Le lion de Collao. Ce surnom a une histoire particulière car il fut d’abord attribué à un joueur. Puis, au fil du temps, il se rependit et se confondit alors avec le club. Dans les années 1960, le CSD Concepción recruta un défenseur nommé Haroldo Peña. Il évolua de longues années sous les couleurs lilas du club et avec qui il parvint à atteindre l’élite chilienne. Après un match contre l’Universidad Técnica del Estado, l’entraineur de ce dernier déclara « si perdimos fue porque ellos tenían un león y al medio » (Si nous avons perdu, c’est parce qu’ils avaient un lion au milieu) ou alors que Haroldo Peña défendait comme un lion. En effet, il se battait sur un terrain avec ferveur et détermination. Collao est le nom de l’avenue où se situe le stade du club, Municipal Alcaldesa Ester Roa Rebolledo, et c’est devenu le surnom de l’enceinte. Puis, le surnom fut popularisé par le journaliste de « El Sur » Luis García Díaz. En 1998, les dirigeants de Concepción décidèrent de changer le blason du club. Ne se sentant pas soutenu par la municipalité, ils supprimèrent de l’écusson les armoiries de la ville et rendirent hommage à l’une des grandes idoles de l’histoire des lilas, Haroldo Peña, le León de Collao. A partir de là, le maillot du club affichait la figure du roi des animaux (visage regardant droit devant) dans un cercle blanc. Depuis, le club a modifié son blason pour revenir aux armoires de la ville avec l’aigle impérial de Charles Quint.
Étiquette : Equipe/Joueur
#829 – Hafia FC : Tri Campeo
Le triple champion. Classé 8ème meilleur club africain du siècle passé par la IFFHS, le Hafia FC constitue une des institutions de la Guinée et du continent, malgré une longue période de disette depuis ses derniers succès dans les années 1980. Il a gagné ce surnom grace à ses victoires et son beau palmarès. Dans le tout jeune championnat guinéen créé en 1965, Hafia FC fut tout d’abord le premier à le gagner 3 fois et consécutivement en 1966, 1967 et 1968. Mais, cet exploit sera rapidement supplanté par les 9 championnats remportés successivement de 1971 à 1979 grâce à une formidable équipe. Cette dernière mena le club non seulement au sommet du football local mais également continental, ce qui donnera naissance à ce surnom. En effet, Hafia FC fut le premier club africain à conquérir 3 Coupes des Clubs Champions africaines (devenu depuis 1997 Ligue des Champions de la CAF). En 1972, après un parcours qui vit le club notamment éliminer les camerounais du Canon Yaoundé, les maliens du Djoliba AC et les zaïrois du TP Mazembe (par abandon), l’équipe affronta en finale les ougandais du Simba FC sur une confrontation aller-retour et les vainquit 7 buts à 4 au total (4-2 à Conakry et 3-2 à Kampala), donnant lieu à la finale la plus prolifique de la compétition (11 buts). 1ère participation, pour cette équipe emmenée par Aliou N’Jo Léa, Petit Sory, Maxime Camara, Morciré Sylla, Ousmane Tolo Thiam, Soriba Soumah et surtout Chérif Souleymane, et première victoire. Chérif Souleymane remporta cette même année le seul ballon d’or africain gagné par un footballeur guinéen. Après deux années quelconques (dont un forfait en 1974), l’équipe revint plus forte en 1975 pour arracher son deuxième trophée face aux nigériens du Enugu Rangers. Le Hafia remporta les deux matchs de la finale (1-0 à Conakry et 2-1 à Lagos). En 1977, nouvelle et dernière victoire. Face au ghanéen de Hearts of Oak, l’équipe guinéenne gagna une nouvelle fois la finale aller (1-0 à Accra) et le retour (3-2 à Conakry). Il devint ainsi le premier club à enlever 3 fois ce trophée. En outre, l’équipe fut également finaliste de la compétition en 1976 et 1978.
Si le français est la langue officielle de la Guinée, le choix d’avoir un surnom en portugais pourrait s’expliquer par la notoriété de l’équipe brésilienne de l’époque. D’une part, en 1970, le Brésil fut le premier pays à remporter également 3 fois le même trophée (en l’occurrence la Coupe du Monde). D’autre part, l’équipe de Pelé pratiquait un football flamboyant et offensif, que le Hafia se prétendait de perpétuer.
