#465 – 1.FC Union Berlin : Eiserne

Les ferreux. Fondé en 1966 pour offrir aux travailleurs de Berlin-Est un club à supporter, l’Union puise ses origines dans le club dénommé FC Olympia Oberschöneweide créé le 17 juin 1906 par l’union de 3 petites associations sportives. Oberschöneweide était alors une municipalité (qui fut intégrée à Berlin en 1920) qui connut un fort développement à la fin du XIXème siècle en raison de son industrialisation. De grandes entreprises, telles qu’AEG ou Niles, achetèrent d’importants terrains alors agricoles, notamment le long des rives de la Spree, pour y construire un ensemble remarquable d’usines à plusieurs étages, de vastes halls de production et de bâtiments administratifs. La ville devint ainsi un important centre industriel, dominé par les entreprises électriques (aussi bien des centrales que des fabricants de matériel électrique), l’industrie métallurgique et la construction mécanique.

Les habitants étaient alors les ouvriers des usines, les industriels faisant construire près de leurs usines des habitations pour leurs employés. Dans ses premières années d’existence, le FC Olympia Oberschöneweide, initialement composé presque entièrement d’étudiants, s’associa en tant qu’équipe de jeunes à d’autres clubs plus matures. Ainsi, après une première association infructueuse, il se lia avec le récent vainqueur du championnat allemand, le BTuFC Union 1892. Son effectif constitua pendant deux ans la quatrième équipe réserve du BTuFC. En février 1909, l’équipe voulut voler de ses propres ailes et se détacha du BTuFC. Par amitié et afin de les honorer, les joueurs reprirent à la fois le nom (le club devenant désormais Union Oberschöneweide) ainsi que les couleurs bleu et blanc de l’Union 92. Or, ce maillot bleu à parement blanc faisait penser aux bleus de travail des ouvriers qui travaillaient dans l’industrie métallurgique d’Oberschöneweide. Ainsi, le surnom Eiserne s’imposa. En 1998, Nina Hagen, la chanteuse punk, associa sa voix avec le nouvel hymne du club, Eisern Union.

Après la Seconde Guerre mondiale, le club se divisa en deux, une partie en RDA et une autre en RFA. Mais, le club est-allemand était fortement affaibli par la perte de la quasi-totalité de l’équipe première. Pour le maintenir en première division, les autorités communistes l’intégèrent au sein de la structure sportive d’une branche industrielle et le club se retrouva associé à la VEB Transformatorenwerk Karl Liebknecht, un fabricant de transformateur électrique. Les couleurs traditionnelles furent également modifiées : le bleu et blanc du club précédent (et du club frère à l’ouest) furent bannis au profit du rouge et blanc, qui demeure jusqu’à présent.

#457 – Celta Vigo : Celestes

Les bleus ciels. Le Celta Vigo résulta, le 10 août 1923, de la fusion de deux clubs : le Fortuna Football Club et le Real Vigo Sporting. Le journaliste Manuel Castro « Handicap », rédacteur en chef de Sprint et El Faro de Vigo en était le principal instigateur. Il avait, dès 1915, déjà soutenu l’idée d’une fusion entre les deux grands, et réussit à l’imposer quand il atteignit la présidence de la Fédération de Football de Galice en 1922 puis la vice-présidence du Real Vigo Sporting en 1923. Son objectif était de renforcer le football à Vigo et sa fortune en Espagne car si un club de la ville parvenait à se qualifier pour la Copa del Rey (la seule compétition nationale à l’époque), il ne parvenait pas à être compétitif pour la remporter. Le choix des couleurs du nouveau club fut évident pour la récente direction. Les fondateurs optèrent pour les couleurs de l’équipe nationale : maillot rouge avec poignets blancs, short noir et chaussettes bleues. Le rouge comme couleur principale convenait aussi car c’était une des couleurs communes des deux clubs. Le Real Vigo Sporting évoluait dans un maillot rouge et blanc divisé en deux moitiés, aux couleurs de la province maritime de Vigo. Tandis que le Fortuna évoluait dans un uniforme intégralement blanc mais son blason était composé de rouge et de jaune. Toutefois, ce choix ne survit pas à la première année d’existence. Les dirigeants voulaient que le club dépassa les limites de la ville et s’imposa comme la référence du football galicien. Ainsi, le nouveau maillot reprit les couleurs de la province, soit le bleu. Les armoiries de la Galice, tout comme la bannière du Royaume de Galice (et au XIXème siècle celle de la province), sont composés de bleu (un calice or sur un champ bleu) et les premières traces des armoiries remontent au XIIIème siècle. Avec le temps, le maillot bleu du club dériva vers un bleu ciel, tout comme le drapeau de la province. Cette volonté de représenter la Galice coïncidait avec une nouvelle étape du nationalisme galicien qui au début des années 20 connaissait des débats, entre ceux qui prônaient une plus grande implication dans la politique et ceux qui défendaient le maintien de la ligne culturelle. Mais, au moment où le club apparut, les idées indépendantistes s’enfonçaient dans le silence avec la dictature de Miguel Primo de Rivera (1924-1930). D’où les dirigeants embrassaient peut-être également la cause et lui donnait un écho avec cette couleur.

