#1227 – Al Ahly SC : الشياطين الحمر

Les diables rouges. L’histoire du club égyptien débuta en 1907 sur l’initiative de Omar Lotfy alors qu’il présidait le Club des lycéens. Ce dernier avait servi de catalyseur pour le leader nationaliste, Mustafa Kamil, afin d’enflammer les étudiants contre l’occupation britannique, l’Egypte étant sous domination du Royaume-Uni depuis les années 1880. Ainsi, si l’objectif premier de Lofty était d’occuper le temps libre des jeunes avec cette nouvelle association, l’approche politique n’était pas exclue puisque le club apparaissait aussi comme un moyen de réunir des jeunes, de promouvoir l’identité égyptienne et les idéaux nationalistes. Kamil allait donc également exploité ce nouveau club pour poursuivre l’élan nationaliste. Naturellement, les fondateurs dotèrent le club de nombreux attributs nationalistes, notamment ses couleurs. Ils optèrent pour le rouge et blanc, couleurs du drapeau de l’Egypte au début du XXème siècle.

Avant l’occupation britannique, l’Egypte faisait parti de l’Empire Ottoman. Mais, à partir de l’arrivée de Méhémet Ali comme wali (gouverneur d’Égypte) en 1805, l’Egypte gagna de plus en plus d’indépendance vis-à-vis de la Sublime Porte. Mais, Méhémet Ali nourrissait de grandes ambitions et souhaitait déposer la dynastie ottomane afin de s’emparer du trône du sultan. Ainsi, pour se mettre au même niveau que le sultan dans la symbolique, il introduisit un nouveau drapeau, rappelant fortement celui des Ottomans, avec trois croissants et étoiles blancs sur fond rouge. Lors de la révolte de 1919, le drapeau de Méhémet Ali réapparût dans les rangs nationalistes.

Depuis la fondation d’Al Ahly, ces deux teintes ne quittèrent jamais le maillot et l’écusson du club. Le maillot évolua car au départ il comportait des rayures blanches et rouges. Puis, un scapulaire fit son apparition et dans les années 1930, le maillot ressembla à celui d’Arsenal ou de Blackburn. A la fin des années 1940, Al Ahly opta définitivement pour un maillot intégralement rouge, accompagné d’un short blanc. Le rouge (qui rappelle le sang – celui des crimes – et le feu – les flammes de l’enfer) est souvent associé au diable d’où le surnom. La couleur donna également d’autres surnoms comme القلعة الحمراء (château rouge) et المارد الأحمر (génie rouge).

#1225 – FC Andorra : Els Tricolors

Les tricolores. Incongru de parler d’un club andorran vu la faiblesse sportive de ce pays ? Mais écrire sur le FC Andorran, c’est aussi mettre en avant l’Espagne. Fondé en 1942, il est le premier club de la principauté d’Andorre mais, en l’absence de fédération nationale, il intégra dès 1945, la fédération espagnole et ses ligues régionales. Quand en 1994 la fédération andorrane émergea, le FC Andorra préféra snober l’instance et demeurer en 3ème division espagnole. Mais, le club se retrouva sous les projecteurs en Décembre 2018 suite à son rachat par la société Kosmos Sports, détenue et présidée par le défenseur du FC Barcelone, Gerard Piqué. Le projet était ambitieux pour la star puisqu’il souhaiter la transformer en équipe professionnelle et, à termes, la faire participer à la Ligue des Champions. Le premier objectif fut atteint en atteignant la seconde division en 2022 (en rachetant la licence du CF Reus Deportiu en faillite toutefois)

