#942 – Auckland City FC : the Navy Blues

Les bleus marines. En 2004, un nouveau championnat néo-zélandais, dénommé New Zealand Football Championship (NZFC), vit le jour en remplacement de la National Soccer League, avec un système fermé de franchises. Ainsi, huit nouvelles franchises furent créer en substitution des clubs traditionnels. Pour faciliter l’attachement des fans à ses nouvelles marques, les clubs choisirent des couleurs uniques et en lien avec leur territoire. Ainsi, Auckland City opta pour le bleu, couleur traditionnelle de la cité du Nord du pays. D’ailleurs, la franchise de Rugby à XV d’Auckland, fondée en 1996, s’appelle tout simplement Blues. Normalement, le bleu traditionnel tire plus vers le bleu clair mais, en observant l’écusson du club, on comprend que le bleu marine représente aussi le lien de la cité avec la mer.

Grande ville métropolitaine de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, Auckland baigne entre deux eaux, colonisant l’isthme qui relie la Péninsule de Northland au reste de l’île du Nord. D’un côté le Golfe de Hauraki qui s’ouvre sur l’Océan Pacifique. De l’autre, la Mer de Tasman. Avec cette exposition, la ville se tourna naturellement vers les activités maritimes, au point d’avoir deux ports. Au Nord, le port de Waitematā qui s’étend à l’Est jusqu’au Golfe de Hauraki. Au Sud, le port de Manukau qui s’ouvre à l’Ouest sur la Mer de Tasman. Le port de Waitematā (Waitematā Harbour) est l’infrastructure portuaire principale de la ville et est donc souvent simplifié en Port of Auckland. S’étendant sur 55 hectares, il constitue le plus grand port commercial de la Nouvelle-Zélande, manipulant pour plus de 20 milliards de dollars néo-zélandais de marchandises par an. Le port d’Auckland gère le mouvement de 60 % des importations néo-zélandaises et de 40 % de ses exportations. 811 565 containers (équivalent 20 pieds) sont passés par le port en 2022. Le port de Manukau est le deuxième plus grand port naturel de Nouvelle-Zélande par sa superficie et concentre ses activités sur la pêche, la plaisance et les sports maritimes. Les deux ports sont gérés par la société publique Ports of Auckland. Les activités maritimes ont toujours constituées l’une des principales ressources de la ville. Au milieu du XIXème siècle, les colons commencèrent à bâtir un port et dès les années 1920, ce dernier devint le port principal de Nouvelle-Zélande. Selon des études économiques, 173 000 emplois dans la région d’Auckland dépendent du commerce via les ports, qui concentrent un tiers de l’économie locale. Le recensement de 2001 montra que 60 500 des 149 900 marins du pays vivaient dans la région d’Auckland. Résultat, depuis plus de 30 ans, la ville acquit le surnom de City of Sails.

#937 – Millonarios FC : el Ballet Azul

Le ballet bleu. Le club colombien s’est vu attribué ce surnom pour son équipe des années 1950. Rappelons le contexte du football sud-américain au début des années 1950. D’un côté, sans l’accord de la fédération nationale, les équipes colombiennes se professionnalisaient et, en ouvrant leur capital à leurs fans, remplirent leurs caisses. De l’autre côté, les autres championnats sud-américaines pouvaient connaître des périodes difficiles ou des manques de moyens. En Argentine, en 1948, les footballeurs argentins organisèrent une grève car ils estimaient que la répartition des bénéfices n’étaient pas équitables entre les clubs et les joueurs. Le résultat de cette situation fut que les clubs colombiens avec les fonds amassés, pillèrent les clubs des pays d’Amérique du Sud en recrutant leurs joueurs. D’autant plus que exclus par la fédération colombienne et par la FIFA, les clubs colombiens pouvaient recruter des joueurs sans verser de compensation à leur club d’origine. Le football colombien connut logiquement son age d’or.

