#1298 – CS Miramar Misiones : los Cebritas

Les zèbres. Avec son maillot barré de bandes verticales noires et blanches, le surnom était évident. Seulement d’habitude, les couleurs et les rayures du maillot inspirent la comparaison avec l’équidé. Pour l’équipe de Montevideo, l’histoire s’est inversée.

Le Miramar Misiones naquit le 25 juin 1980 mais son histoire est centenaire car il résulte de la fusion du club de Misiones FC, fondé le 26 mars 1906 dans le quartier de Pocitos, et de CS Miramar, fondé le 17 octobre 1915 dans le quartier de Villa Dolores. A la fin des années 1970, Miramar se battait régulièrement pour la promotion dans l’élite uruguayenne. Finalement, en 1980, Miramar attint le graal mais avait besoin de renforcer ses infrastructures pour espérer s’installer durablement à ce niveau (quelques années plus tôt, une première fusion avec Albion avait échoué au bout d’un an). Dans le même temps, Misiones connaissait un déclin sportif, relégué en 3ème division en 1977 et fleurtant avec une nouvelle descente, mais possédait une enceinte de 4 000 places, construite en 1958 (Stadio Luis Méndez Piana).

Les deux clubs possédaient quelques symboles communs (des maillots à rayures verticales, deux couleurs communes, rouge et noir) qui pouvait faciliter la création d’une nouvelle identité. Toutefois, leurs équipements étaient aussi différents : Miramar avec des chemises noires et blanches (rayures fines) et Misiones, noir et rouge (rayures larges). Le choix fut de retenir celui de Miramar comme tenue principale (avec un rappel de rouge sur les manches, le short et les chaussettes) et celui de Misiones comme kit secondaire. Le rouge et noir des Misiones rendaient hommage au mouvement anarchiste, qui, à cette époque, prospérait dans les quartiers ouvriers de la capitale uruguayenne. Miramar vit le jour dans le quartier Villa Dolores qui tirait son nom du parc donné par Alejo Rossell y Rius à la ville de Montevideo pour y établir un zoo. De ces voyages en Afrique, Alejo Rossell y Rius avait ramené un zèbre dont le pelage inspira les fondateurs du club.

#1292 – Club Nacional : Tricolor

Tricolore. Evidement, le maillot comme l’écusson du club affichent 3 couleurs : le bleu, le blanc et le rouge. Et si les couleurs sont similaires à celles du drapeau paraguayen, ce n’est peut-être pas un hasard, surtout quand on se dénomme Nacional. Au début du XXème siècle, l’instabilité politique sévissait au Paraguay, où les factions rivales, Liberals (identifié en bleu) et Colorados (identifié en rouge) s’affrontaient. Cette situation résultait de la guerre qui se déroula entre 1864 et 1870 et qui vit le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay écrasaient le Paraguay. Le pays aurait perdu une grande partie de sa population (jusqu’à 60%) et de son territoire (140 000 km2 soit 70%).

Dans ce contexte où le Paraguay venait de retrouver un peu de liberté et malgré les divisions, le besoin de renforcer l’identité paraguayenne notamment par la formation des futures élites était prioritaire. Ainsi, les programmes scolaires commençaient à intégrer le sport comme un des éléments du développement global des élèves. L’enseignant-athlète de nationalité hollandaise, William Paats, importa et chercha à éveiller l’intérêt de ses étudiants à de nouveaux sports venus d’Europe, dont le football. Plusieurs équipes de football se formèrent dans les lieux d’étude de la capitale tels que le « Colegio de los Salésiens » , « l’Escuela de Derecho » et « l’Escuela Normal de Maestros » .

