Les rouges. L’équipe du Partizan Tirana est un pur produit de l’ère communiste en Albanie, puisant ses origines dans la résistance albanaise durant la Seconde Guerre Mondiale. Après l’invasion allemande en 1943 (auparavant l’Albanie était tombé sous le joug de Mussolini en 1940), la résistance fut principalement organisé au sein de l’Armée de Libération Nationale, menée par les troupes communistes qui dominait quasiment tout le sud du pays, sous le commandement du futur dictateur Enver Hoxha. Les membres de ses troupes étaient dénommés « partisans » et portaient l’étoile rouge, symbole du communisme. A la sortie de la guerre, l’Armée de Libération Nationale devint l’armée officielle du nouveau régie communiste. 2 premières équipes issues de l’armée vont concourir dans le premier championnat national en 1945. Puis l’année suivante, ces deux forces furent réunis dans une seule structure, retenant que les meilleurs éléments, dénommée Ushtria (l’armée). Puis, peu de mois après le premier match joué le 7 avril 1946, le club , qui dépendait donc des forces armées albanaises, reprit ses symboles et ceux de l’état du bloc soviétique : une étoile rouge, le nom partizan et la couleur rouge. Le club s’émancipa de l’armée avec la chute du communisme en 1994 (racheté par le par l’homme d’affaires Albert Xhani), sans pour autant renier un seul de ses symboles.
Étiquette : Couleurs
#378 – FC Bâle : RotBlau
Les rouges et bleus. En lisant l’article #200, on apprend que le club catalan aurait choisi ses couleurs rouge et bleu sous l’influence de l’un de ses fondateurs, Hans-Max Gamper, citoyen suisse et passionné du FC Bâle où il évolua. Si cette version est vrai (le FC Barcelone défend une autre idée), la question maintenant est de savoir pourquoi le club suisse choisit ces deux couleurs qui lui donna son surnom. Roland Geldner publia dans le journal Basler Nationalzeitung dans son édition du 12 novembre 1893 une annonce proposant l’idée de créer une équipe de football et invitant toute personne intéressée à se retrouver le mercredi suivant à 8h15 au restaurant Schuhmachern-Zunft. Onze hommes (des membres d’un club d’aviron, une poignée d’universitaires et un journaliste sportif) répondirent à l’annonce et se réunirent donc pour fonder le Fussball Club Basel le 15 novembre 1893. Les couleurs du club furent le rouge et le bleu dès le premier jour. Les membres venant du Basler Ruder-Club, association fondée en 1884 et dont les couleurs étaient (et sont toujours) le rouge et le bleu, proposèrent de reprendre ses couleurs. Dans le col du maillot actuel le cri de guerre des supporteurs, il est inscrit « Rot isch unseri Liebi, Blau die ewigi Treui, Basel unseri Stadt » (Rouge est notre amour, Bleu notre éternelle loyauté, Bâle notre ville).
#373 – Fenerbahçe SK : Sarı Kanaryalar
Les canaris jaunes. Avec un tel surnom, on comprend immédiatement à quoi il fait référence. Le surnom de « canaris » est souvent utilisé par les équipes évoluant en jaune (Norwich cf article #51, FC Nantes cf article #208, JS Kabylie cf article #323 et KuPS cf article #365) mais, dans ce cas, le club turque a fait une belle tautologie. Pour sa défense, tous les canaris ne sont pas jaunes. Toutefois, la question ne se situe pas là et par ce surnom, il est surtout souligné la seule couleur qui demeura toujours sur le blason et les maillots du club : le jaune. En effet, en 1907, les fondateurs marièrent d’abord le blanc au jaune car ces couleurs rappelaient les camomilles qui fleurissaient dans les prés de Fenerbahçe. Peu de temps après, en raison d’un problème de « qualité » de ces maillots jaunes et blancs (cf article #131), le club dut en acheter des nouveaux. Sauf que ces derniers n’étant pas disponibles immédiatement, l’un des dirigeants décida de se rabattre sur des maillots jaunes et bleus que le fournisseur avait en réserve. Depuis lors, le jaune et le bleu sont les couleurs officielles.