Pour Millonarios, tout commença en 1949 avec l’embauche des argentins Carlos Aldabe, en tant qu’entraîneur-joueur, et Adolfo Pedernera. Ambassadeurs pour le club, les deux argentins convainquirent d’autres compatriotes dont Alfredo Di Stéfano et Néstor Raúl Rossi, qui firent leurs débuts le 13 août 1949. Plus tard, l’équipe se renforça avec les arrivées du gardien de but de l’équipe nationale argentine, Julio Cozzi, ainsi que ses compatriotes Hugo Reyes, Antonio Báez, Reinaldo Mourin, Adolfo Jorge Benegas, Felipe Stemberg, Roberto Martinez, Julio Avila et Oscar Contreras. D’autres nationalités vinrent compléter la formation : les uruguayens Raul Pini, Ramon Villaverde, Alcides Aguilera et Víctor Bruno Lattuada. Le paraguayen Julio César Ramírez et les péruviens, Alfredo Mosquera, Ismael Soria et Jacinto Villalba. Des européens s’expatrièrent également dans le club de Bogotá dont l’écossais Robert Flawell et de l’anglais Billy Higgins.

De 1949 à 1954, avec une telle équipe, le club devint une formidable machine à gagner. Surtout, elle produisait un jeu flamboyant, que l’on pouvait comparer à un ballet. Ainsi, lors du championnat 1949, Millonarios réussit le record national d’enchainer 17 victoires consécutives. Son buteur, Pedro Cabillon, finit meilleur buteur avec 42 buts, un record en cours à ce jour. Un peu plus tard, l’équipe compta sur une fameuse et magnifique triplette d’attaquants, formée par Adolfo Pedernera, Alfredo Di Stéfano et Antonio Báez, qui marqua 74 buts en 34 matchs. En outre, l’équipe évoluait dans un maillot bleu, qui demeure aujourd’hui encore la couleur du club. Le bleu ne s’imposa pour le club qu’en 1939, la direction s’inspirant alors du maillot de l’équipe argentine Tigre, dont le sélectionneur colombien Fernando Paternoster était fan. Ce terme fut utilisé pour la première fois par le commentateur radio costaricien Carlos Arturo Rueda. C’était une des spécialités de Rueda, avec son langage fleuri, de donner des surnoms à tout le monde. L’équipe fut distinguée par le magazine allemand « Kicker » comme l’une des 40 équipes les plus légendaires de l’histoire du football.

#898 – RC Strasbourg : les Bleu et Blanc

Dans les travées du vieux mais bouillonnant Stade de la Meinau, retentissent souvent les champs des supporteurs du Racing dont l’un d’eux est « Allez les bleu et blanc ». Mais, alors que les couleurs traditionnelles de l’Alsace comme de Strasbourg (et de nombreuses villes alsaciennes comme Mulhouse et Selestat) sont le rouge et le blanc, pourquoi ces deux couleurs ont été choisis pour le club ? En 1906, dans le quartier du Neudorf, quelques jeunes soutenus par leur instituteur fondèrent le FC Neudorf. FC signifiait Fussball Club, soit Football Club en Allemand. Car, depuis la défaite française et le traité de Francfort du 10 mai 1871, l’Alsace-Moselle (et non Lorraine car Nancy par exemple demeura française. Ainsi les départements perdues correspondaient aux actuels du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle) intégra le territoire du tout nouveau Empire Allemand. Evidemment les autorités allemandes imposèrent la germanisation de la région alors dénommée Reichsland Elsaß-Lothringen (émigration de population allemande, utilisation et apprentissage de l’Allemand à l’école, organisations juridiques, administratives et économiques basées sur le modèle allemand qui perdurent encore aujourd’hui).

