Phobie. Ce surnom est largement utilisé par les fans pour désigner Hearts of Oak. Basé dans la capital Accra, le club fut officiellement formé le 11 novembre 1911 et demeure l’un des plus anciens clubs de tout le continent africain. Hearts fait également parti des clubs ghanéen les plus éminents et connaît un grand succès depuis la formation de la ligue de football ghanéenne en 1956, ayant remporté le titre de champion à 21 reprises. Dans les années 1960, Hearts était injouable et battait quasiment toutes les équipes à tel point que les adversaires craignaient de jouer contre eux. La peur que l’équipe de Hearts inspirait amena l’expression « la phobie des Hearts ». C’est ainsi que « Phoooobia » est devenu un synonyme de Hearts.
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#576 – CSD Merlo : los Charros
L’équipe est ainsi surnommée en l’honneur de José Manuel Moreno. Moreno fut un des plus grands joueurs argentins des années 1930 à 1950 même si aujourd’hui, il ne jouit pas de la même notoriété que Di Stefano et Maradona. Pourtant, Diego Maradona déclara « cuando la AFA me eligió como mejor futbolista argentino de todos los tiempos estaba fascinado, pero a la vez me daba vergüenza dejar atrás a nombres como Moreno » (quand la fédération argentine m’a choisi comme le meilleur footballeur argentin de tous les temps, j’étais fasciné, mais en même temps j’avais honte de laisser derrière moi des noms comme Moreno). Grand, puissant, Moreno avait un physique de déménageur et possédait pourtant une grande technique, un tir précis et un bon jeu de tête. Avec cette capacité d’être un rempart devant la défense puis d’organiser le jeu vers l’attaque, il créa le poste de meneur de jeu-électron libre. Tout au long de ses 20 ans de carrière, il joua 523 matches de championnat pour 243 buts inscrits et porta 34 fois le maillot albiceleste pour 19 buts. Son palmarès est impressionnant en étant champion dans 4 pays différents (Argentine (1936, 1937, 1941, 1942 et 1947), Mexique (1946), Chili (1949) et Colombie (1955, 1957)). Après sa carrière, il vécut ses dernières années dans la ville de Merlo et dirigea le CSD Merlo lors des saisons 1977 et 1978. Après sa mort le 26 Août en 1978, le stade du club fut baptisé en son nom et l’équipe devint connu sous le nom Los Charros, surnom de Moreno. En effet, Moreno avait obtenu son surnom de Charro après son passage au Mexique où il joua pour le club de Real Club España de 1944 à 1946. Le Charro est un personnage du folklore mexicain, un gardien de bétail traditionnel, dans la lignée du cow-boy américain et du gaucho argentin. Toutefois, ils étaient issus des immigrés espagnols et étaient souvent des propriétaires terriens, ce qui en faisait des membres des hautes classes mexicaines. Or, comme le club de Real Club España était celui de la communauté espagnole, le Charro pouvait les symboliser. A noter toutefois que par la suite, le cinéma mexicain popularisa le charro en le montrant fanfaron et rigolard, plus proche des classes populaires qu’il ne l’était dans la réalité.
