#1050 – CA Bizertin : قرش الشمال

Le requin du Nord. Fondé le 12 juillet 1928 par des arabes, le club comptait parmi ses membres du comité de direction principalement des commerçants et des agriculteurs. Pourtant, ses principaux symboles puisèrent dans l’héritage maritime de la ville de Bizerte. Cette dernière est entourée par l’eau, se situant sur la rive nord du canal de Bizerte reliant la mer Méditerranée au lac de Bizerte. Cette situation géographique fut la base de son développement. Son port fut notamment une base arrière de pirates musulmans au XVIIème siècle. Puis, la pêche, facilitée par l’abondance de poissons dans le lac et la mer, se substitua à la piraterie au XIXème siècle. Après la conquête française, les autorités coloniales développèrent le port de Bizerte dont la position était stratégique dans le canal de Sicile à la fin du XIXème siècle (point de passage obligé pour les navires transitant au plus court entre Gibraltar et le canal de Suez). Les travaux d’infrastructure associés firent de la ville une des plus importantes bases navales françaises de Méditerranée. Le port fut également une base militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Bizerte regroupe un port de plaisance, un port de pêche ainsi qu’un port de commerce. Avec ses 1 721 mètres de quai, ce dernier concentre principalement du trafic pétrolier.

Le blason du club comporta notamment un bateau et des hippocampes. Puis, un dauphin fit son apparition et demeure encore aujourd’hui. Mais, pour le surnom, le requin, animal marin plus effrayant, s’imposa. Même si la concentration de requins est plus forte dans le sud du Pays (la région est connue pour être un habitat important et un lieu de reproduction pour de nombreuses espèces telles que le requin gris et le requin blanc), plusieurs espèces de cet animal ont déjà montré leur queue et leurs dents près de Bizerte, voire plus rarement dans le port de la ville.

Pour terminer, il faut rappeler que Bizerte se trouve à 5 kilomètres du cap Blanc, la pointe septentrionale de la Tunisie et de l’Afrique également. Elle est donc la ville la plus au Nord du pays.

#1045 – Sekhukhune United FC : Babina Noko

En langue Pedi, le Noko est le porc-epic et le Babina Noko est un poncho traditionnel pour le peuple Pedi. Les frères Simon et Jonas Malatji naquirent et furent élevés dans district de Sekhukhune dans la province du Limpopo, au Nord du Pays. Ils partirent, notamment au Royaume-Uni, pour poursuivre leurs études supérieures. Puis, revenus en Afrique du Sud, les deux frères fondèrent la principale société de sécurité, Mabotwane Security Services, en 1999. Riches entrepreneurs, ils décidèrent de fonder en 2019 un club de football dénommé African All Stars, qui évolua en 3ème division nationale. Fin 2020, l’opportunité se présenta de racheter la licence du club de Tshakhuma Tsha Madzivhandila en première division nationale (équivalent de la seconde division). Il présentait également l’avantage d’être établi dans la province du Limpopo où les deux frères souhaitaient se réinstaller. En effet, comme le déclarait Simon Malatji « We’re not in football for the money. We just want to change the lives of the people of our community » (Nous ne sommes pas dans le football pour l’argent. Nous voulons juste changer les vies des personnes de notre communauté). Ainsi, le nouveau club devait être le représentant du Limpopo et du peuple Pedi. Il fut renommé Sekhukhune United, en l’honneur du royaume Pedi de Sekhukhuneland, qui au XIXème siècle, sous le règne du Roi Sekhukhune I, mena la lutte face aux colons néerlandais puis anglais. Le club prit le slogan Adibahlabe dinoko qui signifie « Poignardez vos adversaires avec vos piquants, porc-épics ». Et enfin, installa un porc-épic sur son blason, animal totem des Pedi.

Les Pedi sont un peuple sotho-tswana d’Afrique du Sud, établis dans la région du Limpopo. Leurs ancêtres migrèrent d’Afrique des Grands Lacs vers le Limpopo, en Afrique du Sud au plus tard au VIIème siècle, côtoyant alors dans cette région d’autres ethnies. Les populations se regroupèrent et s’identifiaient par leur allégeance symbolique commune à un animal-totem tel que tau (lion), kolobe (cochon) … . Avec le développement d’une certaine homogénéité linguistique et culturelle, le peuple Pedi se distingua des autres ethnies entre le XVème et le XVIIIème siècle. Vers la fin du XVIIIème siècle, les différentes chefferies des tribus Pedi furent étape par étape unifiées pour donner naissance au Royaume de Sekhukhuneland. La légende raconte que durant les migrations du VIIème siècle, les Pedi avaient pour animal totem un kgabo (singe). Mais, lorsqu’ils traversèrent les montagnes Leolo, ils trouvèrent un pic de porc-épic et prirent alors le noko comme animal comme totem.