1918, la France avec ses alliés sortit victorieuse de la Première Guerre mondiale face aux allemands. Après 48 ans de séparation, les « provinces perdues » retrouvèrent le chemin de la France. Les deux tiers des 150 000 Allemands vivant dans la région retraversèrent le Rhin et l’administration française appliqua une politique de francisation systématique. Renaissant de ses cendres, le FC Neudorf s’inscrivit dans cet élan francophile. En janvier 1919, une nouvelle direction fut élue, où seuls les membres possédant un titre français (et non allemand) pouvaient postuler. La décision fut prise également de changer de nom et de s’appeler RC Strasbourg-Neudorf puis peu après simplement Racing Club de Strasbourg. Retenir un terme anglais « Racing » en pleine francisation, cela pourrait paraître incongru. En réalité, les membres s’inspirèrent du nom du prestigieux Racing Club de France. C’était à la fois un club reconnu, qui avait remporté le championnat de France USFSA en 1906 (année de création du FC Neudorf), et qui en outre s’appelait France. Le symbole était donc parfait pour les strasbourgeois. Outre le nom, la direction du RC Strasbourg décida d’adopter les couleurs du RCF, ie bleu et blanc. Sachant que le bleu du RCF est plutôt ciel, celui du RCS varia dans le temps, passant d’un bleu clair au bleu roi.

Toutefois, cette histoire pourrait être fausse pour ce qui concerne les couleurs. Car certains avancent que dès la saison 1916, les joueurs du FC Neudorf portaient des maillots blancs avec une rayure horizontale bleue.

#866 – Molde FK : BlåHvit

Les blanc et bleu. 4 fois champions de Norvège (2011, 2012, 2014, 2019) et 5 fois vainqueur de la Coupe (1994, 2005, 2013, 2014, 2021), Molde FK est l’un des principaux perturbateurs de l’hégémonie de Rosenborg. Ole Gunnar Solskjær joua une saison à Molde avant de rejoindre Manchester mais il exerça aussi en tant que manager à Molde, permettant aux clubs d’acquérir sa renommée (Solskjær officia entre 2011 et 2014 ainsi qu’entre 2015 et 2018). Le club fut fondé le 19 juin 1911 par un groupe de 32 personnes emmené par Klaus Daae Andersen. Lors d’une élection générale le 24 avril 1912, le nom du club fut décidé : International. Plusieurs versions tentent d’expliquer ce choix. Station balnéaire courue (l’Empereur allemand la fréquentait), de nombreux paquebots de croisières ou de commerce s’y arrêtaient. Les premiers adversaires du nouveau club était donc souvent les marins et passagers étrangers de ces navires, donnant une coloration internationale à Molde. Une autre histoire racontée par le club indique que le membre qui proposa cette idée de nom était membre du parti travailliste (ie de gauche), dont la chanson « l’International » était le cri de ralliement. Enfin, en se nommant international, cela visait, selon le dernier récit, à attirer les nombreux danois qui travaillaient dans l’usine de moteurs Gideon. En 1915, ce nom n’avait toujours pas convaincu les membres du club et finalement ces derniers le changèrent pour un plus classique Molde FK.

Dans ses premières années d’existence, la principale préoccupation du club était d’évoluer sur un terrain praticable. Par ailleurs, les finances du club étaient modestes et les maigres premiers deniers servaient avant tout à financer les déplacements et à acheter des ballons. Il n’était donc pas encore envisagé d’offrir un équipement commun à tous les joueurs. La Première Guerre mondiale ralentit le développement du club. Mais, dès la fin de la guerre, les économies du club s’améliorèrent et, en 1920, le conseil d’administration décida de doter le club d’un blason et également de commander un nouveau kit. Il était composé d’un maillot bleu avec des parements blancs. Ce choix de couleurs n’est pas documenté mais j’avance personnellement que le fait que ces couleurs soient similaires avec celles des armoiries de la ville, adoptées en 1742, n’est pas le fruit du hasard. Représentant une baleine, dans des vagues blanches, poussant un tonneau sur un fond bleu, ces armes symbolisent les principales activités économiques de la ville au Moyen-Âge : l’exportation de bois et l’exportation de hareng. Pourtant il s’agit bien d’une baleine sur les armoiries et non d’un hareng. Molde n’a jamais été un port de pêche à la baleine. Mais, selon la superstition médiévale, la baleine avait été envoyée par Dieu pour chasser le poisson vers les terres à certains moments de l’année. Ainsi, les harengs, qui ont souvent sauvés la ville de la famine et qui ont permis sa richesse, ont été poussés dans les fjords par la baleine.

