#164 – Club Bruges KV : les Gazelles

Ce surnom est surtout utilisé par les francophones. Il fait référence aux premières années du Club, au début du XXème siècle. Après quelques fusions, absorptions, scissions, le club trouva de la stabilité à partir de 1902. Commença alors une période dorée pour le club même s’il fallut attendre près de 20 ans pour remporter le premier titre (Championnat de Belgique en 1920). Jusqu’au début de la première guerre mondiale, le club termina 8 saisons consécutives sur le podium, dont 3 fois fois vice-champion (1906, 1910 et 1911) et 5 fois troisième. Le titre de 1910 lui échappa lors d’un test-match décisif face à l’Union Saint-Gilloise. En 1911, le club échoua d’un point derrière leurs rivaux du Cercle Bruges. Cette équipe qui fit connaître ses premières heures de gloire au Club Bruges était emmené par un trio de joueurs offensifs, Charles Cambier, Hector Goetinck et Robert De Veen. Les 3 joueurs étaient nés à Bruges et les deux premiers furent toujours fidèles au club, jouant même respectivement jusqu’à 41 et 42 ans. Charles Cambier fut considéré comme le meilleur joueur belge d’avant-guerre. Leur renommé dépassa les frontières en portant la tunique des diables rouges. Ces deux joueurs étaient notamment connus pour leur pointe de vitesse et furent surnommés les Gazelles.

La gazelle est l’un des rares animaux à pouvoir rivaliser avec le guépard, l’animal le plus rapide sur terre (en pointe à 120 km/h). En effet, la gazelle cours en moyenne à 80 km/h sur des distances de 20 km. Elle peut faire des pointes à quasiment 100 km/h. Parmi la famille des gazelles, le springbok et l’antilope se distinguent avec des pointes à 110/115 km/h.

#163 – FC Red Bull Salzburg : die Bullen

Les taureaux. Fondé en 1933, l’Austria Salzbourg, qui connaîtra ses heures de gloires entre 1993 et 1997 (le club remporta ses 3 premiers titres nationaux (1994, 1995, 1997), 3 super coupes (1994, 1995, 1997) et surtout atteignit une finale de Coupe de l’UEFA (1994)), fut racheté par le groupe de boisson énergisante, Red Bull. Ce dernier fut créé en 1984 par Dietrich Mateschitz et Chaleo Yoovidhya. Son siège social se situe à Fuschl am See, dans le land de Salzbourg en Autriche.

Le groupe autrichien poursuit une politique de mécénat et de sponsoring sportif important, au cœur de sa stratégie de communication et de marketing. En 2012, il est associée à environ 500 athlètes et 600 manifestations sportives. Il compte notamment deux écuries de formule 1 (Red Bull Racing et Alpha Tauri). Dans le football, Red Bull commença par racheter le club de Salzbourg et depuis, acquit ou créa 6 autres clubs à travers 3 continents (New York Red Bulls, Red Bull Brasil, Red Bull Bragantino, RB Leipzig, Red Bull Ghana et FC Liefering). Comme le déclarait Dietrich Mateschitz, son implication dans le sport devait être total, Red Bull ne pouvant être un simple sponsor. En outre, placée au cœur de la stratégie marketing, cet investissement ne pouvait se limiter à simplement apparaître sur le maillot des équipes. Ainsi, pour Salzbourg, suite au rachat, Red Bull fit table rase de toute la symbolique de l’Austria. Adieu nom, blason et couleurs. Le club fut renommé « FC Red Bull Salzbourg » et son logo comme ses couleurs furent modifiés afin de copier ceux de la marque. Les deux taureaux s’affrontant, logo de la marque, apparurent alors sur l’écusson du club. Le surnom vient naturellement en s’inspirant lui aussi de la marque de boisson, Red Bull signifiant taureau rouge.

La présence de ces taureaux sur le logo de la marque depuis ses débuts provient de la symbolique de la boisson populaire thaïlandaise, qui portait le nom de Krating Daeng (taureau rouge) et dont s’était inspiré Red Bull. Tout d’abord, les deux boissons énergisantes se basent notamment sur la taurine, un acide aminé découvert dans la bile de taureau. En outre, s’agissant d’une boisson énergisante, le taureau exprimait leur vitalité et leur force. Enfin, sponsor des boxeurs de Muy Thaï, la société thaïlandaise avait opté pour deux taureaux qui s’affrontent pour représenter leur boisson.