#791 – Club Necaxa : los Once Hermanos
Les onze frères. Fondé en 1923, le club gagna une certaine renommée assez rapidement. Son jeu basé sur des passes courtes et rapides permit à son équipe de remporter par deux fois la Copa Eliminatoria, ancêtre de la Coupe du Mexique, en 1925 et 1926. Toutefois, dans le tournoi national, Necaxa ne s’imposait pas face aux autres clubs de Mexico qui trustaient tous les titres. Avec la nouvelle décennie (1930), Necaxa monta en puissance et se transforma en l’une des places fortes du football mexicain. Lors de la saison 1931-1932, Necaxa atteignit la première place à égalité avec Atlante et, après 3 matchs pour les départager, cette dernière remporta le titre. La vengeance de Necaxa se produisit l’année d’après. A l’avant dernier match du tournoi, le club affronta une nouvelle fois Atlante et le vainqueur serait sacré Champion du Mexique. Le 4 juin 1933, Necaxa toucha l’excellence en balayant Atlante 9 buts à zéro. Pour couronner cette victoire, Necaxa réalisa le doublé en gagnant la Coupe. Derrière, le club confirma sa main mise sur le football mexicain en remportant 3 autres championnats (1934–35, 1936–37, 1937–38) ainsi qu’une nouvelle Coupe du Mexique (1935–36). La saison 1935-1936 fut l’apothéose avec le doublé coupe-championnat. L’équipe représenta également le Mexique à un tournoi d’Amérique Centrale qui se déroulait au Salvador. Le Mexique le remporta et gagna son premier titre international grâce à son ossarture provenant de Necaxa. Cette époque dorée fut possible grâce au formidable esprit qui régnait au sein de l’équipe. Composée de Raúl « Pipiolo » Estrada, Lorenzo « La Yegua » Camarena, Antonio Azpiri, Guillermo « Perro » Ortega, Ignacio « Calavera » Ávila, Marcial « Chato » Ortiz, Vicente « Chamaco » García, Tomás « Poeta » Lozano, Hilario « Moco » López, du péruvien Julio « Chino » Lorez et de Luis « Pichojos » Pérez, l’équipe resta soudée pendant toutes ces années, se trouvant aveuglement sur le terrain tellement les joueurs se connaissaient. Ils étaient comme onze frères. En 1936, un dernier frère les rejoignit en la personne de Horacio Casarín. Il devint rapidement une pièce maitresse de l’équipe de Necaxa et de la sélection mexicaine de par ses qualités techniques. Casarín était un joueur complet, fort des deux pieds mais également de la tête.
#752 – Club de Regatas Vasco da Gama : Camisas Negras
Les chemises noires. Le maillot de Vasco da Gama est sujet à quelques débats au Brésil. En effet, malgré les efforts des équipes de marketing pour réinventer les équipements chaque année, les grandes équipes conservent leur maillot principal, au moins pour ce qui est des couleurs (car même la Juventus ou le FC Barcelone ont dû sacrifier leurs célèbres rayures aux sirènes trompeuses du merchandising). Pour Vasco, le maillot principal peut-être noire avec une bande blanche ou blanc avec une bande noire, chacun étant aussi important. Pourtant, leur surnom rappelle un de leur premier kit qui était alors intégralement noir.
Les membres du Vasco da Gama, à sa fondation en 1898, ne pratiquaient que l’aviron et reprirent donc les principaux symboles de la mer pour leur nouveau club : un amiral portugais pour nom (cf #194), la croix du Christ comme écusson (symbole des navires portugais) et un maillot devant rappeler les grandes heures des navigateurs. Pour son président-fondateur, Francisco Gonçalves Couto Junior, qui proposa ses couleurs, le noir symbolisait les tempêtes maritimes, les mers inconnues et les marins morts lors des grandes expéditions. La bande diagonale blanche représentait la lumière et les routes ouvertes par les grands navigateurs portugais.