#567 – Go Ahead Eagles : Reuzendoder
Les tueurs de géants. Si le club est connu des amateurs de football, il n’a pas la renommée de l’Ajax, du PSV ou du Feyenoord. Même s’il fréquente depuis longtemps les championnats nationaux professionnels, son assiduité se concentre sur le ventre mou du championnat voire les dernières places que les titres et les places de qualification aux coupes d’Europe. Pourtant, le club connut des périodes où il défendait chèrement sa peau surtout dans son antre de De Adelaarshorst, au point qu’il faisait tomber tous les clubs les plus prestigieux. Lors de la saison 1968-1969, Go Ahead Eagle réalisa quasiment le sans-faute à domicile avec 15 victoires et 2 match nuls. Les 3 premiers du classement final, Feyenoord, Ajax et FC Twente, tombèrent à De Adelaarshorst sur le score de respectivement 3-1, 2-1 et 4-0. Cette année là, le club avait terminé la saison juste derrière les 3 premiers. Mais, son surnom fut amplement mérité lors des années 1990. Le club fréquenta durant 4 saisons la Eredivisie, sans jamais terminer mieux que la 12ème place. Pourtant, l’équipe obtint régulièrement de bons résultats face aux meilleurs clubs. Un de ses anciens joueurs de l’époque, enfant du pays, Dennis Hulshoff, expliquait ses résultats « Met het fanatieke publiek erachter voetbalden we vaak beter. We jaagden de tegenstander op, gaven ze geen tijd om de bal rond te spelen. Ik kan me een wedstrijd herinneren tegen het Grote Ajax met Louis van Gaal » (Avec la foule fanatique derrière nous, nous avons souvent joué un meilleur football. Nous avons pressé l’adversaire, ne lui avons pas laissé le temps de faire circuler le ballon. Je me souviens d’un match contre le grand Ajax avec Louis van Gaal. Nwankwo Kanu a marqué le but de la victoire dans le temps additionnel, en tombant. J’ai vu des supporters debout le long de la ligne, les larmes aux yeux. Feyenoord a également connu des moments difficiles, avec József Kiprich qui m’arrachait sans cesse les cheveux. Mais la question est toujours : combien de temps allez-vous continuer ? C’est juste difficile de poursuivre et de presser pendant quatre-vingt-dix minutes). Le phénomène se reproduit un nouvelle fois dans les années 2000. Alors que Go Ahead évoluait en seconde division lors de la saison 2005-2006, il élimina De Graafschap et Roda JC, pensionnaires de Eredivisie, en Coupe nationale. Lors de cette même saison, il battit également deux fois le futur champion de seconde division, Excelsior, alors que Go Ahead termina à la 18ème place. La saison suivante, le futur champion, De Graafschap, tomba également deux fois face à Go Ahead Eagle. Voilà comment on se bâtit une légende de tueur de géants.
#557 – Albacete Balompié : el Queso Mecánico
Le fromage mécanique. Au début de la saison 1989-1990, le club évoluait encore en seconde division et nomma à la tête de l’équipe première un jeune entraineur de 29 ans, Benito Floro. Dès sa seconde saison, Floro réussit à terminer premier de son groupe et fit accéder Albacete Balompié à la première division, grace à un style de jeu brillant et offensif. Après cette montée, l’entraîneur et son équipe obtinrent l’un des meilleurs résultats sportifs de l’histoire du club, en étant la révélation de la saison et en terminant à la 7ème place – à un point seulement de participer à la Coupe de l’UEFA. Durant cette saison, l’équipe enchaîna 15 matchs consécutifs sans défaite. Le club demeura 5 saisons en première division mais le travail de Benito Floro fut remarqué et il rejoint dès 1992 le grand Real Madrid.
Le succès et le jeu développé par l’équipe eurent un grand écho et un fort impact médiatique dans l’Espagne des années 1990. Benito Floro promut un jeu offensif tout en reposant sur un bloc solide et solidaire. Il innova également avec le recours à de psychologues pour motiver l’équipe. Cette dernière fut ainsi comparée aux Pays-Bas de Johan Cruyff, connus sous le nom d’Orange mécanique et qui pratiquait le fameux « football total » (en raison de la mécanique lié au football total, de la couleur orange du maillot et de la sortie en 1971 du film de Stanley Kubrick). Albacete hérita alors du surnom de queso mecánico, la région d’Albacete étant productrice du fameux fromage espagnol, le Manchego.
