#1197 – WSG Tirol : Grün-Weiß

Les vert et blanc. Le club autrichien qui offrit une belle résistance à l’Olympique Lyonnais en match de pré-saison hier, se situe dans le bourg tyrolien de Wattens, district d’Innsbruck-Land. Et si cette municipalité de 9 000 âmes ne vous dit rien, elle abrite tout de même le siège de l’entreprise de cristal et de strass, Swarovski. Comme quoi, l’image du club devrait un peu plus briller.

Le club émergea en Avril 1930 de la communauté ouvrière de la ville, avec les employés de plusieurs entreprises de la ville, la cristallerie Swarovski, la papeterie de Wattens et la briqueterie Tonwerk Fritzens. En 1931, le club s’enregistra auprès de la fédération tyrolienne sous le nom de club sportif Football Club Wattens (SpV FC Wattens). Les membres fondateurs choisirent des armoiries en forme de bouclier, partagées en deux moitiés, une à gauche présentant des rayures verticales vertes et blanches et l’autre à droite blanche ornée de l’aigle tyrolien. Les couleurs vertes et blanches s’installèrent donc dès la fondation du club et ne furent jamais modifiées. Le choix proviendrait du Rapid de Vienne, qui depuis 1906 évoluait dans ces couleurs (#546). Tout d’abord, depuis les années 1920, l’aura du club viennois grandissait fortement en Autriche et lors de la saison 1929-1930 (année de fondation du WSG Tirol), le Rapid remportait son 10ème titre de champion, ainsi que pour la première fois la Coupe Mitropa (une des précurseurs des Coupes d’Europe). En outre, un autre élément rapprochait les deux clubs : leurs origines ouvrières. Les racines du Rapid se trouvent dans les environnements ouvriers du Schmelz à l’ouest de Vienne (une grande friche industrielle entourée de rangées d’habitation densément peuplées), qui accueillaient des immigrants, notamment de Bohême et de Moravie, et en 1897, le prédécesseur du Rapid fut fondé sous le nom Wiener Arbeiter Fußball-Club (club de football ouvrier viennois).

#1191 – Cobh Ramblers FC : the Claret and Blue Army

L’armée bordeaux et bleue. Situé à une quinzaine de kilomètres de Cork, la petite ville côtière de Cobh est connue pour avoir été le point de départ de la moitié des 6 millions d’Irlandais qui émigrèrent en Amérique du Nord au XIXème et XXème siècle et également la dernière escale du Titanic le 11 avril 1912 avant de traverser l’Atlantique pour son voyage vers New York. Dans cet environnement maritime et invitant au départ semble-t-il, le club de football de Cobh survit dans les divisions superieures de l’élite irlandaise depuis 1922. A la fin des années 1980, il accueillit dans ses rangs et par un heureux hasard (il avait signé chez le grand voisin de Cork mais ce dernier tarda à enregistrer son contrat) le jeune Roy Keane (18 ans) avant qu’il n’aille effrayer les pelouses de Premier League.

Mais retournons au début du XXème siècle lorsque l’Irlande était soumise au Royaume-Uni. Des troupes de l’armée britannique stationnaient à Cobh et dans leur moment de loisirs, affrontaient les habitants de la ville dans des matchs de football. En 1921, l’Irlande gagna son indépendance et, au retrait des troupes royales de Cobh, les habitants fondèrent alors le club de Cobh Ramblers pour poursuivre l’aventure football. Malgré les combats sanglants lors de l’indépendance, qui attisèrent les rivalités entre les deux peuples, les fondateurs du club prirent pour modèle les couleurs d’un club anglais : Burnley. En 1919-1920, Burnley avait été sacré vice-champion d’Angleterre. Lors de la saison suivante, le club du Lancashire remporta son premier titre de champion d’Angleterre après un parcours formidable. En effet, la saison débuta par 3 défaites, mais l’équipe parvint par la suite à enchainer 30 matchs sans défaite. Un record qui éblouit donc au-delà des frontières anglaises et tint jusqu’à la saison 2003-2004 d’Arsenal (cf. #941).