Certes, l’histoire du club se dilue dans les championnats espagnols mais son identité puise dans l’histoire de la principauté. Petit État indépendant logé dans les Pyrénées et coincé entre la France et l’Espagne, elle possède la particularité que son trône se partage entre l’évêque catalan d’Urgell et le Président de la République Française (droit hérité d’un paréage de 1278). Attention, les joueurs du club ne porte pas un maillot à 3 couleurs en référence à la France, son co-prince, mais, au regard des couleurs traditionnelles d’Andorre. Mais, le lien n’est pas éloigné tout de même. Composé de trois bandes verticales bleues, jaunes et rouges, le drapeau actuel d’Andorre est apparu en 1866 et officiellement adopté le 27 août 1971. Les couleurs rouge et jaune du drapeau trouvent leur origine dans l’écu du comte de Foix. Cet écu (bandes verticales jaunes et rouges) avait déjà inspiré le premier drapeau de la Principauté en 1806 (une bande jaune et une bande rouge) et dérive directement des armoiries des comtes de Barcelone, Foix ayant été vassal de l’État catalan. Pour rappel, les comtes de Barcelone avaient adoptés pour emblème les fameuses pals d’Aragon (cf #190). La couleur bleue vient de la couleur des sabots, des cornes et du collier des deux bœufs du bouclier béarnais (le reste des corps desdits bœufs, placé sur un fond jaune, sont rouges, ces deux couleurs étant finaleent très répandues dans l’héraldisme de l’Aquitaine à la Catalogne – cf #1198). Tous ces éléments sont présents sur les armoiries d’Andorre (qui se compose de 4 quartiers, 2 avec les pals d’Aragon (un pour le Comté de Foix et un pour le Comté de Barcelone), un pour le Béarn et un qui représente le blason de La Seu d’Urgell).

Certains avancent aujourd’hui que ces 3 couleurs rappellent également celles des deux États voisins. Le drapeau espagnole se compose de 2 bandes rouges et une bande jaune, placées de manière horizontales. Tandis que la bannière française est un tricolore vertical, bleu, blanc et rouge. Les 3 bandes du drapeau andorran sont verticales comme la France. Le jaune et le rouge rappellerait l’Espagne et le bleu et le rouge la France. Ces 3 bandes ne sont pas de même largeurs, la centrale jaune étant plus grande, comme sur le drapeau espagnol.

#1223 – CA Platense : el Marrón

Le marron. Le club du CA Platense évolue dans un maillot singulier : maillot blanc traversé par une bande marron. La couleur marron n’est pas très commune dans le football (encore moins que le violet). Dans le football argentin, il semble qu’il n’y ait que le club du Centro Juventud Antoniana qui arbore du marron. Le CA Lanús est proche en couleur avec son maillot grenat (#437). D’ailleurs, dans le reste du monde, je n’ai pas de club jouant en marron qui me vient en tête mais il existe un petit nombre évoluant en grenat comme Metz (#144), Torino (#37), Salernitana (#1153), Rapid Bucarest (#241) , Servette (#96), Carabobo (#1022) et Reggiana. L’autre ressemblance est le claret anglais (Burnley #390 et Aston Villa #11).

Revenons à notre sujet pour ne pas être marron sur ce surnom. Tout d’abord, il faut raconter l’histoire de la fondation de ce club. Le 25 mai 1905 dans le quartier de Recoleta à Buenos Aires, un groupe d’adolescents (entre 15 et 18 ans) avait l’idée de monter un club de football. Sans un sou, ils décidèrent de parier quelques pesos lors d’une course de cheval et choisirent le cheval dénommé « Gay Simon », du haras Platense. Cet étalon remporta la course à l’Hippodrome National et les jeunes empochèrent 445 pesos, qui permirent d’acheter les équipements nécessaires à la pratique du football (ballons, maillots). Pour les couleurs, le choix se porta sur un maillot rouge accompagné d’un short noir, qui auraient été les teintes de la tenue du jockey qui monta Gay Simon lors de cette victoire décisive pour le club. Les fondateurs remercièrent également la victoire de Gay Simon en retenant le nom du haras pour celui du club. En 1907, la décision fut prise de changer de couleurs, et la direction opta pour les couleurs blanche et marron, en référence aux teintes du haras Platense. L’avantage de cette couleur est qu’elle masqua un peu la boue sur le maillot des joueurs lorsqu’ils évoluèrent sur leur terrain entre 1908 et 1917 et qui était inondé après les pluies (#258).