#162 – Borussia Mönchengladbach : die Fohlen

Les poulains. La Bundesliga avait à peine 2 ans quand elle vit débarquer en 1965 onze fougueux et jeunes joueurs venant de Rhénanie-du-Nord. Un an plus tôt, l’entraîneur Hennes Weisweiler prit la tête de l’équipe. Le club avait peu de moyens et ne pouvait ni se permettre de conserver ses meilleures éléments, ni recruter des stars. Hennes Weisweiler décida de promouvoir ou recruter de jeunes joueurs, tels que Werner Waddey (18 ans), Bernd Rupp (21 ans), Jupp Heynckes (19 ans), Günter Netzer (19 ans) et Herbert Laume (20 ans). Il présenta ainsi la plus jeune équipe du championnat (avec une moyenne d’age de 21 ans). En outre, il instaura un système de jeu très offensif basé sur une circulation rapide du ballon, des changements de rythmes constants, des mouvements incessants, une recherche frénétique du but adverse tout en laissant une grande liberté aux joueurs. Ce football rapide et intense donna des résultats immédiatement avec de larges victoires (7-3 lors de la 3ème journée contre Westfalia Herne, 10-1 lors de la 5ème journée face au STV Horst-Emscher) et conquit les spectateurs. Mais également la presse. Le rédacteur en chef du quotidien régional, Rheinische Post, Wilhelm August Hurtmanns surnomma les jeunes fougueux joueurs de Weisweiler les poulains. Les années suivantes (et surtout la décennie 70) virent ces fameux poulains briser l’hégémonie du Bayern et conquérir 5 titres de champion d’Allemagne, 1 coupe d’Allemagne, 2 coupes de l’UEFA et une finale perdue de la coupe des clubs champions.

#155 – Club América : Águilas

Les aigles. Souvent, il est apparu dans les articles du site que le surnom de l’équipe remontait aux origines du club. Mais, ce n’est pas toujours le cas, comme pour ce club populaire mexicain. L’aigle est devenu le symbole et donc le surnom du club bien après sa création. Bien que cet emblème apparu fugacement dans une variante de l’écusson du club en 1938, il s’imposa massivement au début des années 1980.

A cette époque, le club entama une grande restructuration, après avoir terminé 13ème lors de la saison 1980-1981 (son pire classement depuis 1948-1949). Tout d’abord, l’entraîneur José Antonio Roca fut remercié et remplacé par Carlos Reinoso. Puis, le 10 septembre 1981, le président Guillermo Cañedo quitta la présidence après 20 ans et Emilio Díaz Barroso prît le relais. Ce dernier imposa tout de suite sa marque en voulant renforcer l’image du club. Le 20 septembre 1981, il prît la décision de prendre pour le club comme symbole et surnom « les Aigles » car l’animal représente l’orgueil et surplombe ces proies dans les airs.

Il faut garder à l’esprit que l’Aigle est un symbole fort au Mexique. Sur le drapeau national, l’aigle apparaît avec un serpent dans le bec et posé sur un nopal (cactus). Ces armes sont inspirées de la légende de Tenochtitlan, zone où se trouve la ville de Mexico (où siège le club). Selon le récit, les dieux auraient dit aux Aztèques de fonder une ville là où ils trouveraient un aigle en train de dévorer un serpent, posé sur un nopal.