#1180 – SK Dnipro-1 : чорно-жовті

Les noir et jaune. Pour un club relativement jeune (fondation le 29 novembre 2015), il s’est fait rapidement une place dans le paysage footballistique ukrainien. Vice-champion de division 3 lors de la saison 2017-2018. L’exercice suivant, le club remporta le titre de champion de division 2. Puis, en 2022-2023, il devint vice-champion de première division. Le club fut fondé à l’initiative de l’homme politique ukrainien Yury Bereza et de l’homme d’affaires Gennady Polonsky. Tout s’accéléra pour Dnipro-1 quand le club historique de la ville, le FK Dnipro, rencontra des difficultés financières qui engendrèrent une crise sportive. En 2019, après 100 ans d’existence et une finale de Ligue Europa en 2015, le FK Dnipro fit faillite et ce qui restait du club, principalement son académie de formation, rejoignit le Dnipro-1. L’ancien footballeur international Andriy Rusol, qui avait joué 8 ans pour le FK Dnipro, s’associa à cette nouvelle aventure. Le Dnipro-1 devenait ainsi le successeur du FK et le club numéro un de la ville. Pour autant, il ne reprit pas les symboles du FK et conserva les siens, dont ses couleurs noir et jaune.

Le fondateur Yury Bereza est un militaire, homme d’affaires et homme politique qui s’illustra lors de l’apparition des manifestions pro-russes en Ukraine et les premières insurrections dans le Donbass. En Avril 2014, les militants pro-russes organisèrent des référendums dans les régions de Louhansk et de Donetsk afin d’obtenir leur sécession de l’Ukraine et leur intégration dans le giron russe. L’Etat ukrainien et son armée étant en faillite financière et organisationnelle, le ministre de l’intérieur Arsen Avakov prit la décision de former des milices armées avec pour objectif de rétablir l’ordre dans les régions de l’Est. Le 14 avril 2014, le bataillon dénommé Dnipro-1 fut créé comme une force spéciale du Ministère de l’intérieur, avec le soutien financier de l’oligarque Ihor Kolomoïsky. Au printemps, le bataillon sévit dans les régions de Donetsk et de Dnipropetrovsk et participa à la libération de Marioupol en juin 2014. Son commandant d’alors était Yury Bereza. Soucieux de ses troupes (et de son image), il poussa à la fondation d’un club de football dont l’objectif principal était de réhabiliter et d’aider les militaires à travers le sport. La nouvelle association reprit le nom du bataillon, Dnipro-1, ainsi que son emblème intégralement noir, qui se compose du trident ukrainien (tryzoub). Mais si le noir et le jaune orangé sont les couleurs apparaissant sur le blason du club, l’équipe évolue dans des maillots bleu et jaune, les couleurs nationales.

#1173 – Incheon United FC : 파랑검정

Bleu et Noir, les couleurs traditionnelles de l’équipe de la ville coréenne d’Incheon. Après l’engouement suscité par la Coupe du Monde 2002 où Incheon avait accueilli un stade flambant neuf, les autorités de la ville prirent la décision de créer une équipe de football pour évoluer dans une première division, K-League, en cours de mutation. Fin 2003, Icheon United vit le jour, avec immédiatement pour couleurs, le bleu et le noir. Aucune explication n’a subsisté jusqu’à aujourd’hui, mais il se pourrait que le bleu représente le ciel et le noir la mer. Pas étonnant pour une ville côtière qui se développa autour de son port, deuxième plus grand de Corée du Sud. Pour célébrer sa fondation, le 1er mars 2004, Incheon United invita les japonais de Gamba Osaka, qui évolue également en noir et bleu.

Au fil des années, les couleurs ne changèrent pas, la seule modification étant l’introduction dans le maillot de rayures verticales. Ces dernières sont devenues une part de l’identité du club. Pourtant, en 2012, en proie à des difficultés financières, le club signa un nouveau partenariat avec l’équipementier français, Le Coq Sportif. La direction marketing décida alors de créer une nouvelle tenue intégralement bleu avec des parements rouges. L’idée était de donner une teinte plus vive au maillot que le mariage noir et bleu qui était jugé trop sombre, notamment pour les matchs nocturnes. Ce choix suscita une forte controverse, les supportèrent considérant que le club manquait de respect à ses traditions. Pour le défendre, l’entraineur Heo Jung-moo eut des mots malheureux « 바뀌었다고 해서 문제 될 건 없다. 세계적인 클럽들의 유니폼도 디자인과 색상이 자주 바뀐다! » (Il n’y a aucun problème avec le changement. Les designs et les couleurs des uniformes des grands clubs mondiaux changent fréquemment !) et surtout « 검정색과 파란색이 우리의 전통이라고 하는데 누가 정한 것인가 » (On dit que le noir et le bleu sont nos traditions, mais qui a décidé cela ?). Le club également tenta de défendre ce changement en indiquant que le nouveau maillot calquait le premier porté par les joueurs en 2004. Seulement, si le premier maillot était effectivement un uni bleu, les parements comme le short étaient noirs. Face à la fronde des fans qui boycottèrent le merchandising, le maillot traditionnel à rayures noires et bleues refit son apparition la saison suivante.

