Les brésiliens. Ce surnom est dû à la tenue du club sud-africain puisque ce dernier arbore un maillot jaune avec des parements verts ainsi qu’un short bleu, exactement la tenue portée par l’équipe nationale brésilienne. Ce kit fut mis en place à la reprise du club par Zola Mahobe en 1985. Homme d’affaires, il révait depuis son enfance de posséder un club de football. Au début des années 1980, Mamelodi était une modeste équipe de la ligue sud-africaine et, avant son rachat, frolait avec la relégation. Mahobe réalisa un certain nombre d’innovations, jusqu’alors inédites dans le football sud-africain. D’abord, il donna des moyens financiers au club pour recruter de bons joueurs, en leur faisant signer des contrats (choses rares à l’époque) et des salaires importants, ainsi qu’un entraineur qui allait mettre en place un style de jeu particulier. Les joueurs partaient en camp d’entrainement au Brésil et en Italie. Mahobe avait conscience aussi que l’image était importante pour créer un grand club. Il se fixa de transformer ses joueurs en vedettes médiatique, notamment en leur donnant des surnoms comme Harold “Jazzy Queen” Legodi, Harris “TV4” Tshoeu, Sam “Eewie” Kambule et Jan “Malombo” Lechaba. Il prit aussi la décision d’inspirer les joueurs et de séduire les supporteurs en leur faisant porter une tenue identique à l’une des équipes les plus reconnues, qui faisait rêver (déjà détentrice de 3 titres de champion du monde et qui comptait à l’époque Zico et Socrates) : le Brésil.
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#212 – PFK Lokomotiv Plovdiv : Смърфовете
Les Schtroumpfs. Que viennent faire les petits hommes bleus au bonnet blanc dans le football bulgare ? A force de lire les articles du site, vous allez me répondre « car le club évolue en bleu et blanc ». Je vous rassure j’ai eu la même réaction lorsque je découvrit ce surnom étrange. Sauf que le Lokomotiv Plovdiv évolue avec un maillot noir et blanc et son blason arbore un bicolore noir et rouge. Aucune couleur bleu donc à l’horizon. En réalité, cela remonte à la saison 1991-1992. Le club évoluait avec des maillots sur lesquels il était difficile de distinguer les numéros des joueurs dans le dos. Lors d’une émission, le commentateur de radio Nikolay Galov interrogea l’entraîneur du club Atanas Dramov : « Докога Локомотив ще играе с тези екипи, с които всички футболисти са еднакви и не могат да се различават?! » (Pendant combien de temps le Lokomotiv jouera-t-il avec ces maillots, avec lesquels tous les joueurs sont identiques et ne peuvent pas être différenciés ?!). Dramov répondit : « Ние сме еднакви като Смърфовете и точно като тях, в края винаги побеждаваме лошите ! » (Nous sommes comme les Schtroumpfs, tous identiques, et tout comme eux, à la fin nous battons toujours les méchants !). L’entraîneur fit cette référence aux héros de Peyo car à cette époque, le film d’animation était diffusé à la télévision nationale bulgare et connaissait un certain succès. Galov aima beaucoup cette réponse et l’utilisa alors dans ses commentaires, imposant donc ce surnom.
#159 – Boavista FC : os Axadrezados
Les damiers. Boavista, l’autre club de Porto, est connu principalement pour deux choses. La première est d’avoir réussi en 2000/2001 à remporter le Championnat du Portugal au nez et à la barbe du triumvirat du Benfica Lisbonne, FC Porto et Sporting Portugal qui trustait les titres depuis 54 ans (à l’exception de la saison 1945/1946 remporté par Belenenses). Emmené par le meneur de jeu bolivien Erwin « Platini » Sánchez, Boavista avait terminé devant le FC Porto pour un point et avec la meilleure défense du championnat (seulement 22 buts encaissés en 34 matchs).
La seconde est le fameux maillot du club qui arbore un damier noir et blanc. A la création du club en 1903, la tenue fut intégralement noire et faisait la fierté des jeunes britanniques et portugais vivant dans le quartier de Boavista. Mais, cette tunique semblait bien trop austère pour certains. Ainsi, un short blanc remplaça le noir. Toutefois, la tenue ne faisant encore pas l’unanimité (le noir étant encore trop dominant), le maillot adopta des rayures noires et blanches en 1920. Toujours pas satisfait, un changement radical fut opéré en 1928 avec un maillot à rayure bleu, rouge et blanche, un short noir et des chaussettes à rayures horizontales blanches et noires. Mais, ne respectant pas les traditions du club, il fut rejeté par les supporteurs et la presse.
