#1144 – Motor Lublin : Motorowcy

Les hommes des moteurs. Je vous accorde que le nom du club est assez explicite pour comprendre le surnom de l’équipe. Tout a commencé en 1950 quand plusieurs ouvriers employés à la construction de l’usine de construction automobile de Lublin, Fabryka Samochodów Ciężarowych (FSC), fondèrent le club en remplacement d’un ancien club dénommé Metalowca Lublin. Au départ, le club prit le nom Stal Lublin (Stal signifiant Acier, en référence au prédécesseur Metalowca, qui était lié à l’usine métallurgique de la ville). En 1952, la société FSC intégra le club dans son giron et le nom du club devint Stal FSC. Enfin, le Stal FSC changea de nom pour Robotniczy Klub Sportowy Motor Lublin en 1957.

Avant la Seconde Guerre mondiale, des investissements furent réalisés dans le quartier Tatary de Lublin pour établir une usine de la société Lilpop, Rau i Loewenstein afin produire des composants pour voitures et camions sous licence de l’américain Chevrolet. Mais, la guerre mit un terme à ce projet. En 1945, la reprise de l’activité fut envisagée par les nouvelles autorités communistes et en 1950, la construction de l’usine fut entreprise, avec l’aide du grand frère soviétique. Le constructeur soviétique GAZ forma d’ailleurs les premiers employés de l’usine. Le 7 novembre 1951, le premier GAZ 51 (dénommé pour la Pologne, Lublin 51) sortit des chaînes de montage. L’installation de l’usine eut un impact fort dans la ville de Lublin, qui était en reconstruction. Le développement des quartiers résidentiels voisins de Tatary et Bronowice étaient directement liés à la croissance de l’usine. De nouvelles voies routières furent également établies pour faciliter la circulation vers le site industriel. En quelques années, ce dernier devint le plus grand établissement de la région de Lublin et, dans les années 1970, le FSC représentait l’un des plus grands centres automobiles de Pologne. L’usine produisait des camions, voitures et véhicules blindés de transport de troupes. A la fin des années 1970, la société employait environ 11 à 12 000 personnes et le pic fut atteint en 1981 avec 14 000 collaborateurs. Le produit star de FSC à Lublin fut la camionette Zuk. En 1972, 110 000 Żuks avaient été produits, dont 40 000 étaient exportés vers 16 pays. L’apogée de la production fut atteint en 1977, avec 250 000 camionettes, dont 85 000 étaient exportées. En 1976, le département des véhicules utilitaires représentait 50 % de la production de l’usine. Avec la fin du communisme, la production déclina et en 1995, le coréen Daewoo racheta l’usine. Il fit faillite en 2001 et le repreneur revendit par morceau l’usine. Aujourd’hui, après plusieurs changements de propriétaire, l’usine ne fabrique plus que les tracteurs Ursus et les utilitaires Honker.

Le bouquetin qui apparaissait sur le logo de FSC se retrouve sur le blason du club.

#1127 – PFC Litex Lovech : Oранжевите

Les oranges. Durant les années 1990 et 2000, le club de la ville de Lovech devint une place forte du football bulgare. Il remporta 4 championnats de Bulgarie (1997-1998, 1998-1999, 2009-2010 et 2010-2011) et 4 coupes nationales (2001, 2004, 2008 et 2009) et réussit même quelques exploits en coupe d’Europe. Mais, avant cette période dorée, malgré une fondation en 1921, la vie du club fut à la fois calme et mouvementée. Calme car le palmarès était vierge et le club végéta dans les divisions inférieures. Mouvementée car le club changea plusieurs fois de nom et de couleurs. De 1921 à 1957, le club se dénomma Hisarya, puis jusqu’en 1979 Karpachev et de 1979 à 1994 Osam (l’équipe évoluait alors en bleu et rouge). En 1994, le club trouva un nouveau sponsor, LEX, qui imposa son nom dans celui du club. Puis arriva Grisha Ganchev.