#1172 – Hakoah Amidar Ramat Gan : הסגולים

Les violets. Une couleur assez singulière dans le monde du ballon rond, qui distingue immédiatement/les équipes qui la portent. L’histoire de club se tisse d’abord de l’autre côté de la Méditerranée, en Allemagne et en Autriche. Le 22 juillet 1905, la communauté juive de Berlin fondait Club sportif de Berlin, qui devint par la suite le Hakoah Berlin. En Autriche, en 1909, un couple de sioniste créa le Hakoah Vienne. Les deux équipes étaient relativement performantes dans leurs ligues respectives, le Hakoah Vienne devenant même champion d’Autriche lors de la saison 1924-1925. Mais, d’un côté en Allemagne, la montée du nazisme freina au début la progression du club avant qu’il ne soit exclu de toutes les compétitions nationales, comme les juifs l’étaient de la société. De l’autre côté, le club de Vienne rassemblait la communauté juive mais véhiculait aussi les idées du sionisme, poussant ainsi les juifs à faire leur alia. Une partie des joueurs de ces clubs émigrèrent en Israël dans les années 1930 et se réunirent à Tel Aviv pour fonder le Hakoah Tel-Aviv en 1934.

Les moyens du club étant limités, ses membres cherchaient des mécènes et des soutiens pour les équiper. Comme le Hakoah Vienne avait de bonnes relations avec l’Austria Vienne, les anciens joueurs autrichiens contactèrent le club de la capitale autrichienne pour qu’ils les aident. L’Austria répondit positivement et envoya un lot de leur uniforme, maillot et short qui étaient donc de couleur violet.

En 1949, Hakoah fusionna avec un club de la banlieue de Tel Aviv appelé Hashar HaKfir et devint le HaKah Tel Aviv. L’équipe resta en couleur violet. 10 ans plus tard, une nouvelle fusion se réalisa entre le Hakah et le Maccabi Ramat Gan. La nouvelle direction incorpora alors au violet des touches de jaune, cette dernière étant une des teintes du mouvement Maccabi (cf. #123).

#1171 – CS Independiente Rivadavia : Azul del Parque

Le bleu du parc. Le club de Mendoza prend ses racines en 1902 avec la fondation d’un de ses prédécesseurs Club Belgrano, qui en 1908 devint le CA Belgrano. Mais, subissant régulièrement les foudres de la fédération de football locale, le CA Belgrano disparaît en 1913 au profit d’un nouvelle entité du nom de CA Independiente. Le CA Belgrano évoluait dans un maillot vert « mousse ». En 1913, le CA Independiente le transforma en un uniforme tricolor : manche blanche, et poitrine arborant des rayures verticales blanches, rouges et vertes. En 1919, le club fusionna avec le CS Rivadavia et la décision fut prise de changer de couleurs. Le président du club, Bautista Gargantini, originaire d’Italie (comme beaucoup d’Argentin), décida de retenir le bleu foncé, couleur de l’équipe nationale de l’Italie. Pour rappel, la fédération italienne choisit le bleu en 1911 lors d’un match contre la Hongrie afin de rendre hommage à la Maison de Savoie, famille régnante.

En 1861, Mendoza fut dévasté par un terrible tremblement de terre, qui fut suivi par d’importantes épidémies de diphtérie, de choléra et de rougeole. Lors de la reconstruction, les problématiques de santé publique apparurent essentiels pour les autorités et la décision fut prise de boiser la partie Est, afin de protéger la cité des inondations. La municipalité embaucha l’architecte et paysagiste français Charles Thays qui conçut le parc de San Martín ouvert à la fin du XIXème siècle. S’étendant sur 393 hectares, le plus grand parc de la ville abrite notamment l’Université Nationale de Cuyo, l’amphithéâtre Frank Romero Day, le Musée d’anthropologie et de sciences naturelles, un théâtre, un hippodrome, une piste d’athlétisme, un golf, un vélodrome, un jardin botanique et le parc zoologique. Le football n’y est pas banni puisque le parc abrite le stade Malvinas Argentinas, qui accueillit des matchs de la Coupe du monde de football de 1978. Mais, ce n’est pas la seule enceinte de football du parc qui est le siège des deux clubs les plus prestigieux de la cité. D’un côté, le CA Gimnasia y Esgrima évolue dans son antre du stade Víctor Antonio Legrotaglie (au Nord du parc). De l’autre, le stade Bautista Gargantini (à l’Est du parc) accueille le CS Independiente Rivadavia.