#454 – PEC Zwolle : Blauwvingers

Les doigts bleus. En 1990, le club néerlandais était au bord de la faillite. Les pertes financières et les mauvais résultats sportifs des dernières années avaient fini d’achever un club qui connut déjà une banqueroute en 1982. La nouvelle direction en charge de sauver le club décida de faire table rase du passé, en changeant le nom du club et ses couleurs. Les relations entre la municipalité et l’ancienne direction ayant été très distendues, le club opta pour les couleurs de la ville (bleu et blanc à la place des couleurs historiques, verte et blanche) pour s’en rapprocher. Le blason évolua aussi en s’inspirant de celui de la ville. En s’identifiant ainsi à la ville, le surnom des habitants de Zwolle déteignit naturellement sur l’équipe.

Pourquoi les habitants de Zwolle ont les doigts bleus ? Différentes versions de l’histoire tournent mais globalement la légende est la suivante. Semble-t-il en 1682, les habitants de la ville de voisine de Kampen étaient riches et achetèrent une cloche à Zwolle, à un prix élevé. Or, cette cloche sonna faux (ou le carillon qui l’accompagnait entonna un air moqueur), ce qui fâcha les habitants de Kampen. Ces derniers décidèrent d’honorer leur dette mais payèrent le prix en petite coupure (en pièce de cuivre du nom de duit). Zwolle reçut donc une montagne de pièce. Zwolle se méfiant de Kampen, ses habitants décidèrent de compter cette énorme somme d’argent. A force de manipuler ces pièces de cuivre, leurs doigts devinrent bleus et ainsi le surnom naquit.

#443 – Club Cerro Porteño : Azulgrana

Les bleus et grenats (rouges). Quand le club fut fondé le 1er octobre 1912, le Paraguay connaissait une période politique trouble. Coincé entre le Brésil et l’Argentine, le pays connut une fin de XIXème siècle difficile où il perdit une guerre et devint quasiment un état vassal du Brésil. Puis, sous le gouvernement de Bernardino Caballero (1880-1886), le pays se redressa et deux partis politiques naquirent en 1887 : le Parti Liberal (symbolisé par la couleur bleu) et le Parti Colorado (rouge). Au cours des années suivantes, le Parti libéral dirigea le pays mais il était divisé en fractions, ce qui conduisit à une instabilité politique constante. En outre, les révolutions successives menées à la fois par les libéraux dissidents et les Colorados déstabilisèrent également les institutions. Le pays était fractionné en deux parties qui s’affrontaient régulièrement et pas uniquement dans les urnes.

La maison familiale des Núñez en était la parfaite illustration. Une partie de la famille dont la mère supportait les libéraux tandis que l’autre emmenée par le père était pour les colorados. Or, ce fut dans cette maison avec le support de Mme Susana Núñez et de certains de ces enfants que le club fut créé. Mme Núñez décida alors que la toute nouvelle institution devait être un havre de paix où les supporteurs devaient être unis derrière leur équipe, quelque soit leurs origines et orientations politiques, et seul le sort de celle-ci était important. Elle souhaitait reproduire au sein du club la solidarité de sa famille malgré les différences politiques qui la composait et ainsi démontrer dans la pratique que les Paraguayens, quel que soit leurs opinions politiques, étaient capables de faire de grandes choses quand ils étaient unis. Pour cette raison, elle cousit un drapeau aux couleurs des deux partis politiques, bleu et rouge, mais ces dernières étaient intercalées donc étroitement liées. Ces deux couleurs furent alors adoptées par le club.

