#1229 – FC Roskilde : Ørnene

Les aigles. Evoluant dans le stade Roskilde Idrætspark surnommé Ørnereden (le nid d’aigle) et affichant la tête d’un l’aigle sur son écusson, le club aime le majestueux oiseau. En 2004, 3 clubs (Roskilde Boldklub (fondé en 1906), Svogerslev Boldklub et Himmelev-Veddelev Boldklub (fondé en 1925) de la région de la ville de Roskilde, en Zélande, décidèrent de créer une superstructure, portant leur équipe élite. L’objectif était que ce nouveau club eût les moyens d’évoluer au plus haut niveau professionnel, constituât l’identité sportive de Roskilde et retînt les talents locaux. Objectif réussit en 2008 quand il gagna sa promotion au sein de l’élite danoise.

Pour la symbolique de cette nouvelle structure, les 3 clubs optèrent pour l’emblème de la ville, l’aigle. En effet, l’écusson actuel de la municipalité, enregistré le 15 mars 1938, est un aigle aux ailes déployés (Un bouclier d’argent [blanc] avec un aigle noir aux bras d’or au-dessus d’un mur rouge entourant une source bleue avec trois roses nageuses) et ce symbole n’est pas né d’une lubie d’une équipe marketing. Les premières traces de l’aigle remontent à un sceau de la ville, datant de 1286 (mais ses origines pourraient s’établir vers 1250). A vrai dire, le sceau fait apparaître un oiseau, assimilé à un aigle. Peut-être l’aigle impérial du Saint Empire car, au XIIIème siècle, les finances de la ville étaient tenus par un ressortissant du Saint Empire. Probablement aussi que l’aigle représentait un signe de puissance et de fierté d’une guilde de la ville. Toutefois, cela aurait pu être un faucon car, selon certaines légendes, la ville disparue de Høgekøbing serait à l’origine de la cité de Roskilde. Dans le Chronicon Lethrense, un texte danois du XIIème siècle, le roi légendaire Hrothgar aurait choisi de déplacer les habitants de la ville de Høgekøbing vers l’endroit où il fonda Roskilde. Or, Høgekøbing signifiait la ville faucon et les armes de Roskilde serait donc parlante.

#1224 – Sarıyer SK : Beyaz Martılar

Les mouettes blanches. Intégré au grand Istanbul, Sariyer se situe au nord-est de la capitale turque, sur les bords de la Mer Noire, à l’ouest de l’embouchure du Bosphore, côté européen. Avec ses bâtiments historiques (la forteresse Rumeli Hisarı, le chateau de Rumeli Feneri, le phare de Rumeli, les magnifiques demeures côtières Yalı), ses espaces verts (notamment la forêt de Belgrad se déployant sur quelque 5 500 hectares et le parc de Bentler), les restaurants de poisson (en particulier à Tarabya et Garipçe) et la mer avec ses plages, le district constitue une destination touristique appréciée par les stambouliotes. Mais, comme ville maritime et de pêcheurs, elle est également très « fréquentée » par les mouettes. Pour ses habitants, Sariyer est la patrie de la mouette et il serait habituel de se lever avec le cri des mouettes.

Dans les années 1980, le club de Sariyer jouait dans l’élite turque (de 1982 à 1994) et représentait le quatrième club de la capital. Mais, bien entendu, il souffrait de la comparaison avec les 3 autres ogres stambouliotes (Galatasaray, Fenerbahçe et Beşiktaş). Son dirigeant de l’époque, Maral Öztekin, membre du club depuis sa fondation en 1940, avait pour obsession que Sarıyer bénéficie d’une plus grande couverture médiatique. S’il savait que cela passait par les résultats, il était conscient que les symboles avaient également leur importance. Ainsi, lors de son discours d’ouverture de la saison 1986-1987, il déclarait « Fener’in Kanaryası, BJK’nin Kartalı, GS’nin Aslanı var. Bizim niçin olmasın. Bizim de ‘Beyaz Martı’ olsun. » (Fener a son canari (#373), BJK [Beşiktaş] son aigle (#22), GS [Galatasaray] a son lion. Pourquoi pas nous ? Ayons aussi la Mouette Blanche). Ainsi, la mascotte et le surnom naquirent. La mouette s’est imposée dans la culture du club (L’hymne « Sariyer marsi » (La marche de Sariyer) du chanteur et vice-président du club Ferhat Göçer débute par « Beyaz martıdır göklerde süzülen » (C’est la mouette blanche qui plane dans le ciel)) mais également pour tout le district (la statue d’une mouette blanche de 6 mètres de haut fut érigée en 2019).