#1043 – HUS Agadir : لغزالة السوسية

La gazelle de Souss. Ville portuaire et station balnéaire du Sud du Pays, Agadir se trouve aussi être le chef lieu de la région administrative de Souss-Massa et une des principales cités de la région historique de Souss. Cette dernière recouvre l’aire de l’ethnie berbère des Chleuhs. Ces derniers demeurent la principale ethnie berbère (population estimée entre 8 et 10 millions de personnes) avec une culture forte (danse aḥwac, musique, costumes et fêtes traditionnelles) et une langue commune, le tachelhit. Cette dernière a gagné son statut officiel dans le Royaume chérifien en 2011. La légende veut que les Chleuhs descendent des Atlantes mais ils sont certainement un amalgame des tribus originelles du Souss, les Masmoudas, avec les peuples ayant immigrés dans le Souss, les Sanhadja et Guezoula, qui adoptèrent la culture des Masmoudas. La région du Souss et les Chleuhs connurent leur âge d’or sous l’Emirat Tazeroualt au XVIIème siècle qui jouissait d’une certaine autonomie et tirait ses richesses du commerce de l’or et du sucre avec les marins européens.

Fondé par des nationalistes marocains en 1946, le club est l’étendard sportif de cette région historique du peuple berbère, trouvant ainsi des relais et des partisans dans toute la région (qui n’a pas d’autre représentant sportif dans l’élite) et au niveau national. Son surnom puise donc ses racines dans un des animaux emblèmes de la région, la gazelle. Petite antilope, cet animal se trouve principalement dans la savane africaine, en Asie du Sud ainsi que dans le sud Maghreb, au Sahara. A 60 km d’Agadir, une réserve naturelle couvrant une superficie de 33 800 hectares fut créée en 1991 pour protéger la faune et la flore locale. Aujourd’hui, elle abrite 275 espèces d’oiseaux (dont l’ibis chauve) et une quarantaine de mammifères. Deux réserves animalières (Roken et Arrouais) ont été aménagées dans le parc pour permettre la sauvegarde et la protection de 4 antilopes sahariennes : Gazelle dama mhorr, gazelle dorcas (la gazelle la plus répandue dans la région), Addax (disparues du Maroc en 1956) et gazelles Oryx (disparues du Maroc en 1973).

Au delà d’être un animal endémique de la région et l’un de ses emblèmes, la gazelle est aussi un animal rapide (pouvant atteindre des pointes à 100 km/h), une vertu inspirante pour l’équipe de football.

#1041 – Casa Sports : Essamay

Le lion. En dialecte Diola, la langue de l’ethnie majoritaire dans la région de la Casamance, Essamay signifie un leader, un homme courageux. Et deux animaux symbolisent cet esprit et trouvent également leur traduction dans essamay : la panthère et le lion. Dans la danse des masques de la culture diola, l’essamay, la panthère, est un danseur portant un masque et une tenue faite avec les sacs de pommes de terre. Il détient également un long bâton au bras et danse pendant les cérémonies traditionnelles. Mais, l’essamay est donc aussi le lion, symbole du club. Il représente le courage, la force et la noblesse de l’équipe. D’autres associations de la Casamance reprennent essamay comme symbole.

Il s’agit d’un des symboles de la culture de la Casamance. Et ce n’est pas un hasard pour Casa Sports. Fondé le 14 Septembre 1969 par la fusion de plusieurs clubs (Foyer-Casamance, US Casamance, Galia Club, Trésor), le club se dénomma tout d’abord Casamance Sporting Club avec pour objectif d’être la référence du sport pour la Casamance et son représentant national. Situé au Sud du pays, la région de la Casamance a un statut à part par rapport au reste du Sénégal. Par exemple, elle est habitée principalement par les Diola au contraire des autres régions où les Wolof sont majoritaires. Ou encore ses habitants sont principalement catholiques face au reste du Sénégal musulman. De part sa position géographie (à plus de 500 km de la capitale Dakar et à la frontière avec la Guinée Bissau, la Gambie et la Guinée), la Casamance s’est souvent sentie délaissée voire abandonnée par le pouvoir central. Résultat, son identité diffère et a conduit à la naissance d’un sentiment identitaire porté par un mouvement indépendantiste depuis 1982. Casa Sports devait donc porté cette identité et reprendre ses symboles. L’un des plus grands joueurs formés par le club est le regretté Jules Bocandé (passé par Metz et Nice principalement) qui avait également hérité de ce surnom d’essamay.