#863 – Everton FC : the Blues

Les bleus. Ce surnom est assez commun en Angleterre, étant donné qu’il est souvent associé aux équipes qui évoluent en bleu (Billericay Town, Birmingham, Chelsea, Grays Athletic, Ipswich, Manchester City, Portsmouth, Shrewsbury Town, Southend United …). Everton n’y a pas échappé avec son maillot bleu royal (associé à un short et des chaussettes blancs). Cependant, au cours des premières décennies de son histoire, l’équipement d’Everton connut de nombreux changements. De sa fondation en 1878 à 1880, les joueurs évoluèrent officiellement dans un maillot rayé blanc et bleu, qui étaient les couleurs de l’Eglise méthodiste à l’origine de la création du club. Toutefois, les nouveaux arrivant intégraient l’équipe avec leur propre équipement, qui pouvait être aux couleurs de leur ancien club. Sur le terrain, cela donnait un jolie patchwork de couleurs mais perturbant pour les joueurs d’Everton comme pour leurs adversaires. Ce désordre ne pouvait convenir à la direction qui décida en 1880 d’opter pour une tenue intégralement noire. Cette couleur résultait d’un choix économique. En effet, d’une part, il suffisait de teindre aisément les tenues déjà détenues. D’autre part, la confection de maillot supplémentaire était facilitée par le fait que les tissus noirs étaient abondants et bons marchés. Mais, jouer intégralement en noir apparaissait morbide. Ainsi, une diagonale écarlate fut rajoutée au maillot. Un journaliste décrivit ainsi la tenue dans un article paru dans le « Liverpool Courier » le 1er Octobre 1881 : « The new Everton costume consists of Black jersey and Pants and a white hose, with a crimson sash slung crosswise from shoulder to hip, a make up that gives the players a neat and business like appearance » (Le nouveau costume d’Everton se compose d’un maillot et d’un pantalon noirs et d’un bas blanc, avec une bande cramoisie portée en croix de l’épaule à la hanche, un maquillage qui donne aux joueurs une apparence soignée et professionnelle).

Malgré cette élogieuse description, de nouveaux maillots et couleurs apparurent entre 1882 et 1901. De 1882 à 1884, le maillot était composé de deux parties, une rose et une blanche, à la façon de Blackburn. Le short était blanc et les chaussettes noires. En 1884 et jusqu’en 1886, le maillot était un large damier bleu roi et blanc, accompagné d’un short et de chaussettes bleus marines. En 1886, Everton conserva le short et les chaussettes mais revint à un maillot rose avec manches blanches. En 1887, le short et les chaussettes restèrent toujours bleus marines mais le maillot passa en bleu ciel et blanc, façon Blackburn. Gardé pendant 3 saisons, le maillot changea de nouveau en 1890 pour devenir saumon. La saison d’après, il passa rouge avec quelques parements bleus ciels. Oui Everton joua avec la couleur de son rival Liverpool (qui à l’époque venait de naître et évoluait en bleu … à ne plus rien y comprendre). En 1892, cette fois, Everton abandonna le bleu marine pour le short qui devint blanc. Le maillot quant à lui fut modifié en bleu ciel. On se rapprochait ainsi de la tenue définitive du club.

Finalement, ce fut lors de l’année 1901 que le club opta pour le maillot bleu roi avec un short blanc, qui devint alors sa tenue traditionnelle. Sauf en 1929, lorsque la direction tenta d’imposer de nouveau le maillot bleu ciel. Mais, fraichement reçu par les supporteurs, le bleu roi revint la saison suivante.