#1222 – Helmond Sport : Kattenmeppers

Les tapettes à chats ou les mangeurs de chats (traduction non littérale mais proche dans l’idée). Surnom assez peu flatteur pour ce club mais qui s’attache plus généralement aux habitants de la ville de Helmond et pas seulement à ce club fondé en 1967.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les restrictions et confiscations allemandes limitèrent l’accès à la nourriture pour les populations civiles des pays occupés. En particulier, aux Pays-Bas, les conditions climatiques de l’Hiver 1944-1945, l’opération « Market Garden » et les actes de résistance qui bloquèrent les transports et surtout les représailles allemandes accentuèrent cette pénurie alimentaire. Crise amplifiée par la rupture d’approvisionnement en charbon (ce qui limitait l’usage du chauffage et de la cuisine pour les civils). Cette période connue sous le nom Hongerwinter (L’hiver de la faim) se conclût par la mort de plus de 20 000 civils. Pour pallier le manque de nourriture et limiter la malnutrition, la population se mit à chasser et manger des animaux domestiques, en particulier du chat, et des bulbes de plantes. Le chat, dont le goût de la viande se situerait entre le lapin et le lièvre, fut appelé dakhaas (lièvre de toit), ce qui offrait un bel euphémisme. Le phénomène fut généralisé mais c’est précisément Helmond qui reçut ce surnom, parce qu’il semble que ce soit dans cette cité que l’on consommait le plus de chats.

Outre cette version de la pauvreté, il existe une autre théorie. Durant la période du carnaval, par le passé, les habitants de Helmond participaient à un jeu cruel qui ferait hurler aujourd’hui les défenseurs des animaux, le Katknuppelen. Un chat était enfermé dans un tonneau, puis les fêtards tapaient sur le tonneau jusqu’à son éclatement, libérant la créature apeurée. Celui qui parvenait à l’attraper, était récompensé par de la bière. Dans les pires versions, l’animal pouvait être ensuite placé dans une cage en fer et gardé au-dessus d’un feu jusqu’à ce qu’il meure. Tout cela était considéré comme un divertissement populaire, et pas seulement à Helmond.

#1211 – CA Fénix : el Ave

L’oiseau. A Montevideo, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, les échanges commerciaux du Royaume-Uni avec la capitale uruguayenne étaient nombreux, favorisant l’arrivée des nouvelles modes britanniques, notamment le sport. Le football se répandit ainsi à Montevideo et dans chaque quartier de la capitale émergèrent des clubs de football. Dans celui de Capurro, en 1909, un club vit le jour sous le nom de Guaraní mais il cessa ses activités dès 1913. Le 7 Juillet 1916, des jeunes qui avait connu l’aventure Guaraní décidèrent de fonder un nouveau club pour le quartier de Capurro. Ils le nommèrent Fénix (Phénix en Français) en référence à l’oiseau magique qui renaît de ses cendres, afin de signifier que l’ancien club de Guaraní renaissait au travers de la nouvelle association. L’oiseau apparaît sur le blason du club sous sa forme héraldique, ie de face, tête de profil, ailes étendues, sur son bûcher, appelé « immortalité » .

Cet oiseau mythique au plumage souvent rouge et doué d’une extraordinaire longévité (pas moins de 500 ans) a le pouvoir de renaître de son cadavre ou de ses cendres, après s’être consumé sur un bûcher. Il représente ainsi la mort et la renaissance, la survie de l’âme. Cette immortalité le dote d’un grand pouvoir et il est donc un oiseau respecté. Son apparition peut être annonciateur d’un évènement important. Certes, les flammes le brulent, le tuent mais il s’agit d’un feu de purification et de passion. Ainsi, le phénix est également appelé oiseau de feu. Au final, le phénix représente la cyclicité du monde : le cycle de la vie par sa faculté à naître, vivre et mourir, le cycle solaire en accompagnant le feu du soleil de l’aube au crépuscule et le cycle du temps, tout n’étant qu’un éternel recommencement. Mentionné sous le nom de phénix chez les grecs et les romains, il apparaît également dans de nombreuses autres cultures. Ainsi, dans la mythologie égyptienne, il est l’âme du Dieu soleil, Rê et se nomme Bénou. Dans les croyances kurdes et perses, il s’appelle Simurgh ou Rokh. Dans la culture chinoise, il s’apparente à Fenghuang et pour les japonais à Ho-ou. Chez les juifs, les oiseaux Khôl et Ziz présentent les mêmes caractéristiques. Dans le bouddhisme tibétain, on le retrouve sous le nom de Khyung. Enfin, chez les chrétiens, il est l’un des emblèmes du Christ, mort puis ressuscité.