Pour autant, ce ne fut pas le premier maillot choisi par la section football. En effet, cette dernière naquit au sein du club en 1915 en absorbant un club existant, Lusitânia Futebol Clube. Ces membres voulurent certainement se distinguer des rameurs, tout en respectant les symboles du nouveau club, et optèrent pour un maillot noir, avec le col et les poignets blancs. Dans la foulée, l’équipe s’installa petit à petit dans le gratin footballistique en battant les équipes de Rio telles que Flamengo, Fluminense, América et Botafogo. L’apogée fut la victoire en 1923, premier championnat carioca remporté, avec onze victoires, deux nuls et une défaite. Les journalistes surnommèrent alors le club camisas negras, en l’honneur de leur maillot.
Mais, peut-être pas uniquement car Vasco était également le porte-étendard des classes populaires, laborieuses et colorées du Nord de Rio. Alors que le football était réservé à une élite blanche qui vivait dans les quartiers Sud et étaient représentaient par Flamengo, Fluminense et Botafogo (América était du nord mais était le club des élites de Tijuca), Vasco était le premier club à puiser ses membres et ses supporteurs parmi les populations défavorisées et généralement métissées. Alors quand Vasco gagna ce premier championnat pour sa première participation, vexés, les grands clubs du Sud se retirèrent du championnat en 1924 pour créer une ligue concurrente. Mais, en 1925, face aux succès et à la popularité du Vasco, ils reculèrent et acceptèrent d’affronter de nouveau les pauvres mulâtres du Vasco. Ainsi, dans cette société raciste, cette épisode contribua à élargir l’accès de ce sport d’élite aux noirs et aux pauvres et marqua un tournant dans l’ère du professionnalisme dans le football brésilien. Aujourd’hui, cette réciprocité entre le maillot blanc et le maillot noir serait aussi le symbole de l’égalité des races prônées par le club.
#751 – FC Bayern Munich : FC Hollywood
Le Bayern a remporté son 10ème titre de champion d’Allemagne consécutif ce week-end, son 32ème de son histoire, qui s’ajoute également à tous les autres trophées. Cela justifie son surnom de Rekordmeister (#619) et devrait engendrer une atmosphère sereine, bienveillante au sein du mastodonte germanique. Mais, comme tout club, le Bayern a connu son lot de crise avec un pic dans les années 1990 qui conduit à ce surnom peu flatteur. En se référant à Hollywood et son parterre de stars, le surnom voulait rappeller la constellation de grands joueurs qui consituaient l’équipe mais dont les égos surdimmensionnés menaient à de nombreux incidents et affaires, dans le vestiaire et en dehors. Lotthar Matthäus, Stefan Effenberg, Mario Basler, Oliver Kahn … des grands joueurs mais aussi des personnalités arrogantes, au caractère bien trempé et aux comportements indisciplinés. Ce cocktail ne pouvait déjà créer que des inimitiés connues de tous.
Stefan Effenberg et Lothar Matthäus se détestaient et leur relation ne se détendèrent pas, même aujourd’hui. Dans son autobiographie, Stefan Effenberg qualifiait Matthäus de grandes gueules et suggéraient qu’il ne connaissait rien au football. Matthäus, en fin de carrière à l’époque, quitta un entrainement après un échange très viril avec Lizzarazu en Juillet 1999. L’ex-star allemande n’hésitait pas à donner son avis sur tout, tout le monde et tout le temps ce qui agaçait beaucoup au sein du vestiaire. Surtout quand on découvra qu’il était une taupe pour le journal Bild. Son attitude arrogante ne collait pas avec son comportement peu professionnel. Matthäus se fit prendre en photo sur des skis alors qu’il était en convalescence.
Effenberg, adepte des doigts d’honneur à destination de la presse ou du public, faisait régulièrement la une des tabloïds, notamment après avoir révélé qu’il avait une liaison avec l’épouse d’un de ses coéquipiers, Thomas Strunz (qu’il épousera en 2004). La police lui retira son permis pour avoir conduit en état d’ébriété. En 2001, il fut même condamné à une amende après avoir été reconnu coupable d’avoir agressé une femme dans une boîte de nuit.