#435 – SC Cambuur : de Geelblauwen

Les jaune et bleu. La tenue du SC Cambuur se compose d’un maillot jaune, d’un pantalon bleu et de bas blancs ou jaunes. Le club copia les couleurs de sa ville de résidence, Leeuwarden dont le drapeau était composé de 4 bandes horizontales jaunes et 4 bleues. Ce dernier reprend naturellement les couleurs des armes de la ville où sur un fond bleu, un lion rampant jaune se détache. Le lion, comme symbole de la ville, apparaît sur le sceau de la ville à partir de 1422 (initialement comme un lion marchant) et sur les pièces de monnaie vers 1430 (comme un lion rampant). Puis, la plus ancienne image connue en couleur du blason remonte à 1584. Mais, les raisons de ces armes ne sont pas connus précisément. Une première hypothèse se base sur le nom de la ville Leeuwarden. La deuxième partie du mot – warden – désigne un monticule artificiel dans les langues nordiques, notamment en vieux néerlandais et en frison (Leeuwarden se trouve dans la Province de la Frise). Ceci est logique étant donné que la ville fut créée via des rehaussements de terrain sur le Middelzee, un bras de mer qui existait dans la province à cette époque. Concernant le mot leeuw, il signifie lion en néerlandais ce qui expliquerait celui sur les armes. Toutefois, au Moyen-Age, le néerlandais moderne n’était pas utilisé dans cette région. Certains soutiennent donc que leeu dérive d’un terme du moyen bas allemand qui signifie « à l’abris du vent ». Cette explication paraît elle-aussi logique puisque les monticules abritaient du vent. En Anglais, le terme leeward a ce même sens. Une autre hypothèse avance que les armes de la ville reprendraient celles d’une célèbre et puissante famille de la région au Moyen-Age, les Minnema. Cette dernière avait un blason affichant un lion rampant mais il était rouge sur un fond blanc. Enfin, d’autres estiment que le lion est très probablement lié à Saint Vite, le saint patron de Leeuwarden et de sa plus ancienne église. Saint Vite est un martyre chrétien. L’Empereur Dioclétien voulut le faire renoncer à sa foi chrétienne mais devant le refus de Saint Vite, l’Empereur le condamna à mort. Il fut donner à manger à un lion. Mais, le lion se mit à ses pieds et les lécha. Saint Vite succombera plus tard avec un autre supplice (le chevalet).

Si les couleurs sont tirées du blason de la ville, celui du club, en revanche, reprend exactement les armes d’une autre famille puissante de la région, les Van Cammingha. L’avantage est que ces armes sont également sur un fond jaune. Mais, elles affichent un cerf (et non un lion). Ce choix résulte du fait que le stade du club se situe dans le quartier de Cambuurplein, où était le chateau de la famille Van Cammingha.

#429 – Fortaleza EC : Tricolor do Pici

Les tricolores de Pici. Le club du Nord du pays arbore un blason et évolue dans un maillot à 3 couleurs : bleu, blanc et rouge. Au début du XXème siècle, certains membres la jeunesse privilégié de Fortaleza se rendaient en Europe pour achever leurs études. En revenant au pays, ils ramenèrent dans leurs bagages les nouveaux sports qui émergeaient en Europe tel que le football. En outre, ces étudiants répandaient la culture européenne au sein de la classe aisée de la ville. Ce fut le cas d’Alcides de Castro Santos. Il fit ses études notamment en France. A son retour à Fortaleza, en 1912, il ramena des ballons de foot et créa un premier club de football, dénommé Fortaleza Foot -Ball Club. Mais, le club ne vécut que quelques mois. Alcides persista et en 1915, participa à la fondation d’un nouveau club, Stella Foot-Ball Club. Le nom du club puisait déjà son origine en Europe car Stella était le nom d’un collège suisse où étudiaient les enfants de la haute société de Fortaleza. Une fois de plus, le club ne survécut pas à ces premières années d’existence. Le 18 Octobre 1918, Alcides remit cela, mais cette fois avec succès, en fondant le Fortaleza Sporting Club (qui deviendra le Fortaleza EC). Pour les couleurs, Alcides et les autres fondateurs décidèrent de rendre hommage au pays où ils firent leurs études (et dont la culture était fortement apprécié au Brésil). Ainsi, ils optèrent pour le tricolore français : bleu, blanc, rouge. Les dirigeants estimaient que le bleu symbolisait la noblesse, le blanc le respect et le rouge la lutte et le peuple. Le club s’enorgueillit que ces couleurs n’ont jamais changé depuis leur création. Fait rare au Brésil où beaucoup de clubs durent changer de couleurs en raison des difficultés d’obtention de certains tissus colorés ou de la décoloration des uniformes au fur et à mesure des lavages (cf. article #400 – CR do Flamengo et #23 – Grêmio Porto Alegre).