#1210 – Alloa Athletic FC : the Wasps

Les guêpes. Nous ne sommes pas sur une île du pacifique, ensoleillé et où le surf règne en maître mais sur la côte Est de l’Ecosse, dans la ville d’Alloa, dans le comté du Clackmannanshire, où la pluie et le vent font parti du décor. Au XIXème siècle, le football se répandit rapidement en Ecosse et la ville d’Alloa n’y échappa pas. Le club aurait été fondé en 1878 mais selon certaines sources, la date de fondation serait le 6 août 1880. Le nom du club était alors Alloa Association FC mais l’acronyme A.A.F.C. fut mal interprété par le club et la presse de Dumferline qui traduisirent par Alloa Athletic FC. Toutefois, cette erreur plut au club qui modifia son nom en 1881 mais ne l’enregistra officiellement auprès de la fédération qu’en 1997.

Côté couleurs, elles varièrent régulièrement entre noir et orange ou noir et jaune (à l’exception de la saison 1897-1898 où les joueurs évoluèrent avec un maillot rayé blanc et bleu). Le bas varia entre bleu au XIXème siècle à blanc ou noir ensuite. Depuis la fin des années 1990, les teintes se sont stabilisées sur le noir et l’orange foncé, accompagné d’un short noir depuis le milieu des années 1980. Durant près de 100 ans (de 1879 à 1960), la tenue du club était un maillot rayé (verticalement ou horizontalement). Cette combinaison de couleurs et de rayures donna le surnom de wasps.

Durant deux saisons (de 1960 à 1962), un maillot uni fit son apparition (de couleur jaune avec deux bandes horizontales noires). De 1962 à 1972, le traditionnel maillot rayé reprit ses droits. De 1972 à 1998, à quelques rares exceptions (1974-1975), le kit uni s’installa durablement. Finalement, depuis 1998, le maillot aux rayures verticales est de retour. En 1985, le club fit apparaître sur le maillot du club son premier écusson qui s’inspira de son surnom puisqu’il comportait une guêpe.

#1207 – Real Potosí : el León Imperial

Le lion impérial. Malgré une jeune histoire, le club ayant vu le jour seulement en 1988, il est devenu la fierté de la ville de Potosí, face à son vieux rival du Nacional (fondé en 1942). Le Real remporta le premier titre de champion de Bolivie pour la ville de Potosí en 2007 et en 2002, le club faisait découvrir pour la première fois la Copa Libertadores aux potosinos. Toutefois, ces exploits ne sont pas à l’origine de son surnom qui provient de l’histoire de Potosí. Le club opta pour le lion comme symbole et mascotte car le roi des animaux représente le pouvoir, la force et la royauté, des valeurs attachée à l’histoire de la ville de Potosí (tout comme le terme impérial utilisé dans le surnom).

La découverte des terres vierges des Amériques au XVème siècle fit naître rapidement des mythes et des légendes vivaces auprès des explorateurs européens en quête de nouvelle richesse. Il y eut Eldorado (de l’espagnol El Dorado qui signifie « le doré ») qui faisait exister de mystérieuses cités regorgeant d’or au Nord du continent sudaméricain. De même, au Sud, il y avait la célèbre légende de la Sierra de Plata (la montagne d’argent), une montagne qui abriterait des tonnes de métaux précieux. Aucun de ces trésors ne fut découvert mais une montagne entretint ces mythes, le Cerro Rico (Montagne riche). Haute de 4 782 mètres, cette montagne renfermait d’importants gisements de minerai d’argent, déjà connus des incas. Les espagnols s’empressèrent de les exploiter et fondèrent au pied de la montagne la ville de Potosí en 1545. L’immense richesse du Cerro Rico et l’exploitation intense des Espagnols furent la source de sa richesse et provoquèrent son incroyable développement. En 1560, quinze ans seulement après sa naissance, sa population atteignait déjà 50 000 habitants. En 1573, Potosí comptait 120 000 habitants, 150 000 en 1611 et 160 000 habitants en 1650, soit plus que de nombreuses villes européennes comme Séville, Paris et Madrid. Entre 1545 et 1600, la moitié de la production mondiale d’argent était extraite des mines de Potosí et la ville battait monnaie pour la couronne espagnole, dont elle faisait la richesse. La renommée et l’opulence de la ville était si grande qu’un dicton espagnol disait « vale un Potosí » (cela vaut un Potosí) pour signifier que quelque chose vaut une fortune.