Oligarque originaire de Lovech, Grisha Ganchev fut un lutteur au lycée sportif avant de faire des études de commerce. Dans les années 1990, il lança son entreprise de négoce en produits pétroliers Литекс комерс (Litex commerce). Litex proviendrait du grec ancien et signifierait Lilas, la fleur étant un des symboles de la ville de Lovech. Prospérant dans le pétrole, Ganchev étendit ses activités à la production de sucre, d’électricité, au tourisme, à la construction et au transport, des milliers d’habitants de Lovech travaillant alors dans ses sociétés. Au point, que la ville de Lovech fut surnommée Ganchev City. Pour assoir son image, Ganchez racheta le club, dont il était supporteur, en 1996, après la déroute financière de son sponsor LEX, et mena deux politiques. D’une part, le club devint à l’image de son empire. Il prit le nom de Litex et opta pour les deux couleurs de l’entreprise, orange et vert. D’autre part, il entreprit un projet sportif ambitieux, en recrutant des joueurs connus et en dotant le club d’infrastructures de qualité. Mais, la belle aventure prit fin au milieu des années 2010. En 2015, Ganchev et ses ressources « infinies » abandonnèrent le Litex pour rejoindre le grand club de la capitale en perdition, le CSKA Sofia. A l’agonie financière, le club de Lovech arrêta sa participation à la première division en Décembre 2015. Le CSKA racheta la licence du club de Lovech et prit sa place au sein de l’élite. Lovech repartit quelques mois plus tard en 3ème division en fusionnant avec un petit club régional. Pas rancunier et surtout nostalgique de cette époque bénie, le club conserva les couleurs et le nom Litex.

#1111 – Suwon Samsung Bluewings : 청백적

Les bleu, blanc, rouge ou le corps bleu, blanc, rouge (청백적 군단). Si les couleurs du club coréen copient celle de notre étendard, la France n’a pas inspiré les fondateurs de Suwon. Selon le site du club, le rouge et le bleu portent des symboliques précises. Le rouge représente la passion et le défi, exprimant le dynamisme du club. Tandis que le bleu symbolise la jeunesse et l’enthousiasme. Enfin, selon d’autres sources, le blanc représente la pureté et le fair play. L’origine du choix de ses couleurs n’est pas expliquée mais, on peut légitiment se dire que, comme son nom l’indique, son lien avec le conglomérat Samsung modela la symbolique du club.

Car le conglomérat coréen s’affiche en bleu et blanc. La marque d’électronique grand public apparut pour la première fois en 1938. À cette époque, le terme Samsung s’écrivait en utilisant les caractères chinois « 三星 », qui littéralement signifiait « trois étoiles ». Le fondateur Byeong-cheol Lee déclarait « 하늘의 별처럼 크고 강력하고 영원하라 » (Soyez grand, puissant et éternel comme les étoiles dans le ciel). Ces trois étoiles apparurent sur le logo de 1938 à 1979 en noir et blanc. Puis, en 1980, le logo évolua. Les 3 étoiles étaient toujours présentes mais se distinguèrent en étant blanches dans des cercles rouges. En 1992, alors que l’entreprise devint une marque mondiale, le rouge et les étoiles disparaissent au profit d’un grand oval bleu. Samsung explique que le fond bleu symbolise le ciel et la mer, et que l’ovale incliné symbolise l’univers. Le bleu représente également la technologie et l’innovation. Finalement, tout au long de son existence, le blanc est demeurée une des couleurs de l’entreprise. Et les 3 couleurs bleu, blanc et rouge ont fait partie de son histoire.

#1091 – CA Douglas Haig : los Fogoneros

Les chauffeurs. Prendre pour nom celui d’une personne célèbre demeure une tradition principalement sud-américaine (CA San Lorenzo de Almagro en Argentine, CD Jorge Wilstermann en Bolivie, Colo Colo et CD Arturo Fernández Vial au Chili, General Caballero SC et Club General Díaz au Paraguay, Coronel Bolognesi au Pérou) et les héros militaires constituent la principale source d’inspiration. Ce club argentin ne fait pas exception mais cette fois, la référence est étrangère.