Pici est le nom du quartier où fut créé le club.

#414 – FC Slovan Liberec : Modrobílí

Les bleus et blancs. Si le club tchèque fut fondé en 1958, le football dans la région des Sudètes (nord de la Tchéquie) puise évidemment ses origines au début du siècle dans la communauté allemande. 90% de la population de la ville était alors germanophone et la région de Bohème faisait partie de l’Empire Austro-Hongrois. Ainsi, à la fin du XIXème siècles, différents clubs apparurent, certain représentant la communauté allemande, d’autres les tchèques. Deux clubs commencèrent à sortir du lot : le Sparta Ober Rosenthal qui changea par la suite son nom en Sparta, pour les allemands et le SK Liberec, le premier club purement tchèque. Le premier jouait en vert et blanc tandis que le second opta pour le bleu et blanc. En 1934, SK Liberec prit le nouveau nom de Slavia Liberec afin de revendiquer son caractère slave à un moment où le régime nazi dans l’Allemagne voisine présentait déjà une menace sérieuse pour l’ex-Tchécoslovaquie. Puis, en 1938, la région devint allemande. A la sortie de la guerre, Liberec s’affirma alors comme une ville tchèque et les deux clubs reprirent leur rivalité. Un nouveau club à l’identité tchèque naquit en 1949, le Sokol Čechie Liberec XI (Sokol était une association créée en 1862 et avait pour objectif de promouvoir l’identité slave et en particulier le nationalisme tchèque). Afin de se renforcer, ces différentes entités commencèrent à fusionner et en 1958, les 2 derniers représentants s’unir pour créer le Slovan. Le bleu et le blanc étaient alors les couleurs qui se retrouvaient dans au moins 2 des 3 clubs. En outre, c’était les couleurs du premier club tchèque de la ville, le SK Liberec. Elles s’imposèrent donc naturellement pour le nouveau Slovan.

#404 – CD O’Higgins : la Celeste

Les bleus ciels. Le club chilien de la ville de Rancagua évolue dans un maillot bleu ciel qui lui donna son surnom. Au début des années 50, Rancagua était une petite ville d’à peine 40 000 âmes mais qui comptait 3 équipes évoluant en seconde division : Braden qui représentait les ouvriers de la mine de cuivre de la société Braden Copper Co, l’Institut O’Higgins qui avait été fondé par les étudiants de l’Institut O’Higgins des Frères Maristes et le Club América qui était soutenu par les commerçants. En 1953, Braden et O’Higgins décidèrent d’unir leurs forces pour donner naissance à un nouveau club, O’Higgins Braden. Idée lumineuse car la saison suivante, O’Higgins Braden remporta le championnat de seconde division, invaincu avec 30 points (18 matchs joués, 12 victoires et 6 nuls). La première division leur tendait les bras. Seulement, leur dauphin était leur rivaux du Club América. La ligue chilienne (Asociación Nacional de Fútbol Profesional) ne voulait pas qu’une si petite ville éparpilla ses moyens entre plusieurs clubs professionnels et imposa alors aux deux clubs de fusionner. Après de longue discussion, les clubs étant peu emballés par l’idée, la fusion se réalisa avec la fondation du CD O’Higgins. O’Higgins Braden évoluait avec un maillot rayé vert et blanc tandis qu’América portait un maillot jaune. Les dirigeants décidèrent de changer totalement de couleurs et optèrent pour un maillot rouge, un shot bleu et des chaussettes blanches. Seulement, la ligue s’en mêla encore et refusa cette association de couleurs. En effet, elle jugea que ce kit au couleur du drapeau national était trop proche de celui de la sélection. Le club passa alors au maillot bleu ciel. Certains avancent que les dirigeants auraient choisi la couleur bleu clair car elle serait le résultat du mélange des trois couleurs des deux clubs (jaune, vert et blanc). D’autres soutiennent que le club aurait décidé de retenir le maillot d’une autre équipe nationale, celui de l’Uruguay, champion du monde en titre à l’époque (lors du fameux « Maracanazo » à la Coupe du monde 1950). Il semblerait aussi que le bleu ciel remporta l’adhésion car aucun autre club chilien évoluait dans cette couleur.