#862 – Orión FC : los Azulgranas

Les bleu et grenat. Ce club historique du football costaricain est un peu en perdition malgré des tentatives de le relancer. Fondé le 26 juillet 1926, le club grandit très vite et marqua le football du pays jusqu’en dans les années 1940. Un groupe d’étudiants, venant pour la plupart du Liceo de Costa Rica, un célèbre établissement public d’enseignement secondaire, donna vie au club en Juin, Juillet ou Octobre 1926 selon les versions. Comme ses membres étaient jeunes, ils disputèrent uniquement des matchs amicaux pendant les deux premières années d’existence. Puis, le 2 février 1928, le conseil d’administration inscrivit l’équipe au championnat de troisième division. Le premier match officiel dans les tournois nationaux eut lieu le dimanche 29 avril 1928, et se solda par une victoire écrasante 8 buts à 1 face à América. Invaincu sur le reste de la saison, le club accéda alors à la seconde division. Dans la foulée, la saison suivante, Orión remporta le titre et fut promu en première division. Le dimanche 27 juillet 1930, le club écrasa sévèrement Corsarios FC sur le score de 14 buts à 2, demeurant à ce jour la plus large victoire d’une équipe dans l’élite costaricaine. Orión parvint à remporter le titre en 1938 et enchaina par un deuxième en 1944. Sur ce dernier exercice, l’équipe fut invaincue avec 28 points sur 30 possibles (13 victoires en 15 matches), 52 buts marqués pour seulement 14 encaissés. Puis, en 1968, après 38 ans dans l’élite, il retomba en seconde division. 10 ans plus tard, il revint en 3ème division. Enfin, 20 ans plus tard, en 1998, il quitta cette dernière. Depuis, les tentatives de relance échouèrent.

Dès la fondation du club, l’équipe portait un maillot rayé verticalement bleu et grenat, accompagné d’un short blanc. Selon le club, ces couleurs sont inspirés d’un maillot du FC Barcelone, dont un des fondateurs possédaient. Barcelone était alors une équipe dominante du football espagnol, ayant remporté la Coupe nationale (seule compétition nationale à l’époque) en 1925 et 1926 (ce qui constituait les 6ème et 7ème victoires dans cette compétition à cette date). Par ailleurs, ces couleurs rejoignaient celles du Liceo de Costa Rica, inspiré du drapeau national, ce qui ne devait certainement pas déplaire aux fondateurs.

#837 – BATE Borisov : жоўта-блакітныя

Les jaune et bleu. Ville de près de 145 000 habitants, à 70 km au nord-est de la capitale Minsk, Baryssaw accueille le football depuis le début des années 1900. A l’aube de la Première Guerre Mondiale, la ville comptait déjà quatre clubs de football. Par la suite, le football dans la ville connut des hauts et des bas et dans les années 1950 et 1960, deux clubs la représentaient dans le championnat de la République Soviétique Biélorusse : Торпедо et Строителя. Строителя constituait une équipe solide de la ligue et en 1968, elle était un candidat sérieux au titre. Mais, des problèmes financiers eurent raison de ses ambitions et le club fut dissout avant même la fin du championnat de cette même année. La passion pour le football dans la cité était forte et cette dernière ne pouvait rester sans représentant. Comme les finances avaient été le point faible de Строителя, toute nouvelle organisation qui voulait devenir l’étendard footballistique de la ville devait s’adosser à un mécène. Nikolai Busel, le directeur de l’usine BATE (Барысаўскі завод аўтатрактарнага электраабсталявання – Usine de Borisov d’équipements électriques pour automobiles-tracteurs), qui était un des grands employeurs de la ville, fonda un nouveau club de football au sein de l’entreprise en 1973. Ce dernier prit donc le nom de son sponsor (BATE) et également le logo de l’entreprise qui devint son blason (et donc les couleurs jaune et bleu de la société). Disparu en 1984, BATE réussit tout de même en une décennie à remporter 3 titres de champion de Biélorussie (1974, 1976 et 1979). Sous le patronage de l’entrepreneur Anatoly Kapsky, qui était également le directeur de l’usine BATE, l’équipe renaquit de ses cendres en 1996 pour de nouveau ramener la ville de Baryssaw sur le devant de la scène. Et ce fut fait et de quelle manière ! Depuis 1996, BATE a gagné 15 titres de champions (dont 13 d’affilés entre 2006 et 2018, ce qui signifie avoir conquis 70% des titres de champion depuis l’indépendance de la Biélorussie) et 5 Coupes nationales. Il est aussi le premier club biélorusse à intégrer la phase de groupes de la Ligue des champions (2009) et de la Ligue Europa (2010).