Le monde ferroviaire constitua le terreau favorable à l’émergence de ce club en 1918. A cette époque, la masse des ouvriers constituait un vivier important qui avait besoin de se divertir après de longues semaines de travail. Le sport en faisait parti. Puis, le réseau ferroviaire se développa en Amérique Latine avec le soutien des experts en la matière, les britanniques. Nombre d’ingénieurs et de cheminots anglo-saxons émigrèrent dans les contrées sud-américaines et emmenèrent avec eux leur savoir-faire et leurs nouveaux loisirs tels que le football. Ainsi, 18 Novembre 1918, un groupe de cheminots de la compagnie ferroviaire Ferrocarril Central Argentino décidèrent de fonder le club. La Ferrocarril Central Argentino était une entreprise britannique qui avait obtenu du gouvernement argentin la concession du réseau ferré entre Santa Fé et Cordoba. A Pergamino, la compagnie était dirigée par le britannique Ronald Leslie qui soutint la fondation du club à la condition que ce dernier se nomma en l’honneur du général britannique Douglas Haig qui s’illustra durant la Première Guerre mondial (le club était fondé seulement 1 semaine après l’armistice).

Le fogonero était le chauffeur dans une locomotive à vapeur. Son rôle était d’alimenter en charbon et en eau la chaudière de la locomotive. Le surnom rappelle le lien fort du club avec le monde ferroviaire.

#1067 – Middlesbrough FC : the Smoggies

Le terme est dérivé de smog (brouillard) mais cet article vous permettra de sortir … de ce brouillard. Ce surnom s’attache à tous les habitants de Middlesbrough et ceux de la région du Teesside. Le terme désigne également l’accent local et le dialecte de la région. Il fut un peu plus tard utilisé ironiquement par les supporteurs adverses pour nommer les fans du club de Middlesbrough. Pour comprendre sa signification, il faut revenir à ce qui modela la région : la sidérurgie.

L’histoire de Middlesbrough se confond avec celle de la révolution industrielle et de l’avènement de la Reine Victoria et de l’Empire Britanique. Comme un certain nombre de villes du Nord de l’Angleterre, soutenues par les découvertes de mine de charbon, de fer ou d’autres minerais, Middlesbrough devint au cours du XIXème et XXème un important centre industriel mondial. L’essor de Middlesbrough fut d’ailleurs remarquable puisqu’en 1801, il s’agissait d’un petit hameau de 25 habitants qui se transforma en un siècle en une ville de plus de 90 000 habitants. Avec une infrastructure de transport naturelle (le fleuve Tees qui se jette dans la Mer du Nord) et des riches ressources (la découverte de réserves de fer dans les collines de Cleveland en 1850), la première usine sidérurgique (Henry Bolckow et John Vaughan) s’étendait dès 1864 sur plus de 280 hectares le long des rives de la rivière Tees. Puis, l’entreprise Dorman Long prit le relais et devint le principal producteur d’acier et le plus grand employeur. À l’apogée, 91 hauts fourneaux dans un rayon de 10 milles le long de la Tees fonctionnaient. En outre, le poids économique de la région faisait que le prix mondial de l’acier et du fer étaient fixés dans ce coin de l’Angleterre. Mais, au fil des années, la concurrence poussa au déclin. Dans les années 1960, afin de les sauver, de nombreuses entreprises (dont Dorman Long) furent nationalisées sous l’égide de British Steel. Ceci n’empêcha pas le déclin face à l’acier asiatique et les dernières aciéries fermèrent en 2015.

L’importance de l’industrie lourde et son empreinte dans le développement de Middlesbrough conduit la ville à gagner rapidement le nom d’Ironopolis. Mais, la contrepartie fut des niveaux élevés de pollution, qui se concrétisaient par un épais brouillard recouvrant régulièrement la région. Les supporters rivaux de Sunderland et Newcastle ne manquèrent pas de s’en moquer. A domicile, ils scandaient « What’s it like to smell fresh air ? » (Qu’est-ce que cela fait de sentir de l’air frais ?) et à l’extérieur « smog monsters » (les monstres du brouillard). Ce dernier terme se transforma par la suite en smoggies et finalement, les supporteurs de Middlesbrough se l’approprièrent et le revendiquèrent.