#1221 – ASC Jeanne d’Arc Dakar : les Bleu et Blanc

Le club sénégalais évolue en bleu et blanc. Bien qu’il soit le doyen avec le deuxième palmarès le plus fourni du football sénégalais (après Jaraaf), la Jeanne d’Arc vit, depuis le début des années 2010, un calvaire en évoluant dans la 3ème division nationale. Tout commença à l’époque coloniale avec le Révérend Père Pierre Le Coq, Curé de Dakar et Vicaire général du Sénégal, qui fonda la Jeanne d’Arc en tant que patronage le 20 Septembre 1921. Association sportive et culturelle, l’objectif était de donner des loisirs à une jeunesse autochtone dont l’oisiveté représentait un danger. En tant que missionnaire catholique, il lui était logique de donner à cette association le nom d’une figure de proue de la religion catholique française, Jeanne d’Arc, qui représentait les valeurs du courage, de la force et d’une foi inébranlable.

Si le choix des couleurs bleu et blanche pour cette nouvelle association n’est pas documenté, nous pouvons remarquer que nombre de congrégation ou institution se référant à Jeanne d’Arc arbore ces deux couleurs. Tout simplement car il s’agit des couleurs du blason de Jeanne d’Arc. Les armes de la Pucelle d’Orléans sont souvent représentées comme une colombe tombante tenant dans son bec la devise  » de par le roi du ciel » au sein d’un écu bleu azur. Cette composition apparaissait bien sur son étendard mais il ne s’agissait pas officiellement de son blason. Lorsque la Pucelle fut anoblit en 1429, les armes qui lui furent conférées par le Roi de France Charles VII, représentaient, sur un écu d’azur, deux lys d’or entourant une épée transperçant une couronne. L’épée était de couleur argentée, simplifiée en blanc (l’argent étant la représentation du blanc en héraldisme). Toutefois, lors de son procès, Jeanne d’Arc affirma qu’elle n’avait jamais porté de blason. En tout cas, quelque soit les armes réelles de Jeanne d’Arc, le bleu et le blanc accompagnèrent toujours la Pucelle.

#1219 – FK Shkëndija : Kuq e Zi

Les rouge et noir. Sauf qu’en macédonien, puisque la ville où il réside, Tetovo, se situe en Macédoine du Nord, « rouge et noir » s’écrit Црвено-црните. Alors pourquoi le surnom s’exprime en langue albanaise, Kuq e Zi ? Tetovo est une ville du nord-ouest de la Macédoine du Nord, construite sur les contreforts du Mont Šar, traversée par la rivière Pena. Distante de seulement 40 km de la capitale Skopje, elle est également à seulement 20 km du Kosovo, dont la majorité (92%) de la population est albanaise. A quelques encablures supplémentaires se trouve l’Albanie et la ville de Kukës. Naturellement, l’influence albanaise à Tetovo se fait forte et plus de 70% des habitants de la ville sont d’origine albanaise. La ville fut même sous domination albanaise durant la première indépendance du pays entre 1444 et 1479. Dans la mosaïque yougoslave, où le pouvoir central communiste écrasait toute velléité régionaliste, les idées nationalistes des peuples s’exprimèrent notamment au travers des clubs sportifs. Ainsi, les populations albanaises de Tetovo défendirent leur identité en fondant un club de football en 1979 et en choisissant les couleurs de l’Albanie, le rouge et le noir, comme symbole.

Depuis l’indépendance de l’Albanie actuel, en 1912, le drapeau du pays représente un aigle noir à deux tête sur un fond rouge. Le rouge symbolise la bravoure, la force, la valeur et le sang, tandis que l’aigle est le symbole traditionnel des Albanais. Ses origines remontent au XVème siècle et à Georges Kastrioti plus connu sous le nom de Skanderbeg. Sa famille noble, la maison des Kastrioti, possédait une vaste principauté, qui occupait une partie du territoire albanais actuel et qui faisait face à l’Est à l’Empire Ottoman. Après la chute de Constantinople, les incursions ottomanes dans la péninsule des Balkans se firent de plus en plus fréquentes. Au point que suite à la mort du père de Skanderbeg, l’Empire annexa la principauté au lieu d’installer Skanderbeg sur le trône. Skanderbeg quitta alors les rangs de l’armée ottomane et, pendant 25 ans, mena une forte résistance aux Ottomans. La ville de Tetovo épaula les troupes de Skanderbeg lors de la victoire de la bataille de Polog face à Ibrahim Pacha, libérant la ville du joug ottoman. Skanderbeg déclara son indépendance le 28 novembre 1443, hissant son drapeau rouge à l’aigle noir. Il avait adopté le drapeau impérial romain d’Orient, avec l’aigle à deux têtes et le fond rouge et en avait fait les armes de sa famille. De 1444 à 1479, l’Albanie connut sa première période d’indépendance sous le nom de Ligue de Lezhë et Skanderbeg apparaît comme un héros national pour les albanais.