#818 – EC Bahia : Tricolor

Le tricolore. Si l’équipe de Salvador joue avec un maillot blanc, ce dernier intègre toujours des parements bleu et rouge. D’ailleurs, son second maillot, qui se compose de rayures bleues et rouges entrecoupées de bandes blanches (à la manière de celui de Fluminense), est très célèbre. Le blason du club, basé sur l’insigne du club des Corinthians, reprend ces 3 couleurs et valorise en son centre un drapeau bleu, blanc et rouge qui est semblable à la bannière de l’Etat de Bahia. Il semblerait que le club est choisi les mêmes couleurs que celles de l’Etat. Mais, revenons en 1930, quelques mois avant la création du club le 1er janvier 1931. Deux clubs omnisports coexistaient à Bahia : l’Associação Atlética da Bahia (fondé en 1914) et le Clube Bahiano de Tênis (fondé en 1916). Chacun de ces clubs créa rapidement une section football. L’équipe de football du Clube Bahiano de Tênis connut même un certain succès, en remportant notamment le championnat de l’Etat en 1927. Toutefois, les deux clubs décidèrent pour des raisons inconnues de fermer leurs sections football en 1930. Les membres pratiquant le football de ces deux clubs se retrouvèrent désœuvrés et jouèrent séparément dans des matchs amateurs à Salvador et dans sa banlieue. Le 8 décembre 1930, certains membres des deux anciennes équipes se rencontrèrent lors d’un match et discutèrent la fondation d’une nouvelle équipe de football. 4 jours plus tard, plus de 70 personnes, pour la plupart d’anciens athlètes des deux clubs, entérinèrent l’idée et le 1er janvier 1931, l’EC Bahia naquit. Les 3 couleurs bleu, blanc et rouge furent approuvées. Le bleu fut choisi car elle était celle de l’Associação Atlética da Bahia. De même, les fondateurs retinrent le blanc et le noir, couleurs du Clube Bahiano de Tênis. Toutefois, le futur premier président, Waldemar Costa, estima que le noir pourrait porter la malchance à la nouvelle équipe. Le noir fut alors remplacé par le rouge, qui était la troisième couleur du drapeau de l’Etat.

Alors que la fin de l’Empire Brésilien approchait, les idées républicaines faisaient leur chemin dans l’élite du pays. Ainsi, cette dernière pensait que la création de nouveaux symboles pour les Etats régionaux (dont les drapeaux) soutiendrait l’affaiblissement de la monarchie et l’avènement de la république. Pour l’Etat de Bahia, le choix se porta sur des symboliques républicaines fortes. La composition rappelle ainsi la première démocratie mondiale, les Etats-Unis, et les couleurs sont celles de la France, vieille république qui diffusait ses idées dans le monde. En outre, il comporte un triangle, symbole maçonnique, dont la philosophie est plutôt acquise aux idées républicaines. Enfin, ces 3 couleurs avaient déjà été utilisées lors de la conjuration bahianaise en 1798. Ce mouvement populaire à caractère indépendantiste se déroula dans la capitainerie de Bahia et reprenait les idées des lumières dont la République, la liberté et l’égalité. La jeune France révolutionnaire était également une source d’inspiration et les révolutionnaires bahianais se levèrent sous une bannière tricolore, bleu, blanc et rouge.

Le surnom de tricolore est parfois associé avec l’autre (cf #228), donnant ainsi le Tricolor de Aço. De même, comme il n’est pas le seul à porter 3 couleurs et avoir ce surnom, il est parfois qualifier de Tricolor Baiano.