#1033 – Stormer’s SC : el Lobo

Le loup. Plus connu simplement sous le nom de Stormer’s, ce dernier est un club de football basé dans la ville de Sucre, la capitale de la Bolivie. Le football commença à se répendre en Bolivie entre 1905 et 1909, les expatriés britanniques l’apportant avec eux. Rapidement, ce nouveau sport séduisit les jeunes étudiants des écoles privées de la capitale et des premières équipes se montèrent. Le 25 janvier 1914, au sein du collège « Sagrado Corazón » (Sacré-Cœur), une poignée de prêtres, d’enseignants et d’étudiants furent motivés pour fonder un nouveau club, le Stormer’s SC.

Le collège « Sagrado Corazón » était une institution d’enseignement appartenant à la Compagnie de Jésus (Jésuite). La Compagnie est une congrégation catholique fondée principalement par Ignace de Loyola, François Xavier et Pierre Favre en 1539, approuvée en 1540 par le pape Paul III. Luttant contre la Réforme protestante, l’ordre catholique s’était fixé pour objectif d’évangéliser et d’éduquer les populations (même si pour ce dernier point il s’agissait aussi d’inculquer la « bonne parole » de l’Église catholique). Résultat, les prêtres de la congrégation émigrèrent dans les nouvelles colonies pour fonder églises et écoles. Le principal fondateur de l’ordre, Ignace de Loyola, était un basque d’une famille de la petite noblesse. Les armes de sa famille comprennaient deux loups rampant et se tenant à une marmite. Résultat, le collège « Sagrado Corazón » reprit dans son blason les loups présent dans les armes de Loyola. Le surnom de l’équipe est un hommage aux origines du club.

Aujourd’hui, la mascotte du club est représentée par un loup nommé « Stuhi », qui en albanais signifie « Tempête ».

#1014 – AB Gladsaxe : Uglerne

Les hiboux. Mascotte du club qui s’étale sur le blason du club, le hibou tient une place importante dans l’identité du club et tout le Danemark l’identifie à ce club de Copenhague. A la fondation du club en 1889, le volatile s’imposa très naturellement. En effet, en 1884, des anciens étudiants de la Den Fredericianske Latinskole (Ecole de latin Fredericianske) qui venaient d’intégrer l’Université de Copenhague, créèrent un club de cricket dénommé Fredericia Studenternes Kricketklub. Quelques années après, la section football apparut et attira beaucoup de nombreux membres. A ce moment, Fredericia Studenternes Kricketklub choisit de se rapprocher d’un autre club fondé en 1885, Polyteknisk Boldklub, qui rassemblait les étudiants et diplômés de la Polyteknisk Læreanstalt (Ecole d’Ingénierie dénommé aujourd’hui Danmarks Tekniske Universitet). La fusion des deux donna naissance au AB Gladsaxe. Attachés à leurs statuts d’étudiants, les fondateurs fixèrent comme condition d’accès d’avoir passé un examen d’entrée d’une université scandinave et firent de leur nouvelle association, un club d’étudiants et représentant des étudiants. Résultat, les symboles du club se tournèrent logiquement vers ceux de l’éducation et la connaissance. Ainsi, le « A » de AB signifie Akademisk (Académique). Pour l’écusson, le hibou semblait une évidence pour les membres.

