieux et long (il peut atteindre 20 à 25 secondes). Les yeux du coq attirent l’attention par leur couleur noire et leur aspect khôlé. Les poules ont un poids moyen compris entre 2 et 2,5 kg, pour un rendement en œufs de 90 à 130 en moyenne

Aujourd’hui, il est possible de voir le symbole ou la statue du coq partout dans la ville. Le coq donne son nom également à une fameuse türkü (chanson populaire) nommée Denizli’nin Horozları (Les coqs de Denizli). Cet animal-totem a gagné une réputation nationale et internationale. Résultat, dans la culture turque, le coq représente le courage, la force et l’indépendance.

#225 – FC Copenhague : Løverne

Les lions. Le FC Copenhague s’est imposé comme l’équipe numéro 1 du Danemark à compter des années 2000 et joue régulièrement les phases de poule de la ligue des champions. Beau résultat pour un club qui ne fut créé qu’en 1992. En effet, il résulte de la fusion de deux clubs historiques de Copenhague : Kjøbenhavns Boldklub (fondé en 1876) et du Boldklubben 1903 (fondé en 1903). Si ces deux clubs étaient des places fortes de Copenhague et du football danois (jusqu’à la fin des années 70 ils avaient remporté en cumulé 22 championnats et 3 coupes du Danemark), ils connaissaient à cette période de nombreuses difficultés sportives ou économiques. L’achèvement du nouveau stade de la sélection danoise, le Parken Stadium, offrit un environnement propice à la fusion en offrant une enceinte moderne pour accueillir la nouvelle formation. Comme dans toute fusion, il fallut choisir de nouveaux symboles. Lors d’une conférence de presse le 21 avril 1992, le logo du club fut présenté et l’idée originale du design fut proposé par Keld Jørgensen, manager de longue date du club de KB: une tête de lion bleu avec la crinière stylisée sur fond blanc (qui comprenait également le nom du club et un drapeau danois). La tête de lion s’inspira des armoiries de la vieille ville de Copenhague (ainsi que celles du Danemark – trois lions sur un écu d’or). En outre, le lion, le roi des animaux, symbolisait le courage et la force, dont l’équipe devait faire preuve. Comme espéré, le club fut rapidement surnommé les Lions et la mascotte du club apparut sous la forme d’un lion nommé Leo.

#208 – FC Nantes : les Canaris

Comme beaucoup d’équipe évoluant en jaune, le club nantais a hérité du surnom « les canaris » . Ces couleurs jaunes et vertes furent décidées lors de la création du club. Au printemps 1943, 5 clubs amateurs de la région nantaise, sous l’impulsion de 3 entrepreneurs locaux, Marcel Braud, Marcel Saupin et Jean Le Guillou, fusionnèrent pour donner naissance au FC Nantes afin de « développer, par la pratique du football, les forces physiques et morales des jeunes gens et pour créer entre tous les membres, des liens d’amitié et de solidarité ». Cet objet, dans la lignée de la politique de vichy, n’était pas un hasard car les 3 entrepreneurs étaient des collaborationnistes et Jean Le Guillou fit sa fortune en travaillant pour la Luftwaffe et la Kriegsmarine. Avec cet argent, Jean Le Guillou acquît des cabarets parisiens, des bijouteries, des boutiques de haute couture ainsi qu’une écurie de chevaux de courses. Dans son haras, figurait un crack, dénommé Ali Pacha qui était monté par un jockey en casaque jaune et verte. Fasciné par son crack et mécène du jeune club, Jean Le Guillou fit adopter alors les couleurs jaunes et vertes au club de football.