Le surnom apparut avec un légendaire joueur du club, le gardien de but Cihat Arman, qui a joué pour Fenerbahçe entre 1939 et 1952. Ayant une certaine aisance dans ses sorties aériennes et multipliant les parades acrobatiques, il était connu comme « l’homme volant ». Puis, comme il portait généralement un pull jaune pendant les matchs, les fans finirent pas l’appeler le canari jaune. L’expression serait exactement apparue lors d’un match lorsqu’un spectateur scanda, suite à une nouvelle envolé du gardien dans sa cage, « Hey yavrum kanaryama bak, yine uçtu » (Hé, bébé, regarde mon canari, il a encore volé.). Après sa retraite, la jeune équipe de Fenerbahçe qui prit la relève fut également appelé les canaris jaunes.
#367 – Widzew Łódź : Czerwona Armia
L’armée rouge. Le club polonais joue en rouge depuis sa fondation. Le 24 janvier 1922, le Parti Socialiste Polonais fonda un nouveau club à Łódź, le Robotnicze Towarzystwo Sportowe Widzew Łódź (l’Association Sportive des Travailleurs Widzew Łódź), sur les ruines d’un club ouvriers créé en 1910, par des employés de l’usine textile Heinzel and Kunitzer Cotton Products, dans le quartier populaire de Widzew. La ville de Łódź était un grand centre de production textile entre le XIXème siècle et les années 1990, ce qui conduisit la population à passer de 13 000 habitants en 1840 à plus de 500 000 en 1913. Juste avant la Première Guerre mondiale, Łódź était devenue l’une des villes industrielles les plus densément peuplées au monde (avec 13 280 habitants par km). Les idées socialistes se diffusèrent donc rapidement et avec enthousiasme au sein de la classe ouvrière de la ville et le Parti Socialiste y développa un bassin d’adhérents importants. Avec ce club, il souhaitait « propager la culture physique et l’exercice corporel parmi les masses ouvrières ». Comme une émanation du Parti Socialiste, la couleur rouge s’imposa donc naturellement. D’autant plus que le précédent club ouvriers, qui s’arrêta avec la Première Guerre Mondiale, évoluait également en rouge. En 1913, le terme czerwoni (rouge) était déjà utilisé par la presse pour évoquer l’équipe de football de Widzew. En 1914, la presse locale qualifiait aussi les spectateurs du Widzew, les czerwonymi (les rouges), et parfois également les biało-czerwonymi (les blancs et rouges). Aujourd’hui, les termes de czerwona armia (l’armée rouge), czerwoni (les rouges) et czerwono-biało-czerwoni (les rouges-blancs-rouges) sont généralement utilisés come synonyme du Widzew Łódź.
#365 – Kuopion Palloseura : Kanarialinnut
Les canaris. Assez naturellement ce surnom se réfère à la couleur jaune des maillots du club finlandais. En Mars 1923, 16 personnes se réunirent afin de créer un club de football à Kuopio, qui fut finalement fondé le 16 Mars 1923, en présence de 25 membres. Les premiers équipements de l’équipe étaient rayés noir et vert avec un short blanc. Mais, au regard de la difficulté de trouver des tissus verts, les dirigeants décidèrent de changer de couleur en 1935. Différentes options furent étudiées mais finalement, le choix se porta sur des maillots rayés noir et jaune, les couleurs traditionnelles de la Savonie. Cette dernière est une province historique de la Finlande, habitée par les Savoniens, et dont Kuopio était une des capitales administratives au XIXème siècle.
#364 – FC Lorient : les Tangos et Noirs
Il s’agit des couleurs du club breton depuis sa fondation. Le FC Lorient fut fondé sur les bases d’un club corporatiste dénommé la Marée Sportive de Lorient, qui jouait en maillot bleu à parements rouges. A sa création en avril 1926, le FCL adopta pourtant un maillot à damier orange et noir. Selon la légende, ces couleurs remonteraient aux origines de la ville. Cette dernière fut fondée en 1666 lorsque la Compagnie des Indes Orientales obtenue de Louis XIV des terrains pour établir ses installations (magasins, bureaux, cales …). Des chantiers de constructions maritimes suivirent. En 1671, le premier navire sortit des chantiers et s’appelait Le Soleil d’Orient. La plupart des documents désigne toutefois le vaisseau sous le simple vocable de l’Orient, qui donna alors son nom à la ville. En outre, les couleurs de ce navire étaient l’orange et le noir qui donnèrent ainsi celles du club. D’autres sources ajoutent que le FCL choisit ces couleurs car c’étaient celles d’un vêtement remarquable et remarqué que portait une jeune femme à l’occasion de la création du club : le chemisier de Charlotte Cuissard, sœur du Président. Elle n’était pas seulement la « sœur de ». Elle pouvait également remplacer au pied levée un joueur qui manquait lors des matchs en prenant la place du gardien de but.