Suite à un séjour en France où il vit une équipe française jouait avec un maillot à damier, le président du club, Artur Oliveira Valença, proposa d’adopter cet équipement à damier noir et blanc. Le 29 janvier 1933, lors d’un match amical face au Benfica, le club arbora pour la première fois ce maillot et remporta ce match 4-0. La victoire aidant, le club adopta définitivement cette unique tunique. Mais quelle équipe française inspira Boavista ? Le mystère demeure. Personnellement, je mettrai peut-être une pièce sur le FC Lorient. En effet, à compter de 1926, le club breton portait un maillot à damier orange et noir. Toutefois, malgré les excellents résultats du club (dont un seizième de finale en Coupe de France), sa réputation demeurait au niveau régionale et, ainsi, difficile d’imaginer qu’Artur Oliveira Valença ait pu assister à l’un des matchs de Lorient.
#100 – Dunfermline Athletic FC : Pars
Intraduisible et à l’origine floue. En tout cas, les théories ne manquent pas. Tout d’abord, le club arbore un maillot à rayures verticales blanches et noires. Ces rayures sont évidemment parallèles et « Pars » en serait le diminutif.
Mais Pars pourrait être aussi le diminutif de Paralytics (Paralytiques). Ce qualificatif utilisé de façon moqueuse trouve aussi ses racines dans deux versions différentes. La première fait mention du style de jeu déployé par l’équipe qui n’aurait pas été flamboyant. Et donc pour se moquer, les joueurs étaient supposés être paralysés pour justifier de joueur aussi mal. La seconde est plus amusante puisque les joueurs gagnèrent leur réputation non pas sur le terrain mais plutôt au bar. Après des 3ème mi-temps bien arrosé, leur état en fin de soirée ne leur permettait pas d’être bien fringuant. Au point qu’ils n’arrivaient plus à rentrer par leur propre moyen, comme s’ils étaient paralysés.
Pour en revenir au surnom Pars, une autre légende indique que les anglais qui vinrent travailler dans les usines d’armement de Rosyth (proche de Dunfermline) créèrent une association de supporteurs de leur ancien club (Plymouth Argyle) dont les banderoles autour du stade affichaient PAR (Plymouth Argyle Rosyth Supporters Club).
Pars pourrait également venir du nom gaélique de Dunfermline, Dùn Phàrlain. Son étymologie pourrait se rapporter à des fortifications, situées près de la ville. Le premier élément « dùn » traduit du gaélique ferait référence à une colline fortifiée et pourrait correspondre au site surélevée de la tour de Malcolm Canmore à Pittencrieff Park. Pour le reste du nom, cela reste plus mystérieux. Le terme « ferm » pourrait avoir été un nom alternatif pour la Tour Burn, une fortification qui doublait une autre, les deux située de part et d’autre d’une rivière selon un document médiéval publié en 1455.
Enfin, comme il manquait de version, le mot Pars serait dérivé de Parr, qui est un saumon juvénile avec des marques noires sur les écailles, qui rappellent le maillot rayé noir du club. N’oublions pas que le saumon pullule en Écosse (malheureusement souvent en ferme aujourd’hui), les eaux froides des lochs des Highlands et des îles d’Écosse offrant des conditions idéales à la croissance de ce poisson.
Avec toutes ses histoires, je vous laisse choisir votre part.
#96 – Servette Genève : les Grenats
Ce surnom se rattache à la couleur des maillots du club genevois. Mais, l’origine de cette couleur n’est pas vraiment connu. A la création du club en 1890, les premières couleurs furent vertes et rouges, suite au don par un de ses fondateurs, M. Fiala, d’un tissu affichant ces couleurs. Puis, rapidement, les gazettes de l’époque surnommait le Servette, les rouges. Ce fut notamment le cas dans un article du 11 décembre 1903 du « Journal de Genève ».
Mais, ce même journal, 5 ans plus tard (le 6 septembre 1908), dénomma l’équipe, les grenats. Les motivations pour changer de couleur demeurent inconnues et les versions se multiplient. Certains évoquent que les raisons furent politiques. Ainsi, dans certains cantons suisses, les instances du football poussèrent des clubs liés au syndicat à changer leur maillot rouge, couleur trop connoté politiquement, pour d’autre. Toutefois, le Servette n’était pas un club prolétarien mais peut-être que les dirigeants de l’époque suivirent le mouvement et se détachèrent du rouge pour une couleur proche mais plus « noble ».