Dès 1547, Charles 1er, Roi d’Espagne (mieux connu sous le nom de Charles Quint, Empereur du Saint Empire), accorda le statut de ville impériale à Potosí, titre qui fut confirmé et renforcé par un acte du 21 Novembre 1561, dénommé Capitulación de Potosí. Dans ses armes, la ville hérita logiquement d’abord de l’aigle bicéphale du Saint Empire, puis le Roi Philippe II d’Espagne lui ajouta les armoiries de la couronne espagnole, dont les fameux lions de León (il s’agit des armes parlante du Royaume de León, qui joua un rôle de premier plan dans la Reconquista et dans la formation du Royaume d’Espagne). Ils apparaissent encore aujourd’hui sur le drapeau et le blason de Potosí et ne sont certainement pas étrangers au surnom du club de football.

Du fait de la localisation de la ville au pied du Cerro Rico, à 4 000 mètres d’altitude, le surnom du club de football est également León de las Alturas (le lion des hauteurs).

#1204 – SC Farense : Leões de Faro

Les lions de Faro. Dans l’Algarve, le SC Farense représente la ville de Faro, capitale de la région, et constitue le doyen de l’Algarve, ayant été fondé le 1er avril 1910. Le football fut importé dans la région, comme dans beaucoup d’autre partie du monde, par les échanges maritimes. En 1904, mouillait dans le port de Faro un bateau-école nommé « Duque de Palmela » et dont les marins pratiquaient le football contre des jeunes de la ville. Finalement, 5 frères du nom de Gralho (João, José, Joaquim, António et Jorge) décidèrent de former une vrai équipe qui bénéficierait d’un terrain, d’un siège et de kit, en l’échange d’une cotisation. Le club se dénomma d’abord Faro Foot-Ball.

Dans un football portugais naissant, les clubs de la capitale, parfois à peine plus âgées, imprimaient déjà leur aura sur les autres jeunes associations du pays, notamment par leurs résultats ou par leurs infrastructures/organisations développées. En 1910, le Benfica (fondé en 1904) et le Sporting Clube Portugal (fondé en 1906) voyaient leur réputation dépasser les frontières de Lisbonne. Le Sporting se voulait être une référence (l’un de ses fondateurs, José Alvalade, se donnait comme objectif « Queremos que o Sporting seja um grande Clube, tão grande como os maiores da Europa » (Nous voulons que le Sporting soit un grand club, aussi grand que le plus grand d’Europe)) et bénéficiait de meilleure infrastructure sportive qui avait déjà attiré des joueurs du Benfica en 1907. En outre, en 1910, le Sporting se distinguait sportivement, ses athlètes remportant des titres nationaux au saut à la perche, au lancer du poids, au saut en longueur et à la corde. En football, le club avait été vice-champion de Lisbonne en 1908. Les fondateurs du club de Farense avaient alors des sympathies pour le Sporting et décidèrent d’en adopter le nom et les symboles. Le Faro Foot-Ball devint le Sporting Clube Farense. Le Sporting jouait déjà à cette époque avec son maillot scindé en deux, vert et blanc. Mais, les photos de l’époque étant en noir et blanc, les membres de Farense reprirent le même maillot mais en noir et blanc. Enfin, le lion, symbole du Sporting (cf. #295) depuis sa fondation, influença également le club de Faro. Aujourd’hui, le roi des animaux, figurant sur le blason de Farense, représente la force, la bravoure et la noblesse, valeurs qui doivent se diffuser dans toutes les activités du club.