Ainsi, le 5 Juin 1904, 17 jeunes collégiens du « Colegio Nacional » d’Asunción décidèrent de fonder une nouvelle association sportive. Ces jeunes avaient l’identité paraguayenne chevillée au corps et des sentiments qui dépassaient les luttes partisanes. Ils souhaitaient donc que leur club soit un étendard, un représentant national transpartisant. Ils choisirent les couleurs bleu, blanc et rouge tout d’abord pour rendre hommage au « Colegio Nacional » où ils avaient éduqué. Le collège avait été créée par la Loi du 4 janvier 1877 et était nommée « Général Bernardino Caballero« , nom d’un héros de la guerre contre le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay et qui avait été président de la République pendant la période de reconstruction du pays. Donc, pas étonnant que le collège fusse un vivier nationaliste et eusse les mêmes couleurs que celles du drapeau uruguayen. Ce qui rejoignait les idées nationalistes et le symbolisme voulues par les fondateurs du clubs. En outre, cela présentait l’avantage d’associer les couleurs (bleu et rouge) des deux factions rivales qui agitaient la vie politique.

Le drapeau actuel du Paraguay comporte 3 bandes horizontales, une rouge, une blanche et une bleue, et fut institué le 25 novembre 1842. Mais, sa première version remonte au 30 septembre 1813. Selon la légende, ces couleurs correspondaient aux couleurs des uniformes des soldats paraguayens qui défendirent Buenos Aires face aux armées britanniques entre 1806 et 1807. Mais, d’autres pensent qu’il s’inspire du drapeau tricolore français. Mais, il se pourrait aussi qu’il dérive du drapeau de l’ancien pays colonisateur, l’Espagne. D’ailleurs, avant que le rouge, le blanc et le bleu s’imposent, plusieurs autres drapeaux du Paraguay existèrent et leurs couleurs s’approchaient du drapeau espagnol.

#1288 – Royal Antwerp FC : Rood-Witte Honden

Les chiens rouge et blanc. Dans la plus grande ville flamande de Belgique, deux équipes se disputent depuis le début du XXème siècle, dans des derbys bouillonnants, le titre honorifique de « Ploeg van ‘t Stad » (équipe de la ville). La population anversoise se divise donc entre les rouge et blanc du Royal Antwerp et les blanc et mauve du Beerschot. Tandis que le Royal Antwerp évolue au Nord de la ville et représente plutôt les classes laborieuses, Beerschot occupe le terrain du Kiel au Sud de la ville et a toujours eu la réputation d’être supportée par l’aristocratie. Même lorsque les deux clubs connurent des difficultés financières à la fin des années 1990, la rivalité demeura forte et son expression entre supporteurs donna souvent lieu à de nombreux excès. Entre autres, des surnoms « d’oiseaux ».

Ainsi, les supporteurs de Beerschot comparèrent les fans d’Antwerp à des chiens car ils avaient des « grandes gueules » et aboyaient comme l’animal. A cette comparaison animalière, les couleurs du club d’Anvers furent rajoutées : le rouge et le blanc. Les fans d’Antwerp repondèrent en donnant un autre surnom peu reluisant à ceux de Beerschot que nous analyserons dans un futur article.

A la fondation du club, les joueurs du Royal évoluèrent d’abord en jaune et noir. Puis, les maillots virèrent vers le rose saumoné avant de s’établir en rouge et blanc, pour devenir les teintes traditionnelles du club anversois. Les dates comme les raisons de ces changements sont inconnues. Mais, le rouge et le blanc font indéniablement penser aux couleurs de la ville. Les armoiries de la ville représentent un chateau blanc sur un fond rouge et la bannière de la ville affichent deux bandes verticales rouges séparées au centre par une bande plus large blanche. Les armoiries datent de l’époque médiévale, le chateau étant représenté sur le sceau de la ville dès 1239. Les couleurs sont attestées depuis 1459, notamment dans l’Armorial de Gorrevod, et n’ont pas changé depuis. Cette ressemblance fait dire aux supporteurs que le Royal est l’équipe de la ville car il porte le nom de la ville et ses couleurs.