#1210 – Alloa Athletic FC : the Wasps

Les guêpes. Nous ne sommes pas sur une île du pacifique, ensoleillé et où le surf règne en maître mais sur la côte Est de l’Ecosse, dans la ville d’Alloa, dans le comté du Clackmannanshire, où la pluie et le vent font parti du décor. Au XIXème siècle, le football se répandit rapidement en Ecosse et la ville d’Alloa n’y échappa pas. Le club aurait été fondé en 1878 mais selon certaines sources, la date de fondation serait le 6 août 1880. Le nom du club était alors Alloa Association FC mais l’acronyme A.A.F.C. fut mal interprété par le club et la presse de Dumferline qui traduisirent par Alloa Athletic FC. Toutefois, cette erreur plut au club qui modifia son nom en 1881 mais ne l’enregistra officiellement auprès de la fédération qu’en 1997.

Côté couleurs, elles varièrent régulièrement entre noir et orange ou noir et jaune (à l’exception de la saison 1897-1898 où les joueurs évoluèrent avec un maillot rayé blanc et bleu). Le bas varia entre bleu au XIXème siècle à blanc ou noir ensuite. Depuis la fin des années 1990, les teintes se sont stabilisées sur le noir et l’orange foncé, accompagné d’un short noir depuis le milieu des années 1980. Durant près de 100 ans (de 1879 à 1960), la tenue du club était un maillot rayé (verticalement ou horizontalement). Cette combinaison de couleurs et de rayures donna le surnom de wasps.

Durant deux saisons (de 1960 à 1962), un maillot uni fit son apparition (de couleur jaune avec deux bandes horizontales noires). De 1962 à 1972, le traditionnel maillot rayé reprit ses droits. De 1972 à 1998, à quelques rares exceptions (1974-1975), le kit uni s’installa durablement. Finalement, depuis 1998, le maillot aux rayures verticales est de retour. En 1985, le club fit apparaître sur le maillot du club son premier écusson qui s’inspira de son surnom puisqu’il comportait une guêpe.

#1209 – Club Universidad Nacional UNAM : Auriazules

Les Or et Bleu. Ces couleurs ne sont pas celles d’origine de l’université UNAM mais elles se sont imposées suite au choix effectué par l’une de ses associations sportives. Le symbole du Puma qui s’affiche sur le blason des équipes sportives de l’université et qui leur a également donné leur surnom provient d’un entraineur de football américain de l’UNAM (#40) dans les années 1940. Pour les couleurs, ce fut également les joueurs de football américain de l’UNAM qui en furent à la source mais quelques années auparavant.

En 1927, un groupe d’étudiants emmenés par Alejandro et Leopoldo Noriega, qui avaient effectué des voyages aux Etats-Unis et avaient pu pratiquer le football américain, fondèrent une équipe de football américain. Ils optèrent pour les couleurs or et bleu foncé, en l’honneur de l’université américaine de Notre-Dame, dont l’équipe de football américain était l’une des meilleures des Etats-Unis à cette époque. En effet, sous la houlette du célèbre entraineur Knute Rockne, les Fighting Irish (nom de l’équipe universitaire de Notre-Dame) affichèrent un bilan de 105 victoires, 12 défaites, et 5 nuls entre 1918 et 1930. Pendant cette période, cette équipe remporta 3 titres de champion national (1924, 1929 et 1930), fut invaincu lors de 5 saisons et gagna le Rose Bowl de 1925. Au delà de ces titres, Notre Dame fut également nommée par la NCAA championne nationale pour les années 1919, 1920 et 1927. Encore aujourd’hui, son programme de football américain est l’un des plus prestigieux et profitables du système universitaire américain.