#528 – SC Bastia : i Lioni di Furiani
Les lions de Furiani. Ce surnom donna naissance à une mascotte. Arpentant le terrain comme mascotte dans les années 90, le lion disparut dans les années 2000 pour enfin revenir de nouveau comme mascotte en 2012, sous le nom de Pistellu. Son origine n’est pas connu mais il semble que dans les années 60 et 70, ce surnom n’était pas utilisé. Il serait né lors de l’épopée européenne du club lors de la saison 1977-1978. La saison précédente, l’équipe bastiaise termina à la 3ème place du championnat, obtenant le droit de disputer la Coupe de l’UEFA. Meilleure attaque du championnat (82 buts), l’équipe reposait également sur son solide libéro, Charles Orlanducci, surnommé le Lion de Vescovato. Natif de Vescovato, Orlanducci réalisait de grande chevauché, ses longs cheveux donnant l’effet d’une crinière. Sa rudesse et son courage n’était pas non plus étranger à ce surnom. Avec le meneur Claude Papi, ils étaient les symboles corses de l’équipe bastiaise, au milieu de joueurs étrangers (Johnny Rep, Abdelkrim Merry) et continentaux (Félix Lacuesta, Jean-François Larios et François Félix). Avec son stade bucolique de Furiani, Bastia réalisa une superbe campagne en atteignant la finale face au PSV Eindhoven. Certes, l’équipe fut défaite en finale mais elle réussit l’exploit d’enchainer 7 victoires d’affilée auparavant face à des bastions européens tels que le Sporting Portugal, Newcastle et le Torino (qui était invaincu sur son terrain depuis 2 ans). La 7ème victoire fut un cinglant 7-2 affligé au Carl Zeiss Iéna. Son jeu offensif (avec de longues courses agressives ou des une-deux), sa détermination, son courage, son capitaine surnommé le lion, l’équipe fut surnommé par la presse les lions. A l’issue de la demi-finale, Onze Mondial fit sa une avec l’équipe bastiaise et le titre « Les lions en finale ». Puis, lors de finale aller, « Les Lions sont lâchés » titra France Football. Surtout, le journaliste corse, Victor Sinet publia un livre sous le nom « Les lions de Furiani » qui entérina le surnom. Aujourd’hui, le club estime que ce symbole véhicule les valeurs du club : identité, force, combativité et respect.
#524 – Jomo Cosmos FC : Ezenkosi
Les princes. Ce club de Johannesburg connut la même naissance que le club de Kaizer Chiefs. En 1983, l’ex-joueur professionnel Ephraim Sono, surnommé Jomo Sono, revint en Afrique en Sud après sa carrière menée aux Etats-Unis. Il joua pour le New York Cosmos, les Colorado Caribous, les Atlanta Chiefs et le Toronto Blizzard. Au Atlanta Chiefs, il évolua au côté d’une autre star sud-africaine, Kaizer Motaung qui au début des années 1970, fut le fondateur des Kaizer Chiefs. Jomo Sono racheta le club de Highlands Park en 1982. Pour le nom de son équipe, il décida d’associer son propre surnom Jomo et Cosmos, en l’honneur de son ancienne équipe new-yorkaise. Lorsqu’il évoluait en Afrique du Sud, aux Orlando Pirates, Sono reçut le surnom de Jomo (qui signifie « Flèche brulante ») par un fan, qui voyait en lui les mêmes qualités de leadership que celles de Jomo Kenyatta, alors président du Kenya. Jomo Sono s’investit totalement dans sa nouvelle équipe en étant à la fois son président et l’entraineur depuis 1983. Les flèches brulantes auraient pu constitué le surnom de la nouvelle équipe. Mais, finalement, elle hérita du surnom de Prince, autre surnom de Jomo Sono. En effet, pendant sa carrière, il était aussi qualifié de « Prince noir du football sud-africain ».
#520 – Zorya Louhansk : Мужики
Les hommes. De 2011 à 2019, le club ukrainien fut entrainé par Yuri Vernidub. Il fut un entraineur créatif et talentueux, qui permit au club de sortir de ses années de léthargie pour revenir à des résultats honorables. Si aucun titre ne fut conquis pendant cette période, le club atteignit régulièrement les places européennes ainsi qu’une finale de Coupe d’Ukraine (perdu contre le Shakhtar 2-0). En 2015, suite à un match nul face au Dynamo Kiev, Yuri Vernidub commenta ainsi le résultat : « Мої хлопці – професіонали, мужики. Вважаю, що заслужено поділили сьогодні очки з Динамо » (Mes gars sont des professionnels, des hommes. Je pense que nous avons à juste titre partagé les points avec le Dynamo aujourd’hui). Ces termes plurent aux supporteurs du club qui décidèrent de l’adopter. Dans le stade, des bannières reprenant le mot apparurent et il n’est pas rare d’entendre les supporteurs crier « Мужики! Мужики! » (les hommes, les hommes).