#1287 – Wrexham AFC : the Red Dragons

Les dragons rouges. Fondé en 1864, le plus vieux club gallois et l’un des plus anciens professionnels au monde, qui évolue dans les ligues anglaises, cultive sa « gallitude » . A regarder de près son écusson, on y retrouve de nombreux symboles du Pays de Galles, dont les trois plumes blanches émergeant d’une couronne d’or accompagnées de la devise en allemand « Ich dien » (je sers). Surtout, les 3 couleurs du drapeau du Pays de Galles (vert, blanc et rouge) ressortent, avec la créature fantastique qui l’illustre, le dragon rouge. L’écusson du club en affiche deux tenant un ballon de football alors que la bannière nationale n’en comporte un mais qui occupe la place centrale. Le nom du drapeau gallois est Y Ddraig Goch, qui signifie le dragon rouge.

Dans le recueil « Historia Brittonum », rédigé entre le IXème siècle et le XIème siècle, la légende raconte que Gwrtheyrn, chef du petit royaume gallois de Powys, s’enfuyait de ses terres face à l’envahisseur anglo-saxons. Il essaya de construire un château à Dinas Emrys pour consolider sa retraite. Mais, les murs ne cessaient de s’effondrer. On lui révéla que cela était dû à la présence dans la terre de deux dragons : un dragon rouge représentant les gallois-celtes et un dragon blanc représentant les anglo-saxons. Merlin prophétisa alors que les gallois reprendront l’île et repousseront les anglo-saxons vers la mer. Plusieurs autres écrits reprirent plus ou moins cette histoire du dragon rouge : le « Mabinogion » confirmait la couleur rouge du dragon et l’ « Historia regum Britanniae » racontait la légende du Roi Cadwaladr, qui avait un dragon rouge comme étendard et renonça à son trône en 688 en raison d’une prophétie selon laquelle son sacrifice entraînerait une future victoire des gallois sur les anglo-saxons.

L’animal fantastique libérateur devint alors un symbole d’indépendance et ancra le mythe d’un messie qui délivrera la Grande-Bretagne de la domination des saxons. Un certains nombres de chefs gallois reprirent à leur compte ce symbole pour renforcer leur pouvoir et d’ailleurs le terme gallois draig (dragon) fut parfois utilisé pour désigner le chef des gallois. En 1400, Owain Glyndŵr hissa l’étendard du dragon lors de ses révoltes contre l’occupation du Pays de Galles par la couronne anglaise. Pendant la guerre des Deux-Roses qui opposa les maisons d’York et de Lancastre pour le trône d’Angleterre (1455-1487), le mythe du dragon rouge servit la propagande de certains acteurs en se prétendant le messie qui allait restaurer l’authentique lignée antique de Cadwalader et bouter les saxons hors de l’Angleterre. Après la victoire de son fils à Bosworth Field (1485), Henri VII utilisa une bannière avec un dragon rouge sur un fond blanc et vert en entrant dans la Cathédrale de St Paul. Il fonda alors la dynastie des Tudor dont le dragon s’imposa dans son blason. En 1807, le dragon rouge sur une monture verte fut adopté comme insigne royal du Pays de Galles. Puis, le drapeau actuelle fut officiellement reconnu en 1959.

Pour que le surnom s’impose, fallait-il encore que les joueurs de Wrexham évoluent en rouge, ce qui est le cas de manière continue depuis 1939. De sa fondation jusqu’en 1873, l’équipe ne portait pas de maillot uniforme, au grand dam de la presse qui trouvait ces équipements pas soignés. Pour remonter leur côte, le club prit la décision de porter des maillots blancs. En 1876, Wrexham adopta les couleurs écarlate et noire. Après le retour du blanc pendant une saison, à partir de 1886, le bleu et le blanc s’imposa (parfois avec du jaune). En 1904 et pour 21 ans, les joueurs portèrent des chemises intégralement vertes. De 1921 à 1925, un maillot totalement rouge fut utilisé. Au début de la saison 1925-1926, les maillots bleu et blanc revinrent. Et enfin, en 1939, le rouge s’imposa définitivement. En 1967, le blason du club, inspiré vaguement des armoiries de Wrexham (donc sans dragon), fut ajouté aux maillots de l’équipe. Puis, cet écusson fut remplacé en 1975 par un nouveau, s’inspirant cette fois largement de l’iconographie galloise (donc avec le dragon rouge) et qui perdure aujourd’hui.