Cette influence du Sporting sur Farense se traduisit par l’affiliation de ce dernier en 1922 au club de la capitale. En effet, même s’il est indépendant, Farense a la statut de filiale du Sporting, qui en compte près de 180 dans le monde entier. Il est même officiellement la deuxième filiale.

#1188 – CD Morón : el Gallo, Gallito

Le coq. Avec près de 100 000 habitants, la cité de Morón s’inscrit dans le Grand Buenos Aires et se fait connaître populairement comme « la capitale de l’ouest » de Buenos Aires. Elle est également fortement identifiée avec la figure du coq. Mais, contrairement à de nombreuses autres histoires de symbole, ce n’est pas la ville qui a influencé le club de football mais l’inverse. En effet, en 1957, après 10 ans d’existence, un coq fit son apparition sur le maillot du club. En 1959, un coq comme mascotte fut apporté sur le terrain. Puis, en 1962, le club l’adopta officiellement comme symbole dans ses statuts. 

Par fierté pour le club à la popularité importante, la municipalité adopta également l’animal. Ainsi, en 1963, elle fit hérisser une statue du coq sur la Plaza San Martín, œuvre du sculpteur Amado Armas. En 1968, elle établit le prix du Gallo de Morón (le coq de Morón), une statuette qui distingue des personnes ou des institutions aux réalisations en faveur du bien-être social ou en soutien à l’art ou la science.

Mais, d’où vient cette idée du coq ? Pour beaucoup, le nom de la ville en serait à l’origine car la cité argentine s’appelle comme une ville andalouse, Morón de la Frontera, dont sa renommée dépasse ses frontières grâce à un coq. Selon la légende, vers 1500, deux clans de la ville andalouse se disputait et un conciliateur, dénommé Don Juan Esquivel, fut nommé par la cour pour régler le différent. Déclarant régulièrement que « no cantaba otro gallo en el sitio que él cantaba » (aucun autre coq n’a chanté à l’endroit où il chantait), ses bravades et son arrogance épuisèrent la patience des habitants de Morón de la Frontera qui le surnommèrent el gallo. Ces derniers s’unirent pour le mettre nu et lui infliger une raclée. Le juge Esquivel partit en hurlant qu’il ne reviendrait jamais dans la ville. De cette histoire, un proverbe espagnol naquit « Anda que te vas quedando como el Gallo de Morón sin plumas y cacareando  » (Allez, tu restes comme le coq de Morón sans plumes, ni chant) qui s’utilisent pour caractériser une personne qui se retrouve sans argent et qui crie ou proteste. Or, ce coq s’imposa à Morón de la Frontera mais également dans les autres villes du monde se dénommant Morón (Morón à Cuba, Morón au Venezuela et Morón à Haïti).

Seulement, pour les argentins, l’image renvoyée par le coq de Morón de la Frontera n’est pas valorisante car il est déplumé et pleutre. Donc une autre histoire tente d’expliquer l’origine de ce coq. A l’époque coloniale, les combats de coq avaient les faveurs des paysans du coin et les coqs du Morón argentin avaient une certaine réputation. D’ailleurs, d’autres rajoutent qu’un grand-père des frères Cadó (qui participèrent à la fondation du club) élevaient des coqs de combat en provenance d’Uruguay. Ce coq plus combatif et fier trouve naturellement un meilleur écho auprès des fans.

#1185 – Levante UD : los Granotas

Ce terme pourrait laisser penser qu’il dérive de la couleur grenat, que le maillot du club associe avec du bleu, à l’image du FC Barcelone. Mais, il n’en est rien, le surnom provenant du règne animal. En valencien, le mot granota désigne les grenouilles. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir dans l’enceinte de « Ciutat de Valencia » des Kermits la grenouille accompagnés les fans de Levante.

Pratiqué dès 1903 dans la ville de Valence, le football s’organisa dans la région en 1909, lors de la création de la Fédération valencienne de football. Lors de cette même année, deux clubs virent également le jour : Levante FC et le Gimnástica FC. Ces deux associations représentaient deux quartiers différents et ne s’adressaient pas aux mêmes classes sociales. Levante FC s’établissait à Cabañal-Cañamelar, le quartier de pêcheurs, au bord des plages. Il jouait ses matchs sur un terrain en face de la plage de « Las Arenas ». Le terme Levante faisait allusion au vent venant de l’est (du levant) qui entre dans la ville de Valence par cette plage. Gimnástica était une émanation du Patronato de la Juventud Obrera, un établissement d’enseignement catholique créé en 1883 et qui cherchaient à contrecarrer les mouvements socialistes et libéraux émergents en attirant les classes populaires vers des associations catholiques sportives et culturelles.