#499 – Juventus Turin : la Vecchia Signora
La vieille dame. L’attribution de ce surnom remonterait aux années 1930. Si l’explication la plus logique et souvent avancée concerne le fait que la Juventus est l’un des doyens, d’autres origines existent également.
Si des jeux similaires au football ont été pratiqué en Italie avant le XIXème siècle, la variante moderne (et connu aujourd’hui) aurait été introduite en Italie dans les années 1880 par un ouvrier marchand de l’industrie textile britannique, Edoardo Bosio. Ce dernier avait visité l’Angleterre (il travaillait dans l’ usine textile Thomas & Adams à Nottingham) et découvert le football. Revenu à Turin, il diffusa le football dans son pays natal, en créant le club du Torino Football and Cricket Club en 1887. Turin était donc le berceau du calcio. Un autre club turinois suivit en 1889, Nobili Torino. Les clubs se multiplièrent alors dans la capitale piémontaise (FBC Torinese en 1894) mais également dans les autres villes marchandes du nord-ouest italien, ayant tissé des liens commerciaux avec l’Angleterre (Genoa CFC en 1893). Fondé à l’automne 1897, la Juventus n’est donc pas le plus ancien club de Turin et de la péninsule italienne mais la plupart des clubs plus anciens disparurent rapidement après leur création. Finalement, des clubs nés avant la Juventus, il ne reste aujourd’hui que le Genoa. Cette « vieille dame » saluerait donc son ancienneté.
Club certainement le plus supporté en Italie, son emprise sur le football italien suscita également de la jalousie et les adversaires ne manquèrent pas de se moquer. Ainsi, « vieille dame » pourrait aussi être un jeu de mot avec le nom du club. En effet, Juventus signifie en latin « jeunesse » et donc l’attribution du sobriquet vieille serait ironique.
Par ailleurs, de 1930 à 1935, la Juventus remporta 5 titres d’affilé de Champion d’Italie. Pour ce faire, la direction fit confiance à des anciens, ie des joueurs trentenaires, du nom de Gianpiero Combi, Virginio Rosetta, Umberto Caligaris, Giovanni Vecchina, Luis Monti et Raimundo Orsi. Cette équipe de « vieux » aurait donc inspiré le surnom.
Enfin, en 1923, la famille Agnelli, propriétaire du constructeur automobile FIAT, basé à Turin, racheta le club de la Juventus. À cette époque, la classe ouvrière appelait l’élite et les hommes d’affaires riches du pays « vecchios signores » (les vieux monsieurs) et pour cette raison, la Juventus qui appartenait à la famille bourgeoise Agnelli hérita de ce surnom. Mais, ce surnom est féminisé, comme d’ailleurs de nombreux sobriquets de la Juventus. La raison est simple. Le football dans les années 20 et 30 étaient une affaire d’hommes. Les supporteurs de la Juve aimait alors tellement le club que ce dernier était devenu en quelque sorte leurs moitiés, leurs amantes. C’était leur femme .
Ce surnom de Vieille Dame est parfois moqué par les supporteurs adverses puisque dans différentes régions d’Italie, les femmes qui possèdent des bordels et des clubs d’hôtesses sont connues sous le nom de « vecchias signoras » .
#441 – Paysandu SC : Papão
Le papão est un personnage populaire au Portugal et au Brésil (ainsi que dans certaines régions espagnoles) similaire au père fouettard. Il s’agit d’un monstre mangeur d’enfants désobéissants. Les parents n’hésitent pas à dire à leurs enfants de suivre les consignes sinon le papão va venir les manger. Le terme papão dérive de papar qui signifie manger, dévorer. Comment est né ce surnom ? En 1948, le journaliste Everardo Guilhon, du journal A Vanguarda, créa la mascotte du club sous l’image d’un loup. Il s’inspira pour cela du surnom de l’équipe à l’époque qui était Escuadrão de Aço (Escadron d’Acier). Dans les années 40, le club avait gagné ce surnom car l’équipe dégageait une certaine force, inspirait la crainte qui lui avait permis de remporter de nombreux championnats régionaux (6 titres). Pour amplifier la peur que devait représenter cette mascotte, il l’appela bicho papão, en souvenir de sa mère qui lui disait quand il était jeune « dorme logo, pois lá vem o bicho-papão ! » (dors vite, car le père fouettard arrive). La mascotte comme le surnom furent immédiatement adoptés par les supporteurs.