D’autres avancent une raison de courtoisie. La période 1905-1910 marqua l’émergence des premiers matchs internationaux. Bien que la fédération suisse fut créée en 1895, le premier match officiel de l’équipe nationale suisse se joua contre la France seulement le 12 février 1905 à Paris. Et dès ce premier match, le maillot de la sélection devint rouge, à l’image du drapeau de la Confédération helvétique. Par respect, le club genevois aurait donc délaissé le rouge pour que cette couleur fusse seulement portée par la Nati, l’équipe nationale helvète.
Enfin, la dernière hypothèse serait plus prosaïque et lié à la réalité de nombreuses équipes de l’époque. La qualité des maillots était aléatoire et en 1905, le fournisseur du club leur procura des maillots dont le rouge tiré vers le brun-rouge. Cette couleur sombre plut probablement aux dirigeants qui l’adoptèrent définitivement.
#95 – AIK Solna : Gnaget
Les rongeurs. Le surnom est peu flatteur et son origine n’est pas connu. Il remonterait aux années 20. Pourtant, le club aurait déjà été surnommé ainsi dans un magazine sportif suédois Nordiskt Idrottslif dès 1914. La version la plus admise est lié à la couleur des maillots. En effet, le choix du club, à sa création, s’était porté sur le noir et jaune. Malheureusement, comme souvent à l’époque, les couleurs résistèrent mal aux lavages successif et rapidement le noir tourna au gris, rappelant la robe grisée de certains rongeurs, comme les rats. Le club fut alors surnommé les rongeurs. Parfois, un autre surnom lui est donné, Råtta, qui signifie rat.
Une autre théorie place également ce surnom dans les années 1920. Au cours de la saison 1928/1929, il se disait que l’AIK « rongeait » (dans le sens de monter) l’une après l’autre les places au classement et, grâce à ce travail progressif, réussit à se maintenir en Allsvenskan, la première division suédoise.
#83 – SC Braga : os Arsenalistas
Les « arsenalistes » car les maillots de Braga s’inspire de ceux du club anglais d’Arsenal, poitrine rouge et manches blanches. Avant la saison 1945-1946, le club jouait avec un maillot vert et blanc (dans le style de Blackburn, accompagné d’un short noir). La raison du changement diffère selon les versions mais il semble que le point commun était que le club voulait se distinguer du Sporting Portugal.
Selon la première version, le président José Antunes Guimarães, qui avait des relations d’affaires à Londres, était un fan d’Arsenal. Une autre version de l’histoire indique que József Szabó, l’entraîneur hongrois du club lors de la saison 1945-1946 et qui aimait le style de jeu d’Arsenal, aurait demandé au président de changer l’uniforme vert et blanc pour celui d’Arsenal. La légende raconte que József Szabó se rendit lui-même à Londres pour ramener un jeu de maillot d’Arsenal. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’équipe d’Arsenal était en pleine reconstruction (9 de ses joueurs décédèrent pendant le conflit). Mais, pendant les années 1920 et 1930, lorsque Szabó était footballeur, Arsenal connut une période dorée sous la houlette d’Herbert Chapman. Ce dernier modernisa les méthodes d’entrainement et de physiothérapie, ainsi que le style de jeu du club londonien, en renforçant la défense avec des milieux défensifs et en élargissant le jeux avec les latéraux. De plus, malgré une politique d’achat d’envergure, il développa également la formation. Ces changements conduisirent à la constitution des premiers titres d’Arsenal (5 titres de champion, 2 Coupes d’Angleterre, 5 Community Shield). Chapman fut également l’instaurateur du célèbre maillot d’Arsenal. Evoluant jusqu’en 1933 dans un maillot rouge foncé, Chapman, afin de distinguer l’équipe, introduisit les manches blanches et un rouge plus vif sur le torse. Une histoire rapporte que Chapman fut inspiré par un supporter dans les tribunes portant un pull sans manches rouge sur une chemise blanche. Une autre version indique que la création serait venu d’un échange entre Chapman et le célèbre caricaturiste Tom Webster. Mais, dans cette version, il existe également des sous-histoires. La plus simple avance que, lors d’une partie de golf, Chapman remarqua la tenue de Webster (un pull rouge sans manche sur une chemise blanche). Une autre crée un lien avec une autre équipe londonienne. Webster jouait une partie de golf avec le président de Chelsea, Claude Kirby, qui portait alors un pull bleu sans manche sur une chemise blanche. Webster suggéra à Kirby d’adopter la même tenue pour son club mais le manager de Chelsea refusa. Apprenant l’histoire, Chapman demanda alors à Webster de dessiner un croquis de cette idée pour son club d’Arsenal.