Pour leur entraineur Ottmar Hitzfeld, Mario Basler était certainement le plus fou de la bande, le plus incontrolable. Grand fumeur (1 paquet par jour) et buveur de bière (rien de plus normal finalement en Allemagne), il s’était plusieurs fois battu en boîte de nuit. Même les agneaux du club se rendirent coupables de quelques erreurs comme Élber et Pizzaro qui rentraient de vacances trop tard. Uli Hoeness compara finalement cette équipe d’égos à une meute de loups, que le célèbre entraineur italien Giovanni Trappatoni ne parvint pas à domestiquer (ce que Ottmar Hitzfeld, qui lui succéda, avec pour mission de ramener la paix dans le vestiaire, réussit).
Aujourd’hui, à la moindre situation de crise, le surnom ressurgit instantanément pour rappeler cette époque et indiquer que ces conflits font partis de la culture du club qui ne se démentirait pas malgré les mouvements de joueurs ou au sein de la gouvernance.
#742 – Landskrona BoIS : Skånes Uruguayare
Les uruguayens de Scanie. La ville de Landskrona se trouve dans la région de la Scanie mais cette dernière n’a aucun lien avec l’Uruguay. En revanche, le club se tissa une connexion avec le pays sud-américain dans les années 1930. En 1932, le meilleur joueur et buteur du club, Harry Dahl, quitta Landskrona après avoir marqué 334 buts en 410 matches (record inégalé à ce jour). Dans la foulée, le club descendit en seconde division. Pour redonner du souffle, la direction engagea Nisse Svensson comme entraineur. Il révolutionna le style de jeu du club en étant tourné vers l’offensive et le porta au sommet de la ligue. En 1938, le club atteignit la 3ème place du championnat tandis que l’année suivante le club accrocha la 4ème place. Suite à victoire de Landskrona 8 buts à 2, un journaliste compara alors l’équipe à celle qui était l’une des meilleures du monde à l’époque, l’Uruguay. En 1930, double championne olympique en titre, l’Uruguay remporta la première Coupe du Monde. Dans les années suivantes, sans les rancoeurs à l’égard des pays européens et l’animosité avec sa rivale argentine qui la détourna de nombreuses compétitions, la Celeste aurait certainement pu enrichir son palmarès et marqué encore plus l’histoire du football dans ces années-là. Néanmoins, elle resta comme l’une meilleures équipes et une des plus belles à voir jouer dans les années 1930.
Pour rendre hommage à ce surnom, le club décida cette année d’adopter en deuxième maillot un équipement bleu ciel, au couleur de l’équipe d’Uruguay. Malheureusement, après quelques matchs, la Ligue demanda de retirer ce maillot qui était trop proche de la version domicile (de couleur blanche). Ce qui fut fait au regret des supporteurs.
#727 – Gor Mahia FC : Sirkal
Le gouvernement en langue Luo. Le Kenya n’a pas une grande notoriété, ni popularité dans le football mondial comme africain. Pour les français, on peut se souvenir de l’attaquant Denis Oliech qui évolua au FC Nantes et à l’AJ Auxerre ou encore du milieu Victor Wanyama qui joua pour Southampton et Tottenham en Premier League. Sur le plan continental, une équipe du pays émergea et réalisa quelques belles épopées voire à remporter un titre africain. Il s’agit du Gor Mahia FC. En 1979, Gor Mahia représentait le Kenya à la Coupe d’Afrique des vainqueurs de Coupe. Il élimina tour à tour les Nsambya Old Timers FC d’Ouganda, Kadiogo FC du Burkina Faso et en demi-finale, les guinéens d’Horoya FC, club réputé sur la scène continentale. En finale, le club kenyan affronta les redoutables camerounais du Canon de Yaoundé (déjà deux fois vainqueurs de la Coupe des clubs Champions en 1971 et 1978, également finaliste de la Coupe des vainqueurs de Coupe en 1977).
Pour se préparer au match aller de la finale, l’équipe se mit au vert dans la ville de Limuru où elle s’entraina pendant près d’une semaine. Premier club du pays à atteindre la finale d’une coupe africaine, l’ambiance montait dans la ville et des foules immenses venaient regarder les joueurs s’entraîner. La veille du match, l’équipe se déplaça en bus dans la ville. Entouré de plusieurs véhicules et d’une escorte policière, le bus se frayait un chemin parmi le trafic tandis que les habitaient se massèrent le long de la route pour saluer les joueurs et admirer le convoi. Certains fans couraient partout pour régler la circulation et dégager la voie de circulation pour le bus. Cette émulation et liesse populaire donnaient un magnifique spectacle et rappelaient également les déplacements du président de la république ou de toute délégation gouvernementale importante. Par cette agitation et l’importance du convoi, les fans avaient élevé l’équipe au rang gouvernemental. Malheureusement, l’équipe s’inclina lourdement (2-0 au match aller puis 6-0 au retour). Il fallut attendre 1987 pour que Gor Mahia atteignît une nouvelle finale et remportât le premier titre continental pour une équipe kenyane (Coupe des vainqueurs de Coupe).