En effet, depuis la nuit des temps, ce rapace étonnant qui dort le jour et vit la nuit, au regard perçant, intrigua de nombreux peuples et suscita de nombreuses superstitions et croyances. Les peuples slaves comme les Grecs considéraient l’oiseau comme un gardien de trésors. Il était également vu comme un messager, un conseiller. Ainsi, en fonction du nombre de ses cris, la chouette, pour les Hindous, présageait la mort, le mariage ou le succès. Les Grecs croyaient qu’en rencontrant un hibou, les solutions à leur problème viendraient à leur esprit mais également que si le rapace survolait l’armée avant une bataille, cela présageait d’une victoire. Les Romains considéraient que la chouette apportait de bonnes idées la nuit. Craint du fait de ses particularités, l’oiseau fut associé aux dieux. Minerve chez les Romains, Athéna chez les Grecs. Ces deux déesses étaient celles de la sagesse. Or, outre les éléments présentés juste avant, l’animal représentait également la sagesse, l’intelligence et la réflexion, et devenait donc l’attribut de ses déesses. Pour la petite histoire, impressionnée par l’apparence solennelle et les grands yeux de la chouette, Athéna aurait fait du hibou son oiseau préféré au détriment du corbeau. Cette idée que l’animal était sage et omniscient (image que les cultures égyptienne et amérindienne véhiculaient également) trouverait son origine dans différentes caractéristiques du rapace. Vivant la nuit, ses deux grands yeux lui offrent une très bonne vue. La nuit symbolisant les ténèbres, l’ignorance, sa vision nocturne lui permettait de passer outre, d’accéder à la connaissance. En outre, sa masse cérébrale est supérieure à celle des autres oiseaux, laissant penser que l’oiseau est plus intelligent. Enfin, le hibou apparaît patient et, lors de ses chasses, il ne se précipite pas sur la cible pour l’attaquer au moment opportun. Tout ceci fit que des écoles et leurs étudiants, qui souhaitaient accéder à la connaissance et symbolisaient l’intelligence, choisirent également la chouette comme mascotte.

#1013 – Club Tijuana : les Xolos, Xolaje

Diminutif du nom du club, Club Tijuana Xoloitzcuintles de Caliente. Le club de la ville frontière de Tijuana est assez jeune, sa fondation remontant à 2007. Pour le tournoi d’ouverture 2006, la Fédération mexicaine de football décida que chaque équipe de l’élite devait avoir une filiale dans la division de promotion. Ainsi, un groupe d’hommes d’affaires de Tijuana racheta le club de Gallos Blancos, afin de créer le Club Tijuana (surnommé le Gallos de Caliente) une filiale de Querétaro. Mais, un an plus tard, Gallos de Caliente déménagea à Celaya, laissant Tijuana orphelin de football. A peine quelques mois plus tard, un groupe d’hommes d’affaires de Tijuana racheta le club des Guerreros de Tabasco et le rebaptisa Club Tijuana. La ville frontière retrouvait un club.

Pour faciliter l’identification au club, la direction décida de prendre comme surnom un animal endémique de la région, le Xoloitzcuintle. Plus connu dans nos géographies comme le chien nu mexicain, il s’agit d’une race canine rare originaire du Mexique et intégrée dans la culture locale. Son nom Xoloitzcuintle vient du nahuatl Xoloitzcuintli et, basé sur le nom du dieu Xolotl, signifie littéralement « chien de compagnie ». Dans la mythologie aztèque, les xoloitzcuintles accompagnaient les âmes des défunts lorsqu’ils se rendaient à Mictlán, le monde souterrain. Avec ou sans poil, variant entre 4 kg et 20 kg, le Xoloitzcuintle est un chien de garde intelligent, joueur et fidèle, adopté par des artistes comme Diego Rivera et Frida Kahlo. A l’époque coloniale, le terme xolo signifiait un chien bâtard et s’utilisait péjorativement pour désigner un mulâtre. Mais, pour le club, il s’agit d’une symbole, aujourd’hui mascotte et apparaissant sur son écusson.

#997 – Querétaro FC : los Gallos Blancos

Les coqs blancs. En 1949, la Fédération mexicaine de football invita l’Association de football de Querétaro à créer un club pour rejoindre la toute nouvelle deuxième division professionnelle. Après l’organisation d’un tournoi local, l’association décida que l’équipe vainqueur, Piratas, formerait la base du nouveau club de la région. Ainsi, le 8 juillet 1950, le club de Querétaro vit le jour. Pendant près de 20 ans, l’équipe de Querétaro erra entre les deuxième et troisième divisions du pays et finit enfin par atteindre l’élite mexicaine en 1980. Mais, les défaites s’enchainèrent et le club fut vendu et déménagea. Dès 1981, un nouveau club, du nom de Gallos Blancos, émergea au travers de l’Université locale (UAQ). Une autre équipe, Querétaro FC, fut créée en 1988 qui atteignit rapidement la première division. Mais, en 1994, ce dernier fut relégué et redescendit bas dans l’échelle, suite à une réorganisation des championnats nationaux. Ces remous provoquèrent, en 1996, la fusion des Gallos Blancos de l’UAQ et Querétaro FC, donnant naissance à l’entité actuelle.