#1040 – Coton FC : les Cotonculteurs

Au Nord-Ouest du Bénin, à Natitingou, en 1999, un club de football fut fondé sous le nom de Tanéka FC. En 2021, Tanéka fut repris par Coton Sport Bénin, un consortium sportif, ayant de grandes ambitions. Coton FC devint le nouveau nom du club qui déménagea également dans la ville cotière de Ouidah, au Sud du pays, à l’opposé de Natitingou. Grace à d’importants moyens financiers, la direction procéda à un recrutement massif (avec des joueurs internationaux venant du Nigéria, de la Côte d’Ivoire, du Burkina et du Togo) et placa l’équipe sous la houlette de l’expérimenté entraineur français Victor Zvunka et du technicien béninois Urbain Honfo. Les résultats ne se firent pas attendre. Alors que Tanéka évoluait en deuxième division, Coton FC fut invité à participer pour la première fois au championnat de première division lors de la saison 2021-2022. Coton FC remporta alors directement son premier titre de champion. La saison suivante (2022-2023), Coton FC conserva son titre.

Coton Sport Bénin est une émanation de la SODECO et a pour but de regrouper plusieurs clubs sportifs pour s’imposer comme la référence sportive béninoise sur le continent africain. Les investissements ont commencé avec Tanéka FC puis le CSB a repris le club de basket du Elan BC. Au sommet de ce projet, Lionel Talon, le fils du président du Bénin, qui préside la société d’investissement familiale, la Société de Financement et de Participation. Cette dernière s’empara de deux secteurs clé de l’économie béninoise : la culture du coton (via la SODECO) et la gestion du port de Cotonou. Société publique au départ qui avait le monopole pour l’achat du coton-graine et la commercialisation de la fibre, des graines et autres produits dérivés, la SODECO fut privatisée définitivement en 2016, tout en conservant un monopole de fait dans la filière du coton. Le coton est devenu pour le Bénin, un véritable or blanc. En 2017, le Bénin occupait la 4ème place africaine en termes de production de coton avec 451 209 tonnes. La réorganisation de la filière en 2016 permit au Bénin de ravir la première place au Mali et d’atteindre une production dépassant régulièrement les 700 000 tonnes ces dernières années. Aujourd’hui, le coton est la première filière économique du Bénin, générant plus de 40 % des emplois en milieu rural et faisantt vivre environ 50 % de la population béninoise. Les exportations permettent au pays d’engranger 40 % de ses rentrées de devises et d’assurer 13 % du produit intérieur brut. La filière représente également 45 % des recettes fiscales du pays. Pour monter dans la chaîne de valeur, la SODECO joua un rôle crucial en modernisant l’appareil industriel. Avec 17 usines d’égrénage sur les 23 du pays (ce qui représente 60 % du tissu industriel du Bénin), la SODECO assure la transformation du coton en fibre et en produits finis.

#1027 – SC Oțelul Galați : Oțelarii

Les sidérurgistes. Situé dans le sud-est de la Roumanie, Galați baigne sur la rive nord du Danube, à 80 km de la Mer Noire. Cette situation privilégiée, au carrefour des principales routes commerciales entre le Nord et le Sud de l’Europe et entre l’Europe et l’Asie mineure, a favorisé le commerce et le développement de la ville au fil des siècles. D’autant plus que son infrastructure portuaire constitue le plus grand port fluvial et maritime sur le Danube. L’activité de la ville a longtemps reposé sur la construction maritime.