#1165 – FC Politehnica Iași : Alb-albaștrii

Les blanc et bleu. L’équipe actuelle, créée en 2010, représente la suite du club fondé en 1945 et qui fit faillite en 2010. Deuxième ville du pays avec près de 510 000 habitants dans son agglomération, Iași constitue un centre universitaire important, en accueillant 25 000 étudiants dans sa prestigieuse Université Alexandru Ioan Cuza. Cette dernière, fondée en 1860 par décret du Prince Alexandru Ioan Cuza, constitue la plus ancienne université du pays. Elle se compose de 15 facultés dont la fameuse école d’ingénieurs, Universitatea Tehnică Gheorghe Asachi din Iași (TUIASI), dénommée Politehnica entre 1937 et 1993. Cet institut fut fondé en 1813 par le poète et dramaturge Gheorghe Asachi et s’établit comme la première école d’ingénieurs avec un enseignement des mathématiques (arithmétique, algèbre et géométrie), du dessin, de la géodésie, de l’ingénierie civile, de l’architecture et de l’histoire de l’art en langue roumaine.

Ce fut en son sein que le 27 avril 1945, des étudiants créèrent la première équipe de football sous le nom de Sportul Studențesc, qui devint après des fusions et changements de nom, Politehnica Iași. Bien que le choix des couleurs n’est pas documenté, il est légitime de supposer qu’elles furent influencées par celles de l’Université. En effet, les armoiries de l’Université Alexandru Ioan Cuza tout comme celles de TUIASI ont pour couleurs dominantes le bleu et le blanc. Avec le jaune, elles constituent les teintes officielles de l’Université de Iași. Or, les armes de la famille Cuza, dont était membre le Prince Alexandru Ioan qui était présent à l’inauguration de l’Université et lui donna son nom en 1942, reposaient également sur deux couleurs dominantes, le bleu et le blanc et pourraient donc être la source d’inspiration de l’Université. Mais cette dernière avance qu’il s’agit d’une pure coïncidence.

#1163 – Véria NFC : Κυανέρυθροι

Les bleu et rouge. Après une relégation en seconde division à l’issue de la saison 2016-2017, le club historique de la ville de Véria, le GAS Véria, rencontra de graves difficultés financières qui conduisirent au non-paiement de deux de ses joueurs, Antonio Tomás et Roberto Battión. La sanction par la ligue fut immédiate avec un retrait de 6 points. En février 2018, empêtrée dans la crise, la direction fut contraint de retirer le club du championnat, entrainant une réaction forte, conformément au règlement, du conseil de discipline de la ligue : la relégation du GAS dans les lointaines divisions amateurs grecques. Cette sanction sonna le glas du football professionnel à Véria et du GAS. Un an plus tard, le 17 juillet 2019, une initiative permit la création d’un nouveau club professionnel à Véria, sous le nom de Véria NFC.

Mais, pour éviter d’éventuels problèmes juridiques liés aux droits du GAS sur son logo et ses couleurs (le bleu et le rouge), la ligue, sur recommandation de la FIFA, imposa au NFC une refonte de l’emblème de l’équipe et un changement des couleurs, afin de ne pas créer de lien avec le GAS. Par conséquent, Véria adopta un nouvel écusson reposant sur les couleurs blanc, noir, gris et or. Le noir représentait le dynamisme de l’équipe dans la nouvelle ère qui commence, le blanc les valeurs de pureté et la santé financière du nouveau club, le gris, l’âme de l’équipe qui était les supporteurs et l’or le rayonnement, le prestige et le glamour de la nouvelle association. Mais, finalement, lors de la saison 2022-2023, le club retrouva les couleurs traditionnelles de son prédécesseur, et finalement aussi son surnom.

En 1959-1960, la fédération grecque parvint enfin à refondre l’organisation du football d’élite et créa une première division nationale unique. Dans ce contexte, l’idée de fusionner les deux équipes de Véria, PAO Véria et ΑΟ Hermès, fit son chemin afin de créer une entité sportive capable de batailler dans cette nouvelle compétition nationale. La fusion eut lieu en juillet 1960, donnant naissance au GAS. Pour cette nouvelle aventure, et afin de ne pas privilégier les supporteurs d’un club au détriment des autres, la décision fut prise de reprendre ni les couleurs du PAO (jaune et noir), ni celles de Hermès (vert et blanc). Le joueur et entraîneur du PAO Kostas Sotiriadis dit Kostaras proposa de prendre les couleurs restantes du spectre chromatique, le bleu et le rouge, qui étaient surtout celles de l’équipe dans laquelle il avait évolué auparavant, Panionios (cf. #944).