#399 – Getafe CF : los Azulones

Les bleus azur ou bleus rois. Comme beaucoup d’équipes, le surnom de Getafe est liée à la couleur de leur maillot bleu. Toutefois, comme souvent, il y a une histoire derrière ce choix de couleur. En 1923, le dessinateur et sculpteur Filiberto Montagud impulsa la fondation d’un premier club de football du nom de Sociedad Getafe Deportivo. Le bleu aurait été retenu comme couleur des maillots pour rappeler les bleus de travail des ouvrier de la ville. En effet, Getafe, ville située en banlieue sud de Madrid, était jusqu’au XIXème siècle un village agricole et rural. Puis, le développement de la capital espagnole entraina dans son sillon Getafe qui devint une grande cité industrielle, engendrant une croissance démographique forte ainsi que des activités commerciales et industrielles.

Une autre version préfère se référer à la Vierge des Anges (Virgen de los Ángeles), Saint Patronne de la ville de Getafe et apparaissant sous les traits d’une statue conservée non loin de Getafe. La ville et ses habitants catholiques ont une véritable dévotion pour cette statue de la Vierge Marie, chaque année, une procession étant menée lors des fêtes patronales qui démarre le Jeudi de l’Ascension. La statue porte un manteau bleu carmel qui serait donc à l’origine de la couleur du club. Le bleu est généralement la couleur avec laquelle la Vierge Marie est représentée. Cette teinte est porteuse de nombreuse signification telle que la fidélité, la justice et la spiritualité. Dans l’ancien testament, le bleu représente la fidélité du peuple d’Israël à Dieu tout comme la Vierge Marie. L’étoffe qui recouvre l’Arche d’Alliance est bleue et pour rappeler que la Vierge Marie, en ayant porté Jésus Christ, est comme l’Arche, elle serait représentée avec des vêtements bleus. Plus prosaïquement, à compter du XIIIème siècle, le bleu est la couleur des princes et nobles car le pigment bleu (dit de lapis-lazuli) était l’un des plus chers. Les tissus bleus démontraient donc la richesse et la noblesse de son porteur. L’Eglise se serait servie de cette riche symbolique pour désigner le caractère sacré de la Sainte Vierge.

Le club, Sociedad Getafe Deportivo, disparut en 1933. Mais, ces successeurs, aussi bien le Club Getafe Deportivo en 1946 que le Getafe Club de Fútbol en 1983, reprirent les couleurs du club originel.