Appuyé par une grande et longue (près de 20 ans) campagne marketing et publicitaire (le club étant lié au groupe de média Televisa, ce matraquage fut facilité), ce surnom s’imprima chez les supporteurs et les médias, supplantant alors les autres vieux surnoms. Ce changement s’imposa aussi car ce surnom accompagna le renouveau du club. En effet, lors de la saison 1981-1982, l’équipe termina deuxième dans le tableau général et fut éliminée en demi-final des play-off. La saison suivante, le club réalisa l’une des meilleures performances de l’histoire de la saison régulière, concluant le tournoi avec 26 victoires, 9 nuls et 3 défaites en 38 matchs, 69 buts pour et 27 contre et s’adjugeant les titres de meilleure attaque et meilleure défense. Mais, l’équipe échoua une nouvelle fois en demi-final des play-off. La saison suivante permit d’atteindre le Graal avec le gain du titre de Champion du Mexique. Exploit renouvelé la saison d’après. Au final, avec ce changement, notamment de surnom, le club recommença à déployer ses ailes sur le football mexicain.

#153 – SL Benfica : Águias

Les aigles. Il s’agit de l’animal symbole du club de la capitale portugaise. Lors de la réunion du 28 février 1904, un groupe de 24 anciens élèves de la Casa Pia de Lisbonne (une institution d’Etat dont la mission est de promouvoir les droits et la protection des enfants) fondèrent un club de football. Ils hésitèrent pour le nom entre Sport Lisbonense de Lisboa ou Sport Lisboa, ce dernier étant finalement retenu. Lors de cette première réunion, les membres décidèrent également de la symbolique complète du club : couleurs rouge et blanc (#1305) et la devise latine « E Pluribus Unum » qui signifie « de plusieurs, un ! » . L’aigle fut également retenu comme l’animal totem. Aux yeux des fondateurs, il représentait l’indépendance, l’autorité et la noblesse, les valeurs que le club devait porter et souhaitait défendre. Dès le début, l’aigle fut incruster au blason, étant donné sa valeur héraldique forte.

En 1908, le Sport Lisboa fusionna avec son voisin du Sport Clube de Benfica. Sport Lisboa fournit tous ses joueurs, ses couleurs, son écusson et donc son oiseau fétiche à la nouvelle association dénommée Sport Lisboa e Benfica. Avec ses ailes déployés, son bec ouvert et la tête haute, l’aigle surmonte l’écusson du club encore aujourd’hui et montre la fierté, l’esprit d’initiative et les objectifs élevés du club lisboète.

Mais, sa présence ne s’arrêta pas à l’écusson du Benfica. Depuis l’inauguration de l’Estádio da Luz le 25 octobre 2003, un aigle survole le stade avant la présentation de l’équipe lisboète (tradition copiée depuis par la Lazio #306 et Ludogorets #263) et atterrit sur un écusson du club sans aigle, venant alors compléter le symbole du club. Cet aigle, qui se nomme Vitória (Victoire), est un pygargue à tête blanche, originaire des Amériques, et 2 autres, dénommés Glória (Gloire) et Luz (Lumière), l’accompagnent désormais.

Voir le footichiste

#149 – VfL Wolfsburg : die Wölfe

Les loups. Ce surnom est attaché à la ville de Wolfsburg. Regardons les armoiries actuelles de la ville qui remonte à 1947. Elles montrent principalement un chateau à deux tours, avec un loup qui le surplombe, et font référence au nom de la ville, qui est la contraction des mots wolfe (loup) et burg (château).

La première mention de la ville remonte à 1302 et indique qu’il s’agit du siège de la famille von Bartensleben. Cette famille de petite noblesse occupait des fonctions ministérielles et avait donc reçu plusieurs fiefs de divers souverains à partir du XIIIème siècle. Originaire du village de Bartensleben près de Helmstedt, ils firent construire le Château de Wolf en 1300 pour en faire leur nouvelle résidence. Ce chateau, certes remodelé, existe encore et a donné son nom à la ville. Si la présence de loup était probable dans la région, ce nom provient des armoiries de cette famille qui remontent à 1188 et que l’on peut découvrir dans le chateau. Elles montraient un loup argenté (blanc) sur fond rouge bondissant par dessus deux faisceaux de céréales.

Ce n’est qu’en 1938 que le village se transforma en une ville sous l’impulsion de l’installation de l’usine Volkswagen consacrée à la fabrication de la Coccinelle. Devenu une ville de plus de 100 000 habitants, elle reste attachée à ses origines et la ville reprit le loup dans son blason. Pendant longtemps, les armoiries de la ville avec le loup étaient présentes sur chaque volant de Volkswagen. Le club de football hérita logiquement de ce surnom.