#797 – Sydney FC : the Sky Blues

Les bleus ciels. Avant la création de la nouvelle ligue professionnelle de football, A-league, en 2005, Sydney était représenté dans les différents championnats australiens par des clubs de « quartier », souvent rattachés à une communauté d’immigrés. Par exemple, on retrouvait principalement les italiens au sein du Marconi Stallions FC, les grecs avec le Sydney Olympic FC, et les croates au Sydney United FC. D’autres structures existaient également comme Bankstown City Lions (Macédoniens), Bonnyrigg White Eagles (Serbes), Parramatta Eagles (Maltais) et St. George Saints FC (Hongrois). En 2005, la A-league apparaît avec la volonté de stabiliser et développer le football en Australie. Afin de consolider les bases des équipes, la Fédération Australienne appliqua la politique « one team per city » (une équipe par ville). La ligue régionale de Nouvelle-Galles du Sud, où se situe Sydney, coupa l’herbe sous le pied des initiatives privés et déposa un dossier pour créer une franchise à Sydney. Cette nouvelle équipe devait représenter Sydney et tout l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud pour s’assurer une large base de supporteurs. Il fallait donc se déconnecter des communautés ethniques et retenir pour la franchise des symboles de l’Etat. La ligue opta donc pour un maillot bleu ciel, couleur officielle de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud. Ce choix était conforté par le fait que, pour des raisons marketing, l’organisateur de la A-league encourageait à ce que chaque club ait une couleur bien identifiée et distincte des autres. Par ailleurs, des clubs d’autres sports de Nouvelle-Galles du Sud arborait également cette couleur (NSW Waratahs en rugby à XV, NSW Blues en cricket). Le choix du bleu ciel (sky blue pantone 291 exactement) comme couleur officielle de l’Etat n’est pas documenté. Elle est souvent associée avec le blanc et le bleu marine (comme pour le Sydney FC). Cette décision peut apparaître étonnante car finalement, dans le drapeau ou les armes de l’Etat, le bleu ciel n’apparaît pas.

#788 – OIdense BK : de Stribede

Les rayés. Pour reconnaître Odense BK sur un terrain de première division danoise, il suffit de trouver les joueurs qui portent un maillot composé de rayures blanches et bleues verticales. Cette chemise, qui donna le surnom de rayé, est emblématique du club et aurait été portée dès les origines du club. En 1916, une entorse fut faite à la tradition en raison de problèmes d’approvisionnement liés à la Première Guerre Mondiale. Le club dut s’équiper de maillots toujours rayés bleus et blancs mais cette fois, les bandes étaient horizontales. Pourtant, certaines voix avancent que dans les premiers temps le maillot était intégralement noir, raison pour laquelle cette couleur réapparaîtrait parfois subtilement sur le kit d’Odense. Malheureusement, les raisons qui menèrent à ce choix de couleurs et à ces rayures ne sont pas connues.

On pourrait avancer que l’imagination des membres s’inspira des armoiries de la ville d’Odense. Les couleurs bleues et blanches y apparaissent, l’écu étant sur fond blanc et présentant un chevalier bleu avec un oriflamme de la même couleur. Ce blason se base sur un sceau de la ville daté de 1460.

Autre possibilité assez courante à l’époque, emprunter les couleurs et symboles d’une équipe anglaise. Odense BK étant fondé en 1887, le football anglais était alors dominant et influenceur. Or, de 1883 à 1892, les vainqueurs de la Coupe d’Angleterre, comme parfois les finalistes, possédaient des kits bleus et blancs, souvent à rayures, tels que Blackburn Rovers, West Bromwich Albion et Preston North End.

Néanmoins, 1887 fut l’unique année où le vainqueur jouait dans d’autres couleurs mais avec un maillot rayé (Aston Villa). En outre, Odense fut d’abord fondé en tant qu’association de cricket et la section football apparût seulement deux ans plus tard. Etonnant que les joueurs danois de cricket s’inspirassent de clubs de football. A moins que la théorie d’un maillot différent les premières années auquel se substitua le maillot rayé bleu et blanc quelques temps plus tard fusse vrai. Les joueurs de cricket auraient opté pour un premier maillot puis les footballeurs auraient imposé le célèbre kit, en l’honneur d’un club anglais. Simple supposition. Car on pourrait très bien mixer ces deux hypothèses. D’une part, les couleurs s’inspirèrent du blason de la ville. D’autre part, les rayures étaient à la mode à l’époque, la plupart des équipes anglaises précitées en ayant.