#389 – Willem II Tilburg : Tricolores

Les tricolores, le club arbore un maillot rayé avec 3 couleurs : blanc, bleu et rouge. Ce choix de couleur n’a rien à voir avec la France mais reprend évidemment les couleurs du drapeau national des Pays-Bas. Lors de sa fondation en 1896, les membres décidèrent de donner à leur club le nom de Tilburgia. Ils optèrent donc pour les couleurs bleu et jaune qui étaient celles de la ville de Tilburg. Mais le 14 janvier 1898, les fondateurs décidèrent de rendre hommage à l’ancien Roi des Pays-Bas, Guillaume II d’Orange-Nassau, en renommant le club Willem II. Ce Roi était attaché à la ville de Tilburg. Il y avait établi son campement militaire lorsqu’il tenta de briser la révolution belge en 1831. Puis, il s’y rendit régulièrement en villégiature et y fit même débuter la construction d’un chateau. Enfin, il y mourut en 1849. Il aurait même déclaré « Hier adem ik vrij, hier voel ik mij gelukkig » (Ici, je respire librement et je me sens heureux). En se liant à la maison royale d’Orange-Nassau, et sachant que le choix des couleurs bleu et jaune ne faisait pas l’unanimité, à la fin de l’année 1898 (le 20 Novembre) le club opta pour un maillot orange. En 1902, cette tenue fut échangé contre un maillot blanc accompagné d’une ceinture orange et d’un pantalon noir. Parfois, la ceinture orange était remplacée par une ceinture bleu-blanc-rouge, première pointe tricolore. Mais, rapidement en 1903, l’équipe arbora un nouveau maillot à carreaux rouge et noir. Cet excentricité ne convint personne et lors de la saison 1903-1904, le choix se porta sur le maillot actuel, à rayure bleu, blanc et rouge (avec une ceinture rouge et un short bleu). A l’époque, sans avoir fait parti des fondateurs, la famille van den Bergh, riche fabricant de laine et de couverture, était très impliquée dans la vie du club. Par exemple, le 11 novembre 1897, cinq membres de la famille faisaient partie de l’équipe affrontant le Sparta Rotterdam. Surtout, en 1903, un de ses représentants, Frits, présidait le club. Or, certains membres de cette famille, dont Frits, avaient fréquenté l’école supérieure de textile d’Enschede. Son club de football, dénommé «Prinses Wilhelmina» du nom de la souveraine des Pays-Bas, portait un maillot rouge, blanc et bleu. Les van den Bergh apportèrent ces maillots à Tilburg qui les adopta car ils représentaient bien l’attachement du club à la famille royale et au pays. Le short lui hésita entre noir et blanc jusqu’au choix définitif du blanc lors de l’assemblée générale du 6 juillet 1927. Ce maillot tricolore fit comparer les joueurs à des caméléons mais le club et ses supporteurs en étaient fiers. En juin 1952, Naud van der Ven et Jan Hombergen composèrent une marche en hommage au club et l’une des strophes précisait :

Hecht verbonden met Oranje,Verknocht aan ’t koninklijk gezin, Zweren wij bij ’t vaandel met rood-wit-blauw erin (Près d’Orange, connecté à la famille royale, Nous ne jurons que par la bannière avec du rouge-blanc-bleu dedans)

et le refrain :

Het rood, de kleur van de liefde, verbindt zich met smet’loos wit aan het blauw, Teken van trouw (Le rouge, la couleur de l’amour, se connecte avec la pureté du blanc et au bleu, signe de fidélité)

Sous l’occupation nazi, toute représentation nationale, tel qu’afficher le drapeau des Pays-Bas, était prohibée. Le club fut pourtant le seul autorisé à conserver son maillot ainsi que son nom royal pendant toute la période de guerre. Mais, sa notoriété devait être limitée auprès des soldats allemands car un supporteur raconta plus tard qu’un membre de sa famille fut emprisonné 6 mois pour avoir porté un pins’ de Willem II Tilburg, qui était donc au couleur des Pays-Bas. En tout cas, pendant la guerre, les Tricolores étaient généralement chaleureusement accueillis par le public lors des matchs à l’extérieur. Malgré cette symbolique et notoriété forte, dans les années 40 et 50, la traditionnelle chemise tricolore fut régulièrement remplacée par une chemise rouge vif, orange ou bleue. En plus de 100 ans à utiliser ce maillot tricolore, il y eut évidemment quelques tentatives de le faire évoluer ou de le mettre au placard. Notamment qu’en un sponsor arrivait. En septembre 1982, l’équipe se présenta à domicile contre Feyenoord dans un maillot vert vif, couleur du sponsor principal, la marque japonaise Sansui. Il fut rapidement rangé au profit du maillot traditionnel. En 1984, nouvelle tentative avec l’arrivée d’un sponsor. Le nouveau maillot était certes tricolores mais les rayures étaient concentrées au centre dans un scapulaire allongé, le reste demeurant blanc. Les supporteurs comme les instances rappelèrent l’importance des symboles et donc de conserver la fameuse tunique rayée du club. Message entendu, ce maillot fut immédiatement remisé sans même avoir été porté. Parfois, même en conservant le maillot classique, des réalisations malheureuses eurent lieu. En 1986, lors des célébrations de son 90ème anniversaire, les joueurs portèrent des maillots et des shorts rayés des 3 couleurs. C’était un peu trop de rayures et de couleurs pour les adversaires et les supporteurs. Ces derniers, tout comme l’entraineur du club, trouvèrent que les joueurs n’étaient plus simplement des caméléons mais étaient devenus des gens du cirque. Finalement, les créations originales, notamment en s’accordant avec la couleur du sponsor, se limitèrent par la suite seulement au maillot extérieur.