#1286 – Olympiakos Le Pirée : Ερυθρόλευκοι

Les rouge et blanc. L’Olympiakos, légende du football grec, naquit le 10 Mars 1925 par la fusion de deux clubs, Αθλητικός και Ποδοσφαιρικός Σύλλογος Πειραιώς (Association d’athlétisme et de football du Pirée) et Ομίλου Φιλάθλων Πειραιώς (Fan Club du Pirée). Ces deux associations avaient été fondées un an auparavant par des footballeurs provenant de deux clubs, Α.Π.Σ. Πειραιώς (Association du Pirée) et Ο.Φ. Πειραιώς (Union du Pirée). L’objectif était de pouvoir lutter face à l’hégémonique Association du Pirée, mais également les deux géants athéniens, le Panathinaïkos et l’AEK. Les fondateurs placèrent le club sous le symbolisme de l’olympisme, car les jeux antiques représentaient des idéaux de fair-play, de saine rivalité, de puissance et d’esprit sportif. Ainsi, sur proposition de Notis Kamperos, officier de haut rang de la marine grecque et co-fondateur, sponsor, premier vice-président et directeur de football de l’Olympiakos, le club adopta comme nom, Olympiakos, et comme emblème l’adolescent couronné de lauriers, qui symbolise le vainqueur des Jeux Olympiques.

Pour les couleurs, le choix se porta sur le rouge et blanc, associé sur le maillot en rayures verticales. Elles furent proposées par Giannis Andrianopoulos, un des 5 frères de la riche famille Andrianopoulos, qui jouèrent pour l’Olyampiakos. Ces couleurs avaient une signification : le rouge symbolise la passion pour la victoire et le blanc représente la pureté et la noble rivalité. Certains avancent que Giannis Andrianopoulos aimait le club Arsenal, qu’il avait découvert lors de ses études en Angleterre, et se serait donc inspiré de ses couleurs. Il est possible aussi qu’il se rappela le maillot rayé rouge et blanc de son premier club, l’Ο.Φ. Πειραιώς (Union du Pirée), qui était également un des prédécesseurs de l’Olympiakos.

#1283 – Club Puebla : Franja, Franjiazules

La bande, la bande bleue. Le maillot de l’équipe de la ville de Puebla (de Zaragoza) se distingue des autres équipes mexicaines par cette bande qui le scinde diagonalement, de l’épaule droite vers la hanche gauche. Cette particularité se retrouve sur d’autres tenues d’équipe sud-américaines comme les fameux argentins de River Plate (#900), les péruviens de Municipal (#480) et les uruguayens de Danubio (#109). Et si je cite cette similitude avec ces équipes, ce n’est pas par hasard.

Le 7 mai 1944, un groupe d’hommes d’affaires d’origine espagnole dirigé par Joaquín Díaz Laredo et Alfonso Sobero Nevares, fondait l’équipe de Puebla. Initialement, le maillot de l’équipe devait avoir deux bandes verticales, une placée sur chaque épaule. Mais, finalement, les fondateurs préférèrent placer l’équipe sous de meilleures auspices en choisissant un design qui rendait hommage à River Plate. L’équipe argentine comptait déjà un beau palmarès (6 championnats d’Argentine) mais surtout éblouissait par son jeu offensif et sa quintette d’attaquants (surnommée La Máquina).

