#1467 – Independiente Santa Fe : los Leones

Les lions. L’animal n’est évidemment pas endémique de la région de Bogota mais le roi de la savanne s’imposa comme la mascotte du club il y a une cinquantaine d’année et lui donna son surnom. Remontons à la genèse de l’histoire. En 1975, suivant l’exemple de plusieurs clubs à travers le monde, la direction d’Independiente, et en particulier son président, Guillermo Cortés Castro, prit la décision de se doter d’une mascotte. Le premier choix se porta sur un pigeon voyageur mais l’oiseau ne collait pas avec l’image de force que la direction voulait que la mascotte véhicule. Le choix se porta alors sur le lion. Le félin représente parfaitement la férocité et la garra (la hargne), des valeurs chères à l’équipe. Mais, la mascotte ne devait pas rester une image graphique ou une poupée de mousse et la direction voulait un véritable lion à exhiber lors des matchs pour galvaniser les joueurs et les supporteurs.

Le journaliste Daniel Samper Pizano, alors membre du conseil d’administration du club, fut charger de trouver le félin. Ses recherches le menèrent au zoo de Pereira, où un jeune lionceau nouveau-né lui fut confié. L’animal reçut le nom de Monaguillo (enfant de chœur). Ce baptême n’était pas fortuit : il s’agissait du terme employé par l’institution de la capitale pour désigner les joueurs de ses catégories inférieures, lesquels arboraient des tenues blanches rappelant celles des jeunes assistants des prêtres lors des offices religieux.

Après un premier mois passé dans la ville de Cali, le jeune lion fut officiellement transféré au siège de l’Independiente Santa Fe, dans le quartier de Teusaquillo à Bogota. Installé dans un patio contigu à la salle de réunion, l’animal partageait indirectement le quotidien des dirigeants. Il avait notamment pris l’habitude de réagir à l’odeur des sandwichs au jambon et au fromage consommés par le comité : si sa part ne lui était pas offerte, Monaguillo manifestait son mécontentement en lâchant de puissants rugissements. D’après les témoignages de l’époque, le félin accompagnait les joueurs dans le bus de l’équipe. Il posait pour les photographes vêtu de l’uniforme du club.

Les supporters eurent l’occasion de découvrir leur nouvelle mascotte le 24 août 1975 au stade El Campín. Présenté par le défenseur Rafael Pacheco, le lionceau assista à la victoire de son équipe contre le Deportivo Cali (2-0), marquée par les buts de Ramiro Viáfara et Juan Carlos Sarnari. En grandissant, sa carrure imposa qu’il soit par la suite transporté dans une cage pour faire le tour du stade. La présence de Monaguillo s’est révélée être un véritable porte-bonheur : l’année de son arrivée, le club de Bogota remporta sa sixième étoile, sacrant ainsi le lion comme son symbole suprême.

Bien que son comportement fût calme, Monaguillo était un animal sauvage, aux instincts imprévisibles. Surtout, sa taille adulte finit par exiger son transfert vers le zoo Santacruz, situé en périphérie de la ville, où il passa le reste de son existence. La vie de Monaguillo s’acheva de manière tragique des suites d’une injection vétérinaire mal administrée par un étudiant. Selon les rumeurs de l’époque, ce dernier aurait été un supporter des Millonarios, le grand club rival. Malgré cette triste fin, l’héritage de Monaguillo demeure intact et, un demi-siècle plus tard, le rugissement du lion reste l’âme indéfectible de l’Independiente Santa Fe.