Les origines de l’université de Notre Dame remontent à 1842, lorsque le père Edward Sorin, un prêtre français, fonda l’institution dans l’Indiana. Dès le départ, les couleurs de l’école se portèrent sur le jaune et le bleu, le jaune symbolisant la lumière et le bleu représentant la vérité. Etant donné qu’il s’agissait d’une institution catholique, d’autres pensent que le jaune représentait le pouvoir spirituel du pape et le bleu la couleur traditionnelle de la Vierge Marie (cf. #399 et #497). En 1879, le bâtiment principal de l’Université fut édifié, comportant un dôme, s’élevant à 60 mètres, surmonté d’une statue de la Vierge Marie de 5,2 mètres de haut. En 1886, le dome et la statue furent dorées, donnant un éclat supplémentaire à ce bâtiment majestueux. Devenu icône architecturale de l’université, synonyme d’excellence et de prestige, l’administration décida de remplacer le jaune par l’or pour ses couleurs officielles.

L’équipe des frères Noriega était connue sous le nom des osos (ours) mais en 1931, elle reçut le soutien de l’UNAM et devint la Horda Dorada (la horde dorée). Ces couleurs se répandirent alors sur toutes les équipes de l’université et par la suite, pour l’UNAM de manière générale.

#1208 – Bengaluru FC : the Blues

Les bleus. Le football indien a du mal à se développer dans un pays dominé par un sport très britannique et confidentiel pour bon nombre de pays, le cricket. Mais, des initiatives sont régulièrement lancées pour tenter de replacer l’Inde dans le concert sportif mondial et plus universel. Ainsi, en 1996, un championnat national amateur, la I-League, qui adopta le professionnalisme en 2007. En 2013, une nouvelle ligue privée et fermée fit son apparition, sous le nom d’Indian Super League, et concurrença directement la fragile I-League. La même année, la société JSW décida de créer sa franchise de football dans la ville de Bangalore. En Juillet 2013, le Bengaluru FC naissait et remportait la I-League dès sa saison inaugurale.

Fondé en 1982, JSW est un l’un des plus puissants conglomérats indiens, enregistrant un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards d’euros et agissant dans la production d’acier, d’énergie, de ciment, de peinture ainsi que le développement et la gestion d’infrastructure. En 2012, JSW fondait sa structure dédié au développement du sport indien. Le fait qu’il s’intéresse au football donnait naturellement un coup de projecteur sur la discipline et des moyens financiers et d’organisation considérables pour la nouvelle équipe. Ayant la volonté d’avoir un conglomérat unifié et défendant les mêmes valeurs, l’ensemble des sociétés du groupe adoptèrent une image, une marque commune. Le club de football n’y échappa pas et repris les couleurs de son actionnaire et sponsor, principalement le bleu (nuancé par du rouge).

#1206 – Sliema Wanderers : the Blues

Les bleus. La rivalité entre Sliema Wanderers et Floriana FC rythme depuis le début du XXème siècle le football maltais et les deux clubs constituent les places fortes du pays, cumulant à eux deux 52 titres de champion (26 chacun à la fin de la saison 2023-2024) et 39 coupes nationales (20 pour Sliema contre 19 pour Floriana). Les premiers matchs de football à Malte se déroulaient entre les régiments d’infanterie et de marine de l’armée britannique puis des équipes maltaises commencèrent à voir le jour. Floriana fut fondé en 1894 et Sliema en 1909. Avant 1909, l’absence d’instance dirigeante et d’un terrain adapté furent préjudiciables à l’instauration d’une compétition inter-clubs. Le problème du terrain fut résolu lorsque les autorités britanniques concédèrent aux étudiants du lycée et de l’université un terrain à Marsa pour en faire un terrain de football qui fut inauguré le 26 octobre 1907. Ce terrain permit d’organiser le premier championnat de l’île lors de la saison 1909-1910, avec la participation de 5 équipes dont Floriana et Sliema.