#142 – Santos FC : Peixe

Poisson. La référence au poisson est bien entendu lié à la qualité de ville portuaire de Santos. Son port est un lieu de commerce important, en concentrant plus du quart des échanges de la balance commerciale brésilienne. Le complexe portuaire s’est développé à partir de 1867 avec l’ouverture d’une ligne ferroviaire de 79 kilomètres reliant São Paulo au Port de Santos qui permit l’exportation de la production de café. En 1912, année de fondation du club, le port de Santos était le premier au monde pour le commerce de café. Aujourd’hui, il écoule la plus grande partie de la production des États céréaliers comme ceux de Sao Paulo, du Minas Gerais (sud-est), de Goias et du Mato Grosso do sul (centre-ouest). Le port de Santos est classé au 38ème rang mondial pour le trafic de conteneurs et le 1er en Amérique latine.

Le surnom fit son apparition en 1933. Le 12 mars 1933, le premier match de football professionnel eut lieu au Brésil, entre Santos et l’ancêtre du Sao Paolo FC. Les fans de l’équipe de São Paulo da Floresta décidèrent de provoquer les supporteurs de Santos en les appelant péjorativement peixeiros (les poissonniers). Ces derniers répondirent fièrement en criant « peixeiros, sim com muita honra » (les poissonniers, oui avec grand honneur). A la même époque, le dessinateur João Brito, dans les pages de « A Gazeta Esportiva » , représentait Santos sous la forme d’un poisson. Qui influença l’autre ? En tout cas, les supporteurs comme João Brito s’inspirèrent peut-être du premier dessin où Santos fut représenté sous la forme d’un poisson. C’était en 1921 dans le journal pauliste, « Ítalo Paulista, IL Pasquino Coloniale », où un supporteur du club de Palestra Itália (le futur Palmeiras) était au bord de la mer et admirait un poisson, représentant l’équipe de Santos.

Si son surnom rappelle le lien entre la ville et le mer, sa naissance ne le plaçait pas sous les meilleures auspices maritimes. Le club fut fondé à l’initiative de 3 sportifs de la ville, Francisco Raymundo Marques, Mário Ferraz de Campos et Argemiro de Souza Júnior, le Dimanche 14 Avril 1912. Or, ce jour là, un peu plus tard dans la soirée (à 23 h 40), le célèbre paquebot transatlantique Titanic heurtait un iceberg et entamait sa longue descente vers les entrailles de la mer.

#141 – Newcastle United : the Magpies

Les pies. En observant le plumage noir et blanc de l’oiseau, on comprends très vite la raison de ce surnom puisque le club du nord de l’Angleterre évolue dans des maillots rayés blancs et noirs. Comme souvent, il ne s’agit pas des couleurs originels du club. Newcastle United naquit en 1892 de la fusion de deux clubs de la ville, Newcastle East End FC et Newcastle West End FC. Une fusion ? Plutôt une absorption de West End par East Eand. En effet, les deux clubs étaient rivaux mais West End connut des difficultés financières qui poussèrent les dirigeants à demander un rapprochement avec East End. Cette fusion se concrétisa donc en 1892. Si le club changea de nom pour United, afin de rappeler que les deux clubs étaient maintenant unis, la nouvelle institution garda pourtant les couleurs du vainqueur, East End, ie un maillot rouge et un short blanc (ou peut-être rayé). Les uniformes étaient chers et, si les membres des deux clubs souhaitaient s’unir et effacer leur vieille rivalité, les finances du clubs ne permettaient certainement pas d’achever cette union en changeant de couleur. Toutefois, lors de plusieurs matchs (notamment face à Liverpool ou Arsenal), les deux adversaires se retrouvaient à joueur sous les mêmes couleurs rouges, ce qui évidemment posait des difficultés d’organisation : une des deux équipes devaient trouver un kit de rechange (or, comme dit plus haut, les équipements étaient chers et les clubs n’avait pas plusieurs kits, et encore moins des maillots à domicile et d’autre pour jouer à l’extérieur – on ne parle donc même pas de version third). Il s’avéra qu’un jour de match, Newcastle trouva, comme rechange, un kit de maillots rayés noirs et blancs. On ne sait pas d’où provenait ce kit de rechange. Il semblerait que l’équipe junior jouait avec de tel maillot et l’équipe senior les emprunta. Il se pourrait aussi que Newcastle les avait empruntés à la ligue régionale du comté de Northumberland, auquel Newcastle était attaché. Au final, un passage permanent au noir et blanc suivit rapidement, très probablement pour réduire les conflits de maillots avec les équipes évoluant en rouge, et peut-être aussi afin d’apaiser les anciens supporteurs de West End qui ne se retrouvaient pas dans les couleurs de leur rival de East End. La décision fut donc prise en 1894, comme le révèle le procès-verbal de la réunion du club: « Il a été convenu que les couleurs du club devraient être changées des chemises rouges et des culottes blanches en chemises noires et blanches (rayures de deux pouces) et des culottes foncées ».