#1023 – Independiente Santa Fe : los Santafereños

Ne cherchez pas la ville de Santa Fe en Colombie car vous n’en trouverez pas. Le Santa Fe du club est le nom du district (et même d’une rue) de Bogota où le club prit ses quartiers. En 1939, le Gimnasio Moderno, un collège privée de la ville, fêtait ses 45 ans et pour l’occasion, un match de football fut organisé entre l’équipe de l’école et celle des anciens élèves de l’institution. Ce match encouragea les anciens étudiants à poursuivre la pratique du football et à se mesurer à d’autres équipes de la capitale colombienne issues de ses écoles et collèges. Les joueurs étaient pour la plupart des étudiants du Colegio Mayor de Nuestra Señora del Rosario, une des plus anciennes universités de Colombie (fondation en 1653), qui se situait dans la quartier de Santa Fe. Ils se réunissaient donc à quelques encablures de l’Université au Café del Rhin, situé au passage Santa Fe. Etant donné ce lieu de rencontre, ils se faisaient déjà connaître sous le nom de los Santafereños.

Ce terme était assez utilisé pour désigner les habitants du district de Santa Fe, qui constitue le centre historique de la capital. La ville de Bogota fut fondée par Gonzalo Jiménez Quesada le 6 août 1538 sous le nom de Santa Fe de Bogotá, à l’endroit qui constitue aujourd’hui la célèbre Plaza de Bolívar, au cœur du district actuel de Santa Fe.

Au début de 1941, la recurrence des matchs et l’organisation qui en découlait ainsi que les oppositions que les jeunes pouvaient rencontrer du fait que leur pratique pouvait gêner le voisinage poussa l’équipe amatrice d’étudiants à se structurer en fondant officiellement un club qui s’inscrivit à l’Association Sportive de Bogota. Ce nouveau club ne pouvait pas prendre le nom connu de l’équipe précédente qui était « Ex-élèves du Gimnasio Moderno » ou « Santafereños ». Trop restrictif, pas assez symbolique au gout des fondateurs. Dans les statuts de fondation du club, il était inscrit « Dicho club tendrá un carácter meramente deportivo, sin perseguir lucro de ninguna especie » (Ledit club aura un caractère purement sportif, sans recherche de profit d’aucune sorte). En effet, les fondateurs voulaient un club dédié au football par conviction et non par appât du gain, un club portant un certain esprit romantique, hermétique à l’influence d’entreprises ou d’investisseurs. En cela, il apparaissait comme un club indépendant. En outre, les étudiants baignaient dans la nostalgie de l’indépendance colombienne. En effet, cœur historique de la ville, le quartier de Santa Fe regroupe un certain nombre de monuments et lieux, honorant l’indépendance du pays (Parque de la Independencia, construit en 1910 pour commémorer le premier centenaire de l’Indépendance, Parque Santander où se situe la statut de Francisco de Paula Santander, héros de l’Indépendance …). Toutefois, comme il existait déjà un club en Argentine du nom de CA Independiente, les fondateurs accolèrent au nom Independiente le nom du passage Santa Fe qui avait abrité les premières réunions du club.

#247 – Independiente Santa Fe : los Cardenales

Les cardinaux. Plusieurs versions se rapportent à ce surnom mais ils font tous référence à la couleur rouge que les maillots du club arborent. Ainsi, ce maillot rappellerait le rouge des habits des cardinaux ou celui du plumage du Cardinal Rouge (sachant que cette oiseau tire son nom de la couleur rouge du plumage du mâle qui rappelle les vêtements rouges des cardinaux). Au final, tout revient aux cardinaux catholiques. Pourquoi le club joue en rouge et blanc ? Là aussi, il existe plusieurs versions. Une chose est sure, lors de son premier match, l’équipe évoluait avec un maillot bleu. Mais, la couleur souffrit au fil des lavages. Le club confectionna un nouvel uniforme en vert pour le remplacer. Mais, ces derniers se délavèrent également. Les supporteurs et l’un des fondateurs du club décidèrent de passer au rouge et blanc en référence au club anglais d’Arsenal. En mai 1942, Santa Fe fut invité à jouer dans la première division de la Ligue de Bogota. Il affronta alors la puissante équipe de l’Université, match auquel le club porta pour la première fois son maillot rouge à manches blanches. Il le remporta 7 buts à 3.