Le maillot était donc blanc mais contrairement à River Plate, la bande était bleue. Les couleurs bleu et blanche rendaient hommage à l’artisanal traditionnel local, les Talavera. Ces céramiques principalement de couleur bleu et blanche sont des faïences émaillées de type majolique, représentant des ustensiles courants tels que des assiettes, des plats, des vases, des bols, des vases et des articles religieux. La qualité de l’argile se trouvant dans la région de Puebla favorisa le développement de cet artisanat, importé d’Espagne, à compter du XVIème siècle, au moment de la fondation de la ville.

Certains avancent également que le bleu et le blanc plaisaient au fondateur Joaquín Díaz Laredo, un homme pieux, qui vénérait la Vierge de l’Immaculée Conception. En effet, la Vierge Marie est systématiquement représentée vêtue d’une robe bleue. Cette couleur est porteuse de nombreuse signification telle que la fidélité, la justice et la spiritualité. Dans l’ancien testament, le bleu représente la fidélité du peuple d’Israël à Dieu tout comme la Vierge Marie. L’étoffe qui recouvre l’Arche d’Alliance est bleue et pour rappeler que la Vierge Marie, en ayant porté Jésus Christ, est comme l’Arche, elle serait représentée avec des vêtements bleus. Plus prosaïquement, à compter du XIIIème siècle, le bleu est la couleur des princes et nobles car le pigment bleu (dit de lapis-lazuli) était l’un des plus chers. Les tissus bleus démontraient donc la richesse et la noblesse de son porteur. L’Eglise se serait servie de cette riche symbolique pour désigner le caractère sacré de la Sainte Vierge.

Ce maillot fait donc l’identité du club et la fierté de ses supporteurs, au point, qu’il donna naissance à une expression rentrée dans le langage populaire mexicain, « Ponte la del Puebla« . Comme la bande qui divise le maillot, cette expression familière signifie le partage, dans le sens « s’il te plaît, partage avec moi ». Malgré cela, par deux fois, des tentatives furent faites d’abandonner cette histoire. En 1996, la famille Abed racheta l’équipe de Puebla et, dans le cadre d’une stratégie visant à établir une nouvelle identité, le bleu fut remplacé par l’orange. Après un an et de nombreuses protestations des supporters, le bleu revint. En 2012, sous la direction de Ricardo Henaine, Puebla changea le bleu par du rouge dans le cadre d’un conflit politique avec le gouvernement de l’État. Là aussi, le retour à la tradition fut fait rapidement.

#1277 – FC Koper : Kanarčki

Les canaris. En plus de son port et de sa charmante vieille ville, Koper abrite le club de football qui, lors de la saison 2009-2010, secoua le football slovène. En effet, après avoir frôlé la relégation l’année précédente, Koper vécut une renaissance sous la direction du milieu de terrain vétéran Pavlin, qui était joueur et directeur sportif. Ainsi, le FC Koper remporta le titre de champion de Slovénie et devint seulement le 5ème club à remporter le titre slovène depuis l’indépendance (soit 19 saisons).

En 1920, le football s’ancra définitivement dans la cité avec la création du club de Circolo sportivo Capodistriano par la communauté italienne (la région était alors en Italie). Capo d’Istria était le nom italien de la ville et signifiait « tête de l’Istrie ». L’équipe était composée principalement d’étudiants, d’ouvriers et de pêcheurs et évoluait en noir et blanc, avec un emblème rouge. En 1928, le club fut rebaptisé Unione sportiva Capodistriana. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Koper subit de lourds dégâts et, à l’issue de la guerre, la région intégrant la Yougoslavie, seulement 5 clubs revirent le jour. En 1955, deux des associations survivantes, Aurora et Meduza fusionnèrent pour donner naissance au NK Koper. S’en suivit quelques changements de nom pour arriver à l’actuel en 2017.

A un moment, le club opta pour des maillots jaunes à parements bleu ciel. Donc, le jaune donna comme pour beaucoup d’autres clubs dans cette situation le surnom Kanarčki. Si on ne sait pas quand le club changea pour ces couleurs, en revanche, l’inspiration venait probablement des armoiries de la ville. En effet, dès le XIXème siècle, la ville avait pour blason une méduse or sur un fond bleu ciel. Puis, au fil des années, la méduse fut remplacée par le soleil. Certainement que ces deux couleurs évoquaient les couleurs de deux éléments essentiels de la nature de la ville, le bleu de la mer et du ciel, et le jaune du soleil.