Mais pourquoi les maillots de rechange étaient de couleurs noire et blanche ? Là aussi, il existe de nombreuses versions. L’une d’elle se rattache au comté de Northumberland. Ce dernier possède un tartan officiel, également connu sous le nom de Shepherd Plaid ou Border Tartan. Il s’agit d’un tissage croisé à partir de laine de mouton noire et blanche non teinte, affichant au final des petits carreaux noirs et blancs. Une autre théorie remonte à la guerre civile anglaise et au marquis de Newcastle, William Cavendish, et à son régiment Whitecoats. Le régiment portait des manteaux de laine non teints (qu’ils juraient de teindre en rouge avec le sang de l’ennemi) et combattait sous la crête héraldique Cavendish, qui était principalement en noir et blanc. Enfin, une autre version implique une paire de pies qui nichait au stade de St James’ Park et fut « adoptée » par les joueurs de Newcastle. Cette version, qui n’est pas plus admise que les autres, pourrait boucler la boucle avec le surnom.

#137 – OGC Nice : les Aiglons

Le club niçois tire son surnom des armoiries de la ville où figure un aigle dominant trois collines et la mer. On retrouve la trace de ces armoiries dès 1431 dans des parchemins contenant les statuts de la commune de Nice délivrées par le Duc de Savoie, Amédée VIII. A cette époque, Nice était rattaché au Duché de Savoie depuis seulement quelques années. Suite à un problème de succession, entre 1380 et 1388, deux maisons (la maison d’Anjou-Sicile et la maison de Duras) s’affrontèrent pour la domination du Comté de Nice. Le Pays Niçois était rallié à la Maison de Duras mais faisait face aux Provençaux et leurs alliées de l’armée d’Anjou. Incapable d’être secouru par les Duras, les niçois se tournèrent vers Amédée VIII et la Maison de Savoie pour les défendre. Le 28 Septembre 1388, une carte connue sous le nom d’acte de dédition de Nice à la Savoie donna des premiers droits à Amédée VIII sur le Comté de Nice. Ces derniers furent réaffirmés face à la Maison Duras en 1391. Puis en 1419, la Maison d’Anjou-Sicile, par la régente de Naples Yolande d’Aragon, abandonna ses prétentions sur la région, marquant le rattachement définitif de Nice aux possessions de la Maison de Savoie. Cette incorporation étant nouvelle, le Duc souhaita marquer de son seau la ville. Or, Amédée VIII n’était pas uniquement Duc et avait également le titre de vicaire impérial, ce qui lui donnait une autorité et un prestige complémentaire. État indépendant rattaché au Saint-Empire romain germanique, la Maison de Savoie avait obtenu ce titre au XIIIème. Ainsi, pour affirmer leur domination sur la ville, les Ducs de Savoie imprimèrent, sur les armoiries de la cité, l’aigle, emblème impérial, qui dominait 3 collines et la mer, représentant le pays niçois.