Lors de ce championnat, le premier match entre Sliema et Floriana fut arrêté alors que Sliema venait d’égaliser (Floriana menait 1 à 0) mais que le but fut annulé par l’arbitre. Le second match donna lieu aussi à une victoire 2 buts à 1 de Floriana et un nouvel envahissement du terrain qui arrêta prématurément le match. Floriana remporta le championnat devant Sliema. La grande rivalité était lancée. Les deux équipes jouaient dans des couleurs similaires : Floriana évoluait avec des maillots rouge et vert tandis que les joueurs de Sliema portaient des maillots jaune et vert. Les dirigeants de Sliema décidèrent donc de changer de couleurs et optèrent pour le bleu (alliance de bleu ciel et de bleu). Le bleu symbolisait la mer (ancien village de pêcheurs, Sliema se situe sur la côte et une promenade connue longe la mer). Le bleu ciel représentait Notre-Dame de la Mer (ou Stella Maris), première paroisse de Sliema, construite en 1855 et qui servait de point de repère aux pêcheurs.

#1198 – Rodez AF : les Sang et Or

Le rouge et le jaune ne sont pas des couleurs originales dans la préfecture de l’Aveyron. Le club de football les arbore tout comme de nombreux clubs sportifs de la ville (rugby à XV avec le Stade Rodez Aveyron, l’athlétisme avec le Stade Rodez Athlétisme, le Judo avec le Judo Rodez Aveyron). Ces similitudes ne résultent pas du hasard mais des armoiries de la ville. Car ces dernières se décrivent comme « De gueules (rouge en héraldique) à trois roues d’or (jaune), deux en chef et une en pointe ».

Ces armes sont directement tirées de celles des Comtes de Rodez dont le premier sceau conservé date de 1275. Ces deux couleurs reprenaient déjà celles des armes du Comté de Rouergue, qui dominait la région avant le XIIème siècle (période d’avènement du Comté de Rodez). Or, le rouge et le jaune trouvèrent un écho particulier dans le Sud de la France puisqu’on les retrouvait sur les armes d’Albi, des Comtes de Foix, des Comtes de Bigorre, des Comtes du Gévaudan, des Comtes d’Angoulême, des Vicomtes de Millau, des Comtes de Toulouse, des Vicomtes du Béarn, des Comtes de Roussillon, des Vicomtes de Soule, des Comtes du Périgord et des Comtes de Provence. Et pour tous ces territoires, leurs armoiries dérivaient souvent de celles de leurs deux puissants voisins. A l’Ouest, le Duché d’Aquitaine (devenu au XIIIème siècle, Duché de Guyenne), qui arborait des armoiries avec un léopard/lion jaune sur fond rouge (tirés des armoiries de l’Angleterre et de la Maison Plantagenêt). Le Comté de Rouergue comme le Comté de Toulouse furent rattachés un temps au Duché d’Aquitaine et adoptèrent donc les couleurs. Au Sud, le Comté de Barcelone et le Royaume d’Aragon avec des armes représentant des rayures verticales jaunes et rouges (les pals d’Aragon, cf #190) qui déteignirent sur le Vicomté de Millau, le Comté de Foix, le Comté de Roussillon et le Comté de Provence.

Pourquoi ces deux couleurs furent elles choisies ? Plusieurs versions pourraient être avancées mais sans aucune certitude. Tout d’abord, le pragmatisme : Sur les champs de bataille, les belligérants devaient être reconnus à distance et en conséquence choisissaient de couleurs qui se distinguaient, comme le rouge et le jaune. Ensuite, le symbole. Le jaune comme le rouge pourraient rappeler le soleil et la chaleur qui caractérisent ces régions. Puis, l’historique. Les couleurs des bannières de l’Empire Romain et du Capitole étaient le pourpre et l’or (#980) et en réclamer l’héritage pouvait renforcer son aura.

En tout cas, ces deux teintes furent adoptées par le club de Rodez dès l’origine. Selon Aimé Biau, auteur de l’ouvrage « Le Football ruthénois de sa naissance, 1927, à nos jours, 1979 » , lors de la première rencontre dans la Ligue du Midi, en 1931, l’équipe du Stade Ruthénois évoluait en jaune et rouge.