En 1958, le gouvernement communiste souhaitait développer l’industrie lourde roumaine, en particulier une usine sidérurgique dans la partie orientale de la Roumanie, avec accès au Danube et à la mer Noire. Plusieurs localisations furent étudiés mais le dirigeant du pays, Gheorghe Gheorghiu-Dej, ayant des origines galates, imposa Galați. La construction du complexe débuta en juillet 1960 et il fut inauguré en 1966. Imposant site, 40 000 ouvriers y travaillaient en 1972. En 1988, la production attint son pic avec 8,2 millions de tonnes d’acier, l’entreprise devenant le plus grand producteur d’acier d’Europe du Sud-Est. L’entreprise fut le principal foyer de perte de l’Etat roumain qui fut contraint de la céder définitivement à Arcelor en 2001. A cette date, 27 000 personnes travaillaient encore sur le site pour une production descendue à 3,7 millions de tonnes. Le dégraissage se poursuivit avec en 2021 seulement 5 000 employés. Malgré cette baisse des effectifs, Liberty Galati (nom de l’usine qui fut rachetée à ArcelorMittal en 2019 par le fonds britannique Liberty House Group) demeure la plus grande aciérie de Roumanie, avec une capacité de production de 3 millions de tonnes d’acier par an et est un pilier de l’économie roumaine. Une étude de 2011 démontra que les deux tiers de la population de Galați travaillaient ou avaient travaillé dans l’usine ou ses fournisseurs.

Avant les années 1960, des clubs de football rattachés à des usines avaient déjà vu le jour tels que Metalosport en 1935 et Siderurgistul en 1955. Au début des années 1960, plusieurs clubs de la ville avaient disparu et la direction de l’usine prit la décision de promouvoir un nouveau club. En 1964, SC Oțelul Galați vit le jour, comme filiale de l’usine. Son nom intégrait Oțelul, qui signifie « acier » en Roumain. Le club quitta le giron de l’entreprise en 2003, racheté par un homme d’affaires local. Toutefois, Arcelor puis ArcelorMittal et enfin Liberty demeurèrent des sponsors principaux du club depuis 2003.

#1004 – Volta Redonda FC : Voltaço

Comme vous l’avez compris, ce surnom est basé sur le nom de la ville où réside le club. Puis, il est associé au mot aço qui signifie « acier » . Habitée par les Indiens Puris et Acaris, la région fut colonisée au milieu du XVIIIème siècle par des jésuites et des explorateurs. La rivière Paraíba do Sul dessinant une drôle de courbe, ils appelèrent cet espace Volta Redonda (Courbure ronde). Concentrée sur les activités agricole, le village de Volta Redonda commença son développement vers 1875 avec des comptoirs commerciaux installés le long de la rivière et l’arrivée du train.

Le tournant se situa pendant la Seconde Guerre mondiale qui favorisa l’industrialisation du Brésil. Afin de fournir les Etats-Unis en acier et développer l’indépendance du pays, le président de la dictature brésilienne décréta la création d’une aciérie et le colonel Macedo Soares, futur gouverneur de Rio de Janeiro, impulsa pour la réaliser à Volta Redonda. Le 9 avril 1941, la société publique Companhia Siderúrgica Nacional (CSN) fut créé et en 1946, débuta l’exploitation de l’usine, alimentée par les mines de Casa de Pedra. Dans les années 1980, l’entreprise connaît des agrandissements successifs, portant la capacité à 4,6 millions de tonnes d’acier produit par an tandis que la production de minerai de fer de la mine atteint 12,6 millions de tonnes par an. Près de 25 000 personnes travaillaient alors pour la CSN. Privatisée en 1993, la compagnie s’est diversifiée et est côté à la bourse de New York. L’usine de Volta Redonda demeure toujours un des principaux sites du groupe et surtout une des plus importantes aciérie d’Amériques du Sud, avec une capacité de production de 5,8 millions de tonnes d’acier brut par an.

En 1975, avec le regroupement des États de Rio de Janeiro et de Guanabara, les fédérations sportives des deux États fusionnent. Le président de la ligue de Volta Redonda poussa à la création d’un nouveau club qui pourrait représenter la ville dans la nouvelle ligue de l’Etat. Ainsi, naquit en 1976 le Volta Redonda FC. Naturellement le CSN fut un soutien du club, notamment en rénovant son stade de Estádio Raulino de Oliveira qu’il mit à la disposition du nouveau club.