A partir de ce surnom, d’autres furent créés : bicho papão naturellement. Mais également, papão da curuzu en référence au stade du club dont le surnom est curuzu, papão da Amazônia et papão do Norte, le club résidant à Belém do Pará, situé sur le delta de l’Amazone, au nord du pays.
#409 – Peñarol Montevideo : Manyas
Terme difficilement traduisible mais dont voici l’histoire. Tout est lié avec le joueur uruguayen Carlos Scarone, d’origine italienne et dont toute la famille supportait Peñarol. Scarone joua pour le CURCC (ancêtre de Peñarol). Avant-centre agressif et techniquement brillant, Scarone composa avec un autre jeune joueur, Jose Piendibene, un formidable duo d’attaque qui conduisit Peñarol au titre de champion en 1911. Tenté par une aventure à l’étranger et un beau salaire, Scarone signa pour Boca Juniors en Argentine en 1913. Au bout d’une année, après une maladie contractée en Argentine, il rentrât au pays. Il eut alors deux offres : une de Peñarol et une autre, du club rival de Nacional. Seulement, le second lui offrit des émoluments nettement supérieurs au salaire proposé par Peñarol et également beaucoup d’attention. Scarone n’hésita pas longtemps. Sa famille fut déçu et, lors d’un repas de famille, Carlo Scarone justifia son choix pécunier en déclarant: « ¿ A qué me iba a quedar ?¿ A mangiare merda ? » (pourquoi y aller [à Peñarol] ? pour manger de la merde ?). Cette phrase mélangeant italien et espagnol (le terme mangiare était un mot italien) était typique de la communauté italienne d’Uruguay. Et l’expression « mangiare merda » se contracta et s’espagnolisa pour devenir manyas. Les manyas étaient donc des mange merde.
Quelques mois plus tard (le 26 juin 1914), Carlos Scarone et le Nacional jouèrent le derby face au Peñarol. Ce dernier le remporta 2-1. Pendant tout le match, le milieu de Peñarol, Manuel Varela, empêcha Carlos Scarone de développer son jeu qui lui répondit par des coups de pieds. Excédé, Carlos Scarone déclara avec mépris à son adversaire : « Jueguen ustedes que son unos manyas » (jouez, vous êtes des mangeurs de merde). Sa prestation fut si décevante que le journal « La Razón » écrivit sur Scarone : « jugó más mal que los demás. Se cayó 22 veces en el partido, cuando podía jugar la pelota. Es malo caerse » (Il a joué moins bien que les autres. Il est tombé 22 fois dans le jeu, alors qu’il pouvait jouer le ballon. C’est mauvais de tomber). A la fin du match, le père de Carlos Scarone, qui assistait au match dans les gradins et avait supporté son club de toujours, Peñarol, célébra la victoire et répondit à son fils « perche no juega ahora usted que no es manya » (et pourquoi vous ne jouez pas maintenant puisque vous n’êtes pas des mange merde »).
Par la suite, ce terme désobligeant fut revendiqué avec fierté par les supporteurs de Peñarol. Il signifie maintenant que la fidélité et l’attachement inconditionnel au Peñarol est plus fort que les aspects économiques. Cette mésaventure ne perturba pas Carlos Scarone qui évolua avec le maillot du Nacional pendant 13 saisons (jusqu’en 1927). Il fut huit fois champion d’Uruguay avec Nacional, marquant 152 buts en 227 matchs disputés. Il fut également champion d’Amérique avec l’équipe uruguayenne en 1917 et 1920.