Les deux clubs furent naturellement rivaux mais, après la guerre civile espagnole, en 1939 ils finirent par unir leurs forces, sous le nom de l’Union Sportive Levante-Gimnástica et, deux ans plus tard, pour l’actuel Levante UD. Le Levante FC légua son nom ainsi que nombre de ses joueurs. Gimnástica donna ses couleurs et son terrain de jeu. Ce dernier se situait sur le lit de la rivière Turia, qui abritait un grand nombre de grenouilles. Le pseudonyme ne tarda pas à apparaître (d’ailleurs, il est probable que le surnom fut déjà attribué à Gimnástica).

Le sobriquet fut vite détourné par le rival du Valence CF en sapos, ce qui signifie les crapauds. Pour autant, il est toujours un motif de fierté pour les supporteurs et un symbole identitaire du club. Outre la grenouille qui apparaît sur de nombreux produits dérivés, le vert habilla parfois la tenue de l’équipe.

#1183 – Vila Nova FC : o Tigre

Le tigre. En 1943, le colonel, Francisco Ferraz de Lima, fonda la club avec le soutien de Gercina Borges, épouse de Pedro Ludovico, sénateur et gouverneur de l’Etat de Goiás, et du prêtre Giuseppe Balestiere. Ce dernier avait depuis plusieurs années œuvré dans le développement d’activités sportives et culturelles pour la communauté du quartier de Vila Nova. Notamment, en 1938, le prêtre avait créé l’Associação Mariana, un club de football amateur, qui fut la base du Vila Nova FC. En raison d’une crise financière, le nouveau club changea de nom en 1946 pour Operário Futebol Clube. Puis, en 1949, il se dénomma Araguaia et en 1950, il prît le nom de Fênix Futebol Clube. Finalement, en 1955, le club redevint définitivement le Vila Nova Futebol Clube.

Certains avancent que la création du tigre viendrait de l’illustrateur Fernando Pierucetti (mieux connu sous le pseudonyme de Mangabeira). En effet, dans les années 1940, ce dernier, sous l’impulsion de Álvares da Silva, secrétaire du quotidien Folha de Minas, qui avait décidé d’imiter son confrère de Rio de Janeiro, Jornal dos Sports, qui avait quelques années auparavant personnalisé les équipes cariocas au travers de personnages de bande dessiné (Flamengo <=> Popeye, Fluminense <=> Pó-de-arroz #79, Vasco <=> Almirante #194, Botafogo <=> Donald Duck et America <=> Diable), réalisa plusieurs caricatures des équipes de l’Etat du Minas Gerais. Ces illustrations devaient puiser leur source dans l’univers des fables d’Ésope et de La Fontaine, mais en utilisant des animaux de la faune brésilienne (América FC <=> Lapin #920, Cruzeiro <=> Renard #78  et Atlético Mineiro <=> Coq #24). Mais, je pense que pour Vila Nova FC, le tigre ne provient pas de Pierucetti. En effet, le Vila Nova ne réside pas dans l’Etat du Minas Gerais (Or Pierucetti avait croqué des animaux uniquement pour les clubs de cet Etat) et qu’il s’agirait plutôt d’une confusion avec le club de Villa Nova AC (Villa avec 2 l). En effet, ce dernier est basé à Nova Lima dans l’État du Minas Gerais et a pour surnom Leão do Bonfim. Or, ce lion avait effectivement été dessiné par Pierucetti.

Donc l’origine du Tigre pour le Vila Nova FC n’est pas claire. Aujourd’hui, le symbolisme du tigre est un témoignage des valeurs du club, force et passion et permet d’inciter les joueurs à faire preuve de courage, d’agressivité et de détermination. D’ailleurs, il pourrait symboliser la ténacité du prêtre Giuseppe Balestiere qui se battit pour créer un club de football et le soutînt durant de nombreuses années. Ce surnom s’est vu accolé aussi le nom du quartier d’où est originaire le club, Tigre da Vila Famosa, ainsi que le diminutif, Tigrão.