#1003 – CDSC Guabirá : el Azucarero

Le sucrier. Basé dans la ville bolivienne de Montero, le club fut fondé le 19 avril 1962. 13 ans plus tard, il remportait son unique titre de champion de Bolivie. Mais revenons à sa création. Tout débuta en 1953 quand des ouvriers de la sucrerie Guabirá souhaitèrent participer à des tournois corporatistes de football et créèrent l’Unión Maestranza. Très vite, l’Unión Maestranza s’imposa dans les tournois inter-entreprises départementaux et nationaux. Et en 1962, le club devint le CDSC Guabirá avec l’objectif de participer aux championnats plus classiques. La raffinerie est toujours un sponsor du club et ce lien se retrouve également dans l’image d’une usine sur l’écusson du club.

L’agriculture a toujours joué un rôle important dans l’économie bolivienne et dans ce secteur, la production de sucre est l’un des principaux pans. En 2018, la Bolivie produisait essentiellement du soja (2,9 millions de tonnes), du maïs (1,2 million de tonnes) et des pommes de terre (1,1 million de tonnes) et la canne à sucre, dont la culture fut introduite par les colons espagnoles au XVIème siècle, représentait 9,6 millions de tonnes. Autosuffisante, la Bolivie exporte également une partie de sa production (1,8 millions de quintaux en 2021), principalement à ses voisins d’Amérique du Sud. Outre la culture de la canne à sucre, la Bolivie développa également une industrie sucrière (sucre raffiné, alcool) qui débuta en 1944. Après 75 ans, la production de sucre en Bolivie a été multipliée par plus de 2 100, atteignant 10,9 millions de quintaux en 2018, réalisée par 7 raffineries.

En 1952, menée par le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire, une révolution s’imposa en Bolivie qui réalisa en 1953 une réforme agraire. Ainsi, en 1952, le projet d’une raffinerie fut étudié par ce nouveau gouvernement dans la région de Montero et en 1956, la Guabirá débuta son exploitation, produisant 30 007 quintaux de sucre raffiné et 332 350 litres d’alcool. Aujourd’hui, cette raffinerie, qui appartient à ses ouvriers et des producteurs de canne à sucre depuis 1993, est la deuxième du pays, représentant 28% de la production nationale de sucre.

#945 – MOL Fehérvár FC : Vidi

Diminutif de l’ancien nom du club, Videoton. Videoton, un nom qui résonne pour les amateurs de football qui se souviennent de cette équipe hongroise au nom original, capable de quelques exploits en Coupe d’Europe. Il faut notamment se rappeler de cette saison 1984-1985 où le club alors entrainé par Ferenc Kovács réussit un parcours formidable en Coupe de l’UEFA pour atteindre la finale. Videoton vainquit le Dukla Prague au premier tour, le Paris Saint-Germain au deuxième tour, le Partizan Belgrade au troisième tour, Manchester United en quart de finale puis les bosniaque du Željezničar Sarajevo en demi finale. En finale, Videoton échoua face au Real Madrid, avec tout de même une victoire honorifique au match retour à Santiago Bernabeu

L’histoire de Videoton est une succession de relation intime avec des entreprises. Tout démarra en 1941 quand l’entreprise de fabrication de munitions, Vadásztölténygyár, fonda le club sous le nom de Székesfehérvári Vadásztölténygyár SK. Les équipes étaient alors composées d’ouvriers de l’usine locale dans ses premières années. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’outil industriel de la ville sortit fortement endommagé. Toutefois, la production de munitions de chasse redémarra. Nationalisée à partir de 1955, l’usine étendit sa production en concevant et vendant de l’électronique grand public (tels que des radios et des téléviseurs), du matériel informatique et des produits électroniques de défense sous la marque Videoton. Inondant de ses produits les pays du bloc de l’Est, Videoton devint le centre électronique de la Hongrie. 100 000 unités du premier poste radio furent produites en 1958 et dès l’année suivante, la production doubla. En 1959, le premier téléviseur noir et blanc sortit de l’usine et à la fin des années 1960, plus de 200 000 téléviseurs étaient produits annuellement. Dans les années 1970 plus d’un million d’autoradio étaient exportés. À partir de la fin des années 80, l’entreprise prit le nom de Videoton Electronics Company et possédait des usines à Ajka, Enyingen, Sárbogárd, Tabo et Veszprém. L’usine de Székesfehérvár comptait près de 20 000 employés. Elle figurait parmi les dix premières plus grandes entreprises hongroises et, en 1988, elle a réalisé un chiffre d’affaires de près de 20 milliards de HUF.