Cette tradition de l’aigle sur les armes d’une ville impériale était largement diffusée au sein du Saint-Empire romain germanique, particulièrement pour les villes dites libres ou impériales. Aujourd’hui, les villes d’Aix-la-Chapelle (Allemagne – ville impériale en 1166), de Besançon (France – ville impériale en 1290), Dortmund (Allemagne – ville impériale en 1236), Essen (Allemagne – ville impériale en 1377), Lübeck (Allemagne – ville impériale en 1226), Nimègue (Pays-Bas – ville impériale en 1230), Nördlingen (Allemagne – ville impériale en 1215) ou Reutlingen (Allemagne – ville impériale vers 1240) affichent sur leurs armoiries, généralement un aigle noir sur fond jaune. Ce symbolisme était directement tiré des armes du Saint-Empire romain germanique (d’or, à l’aigle déployé à bec de sable et membré de gueules). Le Saint-Empire était une sorte de confédération de plusieurs Etats et principautés mais n’a jamais constituait un Etat-Nation au sens moderne. Issu de la décomposition de l’Empire de Charlemagne après le traité de Verdun (843), cet ensemble débuta par la réunion de deux divisions de l’Empire carolingien au Xème siècle et s’étendait principalement sur une partie de l’Allemagne et de l’Italie actuelle (jusqu’au XIVème siècle). Ainsi, les dynasties qui régnèrent qualifièrent l’Etat de « Saint » (à compter de 1157) pour exprimer que son monarque était établi par la volonté de dieu et régnait par droit divin. Ensuite, le terme « Romain » apparu vers 1184 (et de façon constante à partir de 1254) établissait un lien direct entre l’ancien Empire Romain (disparu en 476) et le nouvel Etat (qui occupait des régions historiques de l’Empire Romain). D’ailleurs, le monarque du Saint-Empire était titré « Empereur des Romains ». Pour renforcer l’héritage, les armes du Saint-Empire reprit les attributs de Rome dont l’Aigle. L’oiseau à l’époque de l’Empire romain était le protecteur des légions sur le champ de bataille et, selon leur croyance, favorisait les victoires des Romains au combat. Il apparaissait sur l’étendard des légions (aquila). Dès l’antiquité grec, l’aigle, animal favori de Zeus, le Dieu de tous les Dieux, symbolisait la puissance, la victoire et la prospérité. Dans la mythologie romaine, il demeurait attaché au Dieu des Dieux, Jupiter, en étant son messager. Pour le Saint-Empire, les armes d’un aigle noir sur fond jaune devint attestées vers 1250, la « Chronica maiora », un livre historique du moine bénédictin anglais, Matthieu Paris, attribuant un Reichsadler (l’aigle impérial) à deux têtes à l’Empereur Otto IV. Ce symbole, le Reichsadler, a traversé les âges, en étant représenté sur les armes du Saint-Empire, l’Empire Allemand, la République de Weimar, le 3ème Reich et jusqu’à aujourd’hui, la République Fédérale Allemande.

L’aigle se retrouve aujourd’hui sur l’écusson du club.

#135 – Grasshopper Club Zurich : Hoppers

Hoppers est évidemment le diminutif de Grasshopper, qui est le mot anglais pour sauterelle. L’animal est l’emblème du club depuis sa création. Mais pourquoi s’appeler ainsi ? Le 1er septembre 1886, le Grasshopper Club Zurich fut fondé, comme beaucoup d’autres clubs à travers le monde à cette époque, par un anglais, l’étudiant Tom E. Griffith. Il opta pour les couleurs bleue et blanche car c’étaient à la fois les couleurs de la ville de Zurich mais également celles de son club de football préféré, les Blackburn Rovers, en Angleterre. L’origine de Grasshopper est inconnue. Mais, les clubs nouvellement créés, souvent donc par des expatriés anglais, optaient pour des noms à consonance anglaise, rappelant ainsi la mère patrie des fondateurs comme du sport. En outre, dans la province du Lancashire où se situe Blackburn, il existait un club de rugby dénommé Preston Grasshoppers RFC. Ceci inspira donc les créateurs à donner ce nom pour le club. Toutefois, il existe une autre version qui demeure la plus communément admise. Les premiers joueurs du club étaient convaincus qu’ils évoluaient aussi agilement et habilement que les sauterelles.