Ce sentiment politique pour l’équipe est renforcé par le fait qu’il représente l’ethnie Luo, une des principales du pays (près de 11% à 13% de la population). Or, cette dernière fut régulièrement au pouvoir depuis l’indépendance du Kenya en 1963.
#720 – CF Monterrey : la Pandilla
Le gang. En 1962, le club était officiellement surnomé los Rayados depuis le début des années 1950 (cf article #214). Néanmoins, après être remonté en première division en 1960, le club connut deux saisons difficiles où l’équipe échappa plusieurs fois à la relégation. Ces sauvetages lors des dernières journées inspirèrent Salvador Meza, le seul véritable journaliste qui suivait le club depuis ses débuts, qui décrivit l’équipe comme « una pandilla de desesperados » (un gang de désespéré). Meza avait un riche réseau au sein de la presse, principalement le speaker de la radio et de la télévision Roberto Hernández Jr. et de certains magazines de football nationaux. Son influence permit rapidement à ce surnom de s’imposer dans la presse et l’esprit des supporters, coexistant avec le traditionnel et plus populaire Rayados.
À cette époque, le mot pandilla n’avait pas de connotation négative et, selon le dictionnaire, ce terme désignait un groupe d’amis qui sortent ensemble ou se réunissent régulièrement pour réaliser une activité quelconque. L’irruption de ce surnom poussa peut-être l’équipe de 1963 puisque, sous les ordres de l’entraîneur uruguayen Roberto Scarone, le club signa sa première saison réussie en terminant à la 3ème place. Entre 1973 et 1980, le surnom de Pandilla fut officiellement utilisé par le club.
#655 – Club América : Millonetas
Les millionnaires. Au cours des années 1940 et d’une partie des années 1950, alors que le football mexicain se professionnalisait, le club connut une de ses pires périodes. Il fleurtait avec les dernières places en championnat et enregistra ses pires records. Il encaissa 101 buts lors de la saison 1945-46, connut une série de 15 matchs consécutifs sans victoire, dont 6 défaites consécutives en 1946-47 et s’effondra devant Atlas pour sa pire défaite de l’histoire en championnat (2-9) le 3 novembre 1946. Le club finit quasiment en faillite à la fin des années 1940. Durant la décennie suivante, le club alterna le bon et le mauvais. Surtout, il commença à se structurer et recevoir des soutiens importants qui lui permit de se reconstruire. L’année 1956 marqua le premier tournant dans l’histoire de l’América. L’entrepreneur Isaac Bessudo, propriétaire de la marque de boissons rafraîchissantes Jarritos, racheta le club et offrit au club une aura médiatique qui lui permit de dégager des ressources.