#1275 – Altınordu FK : Kırmızı Şeytanlar

Les diables rouges. A l’issue de la Première Guerre mondiale, étant dans le camp des vaincus, l’Empire Ottoman s’effondra et le traité de Sèvres répartît le territoire entre les alliés anglais, français, italiens et grecs ainsi qu’à certaines minorités opprimées comme les kurdes et les arméniens. Mustafa Kemal, héros militaire de la guerre malgré la défaite, vit l’occupation étrangère comme une humiliation et organisa la résistance. Il chassa les troupes françaises, grecques et arméniennes des régions occupées, détrôna le Sultan Mehmed VI, le considérant comme un traite à la solde des forces étrangères, et institua la République de Turquie le 29 octobre 1923.

A Izmir, avec l’avènement du nouvel Etat, Karşıyaka (fondé en 1912) et à Altay (fondé en 1914) reprirent leurs activités alors que d’autres profitèrent de cette effervescence pour créer de nouvelles structures comme Altınay (le 25 Juillet 1923) qui devint plus tard İzmirspor après une fusion avec Sakarya (fondé également en 1923). Ainsi, chaque quartier de la ville comptait son club de football à l’exception de celui de Basmane-Tilkilik-Namazgâh. 3 jeunes de cette région, Mustafa Balöz, Hüseyin Yurdakul et Mehmet Hancıoğlu, avec le soutien du Dr Hacı Hasanzade Ethem, convainquirent d’autres de les rejoindre pour créer un club le 26 décembre 1923.

Cette guerre d’indépendance avait exalté le patriotisme des turcs et les membres de ce nouveau club étaient gagnés par ce goût nationaliste. Ainsi, il fallait trouver un nom à la hauteur. Zafer (Victoire), Hilal (Croissant) et Kurtuluş (Libération) vinrent dans les premières propositions sans gagner l’adhésion de tous. Puis, les références historiques s’imposèrent pour fédérer cette nouvelle identité autour de racines communes et une grandeur passée. Ainsi, l’enseignant Mehmet Rıza insista pour Göktürk (un royaume turc s’étendant sur la Mongolie et l’Asie centrale au VIème et VIIème siècle après J.-C.) quand d’autres proposaient Sakatürk (Iakoutes ou Sakha, un peuple turcophone de Sibérie). Finalement, Süleyman Ferit remporta les suffrages avec Altınordu (la Horde d’Or), un empire turco-mongole qui domina une grande partie de l’actuelle Russie, de l’Ukraine, de la Bulgarie danubienne et de l’Asie centrale. Cette tendance nationaliste s’étendit aux couleurs. Le club opta pour le rouge, couleur du sang des martyrs et vétérans, héros de la guerre d’indépendance, et le bleu marine, couleur de l’acier, qui représente la force et la puissance.

#1271 – Peñarol Montevideo : los Aurinegros

Les jaune et noir. Le club naquit le 28 septembre 1891 sous le nom de Central Uruguay Railway Cricket Club, sous l’impulsion de 118 salariés de la compagnie ferroviaire anglaise, Central Uruguay Railway Company (CURC). Depuis cette date, les couleurs qui identifient le club sont le jaune et le noir. La première chemise utilisée par le CURC en 1891 consistait en une chemise divisée en quatre sections carrées alternant entre le jaune-orange et le noir. Puis, rapidement, le maillot évolua en étant divisé en deux parties verticales, noire à droite et rayures oranges et noires à gauche. En 1910, le maillot actuelle, rayé verticalement jaune et noir, s’installa et depuis lors, il a été utilisé presque sans interruption avec très peu de variations.