Braga changea ses kits vert et blanc pour des maillots rouges dans le style d’Arsenal lors de la saison 1945-1946 (pour l’équipe de réserve) et 1946-1947 (pour l’équipe principale). Cela porta chance au club puisqu’il accéda pour la première fois de son histoire à l’élite portugaise lors de la saison 1947-1948. D’autres surnoms dérivent également de cette histoire : Arsenalistas de Minho ou d’Arsenal de Minho (Minho étant l’ancien nom de la province où se situe Braga, tirant son nom de la rivière Minho).
#58 – Derry City FC : Candystripes
Les bonbons. Un doux surnom attaché au maillot rayé rouge et blanc qui rappelle des bonbons … Mais pourquoi ce maillot ? A sa fondation, le club opta pour le célèbre maillot bordeaux et bleu d’Aston Villa. Ses couleurs perdurèrent jusqu’en 1932, lorsque des maillots blancs avec des shorts noirs furent adoptés. Puis, en 1934, le maillot rayé actuel remplaça le blanc, en se basant sur ceux de Sheffield United, en hommage au joueur Billy Gillespie, originaire de la ville voisine de Donegal. 25 fois international irlandais, il joua pour Sheffield United de 1913 à 1932. A la fin de sa carrière à Sheffield, il rejoignit Derry City comme entraineur-joueur et sa renommée était telle que, deux ans après son arrivée, le club accéda à sa demande de changer les maillots du club.
#57 – Nacional Montevideo : Bolsilludos
Bolsilludos signifie petite poche. Le premier maillot, portée depuis la fondation du club en 1899 jusqu’en 1902, était rouge avec un col et une manche bleue. Le 24 mars 1902, l’équipe fut obligée de changer de tenue à la demande de la fédération car son équipement était trop similaire aux couleurs d’un autre club, Albion FC. Ce n’était pas la seule raison. En effet, la teinte rouge des maillots s’estompait au fil de l’usage et aucune autre tenue de qualité put être trouvée.
Le choix du nouvel uniforme se porta alors sur une chemise intégralement blanche. Mais, cette dernière avait la particularité d’avoir une poche, ce qui donna le surnom bolsilludos (ou bolsos – sac à main). Au bout de 4 ans, cette poche disparut des maillots mais l’image resta.
Pour comprendre le choix des couleurs (aussi bien le bleu et le rouge initial puis le blanc), je vous invite à vous reporter aux articles #501 et #1092.
#44 – FCG Bordeaux : le club au Scapulaire
Le club de Bordeaux a régulièrement affiché au fil des saisons un scapulaire (une sorte de V) sur le devant de ses maillots. Souvent présent sur les vêtements de Rugby à XIII, il fut à la mode dans les années 30 pour les clubs de football mais disparu dans les 50. Pas pour l’équipe de Bordeaux d’où le fait que le club est hérité de ce surnom. La section football a été créée en 1920 et ce n’est qu’en 1938 que le maillot du club s’orna d’un scapulaire. Il pourrait représenter le Bec d’Ambès, point de confluence entre la Dordogne et la Garonne, qui marque le début de l’estuaire de la Gironde, proche de Bordeaux. D’ailleurs, pour corroborer cette forme de la confluence, il faut étudier les armes de la ville d’Ambes qui montre un scapulaire inversé. Certains pensent que ce scapulaire provient de la fusion avec le club de l’AS du Port en 1940 (afin d’assimiler les joueurs des girondins au corps des pompiers du port de Bordeaux – représenté par l’AS du Port – pour leur éviter le STO). Toutefois, il semble que l’héritage de cette fusion fut plutôt une ancre marine que le scapulaire. A noter, tout de même, que dans une forme stylisée, le scapulaire peut représenter une ancre marine. Enfin, de manière marginal, certains avancent que ce scapulaire est une référence à la Vierge Marie. En effet, en étant dénommé Scapulaire et non Chevron comme dans les autres clubs, un lien direct est réalisé avec une pièce de toile de l’habit monastique. Cette pièce est un tissu de la largeur des épaules qui pend sur le devant et le dos presque jusqu’aux pieds, mais il est ouvert sur les côtés. Le mot Scapulaire vient du latin scapulæ qui signifie épaule. Le port de ce tissu était considéré par certain comme un acte dévotion à la Vierge Marie. Par ailleurs, certaine statue représente la Vierge avec un scapulaire dont, semble-t-il, une, située à Bordeaux, rue Neuve depuis la Révolution française.