Une entorse à la couleur orange fut faîte lors de la saison 1982-1983. Le club se morfondait en division d’honneur et certainement que le changement de couleur passa inaperçu. Mais, cette couleur caractéristique, qui un marqueur fort de l’identité lorientaise, revient rapidement. Lors de la pré-saison 2011, le club mit en scène une orange dans sa campagne d’abonnement. Le slogan était alors « le fruit de ma passion » .
#362 – Sport Boys : los Rosados
Les rosés. Le club de Callao est considéré comme le 4ème plus grand club du Pérou (après Alianza Lima, Sporting Cristal, et Universitario) et le premier en dehors de la capital. Il jouit donc d’une grande popularité au Pérou. Un autre élément le distingue fortement des différentes équipes péruviennes : le club joue en rose et ce, depuis 1927. Pour des raisons marketing, le rose s’est démocratisé, popularisé dans le sport masculin, même les plus virils tels que le rugby. Mais, en 1927, il s’agit d’une couleur plutôt peu commune et fortement marqué.
Le club fut fondé par un groupe de jeune étudiants qui fréquentaient le Collège Mariste San José de Callao. Le premier maillot était rayé jaune et rouge, accompagné d’un short noir. La raison n’est pas connue mais il ne serait pas déraisonnable de supposer que les ecclésiastiques espagnols (ou spécifiquement catalans) du Collège Mariste avaient pu suggérer ou influencer les couleurs du club en reprenant celles de l’Espagne et de la Catalogne (en particulier les rayures jaunes et rouges sont une réplique du drapeau catalan Barras de Aragon, cf article #190) ou auraient pu faire don du premier ensemble d’uniformes. Toutefois, ce ne fut pas un choix pérenne car, après le premier championnat auquel le club participa (un tournoi pour enfants organisé par le Raimondi Intellectual Club de La Victoria), les fondateurs du club décidèrent de changer de couleur en adoptant le rose. Là encore, la raison de ce choix est inconnue. Certains avancent que les fondateurs des Boys étaient d’origine italienne et choisirent la couleur de l’équipe de la ville d’où provenaient leurs parents, Palerme et Turin (dans les premières années, la Juventus évoluait en rose).
Un autre récit soutient que les fondateurs décidèrent d’opter pour les couleurs du drapeau du premier navire qui rentrerait dans le port de Callao. Selon la légende, ce fut un navire de l’Union soviétique, avec un drapeau rouge fané. Mais, cette histoire ressemble à une adaptation locale (voire un plagiat) de celle de l’équipe argentine de Boca Juniors (cf. article #219).
Il y a quelques temps, Don Abraham Alfaro, le dernier membre fondateur vivant de Sport Boys, ruina toutes ces versions car, selon lui, certains des fondateurs voulaient une couleur, d’autres une autre. Finalement, ils optèrent pour le rose et le noir simplement pour se distinguer des autres équipes.
#359 – Dundee FC : the Dark Blues
Les bleus foncés. À la fin du XIXème siècle, deux clubs dominaient les rencontres de football dans la ville de Dundee : East End et Our Boys. Les deux clubs furent fondés en 1877 et décidèrent de fusionner en mai 1893 pour former le Dundee FC. L’objectif était de créer un club capable d’évoluer dans la première division écossaise, qui venait de naître. East End évoluait dans un maillot rayé blanc et bleu. Au départ, le bleu fut royal pour finir en 1893 en bleu ciel. Entre temps, il y eut différentes variations, principalement sur des maillots blancs. En revanche, dès 1890, le short se dirigea vers un bleu foncé. Côté Our Boys, il y eut plus de régularité puisque même s’il y eut quelques changements mineurs, la couleur bleu marine demeura la principale. Résultat en 1893, le nouveau club alterna entre les tenues de ces deux clubs fondateurs pour jouer. Puis, de 1896 à 1902, le club changea radicalement avec un maillot blanc et un short noir. Ces années ne furent pas flamboyantes pour le club tant du point vue sportif que financier, le club échappant en 1899 à la faillite. En 1902, le club revint aux maillots bleus marines et termina second du championnat, son meilleur résultat. Au vue de cela, la direction conserva le bleu marine comme couleur et celle-ci devint la couleur traditionnelle de l’équipe jusqu’à aujourd’hui.