La Central Uruguay Railway Company fut fondée en 1872 à Londres et était l’une des 4 sociétés de chemin de fer de l’Uruguay. Comme dans beaucoup de pays, en particulier en Amérique du Sud, les chemins de fer furent un vecteur du développement du football. D’une part, la masse des ouvriers constituait un vivier important. D’autre part, le réseau ferroviaire s’étoffa avec le soutien des experts en la matière, les ingénieurs et de cheminots britanniques qui émigrèrent dans les contrées sud-américaines en emmenant avec eux leur savoir-faire et leurs nouveaux loisirs tels que le football. Résultat, les fondateurs du club puisèrent dans leur quotidien les symboles du nouveau club. Or, les gardes-barrières de la compagnie portaient des vêtements jaune et noir. En effet, le jaune et le noir s’étaient imposées, au XIXème siècle, dans le monde ferroviaire en raison de l’une des premières locomotives à vapeur, the Rocket (la fusée), qui affichait ces deux teintes. Construite en 1829, elle fut conçue par l’ingénieur anglais George Stephenson, considéré comme l’un des « pères fondateurs » du chemin de fer à vapeur. Elle combinait plusieurs innovations de précédentes locomotives pour donner la machine la plus avancée de son époque et qui demeura la base de la plupart des moteurs à vapeur au cours des 150 années suivantes. Remportant le concours du Rainhill Trials, cette locomotive traînait treize tonnes à presque 25 km/h et pouvait atteindre la vitesse record de 56 km/h (sans charge). Elle fut exploitée sur la nouvelle ligne Liverpool-Manchester et sa fiabilité et ses performances aidèrent à l’expansion du chemin de fer. Stephenson choisit de peindre sa locomotive en jaune et noir. Il se serait inspiré des diligences les plus rapides de l’époque qui affichaient ces couleurs et ainsi il pensait suggérer vitesse et fiabilité.

#1268 – FK Sarajevo : Bordo-bijeli

Les bordeaux et blanc. Le bordeaux ou grenat est une couleur bien singulière dans le sport, peu d’équipes l’affichant (FC Metz #144, Servette de Genève #96, CA Platense #1223, US Salernitana #1153, Carabobo FC #1022, CA Lanus #437, Rapid Bucarest #241, Torino #37). Sarajevo fait donc parti de ce cercle restreint. Fondé le 24 Octobre 1946 avec l’avènement du communisme en Yougoslavie, le club opta tout d’abord pour les couleurs bleu ciel et blanc.

A l’été 1962, le FK Sarajevo fut invité à participer à la Coupe Rappan, une ancienne compétition européenne. Alors que la Coupe des Clubs Champions était réservée aux champions nationaux et la Coupe des Villes de Foire aux clubs résidant dans des villes accueillant des foires internationales, la Coupe Rappan offrait un espace de matchs internationaux aux clubs qui ne pouvaient participer aux deux compétitions européennes. Donc, en 1962, Sarajevo se retrouvait dans le groupe du FC Nitra, du Nîmes Olympique et du Servette de Genève. Or, le capitaine de l’équipe suisse était Lev Mantula, qui était né à Sarajevo et fut un talentueux défenseur du FK Sarajevo. La rencontre à Sarajevo se solda par un nul 0 à 0. A l’issu du match, Mantula rencontra les dirigeants de Sarajevo et leur suggéra alors d’abandonner les couleurs originelles du club pour celles du Servette (grenat et blanc). La raison était qu’aucun autre club en Yougoslavie arborait cette couleur bordeaux et donc offrait une identité singulière au club bosniaque. Son idée plut à tout le monde et lors de la prochaine session de l’assemblée du club, la décision fut prise.

Pour la petite histoire, le Canton de Sarajevo adopta en 1999 des armoiries dont le fond se partitionnait en deux, grenat à gauche et bleu à droite. Ces deux couleurs sont celles des deux plus grands clubs de football de Sarajevo : bleu pour Želja et grenat pour le FK Sarajevo.