#1157 – Maghreb AS : النمور الصفر

Les tigres jaunes. Avec ses maillots jaunes et noirs (traditionnellement rayés), ce surnom sonnait comme une évidence. Au Maghreb, l’émergence de clubs indigènes faisait écho à la montée des nationalismes arabes. Par opposition aux clubs réunissant les communautés européennes, les indigènes fondèrent des associations sportives pour porter la voix des indépendantistes. Cette histoire fut donc celles de nombreux clubs maghrébins dont le MAS. En 1946, face au vieux club de l’US Fès qui intégraient les français depuis 1915, plusieurs équipes autochtones de quartiers se battaient, agaçant alors les autorités françaises. Les indépendantistes prirent le partie d’unifier ces différentes équipes pour monter un nouveau projet commun, fédérant la jeunesse et diffusant les idées nationalistes. Ainsi, le 16 octobre 1946, le MAS vit le jour.

Représentant les valeurs indépendantistes, le choix du nom du club ainsi que ses couleurs furent dictées par cette vision. Le nom faisait référence à cette région historique de l’Afrique du Nord, à la fois période dorée de la puissance arabe (sous les dynasties Ommeyade et Abbasside) et époque de soumission à la puissance coloniale française (Maghreb désignait l’Afrique Française du Nord qui regroupait le Maroc, l’Algérie et la Tunisie). Les couleurs furent celles de l’Empire Chérifien, rouge et vert. Depuis les Almohades, les dynasties régnantes sur le Maroc arboraient des bannières rouges, parfois ornées de certaines symboliques. C’était le cas de la dynastie alaouite qui avait un drapeau intégralement rouge. En 1915, pour éviter toute confusion avec de nombreux drapeaux maritimes qui étaient également rouges, Moulay Youssef décida d’intégrer, au drapeau rouge, le sceau de Salomon en vert.

L’équipe joua dans ses couleurs jusqu’à l’indépendance du Maroc en 1956. Le choix fut alors fait de passer au bleu et blanc. Puis, au début des années 1960, nouveau changement de couleur. Cette fois, le jaune et noir s’établit sur le blason et le maillot du club.

#1156 – Tigres UANL : Auriazules

Les jaune et bleu. L’écusson du club comme le maillot des joueurs se résument à ses deux couleurs, qui ne sont pas celles de l’animal symbole de l’équipe. Pas plus d’ailleurs celles de l’équipe précurseurs, le CD Nuevo León, fondé en 1957 et finalement déménagé à l’UANL en 1960, dont les couleurs étaient le vert et le blanc. Finalement, lorsque le 7 Mars 1960, le CD Nuevo León cessa d’exister après de multiples problèmes financiers, l’association passa sous le contrôle du conseil d’administration de l’Université autonome de Nuevo León, où l’équipe fut rebaptisée Club Deportivo Universitario de Nuevo León. Naturellement, le nouveau club s’intégra à l’université et s’attacha la communauté étudiante comme base de fans en reprenant ses couleurs bleu et jaune.

Si au XIXème siècle, plusieurs chairs se mirent en place au Nuevo León, l’université, regroupant et encadrant ces différents enseignements, vit le jour en 1933. Son blason apparût seulement 15 ans plus tard. Le 3 Décembre 1948, la proposition d’écusson de l’architecte Joaquín Antonio Mora Alvarado et du docteur Enrique Carlos Livas Villareal, qui présentèrent leur travail sous le pseudonyme de Castor et Pólux, fut adoptée par le Conseil pour représenter l’Université. Il synthétisait les différentes valeurs de la faculté dont les principales, universalité et liberté. Les armes se présentent comme une torche enflammée (la flamme, symbole de vie, éclairant le monde de sa connaissance, de la vérité, de son universalisme) s’insérant dans le mouvement d’un atome (unité minimale de la matière et allégorie de la science). Les couleurs principales sont le bleu, le jaune, soulignées par du rouge. Mais, ce sont bien les deux premières qui demeurent aujourd’hui celles de l’université et qui ont rejaillies sur les équipes sportives de l’UANL.