De toutes ces aventures et rebondissements qui faillirent mettre à mal le football dans l’Etat de Querétaro, l’une des constantes fut l’attachement au surnom de Gallos Blancos. Il apparut au début de l’histoire. En 1954, le propriétaire de l’équipe, l’avocat Herrera Pozas, suggéra de prendre ce surnom car, admiratif de l’esprit combatif et du courage des coqs de combat, il souhaitait que son équipe de football ait les mêmes valeurs. En outre, comme les joueurs évoluaient avec un maillot blanc (marqué d’un Q comme écusson), il ajouta cette couleur à l’animal. De cette idée, l’entraineur de l’équipe, Felipe Castañeda, et le président, Ezequiel Rivera, décidèrent de faire une blague à leurs joueurs. Avant un match, ils remirent à chaque joueur un coq blanc. L’équipe fit ainsi une photo avec un coq blanc dans les bras de chaque joueur. Ezequiel Rivera remit également une truie à la peau claire (quasi-blanche) à Felipe Castañeda en raison de son sobriquet. Ancien gardien de but à la grande renommée au Mexique, Castañeda était surnommé La Marrana (le cochon combatant) car il avait pour habitude de cracher sur le ballon dès qu’il le récupérait dans ses gants.

Avec ce surnom, le choix évident pour leur mascotte était une représentation de l’animal et c’est ainsi qu’est né « Cocoyo », un coq avec le maillot du club. Depuis, l’apparence a changé, avec une mascotte plus proche du dessins des cartoons, dont le nom est « Gallo Gallardo », mais il demeure toujours un coq blanc portant le maillot de l’équipe.

#996 – Bradford City AFC : the Bantams

C’est le nom anglais pour les poules naines. En fonction des régions, cette variété de volailles a différents noms (gallinette,  poule de Cayenne, fanchette, bassette …). Dans les pays anglo-saxons, la poule naine prit le nom du port indonésien de Bantam (aujourd’hui Banten), dans l’ouest de Java. En effet, les marins hollandais se ravitaillaient de ces petites races de poulets d’Asie du Sud-Est lors de l’escale et finirent par les ramener en Europe au XVIIème siècle.

Fondé en 1903 et promu en 1ère division en 1908, Bradford City épousa rapidement la mode des clubs de football anglais qui consistait à adopter un surnom. Plus qu’un surnom, l’objectif du club était de se doter d’une mascotte qui ameuterait la foule à chaque match. Car, le club avait perdu son porte bonheur, un fer à cheval, et la fille de Tom Fattorini, directeur du club, suggéra de trouver une nouvelle mascotte. Dans une stratégie marketing réfléchie, le choix se porta sur cette poule naine de Batam. De prime abord, le club évoluait dans des couleurs bordeaux et ambre qui rappelait le plumage de cette volaille. Mais, la poule naine présentait aussi la caractéristique d’être un animal petit et combatif, une image que le club voulait défendre. En effet, les bantams étaient des oiseaux bien connus à l’époque pour être attrayants mais féroces. Même si la pratique était interdite depuis 1835, des concours clandestins de combats de bantams avaient toujours lieu au début du XXème siècle. En outre, comme elle est naine, le bantam apparaît comme plus faible et cette image servit par le passé à démontrer le caractère d’outsider d’autres clubs de la région. Par exemple, le quotidien « Leeds Times » du 27 mars 1886 décrivait la victoire du Bradford FC sur Bradford Trinity au deuxième tour de la Yorkshire Cup comme « the bantam pitted against the Cochin china cock » (le bantam opposé au coq de Cochinchine), soulignant la différence de niveau, notamment financier, entre les deux clubs. Cette image d’outsider, de courage et d’esprit de combat seyait à l’équipe et, régulièrement reprise par la presse et faisant appel à la culture populaire, devait vite trouver un écho auprès des fans et des adversaires.