Une nouvelle étape fut franchit 3 ans plus tard avec la reprise du club par Emilio Azcarraga Milmo, propriétaire du groupe de média Telesistema Mexicano (aujourd’hui connu sous le nom de Televisa). A cette occasion, il déclara le jour du rachat « Compramos al América porque nuestra meta es conseguir la sede para México del Mundial de 1970. Si no estamos dentro del fútbol no podremos hacerlo. Yo no sé nada de fútbol, pero si sé de negocios y voy a convertir a América en un negocio exitoso y redituable. Me han dicho que el mejor directivo es Guillermo Cañedo, que el mejor técnico es Ignacio Trelles y que los mejores jugadores son argentinos y brasileños. Sobre esa base voy a construir al América del futuro » (Nous avons acheté l’América parce que notre but est d’obtenir que le Mexique accueille la Coupe du Monde 1970. Si nous ne sommes pas dans le football, nous ne pourrons pas le faire. Je ne connais rien au football, mais je connais les affaires et je vais faire d’América une entreprise prospère et rentable. On m’a dit que le meilleur manager est Guillermo Cañedo, que le meilleur entraîneur est Ignacio Trelles et que les meilleurs joueurs sont argentins et brésiliens. C’est sur cette base que je vais construire l’América du futur). Avec sa puissance financière, il appliqua cette politique qui voulait faire d’América un rival de Chivas, le grand club de l’époque, afin de générer de l’audience. En 1961, la présidence du club fut confiée comme prévu à Guillermo Cañedo, qui venait d’accomplir un excellent travail au club de Zacatepec (en remportant deux championnats, deux coupes et un titre de champion des champions), et les clés de l’équipe à Ignacio Trelles (qui était l’entraineur de Zacatepec que Cañedo dirigeait). Cañedo décida alors, afin de reconstruire sportivement et financièrement le club, d’acquérir des joueurs étrangers et mexicains renommés et donc coûteux. Ainsi, débarqua à l’América des joueurs comme les brésiliens Francisco Moacyr, Ney Blanco de Oliveira, Urabato Nuñez, José Alves Zague, Arlindo dos Santos et Vavá (champion du monde en 1958 et 1962 et meilleur buteur du tournoi en 1962), les milieux mexicains Antonio Jasso et Alphonse Portugal ainsi que le gardien de but péruvien Walter Ormeño. Ces investissements massifs donnèrent évidemment des résultats : 2 Coupes du Mexique en 1964 et 1965 et surtout un titre de Champion du Mexique lors de la saison 1965-1966, après 38 ans de disette. Cette richesse et le traitement privilégié des média à l’encontre du club le rendit à la fois populaire et détesté. Selon un sondage réalisé par Consulta Mitofsky et publié en janvier 2021, América est le club préféré des mexicains (23,9% des sondés) mais aussi le plus détesté, par 31,4% de l’échantillon. Cela pourrait avoir une ressemblance avec un club parisien à la différence que ce dernier n’est pas le club préféré des français mais sans aucun doute le plus détesté.
#617 – Neuchâtel Xamax FCS : Xamax
Une fois de plus, le surnom a été très simple à trouver. Mais, le terme Xamax est si particulier qu’il était logique qu’il devienne la référence du club. Xamax ne signifie rien ni en Français, ni dans un dialecte local, ni dans aucune autre langue. Cela ne fait pas plus référence à une montagne ou une rivière de Neuchâtel ou même à un quartier de la ville. Revenons à l’histoire de ce club pour comprendre l’origine du terme Xamax. Neuchâtel Xamax naquit en 1970 de la réunion des clubs du FC Xamax et du FC Cantonal Neuchâtel. Le FC Xamax fut fondé le 17 mai 1916 avec la tenue de sa première assemblée générale. Mais, dès 1912, des jeunes garçons pratiquaient des matches de football dans la cour du Collège Latin puis sur le terrain du Mail, à Neuchâtel. L’un de ses enfants, âgés de 10 ans et dénommé Max Abegglen commença à organiser l’équipe afin de rencontrer d’autres adversaires. Ce début de structure amena donc à la création officielle du club le 17 mai 1916. Max Abegglen était le leader de l’équipe en dehors et sur le terrain. D’ailleurs, alors que le FC Xamax demeura un club modeste (n’ayant même plus d’activité quelques années pendant les années 1920 puis de 1943 à 1953) avant sa reprise par l’entrepreneur Roger Facchinetti, Max Abegglen devint l’un des grands attaquants suisses et gagna une réputation mondiale lors des JO de 1924 (la Suisse arriva en finale du tournoi olympique). 68 fois sélectionnés en équipe nationale, il resta le meilleur buteur de l’histoire de la Nati (34 buts) pendant plus de 70 ans, avant d’être rejoint par Türkyilmaz, puis dépassé par Alex Frei (42). Il joua également pour le FC Cantonal Neuchâtel et le Lausanne-Sports avant de faire les beaux jours des Grasshoppers. Pour en revenir à la création du club en 1916, comme le leader Max Abegglen était surnommé « Xam » , le palindrome Xamax devint le nom du nouveau club. Depuis, étant un symbole unique au monde et malgré différente fusion, Xamax resta et le X marqua l’écusson du club.