#358 – Eskişehirspor : Kırmızı Şimşekler
L’éclair rouge. En 1963, l’Académie des Sciences Commerciales d’Eskişehir bat l’Université Ege 6-0 en finale du championnat universitaire. Après le match, un observateur demanda à Nafiz Yazıcıoğlu, l’entraineur de l’équipe « Madem elinizde böyle bir kadro var niye 2. Lig’e katılmıyorsunuz ? » (Avec une telle équipe, pourquoi ne rejoignez-vous pas la seconde division ?). L’idée fit son chemin et 3 clubs de la ville, İdman Yurdu, Akademi Gençlik et Yıldıztepe, finirent par fusionner en 1965 pour donner naissance à Eskişehirspor. Pour rendre hommage au 3 clubs, Aziz Bolel, président-fondateur, ajouta 3 étoiles au blason du club. En revanche, pour choisir les couleurs du club, Nafiz Yazıcıoğlu, proposa de retenir le rouge et noire. Pour cela, il s’inspira de celles du Stade Rennais qui venait de remporter en 1965 la Coupe de France, son premier trophée national.
#354 – CSKA Moscou : красно-синие
Les rouge et bleu. Les origines du CSKA Moscou remonte à l’Empire Russe avec la section football ouverte en 1911 par Обществе любителей лыжного спорта (Société des Amateurs de Sports de Ski), abrégé en OLLS. Lors du premier match officiel, qui eut lieu le 14 août 1911 contre l’équipe de Vega, les joueurs de l’OLLS jouèrent avec des maillots bleus foncés et des shorts blancs, aux couleurs du club mère. Ces couleurs demeurèrent jusqu’en 1938. Pourtant, entre temps, les « actionnaires », le nom comme le blason du club changèrent profondément.
Suite à l’avènement de l’Union Soviétique, les anciens structures sportives, telles que OLLS, furent dissoutes et les infrastructures et les joueurs furent repris au sein de nouvelles entités liées à des sociétés étatiques ou des syndicats ouvriers. Ainsi, souhaitant développer la formation générale et militaire des pré-conscrits ainsi que la récupération physique des soldats de l’Armée Rouge, cette dernière intégra l’ancien OLLS en son sein. A ce moment, le blason du club changea pour afficher une étoile rouge sur fond bleu. Puis, lors du dixième anniversaire de l’Armée Rouge, le 23 février 1928, la Maison Centrale de l’Armée Rouge vit le jour, où le club emménagea dès le mois de mai suivant et prît à partir de là le nom CDKA (Центральный дом Красной армии – Maison centrale de l’Armée Rouge). Le bleu du blason disparut pour laisser la place à la couleur or, qui va durer jusqu’en 1951. Pourtant, en 1938, quand le club choisit définitivement ses nouvelles couleurs, il opta pour le rouge et bleu. Le rouge était évidemment une référence directe à l’Armée Rouge. En revanche, la raison du bleu est inconnue. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées. Les dirigeants ont peut-être souhaité conserver la principale couleur du club depuis ses origines et qui, à un moment, apparaissait sur le blason au côté du rouge. Le bleu était également assez répandu dans le football et ceci peut-être influa sur le choix.
En tout cas, les couleurs ne furent pas figées pour l’éternité. Lorsque le CSKA était dirigé par l’entraineur Konstantin Beskov (saison 1961-1962), l’équipe des militaires jouait le plus souvent en blanc. Et au milieu des années 60, un uniforme noir s’imposa lors de quelques matchs. De la fin des années 1970 au début des années 1990, les joueurs du CSKA évoluaient principalement dans des maillots rouges avec des shorts blancs … les couleurs de son rival du Spartak. Depuis lors, le club est revenu à ses couleurs traditionnelles du rouge et bleu.