Avant l’apparition de ce surnom, l’équipe était à la dérive, occupant la dernière place de la division avec une seule victoire en 13 matchs joués. Le surnom aurait été introduit en Novembre 1908 lors du match face à Everton, alors premier du classement, et inspira les joueurs de Bradford, qui obtinrent un match nul. Ce résultat fut suivi par deux victoires. La métamorphose de l’équipe fut toutefois de courte durée, le club évitant la relégation qu’à la dernière journée. On pourrait aussi supposer que ce furent ces évènements qui inspirèrent le surnom (un peu l’histoire de l’œuf et la poule …).

Après 1909, on ne trouve aucune trace sur le fait que le club avait adopté un bantam vivant comme mascotte. Néanmoins, des articles de presse d’avant la Première Guerre mondiale faisaient référence à des bantams emmenés à des matchs par des supporters de Bradford. En février 1909, un bantam factice fut placé sur la barre transversale pendant la mi-temps de la rencontre de FA Cup face à Sunderland. Il serait resté en place pendant toute la seconde mi-temps. Une semaine plus tard, lorsque City se rendit à Sunderland pour un match de championnat, les fans laissèrent s’échapper un bantam sur le terrain. De même, le club entretenait cette image. Le manuel du club pour la saison 1909-1910 affichait un bantam sur sa couverture. Pour autant, le surnom ne s’imposa pas et tomba en désuétude. La presse continuait à appeler le club par ses vieux surnoms de Paraders et Citizens. Mais, en octobre 1948, un nouveau conseil d’administration relança le club et raviva l’identité des Bantams. L’animal s’imposa alors sur l’écusson. Un immense panneau surplombait également le Kop et sur lequel était peint un bantam avec ballon, semblable à l’écusson des Spurs. Pendant les années 1960, un nouveau blason apparut pour quelques saisons, avec une tête de sanglier (tiré des armoiries de la ville). Mais, au début des années 1980, le bantam revint et ne quitta quasiment plus les armes du club. Aujourd’hui, une mascotte dénommée Billy Bantam circule dans le stade les jours de match.

#986 – FC Dieppois : les Harengs

La cité normande est surnommée « la ville aux quatre ports » car elle accueille un port de passagers (ferry transmanche), un port de commerce, un port de pêche et un port de plaisance. La présence de tant de ports témoigne du lien privilégié entre la cité et la mer. Même s’il existait un camp romain à proximité de la ville actuelle, ce sont surtout l’implantation de vikings vers 910 qui démarra l’histoire de Dieppe. L’emplacement présentait un environnement privilégié, au bord d’une rivière « profonde », la Tella, qui se jetait dans la Manche. Une digue naturelle de galets permettait aussi d’accéder au port à marée haute comme à marée basse. La ville fut officiellement fondée en 1015 par le duc de Normandie Richard II, avec l’objectif de s’offrir une débouchée marine. Comme souvent au Moyen-Âge, pour les villes de la Manche, de la Mer du Nord et de la Mer Baltique, la pêche et le commerce du hareng devinrent l’activité principale. En particulier, chaque année d’octobre à décembre, les harengs migrent de la Mer du Nord vers l’Atlantique et, au large et au proche des côtes Normandes, entre Fécamp et Dieppe, les harengs se reproduisent. Les pêcheries et salines s’installèrent donc rapidement dans la région et leur production s’expatria sur les étals parisiennes et rouennaises grâce aux chasse-marées. Au XVIIIème siècle, à Dieppe, la flotte consacrée à la pêche aux harengs fut la plus importante de la côte avec 60 bateaux. Le poisson, qui fut surnommé « poisson roi » fit la richesse de la ville jusqu’au XXème siècle. Aujourd’hui, le port de pêche se concentre avant tout sur la coquille Saint Jacques, avec 3 000 tonnes débarquées chaque année. La ville célèbre cette tradition ancestrale avec la Foire aux Harengs et à la Coquille Saint-Jacques, tous les troisièmes week-ends de novembre.

D’autres versions viennent expliquer ce choix ou plus exactement renforcent le surnom. Ainsi, au début du XXème siècle, les joueurs étaient connus pour leur agilité et leur vitesse sur le terrain. Les supporteurs comparèrent ce style de jeu aux mouvements des harengs dans l’eau. Une autre théorie suggère que le surnom fut inspiré par le traditionnel maillot du club. Ce dernier est rayé bleu et blanc (on retrouve les rayures sur le blason du club), qui ressemble au hareng (bleu sur le dos et blanc argenté sur le ventre).