Après plusieurs changements noms, le club prit, en 1968, celui de la marque Videoton, qui avait alors une belle réputation. Le club devenait aussi l’un des vecteurs de communication de la société. Au début des années 1990, avec la chute du bloc de l’Est, la société Videoton vit son carnet de commande dramatiquement fondre et se trouvait alors au bord de la faillite. Le club connut naturellement les mêmes difficultés et l’arrivée du sponsor Waltham (dont le nom s’intégra dans celui du club) permit d’éviter sa banqueroute. Le 15 décembre 1993, le Videoton-Waltham FC, créé à l’été 1991, tint une assemblée générale extraordinaire et déclara sa dissolution, Waltham n’étant plus en mesure d’assurer le soutien financier. Le club renait sous le nom de Parmalat FC grace à l’adossement avec l’industriel italien de l’agro-alimentaire. Mais, dès 1995, la municipalité dut intervenir financièrement et le club prit alors le nom de Fehérvár Parmalat FC. A la fin de la saison, Parmalat renouvela son parrainage mais disparut du nom du club qui devint Fehérvar 96 FC. La société Videoton continuait durant cette période à être un des sponsors du club. Privatisée en 1996, la restructuration de Videoton lui permit de sortir de sa léthargie. Et l’année suivante, Videoton faisait son retour dans le nom du club (Videoton FC Fehérvár). Seulement le début des années 2000 fut marqué par la crise du secteur informatique qui affaiblit une nouvelle fois la société. De son côté, le club de football s’enfonça dans une crise managériale et financière. Videoton Holding annonça qu’il ne soutiendrait plus l’équipe en raison des événements entourant le club, et révoqua le droit d’utiliser le nom à partir de septembre 2004, le club concourant alors sous un nouveau nom, FC Fehérvár. Toutefois, la formule latine veni, vidi, vici s’inscrivait dans l’écusson du club à cette époque (vidi était même souligné), afin de marquer le lien avec le nom historique du club. En 2007, après quelques tergiversations, l’entrepreneur István Garancsi racheta l’équipe. Il assainit la situation financière du club et régla les problèmes d’organisation. Constatant l’aplanissement de l’environnement du club, la société Videoton accepta de concéder sa marque au club qui redevint le Videoton FC. István Garancsi comprennait l’intérêt marketing de reprendre le nom historique. En 2010, la société pétrolière et gazière hongroise MOL devint un des sponsors du club. En 2018, tout juste champion de Hongrie pour la 3ème fois de son histoire (2011, 2015 et 2018), MOL souhaitait alors augmenter son investissement dans le club et apparaître dans le nom. Le président István Garancsi expliqua alors que les noms de deux sociétés (Videoton et MOL) ne pouvaient pas cohabiter dans la dénomination du club, en particulier si l’une payait (MOL) et l’autre non (Videoton), voire réclamer des sous. Ainsi, le club se nomma MOL Vidi FC, Vidi permettant de garder encore le lien avec l’histoire. L’année suivante, la municipalité estima que le club devait aussi se rapprocher de la cité et faire comme les autres associations sportives de la ville en portant fièrement le nom de la ville. Comprenant que ceci pouvait favoriser les relations avec le pouvoir administratif, la direction du club décida de changer de nom pour MOL Fehérvár FC. Le terme Vidi ne disparaissait pas pour autant puisqu’il continuait d’apparaître dans sur les interfaces de communication du club, dans le stade et sur les produits VidiShop.